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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2508572

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2508572

mercredi 24 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2508572
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rennes, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de Mme A... visant à suspendre l'arrêté préfectoral du 3 décembre 2025 suspendant son permis de conduire pour six mois. La requérante invoquait l'urgence liée aux difficultés de transport de ses enfants, mais le juge a estimé qu'elle ne justifiait pas de l'absence de solutions alternatives ou du caractère indispensable de ses déplacements. En conséquence, la condition d'urgence n'étant pas remplie, la requête a été rejetée sans audience, en application de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 19 et 22 décembre 2025, Mme B... A... demande au juge des référés de suspendre, en application de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, l’exécution de l'arrêté du 3 décembre 2025 par lequel le préfet des Côtes-d'Armor a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de six mois.

Vu :
- la requête au fond, n° 2508431 ;
- les pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Jouno, président, pour statuer sur les demandes de référé.



Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision ou de certains de ces effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (…) ». Aux termes des deux premiers alinéas de l’article L. 522-1 de ce code : « Le juge des référés statue au terme d’une procédure contradictoire écrite ou orale / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. ». Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1 ».

L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l’acte litigieux sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue. L’urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l’ensemble des circonstances de l’espèce.

Pour justifier de l’urgence à suspendre l’exécution de la décision attaquée, Mme A..., qui réside à Saint-Carreuc (Côtes-d’Armor) soutient que cette décision nuit gravement au bon fonctionnement de son foyer, dès lors qu’elle est mère de trois enfants mineurs, dont deux sont scolarisés à Plœuc-sur-Lié et un à Plédran et qui, tous, ont des activités sportives « à haute intensité » à Saint-Brieuc, et ajoute que son époux ne peut, compte tenu de ses obligations professionnelles, transporter ses enfants. Toutefois, Mme A... ne livre, en tout état de cause, aucune indication de nature à révéler qu’elle serait tenue de réaliser de tels déplacements ou qu’il serait hautement préférable qu’elle, et non son conjoint, les réalise. Elle ne justifie par ailleurs pas de l’absence de modes de transport alternatifs ou du caractère inadéquat de ceux-ci.

Il résulte de ce qui précède que la condition tenant à l’urgence, requise par l’article L. 521-1 du code de justice administrative, n’est pas remplie. Les conclusions de Mme A... tendant à la suspension de l’exécution de l’arrêté du 3 décembre 2025 ne peuvent, par conséquent, qu’être rejetées par application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.



O R D O N N E :



Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....



Fait à Rennes, le 24 décembre 2025.



Le juge des référés,


signé


T. Jouno

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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