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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2407348

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2407348

mercredi 10 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2407348
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rennes, statuant par ordonnance, a été saisi par M. A... d’un recours contestant le refus de la CDAPH du Morbihan de lui accorder l’allocation aux adultes handicapés (AAH) et une carte mobilité inclusion mention "stationnement". S’agissant de l’AAH, le juge administratif s’est déclaré incompétent, estimant que ce litige relève du contentieux de la sécurité sociale et donc du juge judiciaire, conformément aux articles L. 821-5 et L. 142-8 du code de la sécurité sociale. Il a en conséquence transmis cette partie du dossier au tribunal judiciaire de Lorient. Concernant la carte mobilité inclusion, la requête a été rejetée comme manifestement irrecevable, faute pour M. A... d’avoir justifié, après invitation du tribunal, de l’exercice du recours préalable obligatoire prévu à l’article R. 241-17-1 du code de l’action sociale et des familles.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête enregistrée le 12 décembre 2024, M. B... A... demande au tribunal d’annuler les décisions du 18 octobre 2024 par lesquelles la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH) du Morbihan a rejeté ses demandes d’admission au bénéfice de l’allocation aux adultes handicapés (AAH) et tendant à se voir attribuer une carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement ».

Il soutient qu’il est passé en handicap niveau 1 par la sécurité sociale avec une capacité de travail de 50 % et souffre musculairement des quatre membres, ce qui impacte énormément sa vie quotidienne.


Par une lettre du 12 décembre 2024, le tribunal a invité M. A... à régulariser sa requête, dans un délai d’un mois, en produisant soit la décision prise sur son recours préalable obligatoire, soit la preuve de la présentation d’un tel recours en application de l’article R. 241-17-1 du code de l’action sociale et des familles.


Vu les autres pièces du dossier.


Vu :
- le code de l’action sociale et des familles ;
- le code de l’organisation judiciaire ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le décret n° 2015-233 du 27 février 2015 ;
- le code de justice administrative.





Considérant ce qui suit :


1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours et les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans ou ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : (…) / 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative (…) / 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque (…) elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ».


Sur les conclusions relatives à l’allocation aux adultes handicapés (AAH) :


2. Aux termes de l'article L. 821-5 du code de la sécurité sociale : « L'allocation aux adultes handicapés est servie comme une prestation familiale. (…) / Les différends auxquels peut donner lieu l'application du présent titre et qui ne relèvent pas d'un autre contentieux sont réglés suivant les dispositions régissant le contentieux de la sécurité sociale. ». Aux termes de l’article L. 142-8 du même code : « Le juge judiciaire connaît des contestations relatives : / 1° Au contentieux de la sécurité sociale défini à l'article L. 142-1 (…) ». Cet article dispose que le contentieux de la sécurité sociale comprend les litiges relatifs notamment à l’application des législations et réglementations de sécurité sociale. Aux termes de l’article L. 211-16 du code de l’organisation judiciaire : « Des tribunaux judiciaires spécialement désignés connaissent : / 1° Des litiges relevant du contentieux de la sécurité sociale défini à l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale (…) ».


3. Aux termes du premier alinéa de l’article 32 du décret du 27 février 2015 relatif au Tribunal des conflits et aux questions préjudicielles modifié par le décret n° 2018-928 du 29 octobre 2018 : « (…) lorsque la juridiction est saisie d’un contentieux relatif à l’admission à l’aide sociale tel que défini par le code de l’action sociale et des familles ou par le code de la sécurité sociale, elle transmet le dossier de la procédure, sans préjuger de la recevabilité de la demande, à la juridiction de l’autre ordre de juridiction qu’elle estime compétente par une ordonnance qui n’est susceptible d’aucun recours (…) ». Le premier alinéa de l’article R. 142-10 du code de la sécurité sociale prévoit que : « Le tribunal judiciaire territorialement compétent est celui dans le ressort duquel demeure le demandeur ».


4. Il résulte de l’ensemble de ces dispositions que les litiges relatifs à l’allocation aux adultes handicapés relèvent de la compétence du juge judiciaire. Il s’ensuit que le tribunal administratif n’est manifestement pas compétent pour connaître des conclusions de la requête de M. A... relatives à l’allocation aux adultes handicapés. Dès lors, il y a lieu de transmettre le dossier de la procédure au tribunal judiciaire de Lorient, territorialement compétent.




Sur les conclusions relatives à la carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement » :


5. Aux termes de l’article R. 241-17-1 du code de l’action sociale et des familles : « Le recours préalable obligatoire formé contre une décision relative à la carte « mobilité inclusion » destinée aux personnes physiques est formé, par tout moyen lui conférant date certaine, devant le président du conseil départemental. / Ce recours préalable comprend une lettre de saisine et une copie de la décision contestée ou, lorsqu'elle est implicite, une copie de l'accusé réception de la demande ayant fait naître cette décision. / La lettre de saisine peut exposer les motifs de la contestation et les éléments insuffisamment ou incorrectement pris en compte. / Ce recours préalable est examiné selon les mêmes modalités que la demande initiale. Le silence gardé pendant plus de deux mois par l'auteur de la décision, à partir de la date à laquelle le recours préalable obligatoire a été présenté auprès du président du conseil départemental, vaut décision de rejet de la demande. » Il résulte de ces dispositions que la personne qui entend contester une décision relative à l’attribution de la carte mobilité inclusion mention « stationnement » doit, avant de saisir le juge, former un recours administratif devant l’autorité compétente. La décision prise à la suite du recours préalable est seule susceptible d’être déférée au juge en ce qu’elle se substitue à la décision initiale.


6. M. A... conteste la décision du 18 octobre 2024 par laquelle la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH) du Morbihan a refusé de lui attribuer la carte mobilité inclusion mention « stationnement ». En dépit de la demande de régularisation qui lui a été adressée par le greffe par courrier du 12 décembre 2024 et dont il a accusé réception le 16 décembre suivant, et qui mentionnait qu’à défaut de régularisation dans le délai imparti, la requête serait considérée comme manifestement irrecevable et pourrait être rejetée par ordonnance à l’issue de ce délai, M. A... n’a pas justifié de l’exercice du recours préalable obligatoire prévu par l’article R. 241-17-1 précité du code de l’action sociale et des familles. Par suite, les conclusions de sa requête, relatives à la carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement », sont entachées d’une irrecevabilité manifeste et doivent, dès lors, être rejetées en application des dispositions du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.




ORDONNE :




Article 1er : Les conclusions de la requête de M. A... relatives à l’attribution d’une allocation aux adultes handicapés sont rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.


Article 2 : Le dossier de la requête de M. A... en tant qu’elle concerne l’allocation aux adultes handicapés est transmis au tribunal judiciaire de Lorient (pôle social)


Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.



Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....


Fait à Rennes, le 10 septembre 2025.




La magistrate désignée,


signé

F. Plumerault




La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.




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