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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2508682

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2508682

mercredi 31 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2508682
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Rennes, statuant en référé liberté, a rejeté la demande de M. A... qui sollicitait, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, que le département du Finistère instruise sans délai sa demande de RSA et le rétablisse dans ses droits. Le juge a estimé que la condition d'urgence particulière, nécessaire à ce type de référé, n'était pas caractérisée, le requérant se bornant à indiquer être sans ressources sans apporter de précisions suffisantes. Il a rappelé que l'urgence s'apprécie objectivement et que l'atteinte à une liberté fondamentale ne suffit pas à la démontrer. M. A... a été invité à saisir, le cas échéant, le juge du référé mesure utile (article L. 521-3) ou du référé suspension (article L. 521-1).

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée initialement au fond le 24 décembre 2025, puis en référé liberté le 31 décembre 2025, M. B... A... demande au juge des référés :

1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, au département du Finistère d’instruire sans délai sa demande de revenu de solidarité active (RSA) et de le rétablir dans ses droits dans un délai de quarante-huit heures, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge du département du Finistère la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- l’inaction du département constituent une atteinte grave et manifeste à son droit à des conditions de vie décentes, à la dignité humaine et à la protection sociale effective ;
- l’urgence est caractérisée dès lors qu’il vit sans aucune ressource.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Descombes, président, pour statuer sur les demandes de référé.



Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ». Aux termes de l’article L. 522-1 de ce code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique ». Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ». Et aux termes du premier alinéa de l’article R. 522-1 dudit code : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire ».

La circonstance qu’une atteinte à une liberté fondamentale, portée par une mesure administrative, serait avérée n’est pas de nature à caractériser l’existence d’une situation d’urgence justifiant l’intervention du juge des référés dans le très bref délai prévu par les dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative. Il appartient au juge des référés d’apprécier, au vu des éléments que lui soumet le requérant comme de l’ensemble des circonstances de l’espèce, si la condition d’urgence particulière requise par l’article L. 521-2 est satisfaite, en prenant en compte la situation du requérant et les intérêts qu’il entend défendre mais aussi l’intérêt public qui s’attache à l’exécution des mesures prises par l’administration. La condition d’urgence posée par l’article L. 521-2 du code de justice administrative s’apprécie objectivement et compte-tenu de l’ensemble des circonstances de chaque espèce. A la différence d’une demande de suspension présentée sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, ou d’une demande tendant à ce que soit ordonnée une mesure utile sur le fondement de l’article L. 521-3 du même code, auxquelles il peut être satisfait s’il est justifié d’une situation d’urgence, une demande présentée au titre de la procédure particulière de l’article L. 521-2 du même code implique, pour qu’il y soit fait droit, qu’il soit justifié d’une situation d’urgence particulière rendant nécessaire l’intervention d’une mesure de sauvegarde dans les quarante-huit heures.

A l’appui de sa demande, M. A... se borne à mentionner qu’il est actuellement sans aucune ressource, sans toutefois apporter plus de précisions sur sa situation ou les difficultés auxquelles il est confronté et sans produire tout autre élément caractérisant une situation d’urgence particulière rendant nécessaire l’intervention d’une mesure de sauvegarde dans les quarante-huit heures.

Dans ces conditions, la requête de M. A..., auquel il est loisible, s’il s’y croit fondé, de saisir le juge du référé mesure utile sur le fondement l’article L. 521-3 du code de justice administrative, ou le juge du référé suspension sur le fondement l’article L. 521-1 du même code ne peut qu’être rejetée.



O R D O N N E :



Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....


Fait à Rennes, le 31 décembre 2025.


Le juge des référés,


signé


G. Descombes


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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