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Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2508752

jeudi 1 octobre 2026

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2508752
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 26 décembre 2025 et 21 avril 2026, M. B... A... demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision par laquelle le greffe du tribunal de commerce de Quimper a implicitement refusé de lui communiquer l’intégralité du registre des sûretés mobilières et autres opérations connexes ;

2°) d’enjoindre au greffe du tribunal de commerce de Quimper de lui communiquer le document sollicité, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, au besoin sous astreinte ;

3°) de mettre à la charge du tribunal de commerce de Quimper le versement de la somme de 150 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que la décision attaquée méconnaît l’article L. 311-1 du code des relations entre le public et l’administration et est entachée d’excès de pouvoir.

Par un mémoire, enregistré le 1er avril 2026, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que le document sollicité par M. A... fait l’objet d’une diffusion publique.



Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de commerce ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. Par un courriel du 7 février 2025, M. A... a demandé au greffe du tribunal de commerce de Quimper de lui communiquer l’intégralité du registre des sûretés mobilières et autres opérations connexes. Suite au silence gardé sur cette demande, M. A... a, le 22 octobre 2025, saisi la commission d’accès aux documents administratifs qui a rendu le 10 décembre 2025 un avis déclarant sa demande irrecevable. M. A... demande l’annulation de la décision par laquelle le greffe du tribunal de commerce de Quimper a implicitement confirmé, le 22 décembre 2025, le refus initial de communication.

2. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours (…), les requêtes ne comportant que (…) des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien (…) ».

3. Aux termes de l’article L. 311-1 du code des relations entre le public et l’administration : « (…) les administrations (…) sont tenues de publier en ligne ou de communiquer les documents administratifs qu’elles détiennent aux personnes qui en font la demande (…) ». L’article L. 311-2 du même code dispose que : « Le droit à communication ne s'applique qu'à des documents achevés. (…) / Le droit à communication ne s'exerce plus lorsque les documents font l'objet d'une diffusion publique. (…) ».

4. Selon l’article R. 521-1 du code de commerce : « Il est institué au niveau de chaque greffe compétent (…) un registre dénommé " registre des sûretés mobilières et autres opérations connexes " dont l'objet est de centraliser leurs inscriptions. / Il est également institué, sous la responsabilité du Conseil national des greffiers des tribunaux de commerce, un portail national accessible par le réseau internet permettant la consultation des informations inscrites dans les registres des sûretés mobilières tenus localement par chaque greffier ». Le premier alinéa de l’article R. 521-29 du même code prévoit que : « Afin de garantir la publicité des informations inscrites, le Conseil national des greffiers des tribunaux de commerce met en place et assure la gestion du portail national mentionné à l’article R. 521-1 ». L’article R. 521-30 précise que : « Le portail mentionné à l'article R. 521-29 est consultable gratuitement. Il permet de télécharger un document faisant apparaître les informations prévues à l'article R. 521-33 ». L’article R. 521-31 prévoit que : « Le greffier auprès duquel une des inscriptions mentionnées à l'article R. 521-1 a été prise délivre sur simple demande un état mentionnant les numéros de ces inscriptions qu'il constate ainsi que leur date et le lieu de leur inscription. Cet état est daté et signé du greffier. / Le greffier dans le registre duquel se trouve une ou plusieurs des inscriptions mentionnées à l'article R. 521-1 délivre, sur simple demande, l'état certifié des inscriptions inscrites à son registre mentionnant pour chacune toutes les informations inscrites. / Chacune des demandes mentionnées aux deux alinéas précédents ne peut porter que sur une seule personne et une ou plusieurs catégories d'inscription parmi celles qui sont mentionnées à l'article R. 521-1 (…) ». Aux termes de l’article R. 521-33 : « Chaque consultation fait apparaître l'absence d'inscription ou, en présence d'inscription, les informations inscrites dans les registres des sûretés mobilières tenus par chaque greffier ainsi que l'identification des greffiers qui tiennent ces registres. L'inscription radiée ou périmée n'apparait plus dans les résultats des demandes de consultation du portail ».

5. Il ressort de ces dispositions que toute personne peut gratuitement consulter, sur un portail national accessible par le réseau internet, les informations inscrites dans les registres des sûretés mobilières et autres opérations connexes, ainsi que les télécharger gratuitement. Par ailleurs, le greffier délivre, sur demande, des états des inscriptions inscrites à son registre concernant une personne ou une ou plusieurs catégories d’inscription. Le registre des sûretés mobilières et autres opérations connexes faisant ainsi l’objet d’une diffusion publique, le droit à communication des documents qu’il comporte ne s’exerce plus. Par conséquent, le moyen tiré de la méconnaissance de l’article L. 311-1 du code des relations entre le public et l’administration n’est assorti que de faits manifestement insusceptibles de venir à son soutien.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A... doit être rejetée, dans toutes ses conclusions, sur le fondement des dispositions précitées du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.



ORDONNE :



Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et au garde des sceaux, ministre de la justice.


Une copie de la présente ordonnance sera adressée à la commission d’accès aux documents administratifs.


Fait à Rennes, le 1er octobre 2026


Le premier conseiller faisant fonction
de président de la 3ème chambre,


signé


F. Martin


La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.