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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2406989

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2406989

mardi 3 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2406989
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rennes, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A. Ce dernier demandait l'annulation de la décision du jury de master 2 de l'Université Rennes 1 l'ayant ajourné en 2020, ainsi que la délivrance de son diplôme. Le juge a estimé que la demande se heurtait à une contestation sérieuse et excédait l'office du juge des référés, qui ne peut ordonner que des mesures provisoires. De plus, l'urgence n'était pas établie, M. A ayant saisi le tribunal quatre ans après l'ajournement, ce qui est incompatible avec la situation d'urgence invoquée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 26 novembre et 2 décembre 2024, M. B A, représenté par Me Hubert, demande au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner l'annulation de la décision par laquelle le jury 2019-2020 du master 2 mention physique fondamentale et applications, parcours " nanosciences, nanomatériaux, nanotechnologies " de l'Université Rennes 1 l'a ajourné ;

2°) d'enjoindre à l'Université de Rennes 1 de lui délivrer son diplôme de master 2 nanosciences, nanomatériaux, nanotechnologies.

Il soutient que :

- sa requête est recevable : il a reçu la notification officielle de son relevé de notes uniquement le 26 septembre 2024 ;

- l'urgence est caractérisée : les faits de harcèlement moral répétés et les actes discriminatoires dont il a été victime ont eu un impact sur sa santé ;

- il a subi une attitude discriminatoire de la part d'un de ses professeurs dès la première année du master, qui a perduré au cours de la seconde année de master ;

- il a rencontré des difficultés exceptionnelles au cours de sa scolarité, qui auraient justifié une adaptation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Plumerault, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, étudiant en master 2 mention physyque fondamentale et applications, parcours " nanosciences, nanomatériaux, nanotechnologies " à l'Université Rennes 1, au titre de l'année 2019-2020, demande, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, l'annulation de la décision par laquelle le jury 2019-2020 l'a ajourné et à ce qu'il soit enjoint à l'Université de Rennes de lui délivrer son diplôme.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Saisi sur le fondement de ces dispositions d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. S'agissant de la condition d'urgence, il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si la situation portée à sa connaissance est de nature à porter un préjudice suffisamment grave et immédiat à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2.

3. L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

4. En premier lieu, il est constant que M. A a été ajourné par le jury de master 2 de telle sorte que la mesure sollicitée se heurte à une contestation sérieuse et a pour effet de faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative au sens de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

5. En deuxième lieu, les conclusions de la requête excèdent en tout état de cause l'office du juge des référés, qui ne peut statuer que par des mesures provisoires.

6. Enfin et au surplus, pour justifier de l'urgence, M. A fait état de ses problèmes de santé qu'il impute aux faits de harcèlement moral qu'il aurait subi de la part d'un de ses enseignants au cours des années 2017 à 2020. Toutefois, alors qu'il a été ajourné en 2020, il ne saisit le juge des référés qu'en 2024, délai contradictoire avec la situation d'urgence invoquée. Dans ces conditions, M. A n'établit pas l'existence d'une situation d'urgence au sens des dispositions précitées, justifiant l'intervention du juge des référés à bref délai.

7. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête présentée par M. A en toutes ses conclusions, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Copie de la présente ordonnance sera adressée à l'Université de Rennes.

Fait à Rennes, le 3 décembre 2024.

Le juge des référés,

signé

F. Plumerault

La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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