LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2505165

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2505165

mercredi 5 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2505165
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème Chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rennes, statuant après renvoi du Conseil d’État, a rejeté la demande de M. D... tendant à la décharge des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) dues par l’indivision successorale de Mme B... pour les années 2018 à 2020. Le tribunal a jugé que les deux lots de copropriété détenus par la défunte au sein d’une maison à Quimper constituent des fractions de propriété normalement destinées à une utilisation distincte au sens de l’article 1494 du code général des impôts, justifiant une imposition séparée. Il a écarté le moyen tiré de ce que ces lots formeraient un ensemble unique avec les autres lots de la maison, appartenant à une indivision distincte. En conséquence, la requête a été rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, initialement enregistrée le 15 décembre 2020 sous le n° 2005629, et des mémoires enregistrés les 11 décembre 2022 et 9 mars 2023, M. C... D..., représenté par la Selarl Valadou Josselin & Associés demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties établies au nom de Mme A... B..., défunte, dont le paiement a été réclamé à l’indivision successorale dont M. D... est l’un des deux membres, au titre des années 2018 à 2020, à raison des lots de copropriété dont Mme B... était propriétaire au sein d’une maison située à Quimper ;

2°) de lui accorder le bénéfice du sursis de paiement ;

3°) de mettre à la charge de l’État le versement de la somme de 2 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- les avis d’imposition sont illégaux dès lors qu’ils ne mentionnent pas l’identité de l’autorité compétente ;
- les avis d’impositions méconnaissent les articles L. 111-2 et L. 212-1 du code des relations entre le public et l’administration dès lors qu’ils ne comportent pas la signature de leur auteur, ses nom, prénom et qualité ;
- le bien taxé ne constitue pas une propriété ou une fraction de propriété normalement destinée à une utilisation distincte au sens de l’article 1494 du code général des impôts dès lors que les différents lots de la maison d’habitation forment un ensemble unique situé sur différents niveaux ;
- les biens relevant de l’indivision successorale A... B... ne peuvent pas constituer une unité de valorisation faisant l’objet d’une imposition propre à la taxe foncière sur les propriétés bâties dès lors qu’ils ne constituent pas un logement autonome.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 mai 2021, et un mémoire, enregistré le 19 décembre 2022, le directeur régional des finances publiques de Bretagne et du département d’Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :
- les conclusions présentées au titre de l’année 2018 sont irrecevables dès lors que la réclamation préalable n’a pas été présentée au nom de l’indivision de Mme B..., mais au nom de M. D... ;
- les conclusions présentées au titre des années 2019 et 2020 sont irrecevables dès lors, d’une part, qu’une indivision étant dépourvue de personnalité juridique, elle ne peut pas agir en justice et, d’autre part, que M. D... n’a pas justifié détenir un mandat pour représenter l’indivision ;
- les moyens soulevés par M. D... ne sont pas fondés.

Par un jugement n° 2005629 du 29 mars 2023, le tribunal a rejeté les conclusions de M. D....

Par une décision n° 474557 du 24 juillet 2025, le Conseil d’état statuant au contentieux, saisi d’un pourvoi présenté par M. D..., a annulé le jugement du tribunal administratif de Rennes du 29 mars 2023 en tant qu’il statue sur les conclusions de M. D... en décharge des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles Mme B... a été assujettie au titre des années 2018 à 2020 et a renvoyé l’affaire, dans cette mesure, au tribunal administratif de Rennes.

Par un mémoire, enregistré le 21 août 2025, et un mémoire enregistré le 8 octobre 2025, M. D... demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties établies au nom de Mme A... B..., défunte, dont le paiement a été réclamé à l’indivision successorale dont M. D... est l’un des deux membres, au titre des années 2018 à 2020, à raison des lots de copropriété dont Mme B... était propriétaire au sein d’une maison située à Quimper ;

2°) de mettre à la charge de l’État le versement de la somme de 2 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- le bien taxé ne constitue pas une propriété ou une fraction de propriété normalement destinée à une utilisation distincte au sens de l’article 1494 du code général des impôts dès lors que les différents lots de la maison d’habitation forment un ensemble unique situé sur différents niveaux ;
- les biens relevant de l’indivision successorale A... B... ne peuvent pas constituer une unité de valorisation faisant l’objet d’une imposition propre à la taxe foncière sur les propriétés bâties dès lors qu’il incombe à l’administration de procéder à l’évaluation de la valeur locative de la maison d’habitation prise dans son ensemble, sans que la circonstance que les différents lots appartiennent à des propriétaires différents ait une incidence.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er octobre 2025, et un mémoire enregistré le 10 octobre 2025 et non communiqué, le directeur régional des finances publiques de Bretagne et du département d’Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. D... ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Ambert,
- et les conclusions de M. Fraboulet, rapporteur public.



Considérant ce qui suit :

Mme A... B..., décédée en 2011, était propriétaire de deux lots nos 2 et 4 compris au sein d’une maison d’habitation sise au 30, route de Pont l’Abbé à Quimper (Finistère), composée par ailleurs de quatre autres lots nos 1, 3, 5 et 6, appartenant en indivision à M. D... et sa sœur. M. D..., membre de l’indivision successorale de Mme A... B..., a sollicité de l’administration fiscale la décharge des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles cette dernière a été assujettie au titre des années 2018 à 2020 à raison de ces deux lots. Par une décision du 4 novembre 2020, l’administration a rejeté les réclamations déposées par M. D... au titre des années 2018 et 2019. Sa réclamation relative à l’année 2020 a été rejetée le 12 novembre 2020. Par la présente requête, M. D... demande la décharge des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties établies au nom de Mme A... B..., défunte, dont le paiement a été réclamé à l’indivision successorale dont M. D... est l’un des deux membres, au titre des années 2018 à 2020.

