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Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2602734

jeudi 1 octobre 2026

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2602734
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantBEGUIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 9 avril et 29 mai 2026, Mme C... A..., représentée par Me Beguin, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 4 mars 2026 par lequel le préfet du Morbihan a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligée à quitter le territoire français, dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d’enjoindre au préfet du Morbihan, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d’un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard et, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans les mêmes conditions de délai et d’astreinte et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour ou un récépissé avec autorisation de travail ;

3°) de mettre à la charge de l’État une somme de 1 800 euros au titre de l’article
L. 761‑1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique.

Elle soutient que :

- l’arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d’un défaut d’examen ;
- il méconnaît l’article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnaît l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

La requête a été communiquée au préfet du Morbihan qui n’a pas produit d’observations.

Mme A... a été admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 11 mai 2026.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l’audience.


Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l’heure de l’audience.

Le rapport de Mme Le Berre a été entendu au cours de l’audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A..., ressortissante de Madagascar, est entrée sur le territoire français le 20 août 2025 munie d’un visa long séjour portant la mention « stagiaire » valable du 14 août 2025 au 13 février 2026. Le 21 janvier 2026, Mme A... a sollicité la délivrance d’un titre de séjour mention « étudiant ». Par un arrêté du 4 mars 2026, le préfet du Morbihan a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, l’a obligée à quitter le territoire français, dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par la présente requête, Mme A... demande au tribunal d’annuler cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d’annulation :

2. En l’espèce, comme il a été dit au point 1 du présent jugement, Mme A... est arrivée sur le territoire français munie d’un visa long séjour mention « stagiaire » et a, par suite, déposé une demande de titre de séjour mention « étudiant ». Or l’arrêté du préfet du Morbihan du 4 mars 2026 indique que « Madame B... ne remplit pas les conditions prévues par l’article L. 422-1 précité » et fait, également, état d’une demande de renouvellement de titre de séjour « jeune au pair ». Ainsi, il apparaît à la lecture de l’arrêté attaqué, dont les erreurs ne peuvent être considérées comme des erreurs de plume, que le préfet du Morbihan n’a pas procédé à un examen approfondi de la situation de Mme A.... Il s’ensuit que le moyen doit être accueilli.

3. Il résulte de ce qui précède que l’arrêté du 4 mars 2026 doit être annulé.



Sur les conclusions à fin d’injonction :

4. Le présent jugement implique que le préfet du Morbihan procède au réexamen de la situation de Mme A.... Il y a lieu d’enjoindre au préfet du Morbihan d’y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n’y a pas lieu d’assortir cette injonction d’une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

5. Mme A... ayant été admise à l’aide juridictionnelle totale, il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, sous réserve que Me Beguin, avocate de Mme A..., renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’État de mettre à la charge de l’État le versement à Me Beguin de la somme de 1 200 euros.










































D É C I D E :

Article 1er : : L’arrêté du 4 mars 2026 du préfet du Morbihan est annulé.

Article 2 : Il est enjoint au préfet du Morbihan de procéder au réexamen de la situation de Mme A... dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : Sous réserve que Me Beguin renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’État, ce dernier versera à Me Beguin, avocate de Mme A..., une somme de 1 200 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C... A..., à Me Beguin et au préfet du Morbihan.


Délibéré après l’audience du 17 septembre 2026, à laquelle siégeaient :

M. Lemoine, président,
M. Le Roux, premier conseiller,
Mme Le Berre, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2026.


La rapporteure,


signé


A. Le Berre

Le président,


signé


F. Lemoine

La greffière,


signé


P. Guéguen


La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.