LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2508383

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2508383

lundi 19 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2508383
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationEloignement urgent
Avocat requérantJEANMOUGIN

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rennes a été saisi par M. A..., ressortissant ivoirien, d’un recours en excès de pouvoir contre une décision de l’OFII refusant les conditions matérielles d’accueil. Le tribunal a rejeté la requête, estimant que le demandeur n’avait pas sollicité l’asile dans le délai de 90 jours suivant son entrée en France, sans motif légitime, conformément à l’article L. 551-15 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Il a considéré que la signature d’un contrat d’hébergement en 2023 ne valait pas demande d’asile et que la vulnérabilité alléguée ne suffisait pas à justifier le retard. La décision a ainsi confirmé le refus de l’OFII.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 décembre 2025, M. B... A..., représenté par Me Jeanmougin, demande au tribunal :

1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d’annuler la décision du 24 novembre 2025 de la directrice territoriale de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) de Rennes portant refus des conditions matérielles d’accueil ;

3°) d’enjoindre à l’OFII de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d’accueil à compter du 17 octobre 2025, ou, à titre subsidiaire, de procéder à un nouvel examen de sa situation, et ce dans un délai de huit jours à compter de la décision à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l’OFII la somme de 1 500 euros, à verser à son conseil sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou, à défaut d’octroi de l’aide juridictionnelle, à lui verser sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Il soutient que la décision contestée est entachée d’erreur de droit et d’erreur d’appréciation au regard de l’article L. 551-15 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile en ce que :
- elle retient qu’il n’a pas demandé l’asile dans le délai de 90 jours suivant son entrée en France, alors qu’il doit être regardé comme ayant sollicité l’asile à compter du 19 octobre 2023, date de signature d’un contrat pour être hébergé au sein du dispositif CAES Adoma à Paris ;
- il se trouve en situation de vulnérabilité : il est dépourvu de logement et de ressource et souffre d’un syndrome anxieux et de troubles du sommeil.


Par un mémoire en défense, enregistré le 7 janvier 2026, le directeur général de l’office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu’aucun des moyens de la requête n’est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Bouju, premier conseiller, pour statuer sur les recours prévus par les dispositions des articles L. 922-1 à L. 922-3 et R. 922-17 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l’heure de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique du 8 janvier 2026 :
- le rapport de M. Bouju, magistrat désigné ;
- les observations de Me Jeanmougin, représentant M. A..., qui conclut aux mêmes fins que précédemment par les mêmes moyens qu’il développe.

L’OFII n’était pas représenté.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.



Considérant ce qui suit :

M. B... A..., ressortissant ivoirien né le 26 juillet 2002 à Adjamé (Côte-d’Ivoire), est entré en France, selon ses déclarations, le 19 novembre 2023. Il a déposé une demande d’asile, le 17 octobre 2025, et s’est alors vu remettre par les services de la préfecture d’Ille-et-Vilaine une attestation de demande d’asile en procédure accélérée. Le même jour, la directrice territoriale de Rennes de l’Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a refusé de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d’accueil. Par jugement n° 2507078 du 7 novembre 2025, le tribunal a annulé cette décision et a enjoint à la directrice territoriale de Rennes de l’OFII de réexaminer sa situation. Par une décision du 24 novembre 2025, la directrice territoriale de l’OFII a de nouveau refusé de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d’accueil. M. A... sollicite l’annulation de cette dernière décision.

Sur l’aide juridictionnelle :

Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, d’accorder à M. A..., ainsi qu’il le demande, le bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les autres conclusions :

Aux termes de l’article L. 551-15 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Les conditions matérielles d'accueil sont refusées, totalement ou partiellement, au demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : (…) 4° Il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3° de l'article L. 531-27 ; (…) La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. ».

En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que la demande d’asile de M. A... n’a été enregistrée que le 17 octobre 2025 par les services de la préfecture d’Ille-et-Vilaine, alors qu’il a déclaré, lors de son entretien d’évaluation de vulnérabilité, être entré sur le territoire français le 19 novembre 2023. Il soutient que malgré la date d’enregistrement de sa demande, il doit être regardé comme ayant manifesté son intention de demander l’asile dès le 19 octobre 2023, date à laquelle il a conclu un contrat de séjour avec le centre d’accueil et d’évaluation de situation (CAES) Adoma, situé à Paris, qui est destiné à accueillir les demandeurs d’asile ainsi que les personnes souhaitant demander l’asile. M. A... n’a toutefois apporté aucune explication sérieuse quant aux circonstances dans lesquelles il a vécu entre octobre 2023 et octobre 2025 et aux raisons pour lesquelles il n’a pas procédé aux démarches nécessaires au dépôt de sa demande d’asile avant le 17 octobre 2025. Lors de l’entretien d’évaluation de vulnérabilité, il a indiqué avoir déposé sa demande d’asile hors délai par méconnaissance de la procédure et par peur d’être renvoyé dans son pays, alors pourtant que son accueil par le CAES Adoma lui offrait, outre un hébergement et des repas, des prestations d’accompagnement pour le dépôt de sa demande d’asile et son orientation adaptée en lien avec l’OFII, la préfecture d’Ile-de-France et le pôle santé du SAMU social. Dans ces circonstances, faute d’éléments sérieux susceptibles d’expliquer les raisons pour lesquelles il n’a pas procédé aux démarches nécessaires à la suite de sa prise en charge par le CAES Adoma en octobre 2023 et de justifier qu’il n’ait déposé sa demande d’asile que le 17 octobre 2025, M. A... n’établit pas que la décision litigieuse, qui retient qu’il n’a pas sollicité l’asile, sans motif légitime, dans le délai de 90 jours suivant son arrivée en France, méconnait les dispositions précitées de l’article L. 551-15 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

En second lieu, M. A... fait valoir qu’il est sans ressource et sans logement et qu’il souffre d’un syndrome anxieux et de troubles du sommeil consécutifs à des traumatismes subis dans son pays d’origine. Il produit un certificat médical daté du 18 novembre 2025. Toutefois, il est célibataire et sans enfant et n’apporte aucun élément sur ses conditions de vie depuis son entrée en France. S’il a déclaré lors de l’entretien d’évaluation de vulnérabilité du 19 novembre 2025 qu’il dormait dans un camion de livraison, il avait déclaré, lors du précédent entretien du 17 octobre 2025, qu’il était hébergé par un compatriote. En outre, le médecin coordinateur de la zone Ouest du service médical de l’OFII a estimé, dans un avis du 12 décembre 2025, que sa situation relevait d’une priorité d’hébergement sans caractère d’urgence. Dans ces conditions, M. A... n’établit pas être confrontée à une situation particulière de vulnérabilité telle qu’elle permette de caractériser que la décision litigieuse procèderait d’une erreur d’appréciation.

Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête aux fins d’annulation de la décision du 24 novembre 2025 portant refus des conditions matérielles d’accueil ne peuvent qu’être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions de la requête aux fins d’injonction et de celles présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.



D É C I D E :



Article 1er : M. A... est admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : La requête de M. A... est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A... et au directeur général de l’Office français de l’immigration et de l’intégration.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 janvier 2026.


Le magistrat désigné,
signé
D. Bouju
La greffière d’audience,
signé
A. Bruézière



La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions