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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2501785

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2501785

vendredi 23 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2501785
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSELARL ARES

Résumé IA

Cette ordonnance du Tribunal Administratif de Rennes concerne le recours pour excès de pouvoir de M. A... contre son licenciement par le maire de Dinard. La commune a retiré la décision de licenciement le 8 avril 2025, avant que le juge ne statue. En application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, le tribunal constate que les conclusions à fin d'annulation sont devenues sans objet et prononce un non-lieu à statuer. Les frais de justice sont rejetés.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 20 mars 2025, M. B... A... doit être regardé comme demandant au tribunal d’annuler la décision du 20 janvier 2025 par laquelle le maire de Dinard a prononcé son licenciement de son emploi, relevant du grade de rédacteur, de gestionnaire de la commande publique pour l’occupation duquel il avait conclu un contrat à durée déterminée de trois ans ayant pris effet le 1er octobre 2024.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 novembre 2025, la commune de Dinard, représentée par la SELARL ARES, agissant par Me Gaël Collet, demande au tribunal :

1°) « à titre principal, rejeter la requête » et, « à titre subsidiaire, prononcer le non-lieu à statuer sur la requête » ;

2°) de mettre à la charge de M. A..., sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, la somme de 1 500 euros au titre des frais de justice qu’elle a exposés.

Elle soutient notamment que par une décision du 8 avril 2025, le maire a retiré la décision de licenciement de M. A... à la suite du retrait, intervenu le 12 mars 2025, de la décision prolongeant sa période d’essai.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; (…) ».

2. L’existence d’une cause de non-lieu à statuer fait obstacle à ce que le juge examine le bien-fondé d’une requête, comme d’ailleurs sa recevabilité. En conséquence, l’exception de non-lieu à statuer opposée dans le mémoire en défense de la commune de Dinard à titre subsidiaire, c’est-à-dire dans l’hypothèse où le tribunal ne rejetterait pas la requête, doit en réalité être regardée comme étant soulevée à titre principal.

3. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre une décision administrative n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, la décision attaquée est retirée par l'autorité compétente et si ce retrait acquiert un caractère définitif à défaut d’avoir été contesté dans le délai du recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de la décision attaquée, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait pas lieu pour le juge de la légalité de statuer sur le mérite du recours dont il a été saisi. Il en va ainsi quand bien même la décision retirée aurait reçu exécution.

4. Il ressort des pièces du dossier que, par une décision du 8 avril 2025, le maire de Dinard a retiré la décision, dont M. B... A... a, par sa requête, demandé l’annulation, par laquelle cette autorité l’a licencié de son emploi, relevant du grade de rédacteur, de gestionnaire de la commande publique pour l’occupation duquel il avait conclu un contrat de travail d’une durée de trois ans ayant pris effet le 1er octobre 2024. Il ne ressort pas des pièces du dossier que cette décision de retrait, qui n’est pas défavorable à M. A..., ne serait pas devenue définitive au sens du principe rappelé au point 3. Dans ces conditions, les conclusions à fin d’annulation sont devenues sans objet.

5. En conséquence, il n’y a pas lieu, au sens des dispositions précitées du 3° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, de statuer sur ces conclusions.

Sur les frais liés au litige :

6. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 (…) ». En vertu de cet article, une somme au titre des frais de justice exposés par une partie est susceptible d’être mise à la charge d’une autre partie.

7. Il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de M. A..., sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, une somme à verser à la commune de Dinard au titre des frais de justice qu’elle a exposés.



O R D O N N E :



Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d’annulation de la requête présentée par M. A....


Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Dinard sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.






Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et à la commune de Dinard.


Fait à Rennes le 23 janvier 2026.


Le président de la 4ème chambre


signé


D. Labouysse

La République mande et ordonne au préfet d’Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


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