Sur le bien-fondé des impositions :

Aux termes de l’article 1380 du code général des impôts : « La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l’exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code ». Aux termes de l’article 1388 du même code : « La taxe foncière sur les propriétés bâties est établie d’après la valeur locative cadastrale de ces propriétés déterminée conformément aux principes définis par les articles 1494 à 1508 et 1516 à 1518 B et sous déduction de 50 % de son montant en considération des frais de gestion, d’assurances, d’amortissement, d’entretien et de réparation ». Aux termes de l’article 1494 du même code, dans sa rédaction alors applicable : « La valeur locative des biens passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties, de la taxe d’habitation ou d’une taxe annexe établie sur les mêmes bases est déterminée, conformément aux règles définies par les articles 1495 à 1508, pour chaque propriété ou fraction de propriété normalement destinée à une utilisation distincte ». Aux termes de l’article 324 A de l’annexe III au code général des impôts : « Pour l’application de l’article 1494 du code général des impôts on entend : / 1° Par propriété normalement destinée à une utilisation distincte : / a. En ce qui concerne les biens autres que les établissements industriels l’ensemble des sols terrains et bâtiments qui font partie du même groupement topographique et sont normalement destinés à être utilisés par un même occupant en raison de leur agencement ; / (…) 2° Par fraction de propriété normalement destinée à une utilisation distincte lorsqu'ils sont situés dans un immeuble collectif ou un ensemble immobilier : / a. Le local normalement destiné à raison de son agencement à être utilisé par un même occupant ; (…) ». Il résulte de ces dispositions qu’en principe, la définition des propriétés à prendre en compte pour la détermination de la méthode d’évaluation applicable, et par suite procéder à leur évaluation, est fonction du seul critère de leur utilisation distincte, sans que la circonstance que ces propriétés appartiennent à des propriétaires différents ait une incidence.

Il résulte de l’instruction que la maison d’habitation sise au 30, route de Pont l’Abbé à Quimper comprend deux lots nos 2 et 4 dont était propriétaire Mme A... B... et quatre autres lots nos 1, 3, 5 et 6, appartenant en indivision à M. D... et sa sœur. Les lots nos 2 et 4, relevant de l’indivision successorale de Mme A... B..., d’une superficie de 113 mètres carrés, comprennent deux salles à manger et de séjour, trois chambres et une salle d’eau, et se situent sur différents niveaux de l’immeuble (du sous-sol au premier étage) et sont ainsi imbriqués dans ceux étant la propriété de l’autre indivision de l’immeuble. Il résulte de l’instruction que les pièces occupées par les différents lots de la maison d’habitation communiquent entre elles et sont desservies par un escalier qui les met en relation, sans séparation privative. Un ascenseur a été installé afin de pouvoir relier les différents niveaux de la maison de famille, notamment à une unique cuisine, d’utilisation commune, installée au sous-sol, incluse dans les lots appartenant en indivision à M. D... et sa sœur. Dès lors, contrairement à ce que soutient l’administration, en raison de leur agencement, les deux lots nos 2 et 4 relevant de l’indivision successorale de Mme A... B... ne peuvent pas faire l’objet d’une utilisation distincte de celle des autres lots de la maison d’habitation familiale et sont ainsi destinés à être utilisés par de mêmes occupants. L’administration fiscale n’était ainsi pas fondée à prendre en compte séparément les lots nos 2 et 4 des lots nos 1, 3, 5 et 6 pour la détermination de la méthode d’évaluation applicable et leur évaluation. Compte tenu de la configuration et de l’agencement des lieux, il incombait à l’administration de procéder à l’évaluation de la valeur locative de la maison d’habitation prise dans son ensemble, sans que la circonstance que ces différents lots appartiennent à des propriétaires différents ait une incidence.

Il résulte de ce qui précède que M. D... est fondé à demander la décharge des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties établies au nom de Mme A... B..., défunte, dont le paiement a été réclamé à l’indivision successorale dont il est l’un des deux membres, au titre des années 2018 à 2020.

Sur les frais liés au litige :

Il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre une somme à la charge de l’état au titre des frais exposés par M. D... et non compris dans les dépens.


D É C I D E :


Article 1er : M. D... est déchargé des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties établies au nom de Mme A... B..., défunte, dont le paiement a été réclamé à l’indivision successorale dont il est l’un des deux membres, au titre des années 2018 à 2020.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. D... est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C... D... et au directeur régional des finances publiques de Bretagne et du département d’Ille-et-Vilaine.



Délibéré après l’audience du 15 octobre 2025, à laquelle siégeaient :

M. Jouno, président,
Mme Thielen, première conseillère,
M. Ambert, conseiller.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 novembre 2025.



Le rapporteur,


signé


A. AmbertLe président,


signé


T. Jouno

La greffière,


signé


S. Guillou



La République mande et ordonne au ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions