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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2600019

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2600019

lundi 26 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2600019
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSOCIETE D'AVOCATS ALTANA

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rennes, statuant en référé précontractuel sur le fondement de l'article L. 551-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de la société RSA Cosmos. Celle-ci contestait la procédure de passation d'un marché public pour les systèmes audiovisuels du planétarium de Bretagne, en invoquant notamment une méconnaissance des sous-critères de notation, une dénaturation des offres et un manque de transparence. Le tribunal a jugé que les manquements allégués n'étaient pas établis, considérant que le pouvoir adjudicateur avait correctement motivé ses notations et respecté les principes d'égalité de traitement et de transparence. La solution retenue est donc le rejet de l'ensemble des demandes de la société requérante.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 2 et 15 janvier 2026, la société RSA Cosmos, représentée par Me Albert Mouseghian, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 551-1 du code de justice administrative :

1°) d’annuler la procédure de passation du marché public relatif à l’étude de conception, la fourniture et l’installation des systèmes audiovisuels du planétarium de Bretagne ;

2°) d’enjoindre au syndicat mixte du planétarium de Bretagne, s’il entend poursuivre la procédure d’attribution de ce marché, de reprendre la procédure de passation au stade de l’analyse des offres ;

3°) de mettre à la charge du syndicat mixte du planétarium de Bretagne la somme de 4 000 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- le pouvoir adjudicateur n’a pas fait une stricte application des sous-critères fixés dans le règlement de la consultation et a dénaturé certains des éléments du contenu des offres soumises à son examen ;
- la note de 10,5 points sur 12 qui lui a été attribuée pour le sous-critère « Dôme écran » résulte de ce qu’elle n’aurait pas fourni de plan de principe quant à l’implantation des échelles d’accès au dôme et peu de précisions sur la sécurisation des accès, exigences non mentionnées dans le règlement de la consultation et le cahier des clauses techniques particulières (CCTP) ;
- le pouvoir adjudicateur n’a pas valorisé dans sa notation la différence essentielle de son offre avec celle de la société attributaire, tenant à la technologie du dôme écran proposé tant pour le critère relatif à la fourniture que pour celui relatif aux conditions de maintenance technique ;
- la différence de notation pour le sous-critère « Logiciel de simulation et d’automatisation», pour lequel la note de 10,5 points sur 12 lui a été attribuée alors que la société attributaire a obtenu 12 points, s’est faite au niveau des fonctionnalités d’importation des médias et de contenu, compte tenu de fonctionnalités hors astronomie uniquement à visée scientifique et d’applications hors astronomie et culture scientifique peu développées ainsi que d’absence de fourniture de boîtiers de vote intégrés au logiciel de simulation, sans que ces exigences ne figurent dans le CCTP ;
- si elle a obtenu la note de 12 points sur 12 pour le sous-critère « système de vidéo projection pleine voûte », la note de 10,5 points attribuée à la société Skypoint a été surévaluée au regard des attentes de l’acheteur public, lequel a atténué la portée des performances moindres de son offre s’agissant des caractéristiques de l’image full Dôme et de la performance et de la durée de vie des ordinateurs ;
- le sous-critère « système de sonorisation » a été évalué au centième de point, sans qu’aucun élément du règlement de la consultation ne le prévoit ;
- les raisons ayant conduit à une évaluation aussi précise n’ont pas été exposées aux candidats en méconnaissance du principe de transparence et d’égalité de traitement ;
- l’analyse et la notation attribuée pour ce sous-critère « système de sonorisation » ne reflètent pas de manière objective les apports respectifs des différentes offres, et notamment en ce qu’elle était la seule à intégrer le renouvellement complet de l’équipement existant, garantissant ainsi une continuité d’exploitation optimale, une compatibilité immédiate avec l’installation actuelle et une amélioration tangible de la fiabilité et de la qualité du service rendu au public ;
- elle a obtenu la même note que la société attributaire, soit 4 points sur 4, pour le sous-critère « Eclairage » alors que les performances énergétiques de son système d’éclairage étaient sensiblement supérieures à celui de la société Skypoint ;
- les trois sociétés candidates ont obtenu la même note de 4 points sur 4 pour le sous-critère « Garantie » alors qu’elle était la seule à proposer un délai de garantie de cinq ans, étendu aux travaux de réparation effectués pendant cette période ;
- l’extension de garantie a été proposée par la société Skypoint après la négociation et non dans son offre initiale, alors que le champ de la négociation n’était pas pleinement circonscrit par l’acheteur, en méconnaissance de ses obligations de publicité et de mise en concurrence ;
- le sous-critère relatif au dôme écran était décrit de manière insuffisamment précise, ce qui révèle un manquement de l’acheteur à ses obligations de publicité et de mise en concurrence ;
- elle n’a pas été correctement informée de la valorisation des sous-sous-critères définis pour le sous-critère relatif au dôme écran, ce qui ne lui a pas permis d’adapter son offre en connaissance de cause et l’a donc lésée ;
- l’imprécision des critères utilisés, l’absence de méthode de notation et la dénaturation des offres l’ont nécessairement lésée eu égard au faible écart de point entre les deux offres, soit 1,3 points sur 100, en ce qu’elle aurait pu être classée en première position et déclarée attributaire du marché.


Par des mémoires en défense, enregistrés les 14 et 15 janvier 2026, la société Skypoint, représentée par Me Louis des Cars, conclut au rejet de la requête et à ce qu’il soit mis à la charge de la société RSA Cosmos la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- les demandes de la société RSA Cosmos tendant à ce que les notes attribuées au titre de l’analyse des sous-critères techniques des offres présentées au pouvoir adjudicateur soient modifiées doivent être rejetées en ce qu’elles ne relèvent pas de l’office du juge des référés précontractuel ;
- la note qu’elle a obtenue concernant l’installation des échelles d’accès au dôme-écran est justifiée au regard des précisions apportées dans son offre pour répondre aux exigences des articles 8.3 et 15.4 du CCTP, notamment sur l’implantation des échelles et sur les règles de sécurité inhérentes à leur utilisation ;

- les développements de la société RSA Cosmos selon lesquelles une note différente aurait dû être attribuée à la société Skypoint pour le sous-critère relatif à l’entretien de l’écran et aux fréquences de nettoyage ne sont aucunement justifiés, d’autant qu’elle a fait le choix d’utiliser la solution de plus haute qualité disponible sur le marché dans le domaine des dômes pour optimiser la durée de vie d’un dôme-écran, en remplaçant la peinture à base d’eau et de latex par un revêtement en poudre ;
- la note de 12 points sur 12 qui lui a été attribuée pour le sous-critère relatif au logiciel de simulation et d’automatisation et celle de 10,5 points sur 12 attribuée à la société RSA Cosmos pour ce même sous-critère sont parfaitement justifiées, dans la mesure où sa propre offre était parfaitement conforme aux attentes indiquées dans le CCTP s’agissant des applications hors astronomie et culture scientifique proposées et des boitiers de vote, alors que l’offre de la société RSA Cosmos était peu développée pour ces éléments ;
- la note qui lui a été attribuée pour le sous-critère relatif au système de vidéo-projection pleine voute, compte tenu des avantages que représentent les projecteurs Norxe P604K qu’elle propose, du degré de luminosité prévu, deux fois supérieur à celui requis, du contraste natif, de la résolution effective et de la colorimétrie, est parfaitement cohérente ;
- la note de 1,5 points sur 2 qui lui a été attribuée pour le sous-critère relatif à la performance des ordinateurs tient compte de la solution qu’elle a proposée, qui ne nécessite pas de cartes graphiques puissantes et couteuses et présente une garantie de synchronisation des canaux meilleure et plus élevée que celle obtenue avec la seule carte graphique ;
- l’argumentation développée par la société RSA Cosmos s’agissant des notes attribuées pour le sous-critère relatif au système de sonorisation est inopérante, en ce que seule la société Skysan, évincée du marché, a obtenu une note supérieure de 5,25 points sur 6, ce qui n’a donc pas eu de conséquence pour l’attribution du marché ;
- l’acheteur était libre de définir la méthode de notation pour les critères de sélection des offres, au besoin en accordant des notes avec des décimales ;
- la solution de remplacement de l’ensemble de l’équipement existant de sonorisation, telle que proposée par la société RSA Cosmos, ne correspondait que partiellement aux attentes de l’acheteur, ce qui justifie la note de 4,5 points sur 6 qui lui a été attribuée ;
- l’offre de la société RSA Cosmos n’était pas cohérente s’agissant de la table de mixage proposée ;
- les points attribués par le syndicat mixte du planétarium de Bretagne pour le sous-critère « éclairage » l’ont été conformément aux prescriptions du CCTP ;
- les deux offres présentaient une extension de garantie, ce qui justifiait donc que la note maximale leur soit attribuée.


Par un mémoire en défense, enregistré le 14 janvier 2026, le syndicat mixte du planétarium de Bretagne, représenté par le cabinet d’avocats Coudray, conclut au rejet de la requête et à ce qu’il soit mis à la charge de la société RSA Cosmos la somme de 4 000 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- il a fait une stricte application des critères et sous-critères mentionnés dans les pièces de la consultation ;
- la critique de la société RSA Cosmos sur l’appréciation portée sur les offres reçues ne relève pas de l’office du juge du référé précontractuel ;
- aucune dénaturation des offres n’entache la procédure, les termes des propositions reçues n’ayant pas été évidemment, manifestement et grossièrement méconnus ;


- la méthode de notation retenue, validée dès le 8 août 2025, soit bien avant l’analyse des offres, consistait à attribuer pour chaque critère, aucun point lorsque les éléments ne répondaient pas aux attentes, un quart des points lorsque les éléments répondaient partiellement aux attentes, la moitié des points lorsque les éléments répondaient aux attentes de manière satisfaisante, et la note maximale lorsque les éléments répondaient aux attentes de manière très satisfaisante ;
- la société RSA Cosmos ne démontre pas que l’analyse du sous-critère « dôme écran » révèlerait une dénaturation de son offre, dès lors qu’elle n’a pas produit le plan d’implantation des échelles demandées, ni de détail particulier sur la sécurisation des accès, en dépit des attentes formulées aux articles 8.3 et 15.4 du CCTP, et qu’elle n’établit pas que les termes des propositions reçues s’agissant des caractéristiques du dôme écran auraient été grossièrement méconnus ;
- l’offre de la société RSA Cosmos s’agissant du sous-critère « logiciel de simulation et d’automatisation » répond aux exigences minimales définies dans les documents de la consultation, sans pour autant présenter une solution suffisamment qualitative pour se voir attribuer l’ensemble des points ;
- il a bien identifié les caractéristiques techniques et les performances du système proposé par la société Skypoint, pour l’appréciation et la notation, d’une part, des « caractéristiques de l’image full dôme », et d’autre part, des « performances des ordinateurs », deux éléments du sous-critère « système de vidéo projection pleine voute », tout en constatant les meilleures performances proposées par le système d’image full dôme de la société RSA Cosmos, ainsi que par la performance et la durée de vie de ses ordinateurs, pour lesquels la totalité des points lui a été attribuée ;
- il ne s’est pas mépris sur l’offre de la société RSA Cosmos s’agissant du sous-critère « système de sonorisation », alors que celle-ci a obtenu une meilleure note sur la « qualité du son » que la société Skypoint, et une note moindre pour le « système multilingue », dont il a été considéré qu’il répondait de manière satisfaisante aux attentes de l’acheteur, le système proposé par la société attributaire avec sa solution « Digistar » apparaissant particulièrement performant et justifiant que le maximum des points lui soit attribué ;
- la critique concernant la notation des sous-critères « éclairage » et « garantie » manque manifestement en fait et est infondée ;
- la critique de la société RSA Cosmos sur le sous-critère « dôme écran » révèle une confusion entre l’appréciation de la régularité des offres et celle des mérites identifiés à l’issue de l’analyse des offres, sous le prisme des critères identifiés par l’acheteur et renseignés dans le règlement de consultation ;
- la société Skypoint n’expose pas dans quelle mesure elle est susceptible d’avoir été lésée par les manquements qu’elle invoque.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.


Le président du tribunal a désigné Mme Thalabard, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.




Ont été entendus au cours de l'audience publique du 15 janvier 2026 :
- le rapport de Mme Thalabard,
- les observations de Me Guérin, représentant la société RSA Cosmos, qui persiste en ses conclusions écrites, par les mêmes moyens, qu’il développe, et qui souligne notamment que :

(le sous-critère relatif au dôme écran était imprécis, compte tenu des différents sous-sous-critères qu’il comportait, concernant les moyens humains, la méthodologie et les moyens techniques associés, ce qui a permis à l’acheteur de disposer d’un choix illimité ;

(le sous-sous-critère concernant « les moyens techniques associés » du sous-critère relatif au dôme écran ne pouvait être compris, notamment en ce qu’il impliquait que les plans d’implantation des échelles nécessaires pour l’entretien du dôme écran soient fournis ;

(elle a produit des éléments de travail très précis, au-delà de ce qui était attendu, et devait donc obtenir une meilleure note pour le sous-critère relatif au dôme écran ;

(le sous-critère relatif au logiciel de simulation et d’automatisation était tout aussi imprécis, s’agissant notamment du sous-sous-critère concernant les fonctionnalités d’importation de médias et de contenus, pour lequel aucun élément de la consultation ne permet de considérer que des contenus hors astronomie et culture scientifique étaient attendus ;

(la dénaturation des offres est établie, en ce qu’il a été fait dire à certaines offres ce qu’elles ne disaient pas ;

(l’offre de la société Skypoint pour le sous-critère relatif au système de vidéo projection pleine voute a obtenu une notation excessive, voire même aurait dû être considérée comme irrégulière en ce qu’elle ne répondait pas aux besoins de l’acheteur, notamment en ce qu’elle ne comportait aucune précision sur la colorimétrie ;

(la seule mention de l’utilisation d’un processeur Xeon de dernière génération, alors que cinq modèles existent, ne peut être considérée comme suffisante s’agissant du sous-critère « performance des ordinateurs » ;

(les mentions de l’offre de la société Skypoint sur la carte graphique utilisée sont tout aussi insuffisantes pour répondre aux attentes s’agissant du sous-critère « performance des ordinateurs » ;

(son offre étant moins consommatrice en énergie que celle de la société attributaire, elle aurait du avoir la note maximale pour le sous-critère relatif à l’éclairage, d’autant que le marché prévoyait, par ailleurs, une clause environnementale ;

(le cadre de la négociation du marché n’était pas précisé ;

(rien ne justifie que la société Skypoint ait pu améliorer son offre au cours de la période de négociations, notamment s’agissant du critère de la garantie proposée ;

(l’offre qu’elle a proposée a été viciée et n’a pas été appréciée à sa juste valeur ;
- les observations de Me Emelien, représentant le syndicat mixte du planétarium de Bretagne, qui confirme ses écritures en défense, en exposant que :

(la société requérante tente de soulever un moyen tiré de l’erreur manifeste d'appréciation quant à l’appréciation des offres, alors même que le contrôle du juge des référés précontractuels est limité à celui de l’absence de dénaturation des offres ;

(le rapport d’analyse des offres montre que les offres ont été lues et examinées pour ce qu’elles étaient ;

(l’acheteur a pu prendre en compte, concernant le sous-critère relatif au dôme écran, des éléments de précision d’une offre sans que cela ne ressorte des exigences du CCTP ;

(la seule allégation selon laquelle l’offre de la société RSA Cosmos serait plus performante ne suffit pas à démontrer qu’il y a eu dénaturation de son offre, en l’absence d’erreur grossière ou flagrante dans l’analyse de son offre ;

(les seuls défauts relevés concernant l’offre de la société attributaire pour le sous-critère « système de vidéo projection pleine voute » ne suffisent pas à caractériser une dénaturation, seule l’appréciation de l’offre étant en réalité critiquée, ce qui est inopérant ;


(les critiques relatives aux sous-critères relatifs à la performance des ordinateurs, à la sonorisation et à la garantie, manquent en fait ;

(les mérites respectifs des deux offres ont été appréciés au regard de leur degré de précisions, ce qui a permis d’en tirer les conséquences dans les notes attribuées ;

(les critiques sous-jacentes de la méthode de notation retenue sont infondées, en ce que celle-ci était très claire ;

(la société requérante ne saurait reprocher l’imprécision de certains sous-critères, la jurisprudence ne censurant que les situations d’absence d’indication et de précision ;

(le règlement de consultation comportait des précisions suffisantes sur les éléments d’appréciation des sous-critères, sans que la société requérante ne puisse invoquer l’utilisation de sous-sous-critères non annoncés ;

(la phase de négociation s’est déroulée conformément aux exigences fixées par l’article R. 2161-17 du code de la commande publique ;

(le pouvoir adjudicateur s’est livré à une analyse offre par offre, selon la grille fixée, sans procéder à une analyse comparative entre les offres, de sorte que le seul fait d’avoir des offres plus satisfaisantes sur le critère de la consommation électrique n’a pas pour effet de dégrader les autres notes ;
- les observations de Me Des Cars, représentant la société Skypoint, qui maintient ses observations écrites, en faisant valoir que :

(la note obtenue pour le sous-critère relatif au dôme écran est justifiée en ce que son offre était suffisamment précise, notamment s’agissant de l’implantation des échelles, en réponse aux mentions du CCTP sur ce point et alors qu’une visite sur place était rendue obligatoire ;

(le troisième candidat à l’attribution du marché a également produit un plan d’implantation des échelles, ce qui confirme le caractère suffisamment précis de ce sous-critère ;

(les autres imprécisions alléguées manquent en fait, au regard des mentions figurant dans le CCTP ;

(son offre s’agissant du projecteur proposé est, en effet, moins satisfaisante que celle de la société RSA Cosmos et notamment pour ce qui concerne la colorimétrie, étant précisé que son offre est néanmoins suffisante pour l’usage requis dans un planétarium ;

(son offre concernant le sous-critère de la performance des ordinateurs est couverte par le secret des affaires, puisqu’elle prévoit de recourir à un dispositif spécifique développé par un partenaire, fonctionnant à la place de la carte graphique ;

(son offre répondait aux critères fixés par l’acheteur concernant le sous-critère relatif à l’éclairage, sans néanmoins proposer de surperformance ;

(la phase de négociation s’est déroulée dans les limites prévues par le code de la commande publique, les deux sociétés candidates ayant amélioré leurs offres.


La clôture de l’instruction a été différée, en dernier lieu, jusqu’au 19 janvier 2026 à 17h.


Un mémoire distinct a été présenté pour le syndicat mixte du planétarium de Bretagne, enregistré le 16 janvier 2026 à 11h26, par lequel a été transmise au juge des référés la liste des questions posées à la société RSA Cosmos et à la société Skypoint en amont des entretiens de négociations, laquelle a été soustraite au contradictoire en application de l’article R. 12-2-1 du code de justice administrative.

Deux mémoires ont été présentés pour le syndicat mixte du planétarium de Bretagne, enregistrés le 16 janvier 2026 à 13h29 et le 19 janvier à 11h09, aux termes desquels il maintient ses conclusions et fait valoir que la négociation est intervenue dans le respect des principes de la commande publique et notamment de l’égalité de traitement entre les candidats, que les exigences minimales exposées dans le CCTP mentionnaient que le délai de garantie des équipements ne pouvait être inférieur à trois ans, que la société Skypoint a amélioré son offre sur le volet garantie, en proposant une extension de garantie sur le dôme écran, sans que la société requérante n’en soit lésée puisqu’elle n’avait pas à améliorer son offre sur ce point et que le recours à la procédure de négociation est possible, dans les accords-cadres composites, du seul fait de l’existence de prestations de conception, sans qu’il y ait lieu de distinguer les différents éléments constitutifs du marché.

Un mémoire a été présenté pour la société RSA Cosmos, enregistré le 16 janvier 2026 à 16h20, aux termes duquel elle s’en rapporte à ses précédentes écritures et soutient que la fourniture des échelles demandées dans la partie du marché à bons de commande ne pouvait être un moyen technique associé pour l’installation de l’écran, relevant de la tranche ferme du marché, mais constituait une fourniture optionnelle d’équipement complémentaire ne pouvant être sollicitée, que l’offre de la société Skypoint ne comportait aucune spécification sur la colorimétrie utilisée ni aucune précision sur la référence du processeur utilisé pour le fonctionnement de ses ordinateurs, que seule la partie du marché relevant de la tranche ferme, qui comportait des prestations de conception, pouvait faire l’objet d’une négociation, en vertu des dispositions de l’article R. 2124-3 du code de la commande publique, de sorte que le recours à la négociation pour la partie du marché faisant l’objet de prestations à bon de commande est de nature à vicier la procédure de passation.

Un mémoire a été présenté pour la société Skypoint, enregistré le 16 janvier 2026 à 16h46, aux termes duquel elle maintient ses conclusions.

Un mémoire distinct a été présenté pour la société Skypoint, enregistré le 19 janvier 2026 à 11h06, par lequel elle a transmis au juge des référés le mémoire technique qu’elle a déposé au soutien de son offre dans le marché en litige et qui a été soustrait au contradictoire en application de l’article R. 412-2-1 du code de justice administrative.

Un mémoire présenté pour la société Skypoint a été enregistré le 19 janvier 2026 à 16h09 mais n’a pas été communiqué.


Considérant ce qui suit :

1. Au mois de juin 2025, le syndicat mixte du planétarium de Bretagne, dont le siège se situe à Pleumeur-Bodou (Côtes-d’Armor), a engagé une procédure de consultation concernant un accord-cadre composite comportant, d’une part, des prestations fermes relatives à l’étude de conception, la fourniture et l’installation des systèmes audiovisuels du planétarium et d’autre part, des prestations sur bons de commandes relatives à la maintenance préventive des équipements fournis et installés, aux pièces détachées et autres prestations. Trois des quatre sociétés ayant candidaté ont été invitées à remettre leur offre avant le 15 octobre 2025 à 14h. Après négociations et analyse des offres, la société RSA Cosmos a été informée, par courrier du 17 décembre 2025, que son offre, ayant obtenu une note pondérée de 91,97 points sur 100, a été classée en deuxième position, et que l’offre retenue est celle présentée par la société Skypoint, ayant obtenu une note de 93,27 points sur 100. Le pouvoir adjudicateur a, en outre, communiqué à cette société évincée le rapport d’analyse des offres, révélant que la société attributaire a obtenu la note maximale s’agissant du critère du prix des prestations et la note de 55,75 points sur 60 s’agissant du critère de la valeur technique de ces prestations, la société RSA Cosmos ayant obtenu la note de 55,50 points sur 60 pour ce dernier critère. Par la présente requête, la société RSA Cosmos demande au juge des référés précontractuels d’annuler la procédure de passation de ce marché public.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 551-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l’article L. 551-1 du code de justice administrative : « Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu’il délègue, peut être saisi en cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation par les pouvoirs adjudicateurs de contrats administratifs ayant pour objet l’exécution de travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services, avec une contrepartie économique constituée par un prix ou un droit d’exploitation, la délégation d’un service public ou la sélection d’un actionnaire opérateur économique d’une société d’économie mixte à opération unique (…) / Le juge est saisi avant la conclusion du contrat. ». Selon l’article L. 551-2 du même code : « I.- Le juge peut ordonner à l'auteur du manquement de se conformer à ses obligations et suspendre l'exécution de toute décision qui se rapporte à la passation du contrat, sauf s'il estime, en considération de l'ensemble des intérêts susceptibles d'être lésés et notamment de l'intérêt public, que les conséquences négatives de ces mesures pourraient l'emporter sur leurs avantages. / Il peut, en outre, annuler les décisions qui se rapportent à la passation du contrat et supprimer les clauses ou prescriptions destinées à figurer dans le contrat et qui méconnaissent lesdites obligations (…) ». L’article L. 551-3 de ce code précise que : « Le président du tribunal administratif ou son délégué statue en premier et dernier ressort en la forme des référés. ».

3. En vertu des dispositions de l’article L. 551-1 du code de justice administrative, les personnes habilitées à agir pour mettre fin aux manquements du pouvoir adjudicateur à ses obligations de publicité et de mise en concurrence sont celles susceptibles d’être lésées par de tels manquements. Il appartient dès lors au juge des référés précontractuels de rechercher si l’entreprise qui le saisit se prévaut de manquements qui, eu égard à leur portée et au stade de la procédure auquel ils se rapportent, sont susceptibles de l’avoir lésée ou risquent de la léser, fût-ce de façon indirecte, en avantageant une entreprise concurrente.

En ce qui concerne les critères de sélection des offres :

4. Aux termes de l’article L. 2152-7 du code de la commande publique : « Le marché est attribué au soumissionnaire ou, le cas échéant, aux soumissionnaires qui ont présenté l'offre économiquement la plus avantageuse sur la base du critère du prix ou du coût. L'offre économiquement la plus avantageuse peut également être déterminée sur le fondement d'une pluralité de critères non discriminatoires et liés à l'objet du marché ou à ses conditions d'exécution, parmi lesquels figure le critère du prix ou du coût et un ou plusieurs autres critères comprenant des aspects qualitatifs, environnementaux ou sociaux. Les modalités d'application du présent alinéa sont prévues par voie réglementaire. (…) ». Aux termes de l’article L. 2152-8 de ce code : « Les critères d'attribution n'ont pas pour effet de conférer une liberté de choix illimitée à l'acheteur et garantissent la possibilité d'une véritable concurrence. Ils sont rendus publics dans les conditions prévues par décret en Conseil d'Etat. ». Selon l’article R. 2152-11 de ce code : « Les critères d'attribution ainsi que les modalités de leur mise en œuvre sont indiqués dans les documents de la consultation. ».

5. Il résulte de ces dispositions qu’il appartient à l’acheteur de déterminer l’offre économiquement la plus avantageuse en se fondant sur des critères permettant d’apprécier la performance globale des offres au regard de ses besoins. Ces critères doivent être liés à l’objet du marché ou à ses conditions d’exécution, être définis avec suffisamment de précision pour ne pas laisser une marge de choix indéterminée et ne pas créer de rupture d’égalité entre les candidats.


6. En l’espèce, le règlement de la consultation du marché en litige énonce en son article 6 que l’offre économiquement la plus avantageuse sera déterminée sur le fondement de deux critères constitués par le prix des prestations et par la valeur technique, respectivement pondérés à hauteur de 40 % et de 60 %. Il est précisé que l’appréciation de la valeur technique des prestations est appréciée à partir de neuf sous-critères, à savoir le sous-critère « Dôme écran » comptant pour 12 points, le sous-critère « Logiciel de simulation et d’automatisation » comptant pour 12 points, le sous-critère « système de vidéo projection pleine voûte » comptant pour 12 points, le sous-critère « système de sonorisation » comptant pour 6 points, le sous-critère « système d’éclairage » comptant pour 4 points, le sous-critère « fauteuils » comptant pour 4 points, le sous-critère « garantie » comptant pour 4 points, le sous-critère « formation » comptant pour 3 points et le sous-critère « conditions de maintenance technique » comptant pour 3 points.

7. En premier lieu, la société RSA Cosmos soutient que le sous-critère relatif au dôme écran et ses éléments d’appréciation n’étaient pas suffisamment précis pour lui permettre de répondre aux attentes de l’acheteur. Toutefois, il résulte de l’instruction que le règlement de la consultation indique que le sous-critère relatif au dôme écran sera apprécié au regard du respect des caractéristiques exigées, notamment des dimensions et caractéristiques de la surface réflectrice, et des moyens humains, de la méthodologie de travaux et des moyens techniques associés. Le cahier des clauses techniques particulières (CCTP) du marché prévoit les détails techniques des prestations, et particulièrement, en son article 8, s’agissant du nouveau dôme écran, ses caractéristiques intrinsèques et des caractéristiques mécaniques. L’article 8.3 du CCTP relatif aux autres caractéristiques mentionne que « le candidat devra préciser la méthode d’entretien du dôme écran ainsi que la fréquence habituelle du nettoyage », que « la MOE souhaite que les candidats proposent, en prestation sur bon de commande, un moyen d’escalade afin de faciliter les opérations d’entretien et de maintenance », que « le dôme écran devra être équipé d’un chenal périphérique de type « covetray » afin d’y loger le système d’éclairage circonférentiel », que « les candidats devront fournir une note détaillant : les moyens humains affectés à la mission et leurs qualifications et la méthodologie de travail mise en place pour l’exécution de la mission avec les moyens techniques associés » et que « les candidats devront fournir un calendrier d’exécution indiquant la chronologie des différentes phases et leurs durées respectives ». Concernant les prestations sur bons de commandes, l’article 15.4 du CCTP relatif à la « prestation 4 - échelles d’accès au dôme écran » précise que : « afin de pouvoir gérer plus efficacement l’entretien du dôme-écran, les candidats proposeront l’installation de trois échelles d’accès positionnées sur la face arrière du dôme-écran. La répartition des échelles doit permettre l’accès à toutes les zones en face arrière et ne doit pas gêner la mise en place des équipements audio (speakers). ». Compte tenu des spécifications détaillées du CCTP, les indications relatives au sous-critère du dôme écran, y compris s’agissant de l’élément d’appréciation portant sur les moyens techniques associés, étaient donc suffisamment précises pour permettre aux soumissionnaires, qui étaient en outre tenus à une visite des lieux, de répondre aux attentes de l’acheteur, sans que ce dernier ait pu en tirer une liberté de choix discrétionnaire. Par suite, le moyen tiré de l’imprécision du sous-critère relatif au « dôme écran » doit être écarté.

8. En second lieu, les décisions prises par le juge des référés sur le fondement des dispositions de l’article L. 551-1 du code de justice administrative sont rendues à la suite d’une procédure particulière qui, tout en étant adaptée à la nature des demandes et à la nécessité d’assurer une décision rapide, doit garantir le caractère contradictoire de l’instruction. Si les parties peuvent présenter en cours d’audience des observations orales à l’appui de leurs écrits, elles doivent, si elles entendent soulever des moyens nouveaux, les consigner dans un mémoire écrit.




9. La société RSA Cosmos a invoqué, par observations orales lors de l’audience publique, le moyen tiré de l’imprécision du sous-critère relatif au logiciel de simulation et d’automatisation, et particulièrement concernant l’élément d’appréciation portant sur les fonctionnalités d’importation de médias et de contenus, sans le reprendre dans le mémoire écrit qu’elle a produit après l’audience, la clôture de l’instruction ayant été différée. Ce moyen ne peut donc qu’être écarté.

En ce qui concerne le recours à la procédure avec négociation :

10. En premier lieu, aux termes de l’article L. 2124-3 du code de la commande publique : « La procédure avec négociation est la procédure par laquelle l'acheteur négocie les conditions du marché avec un ou plusieurs opérateurs économiques. ». Aux termes de l’article R. 2124-3 de ce code : « Le pouvoir adjudicateur peut passer ses marchés selon la procédure avec négociation dans les cas suivants : / (…) 3° Lorsque le marché comporte des prestations de conception ; (…) ».

11. Il résulte de l’instruction que l’accord-cadre en litige, à caractère composite, comportant des prestations fermes exécutables dès la notification du marché et des prestations sur bons de commande portant sur la maintenance des équipements fournis au titre des prestations fermes a pour finalité globale la conception et la mise en œuvre des systèmes audiovisuels du planétarium de Bretagne. Il s’ensuit que contrairement à ce que soutient la société RSA Cosmos, un tel marché relève des dispositions précitées des articles L. 2124-3 et R. 2124-3 du code de la santé publique, sans qu’il y ait lieu de procéder à une distinction des règles de passation applicables selon chacune des prestations de ce marché.

12. En second lieu, aux termes de l’article R. 2161-17 du code de la commande publique : « Le pouvoir adjudicateur négocie avec tous les soumissionnaires leurs offres initiales et ultérieures, à l'exception des offres finales. / Il peut toutefois attribuer le marché sur la base des offres initiales sans négociation, à condition d'avoir indiqué dans l'avis de marché ou dans l'invitation à confirmer l'intérêt qu'il se réserve la possibilité de le faire. / Les exigences minimales mentionnées à l'article R. 2161-13 et les critères d'attribution ne peuvent faire l'objet de négociations. ».

13. Le règlement de la consultation du marché en litige précise, en son article 1.2, que la présente consultation est une procédure négociée avec mise en concurrence préalable. Son article 7 prévoit que : « La collectivité se réserve le droit de procéder à une négociation sur tous les aspects techniques et financiers de l’offre avec les candidats ayant remis une offre. / Cependant, le pouvoir adjudicateur pourra juger que, compte tenu de la qualité des offres, la négociation n’est pas nécessaire. Il est donc dans l’intérêt des candidats d’optimiser son offre initiale. / A l’issue de l’analyse des offres, et au vu des critères de jugement, la négociation s’engagerait, le cas échéant, avec l’offre ou les offres économiquement la(les) plus avantageuse(s). / Elle peut être écrite ou par entretien. / La correspondance dématérialisée : Le pouvoir adjudicateur envoie à l’ensemble des candidats, admis à négocier, un mail via la plateforme dématérialisée de Mégalis Bretagne. / Cette correspondance aborde les mêmes thématiques, adaptées à chaque offre, et donne, ou non, des indications sur les « leviers » sur lesquels elle pense que le candidat peut améliorer son offre. / Tous les candidats doivent ensuite disposer du même délai pour remettre une offre modifiée. / L’entretien : Généralement, le pouvoir adjudicateur fixe unilatéralement un rendez-vous avec le candidat. / Chaque candidat dispose du même temps de passage. Au cours de l’entretien, seront abordés les points de l’offre pouvant être améliorés et/ou étayés. / Le pouvoir adjudicateur s’efforce d’aborder avec chaque candidat les mêmes thématiques de l’offre, en ce qu’elles constituent des critères d’attribution du marché. (…) ».


14. La société RSA Cosmos soutient que l’offre initiale de la société Skypoint ne prévoyait pas d’extension de garantie de dix ans, qu’une telle extension de garantie est intervenue dans le cadre d’une négociation qui visait uniquement à lui permettre d’améliorer son offre, notamment sur le sous-critère relatif à la garantie, et que les questions posées dans le cadre de la négociation n’ont pas été uniformes pour l’ensemble des candidats. Toutefois, il ne résulte pas de l’instruction, et notamment de la liste des questions posées aux sociétés RSA Cosmos et Skypoint, qui a été produite dans le cadre de la présente instance, sans être soumise au contradictoire en application des dispositions de l’article R. 412-2-1 du code de justice administrative, que le syndicat mixte du planétarium de Bretagne aurait fait une inexacte application des dispositions précitées du code de la commande publique, ainsi que des modalités de négociation fixées dans le règlement de la consultation, notamment s’agissant du contenu de la correspondance dématérialisée adressée aux candidats admis à négocier. Il ne résulte notamment pas de l’instruction que les négociations auraient porté sur les exigences minimales fixées par l’article 19 du CCTP s’agissant de l’obligation faite aux candidats d’assortir leurs offres d’une période de garantie pièces et main d’œuvre d’au moins trois ans. Il ne résulte pas davantage de l’instruction qu’alors même que les questions posées à chacun des candidats n’ont pas été identiques, compte tenu de la présentation de leurs offres initiales respectives, les conditions dans lesquelles le pouvoir adjudicateur a mis en œuvre la procédure de négociation ont été de nature à porter atteinte au principe d’égalité de traitement des candidats ou à l’obligation de publicité et de mise en concurrence. Par suite, le moyen tiré du recours irrégulier à la procédure de négociation pour le sous-critère relatif à la garantie doit être écarté en toutes ses branches.

En ce qui concerne la notation des offres :

15. Pour assurer le respect des principes de liberté d’accès à la commande publique, d’égalité de traitement des candidats et de transparence des procédures, l’information appropriée des candidats sur les critères d’attribution d’un marché public est nécessaire, dès l’engagement de la procédure d’attribution du marché, dans l’avis d’appel public à concurrence ou le cahier des charges tenu à la disposition des candidats. Dans le cas où le pouvoir adjudicateur souhaite retenir d’autres critères que celui du prix, il doit porter à la connaissance des candidats la pondération ou la hiérarchisation de ces critères. Il doit également porter à la connaissance des candidats la pondération ou la hiérarchisation des sous-critères dès lors que, eu égard à leur nature et à l’importance de cette pondération ou hiérarchisation, ils sont susceptibles d’exercer une influence sur la présentation des offres par les candidats ainsi que sur leur sélection et doivent en conséquence être eux-mêmes regardés comme des critères de sélection. Il n’est, en revanche, pas tenu d’informer les candidats de la méthode de notation des offres.

16. En premier lieu, le pouvoir adjudicateur définit librement la méthode de notation pour la mise en œuvre de chacun des critères de sélection des offres qu’il a définis et rendus publics. En l’espèce, le syndicat mixte du planétarium de Bretagne expose avoir retenu une méthode de notation pour le critère relatif à la valeur technique des prestations consistant à attribuer, pour chacun des sous-critères et éléments d’appréciation, graduellement, aucun point, un quart des points, la moitié des points, les trois quarts des points ou encore la note maximale selon que les éléments de l’offre ne répondaient pas aux attentes, y répondaient partiellement, y répondaient correctement, y répondaient de manière satisfaisante ou y répondaient de manière très satisfaisante. Il ajoute que certains sous-critères étant composés de plusieurs éléments d’appréciation, dont certains notés sur 2 ou 3 points, des notes décimales ont pu être attribuées. Contrairement à ce que soutient la société RSA Cosmos, il ne saurait se déduire de cette évaluation au centième de point une quelconque atteinte au principe de transparence de la procédure et d’information appropriée des candidats.



17. En deuxième lieu, et ainsi qu’il a été précédemment exposé, les candidats ont été informés de la pondération des neuf sous-critères que le pouvoir adjudicateur a déterminés pour l’appréciation du critère de la valeur technique, ainsi que des éléments d’appréciation de chacun de ces sous-critères. Il ne résulte pas de l’instruction, et notamment du rapport d’analyse des offres, que les notes attribuées aux offres des candidats auraient été déterminées à partir d’autres critères que ceux qui ont été portés à la connaissance des candidats. L’argumentation de la société RSA Cosmos selon laquelle le pouvoir adjudicateur n’a pas fait une stricte application des sous-critères de notation figurant dans le règlement de la consultation ne peut donc prospérer.

18. En dernier lieu, il résulte du rapport d’analyse des offres et de ce qui a été développé au point 7 de la présente ordonnance s’agissant des précisions détaillées apportées dans le CCTP du marché pour le sous-critère relatif au dôme écran, et particulièrement pour l’appréciation des moyens humains, de la méthodologie de travail et des moyens techniques associés, affectés de 6 points, que la société RSA Cosmos ne peut utilement soutenir que « les moyens techniques associés » ont été uniquement appréciés sous l’angle de la fourniture d’échelles et d’un plan en détaillant l’installation, ce qui révèle l’existence d’un sous sous-critère faisant l’objet d’une valorisation dont elle n’aurait pas été correctement informée. Par suite, le moyen tiré de l’existence de sous sous-critères sans indication de leur pondération doit être écarté.

