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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2505035

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2505035

jeudi 21 août 2025

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2505035
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantGUYON

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rennes a rejeté la requête indemnitaire de M. B, qui demandait la condamnation de l'État à lui verser 261 569,64 euros. La requête a été jugée manifestement irrecevable car la demande indemnitaire préalable avait été envoyée le même jour que la saisine du tribunal, sans attendre la décision de l'administration, en méconnaissance de l'article R. 421-1 du code de justice administrative. Cette irrecevabilité, qui ne pouvait être régularisée sur invitation du juge, a conduit au rejet de l'ensemble des conclusions, y compris celles relatives aux frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 juillet 2025, M. A B, représenté par Me David Guyon, demande au tribunal :

1°) de condamner l'État à lui verser la somme de 261 569,64 euros en réparation de l'ensemble des préjudices qu'il a subis, augmentée "de la capitalisation des intérêts, eux-mêmes productifs d'intérêts au taux d'intérêt légal en vigueur à compter de la demande indemnitaire préalable" ;

2°) d'enjoindre à l'État de régler cette somme dans un délai de deux mois à compter de la notification de "l'arrêt", sous astreinte d'un montant de 400 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser () 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 () ".

2. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 421-1 du même code : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision () Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ".

3. Il ressort de l'examen des pièces jointes à la requête présentée par M. B que le courrier formalisant sa demande indemnitaire préalable à l'État a été envoyée le 21 juillet 2025, soit le même jour que celui de l'enregistrement de cette requête. Il n'est même pas fait état, à l'appui de la requête, de l'intervention d'une décision explicite de rejet de cette demande, le requérant évoquant une décision implicite de rejet alors qu'une telle décision n'est susceptible d'intervenir qu'à l'expiration d'un délai de deux mois courant à compter de la réception de la demande. Ainsi, les conclusions indemnitaires présentées par M. B sont prématurées et, par suite, irrecevables. Si cette irrecevabilité peut être couverte, en cours d'instance, par l'intervention d'une décision expresse ou implicite, il est loisible au juge, tant qu'aucune décision n'a été prise par l'autorité administrative, de rejeter pour ce motif les conclusions dont il est saisi. Une telle irrecevabilité étant manifeste et le juge ne pouvant inviter le requérant à la régulariser puisqu'une telle régularisation ne peut résulter que de l'intervention ultérieure d'une décision expresse ou implicite, les conclusions entachées d'une telle irrecevabilité peuvent être rejetées sur le fondement du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

4. Il résulte de ce qui a été dit au point 3 que l'ensemble des conclusions présentées par M. B, y compris celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées en application des dispositions citées au point 1 de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Rennes le 21 août 2025.

Le président de la 4ème chambre

signé

D. Labouysse

La République mande et ordonne à la ministre chargée de la santé en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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