En ce qui concerne la dénaturation des offres des candidats :

19. Il n’appartient pas au juge du référé précontractuel, qui doit seulement se prononcer sur le respect, par le pouvoir adjudicateur, des obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation d’un contrat, de se prononcer sur l'appréciation portée sur la valeur d’une offre ou les mérites respectifs des différentes offres. Il lui appartient, en revanche, lorsqu’il est saisi d’un moyen en ce sens, de vérifier que le pouvoir adjudicateur n’a pas dénaturé le contenu d’une offre en en méconnaissant ou en en altérant manifestement les termes et procédé ainsi à la sélection de l’attributaire du contrat en méconnaissance du principe fondamental d’égalité de traitement des candidats.

20. En premier lieu, s’agissant du sous-critère « dôme écran », d’une part, il ne résulte pas de l’instruction, et notamment du rapport d’analyse des offres, qu’en relevant pour l’appréciation des moyens techniques associés, que « les échelles demandées en prestation sur bon de commande sont bien décrites, sans plan d’implantation de principe toutefois. Peu de détails sur la sécurisation de l’accès. », le pouvoir adjudicateur aurait dénaturé le contenu de l’offre présentée par la société RSA Cosmos. D’autre part, en ce qu’elle critique l’absence de valorisation par le pouvoir adjudicateur de la différence de solution retenue entre son offre et celle de la société attributaire concernant la méthode d’entretien de l’écran et les fréquences de nettoyage, la société requérante remet en cause l’appréciation faite des mérites de son offre pour ce sous-critère technique. Une telle argumentation ne saurait, ainsi qu’il a été rappelé au point 19, prospérer.

21. En deuxième lieu, s’agissant du sous-critère « Logiciel de simulation et d’automatisation », il ne résulte pas de l’instruction que le pouvoir adjudicateur se serait fondé sur d’autres éléments que ceux figurant dans son offre pour lui attribuer la note de 10,5 points sur 12. La critique de la société RSA Cosmos relative aux fonctionnalités d’importation de médias et de contenus se rapporte à l’appréciation des mérites de son offre, sur laquelle il n’appartient pas au juge du référé précontractuel de se prononcer.




22. En troisième lieu, s’agissant du sous-critère « système de vidéo protection pleine voute », la société RSA Cosmos, qui a obtenu la note maximale de 12 points sur 12, critique la note de 10 points sur 12 attribuée à la société Skypoint en faisant valoir ses moindres performances concernant les caractéristiques de l’image et la performance et durée de vie des ordinateurs et en soutenant qu’une telle proposition ne pouvait être regardée comme répondant de manière satisfaisante aux attentes de l’acheteur. Cette argumentation qui porte sur l’appréciation faite par le pouvoir adjudicateur des mérites de l’offre de la société attributaire ne relève, cependant, pas de l’office du juge du référé précontractuel.

23. En quatrième lieu, s’agissant du sous-critère « système de sonorisation », la société RSA Cosmos relève qu’elle a obtenu la note de 4,5 points sur 6, à l’instar de la société attributaire, et fait valoir qu’elle conteste l’analyse et la note qui lui ont été attribuées concernant le système multilingue, étant la seule à avoir intégré le renouvellement complet de l’équipement existant, afin de garantir une continuité d’exploitation optimale, une compatibilité immédiate avec l’installation actuelle et une amélioration tangible de la fiabilité et de la qualité du service rendu au public. Toutefois, cette argumentation portant sur la valorisation faite par le pouvoir adjudicateur de ce que la société RSA Cosmos qualifie d’avantage technique et fonctionnel de son offre ne peut suffire à démontrer que le pouvoir adjudicateur a dénaturé le contenu de son offre.

24. En cinquième lieu, s’agissant du sous-critère « éclairage », la société RSA Cosmos ne saurait utilement établir que son offre a été dénaturée en se contentant de relever que la note de 4 points sur 4 lui a été attribuée, comme à la société attributaire, alors que les performances énergétiques de son système d’éclairage étaient sensiblement supérieures à celui de la société Skypoint.

25. En dernier lieu, s’agissant du sous-critère « garantie », la seule circonstance que la même note de 4 points sur 4 a été attribuée aux trois sociétés qui ont présenté une offre ne saurait suffire à établir que le pouvoir adjudicateur n’aurait pas fondé son appréciation sur le contenu de ces offres. En invoquant l’avantage objectif et substantiel de son offre, étant la seule à proposer un délai de garantie de cinq ans, étendu aux travaux de réparation effectués pendant cette période, la société RSA Cosmos critique l’appréciation qui a été faite par le pouvoir adjudicateur de son offre, ce qui excède l’office du juge du référé précontractuel.

26. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la dénaturation du contenu des offres soumises à l’examen du pouvoir adjudicateur doit être écarté.

27. Il résulte de l’ensemble de ce qui précède qu’à défaut d’avoir établi un manquement du pouvoir adjudicateur à ses obligations de publicité et de mise en concurrence, les conclusions présentées par la société RSA Cosmos sur le fondement de l’article L. 551-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.


Sur les frais liés au litige :

28. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de rejeter les conclusions présentées par les parties au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.






O R D O N N E :


Article 1er : La requête de la société RSA Cosmos est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par le syndicat mixte du planétarium de Bretagne et par la société Skypoint au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société RSA Cosmos, au syndicat mixte du planétarium de Bretagne et à la société Skypoint.


Fait à Rennes, le 26 janvier 2026.


La juge des référés,


signé


M. ThalabardLa greffière de l’audience,


signé


E. Ramillet


La République mande et ordonne au préfet des Côtes-d'Armor en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.



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