vendredi 1 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-1903543 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL ONELAW |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 28 mai 2019 et 6 mai 2020, le centre hospitalier intercommunal Mont-Blanc, représenté par la SELARL Leyton Legal société d'avocats Onelaw, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge partielle des cotisations de taxe sur les salaires qu'il a acquitté au titre des années 2015 à 2017 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les centres hospitaliers universitaires (CHU) et leurs partenaires sont éligibles à l'exonération de taxe sur les salaires prévue par le 1 de l'article 231 du code général des impôts ;
- ils sont mentionnés dans le livre VII du code de l'éducation qui régit les établissements d'enseignement supérieur ;
- ils assurent la formation pratique des étudiants en médecine en complément des enseignements théoriques délivrés par les universités ;
- ils organisent des formations conduisant à la délivrance au nom de l'Etat d'un diplôme sanctionnant cinq années d'études après le baccalauréat ;
- l'agence régionale de santé (ARS) lui a délivré plusieurs agréments lui permettant d'accueillir des étudiants en médecine aux fins de formation ;
- le fait que la création d'un centre hospitalier universitaire (CHU) n'emporte pas la création d'une personne juridique nouvelle n'est pas contraire à la notion d'établissement au sens du 1 de l'article 231 du code général des impôts ;
- l'administration ajoute à la loi une condition non prévue par le législateur en se fondant sur l'absence de personnalité juridique des centres hospitaliers universitaires (CHU) ;
- elle a admis, dans le BOI-PAT-ISF-40-40-10-20-20160706, n° 470, rescrit n° 2012/125 du 13 mars 2012, qu'un centre hospitalier universitaire pouvait bénéficier d'un dispositif fiscal prévu en faveur des établissements d'enseignement supérieur.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 novembre 2019, le directeur départemental des finances publiques de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 7 mai 2020, la clôture de l'instruction a été fixée au 30 juin 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de Mme Brenner-Adanlété, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Le centre hospitalier intercommunal Mont-Blanc est un établissement public de santé situé à Sallanches (Haute-Savoie). Il s'est acquitté au titre des années 2015, 2016 et 2017 de la taxe sur les salaires pour des montants, respectivement, de 2 405 284 euros, 2 376 26 euros et 2 472 023 euros. Par la présente requête, il demande la décharge des cotisations de taxe sur les salaires versées au titre de ces années à hauteur de 1 011 156 euros pour l'année 2015, 979 664 euros pour l'année 2016 et 990 260 euros pour l'année 2017.
Sur le bien-fondé des impositions :
2. Aux termes de l'article 231 du code général des impôts, dans sa rédaction applicable au litige : " 1. Les sommes payées à titre de rémunérations aux salariés, à l'exception de celles correspondant aux prestations de sécurité sociale versées par l'entremise de l'employeur, sont soumises à une taxe égale à 4,25% de leur montant (). Cette taxe est à la charge des entreprises et organismes qui emploient ces salariés, à l'exception () des établissements d'enseignement supérieur visés au livre VII du code de l'éducation qui organisent des formations conduisant à la délivrance au nom de l'Etat d'un diplôme sanctionnant cinq années d'études après le baccalauréat () ".
3. Il résulte de ces dispositions que l'exonération qu'elles prévoient au profit des établissements d'enseignement supérieur porte sur l'ensemble des rémunérations versées à leur personnel salarié, quelle que soit la fonction exercée, à la condition que ces établissements relèvent du livre VII du code de l'éducation et qu'ils organisent au moins une formation conduisant à la délivrance au nom de l'Etat d'un diplôme sanctionnant cinq années d'études après le baccalauréat.
4. Le livre VII du code de l'éducation, dans sa rédaction applicable au cours des années d'impositions en litige, vise au titre des établissements d'enseignement supérieur, les établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel, les écoles supérieures du professorat et de l'éducation, les établissements d'enseignement supérieur privés, les établissements d'enseignement supérieur à caractère administratif placés sous la tutelle du ministre chargé de l'enseignement supérieur et les établissements d'enseignement supérieur spécialisé.
5. Le centre hospitalier intercommunal Mont-Blanc, qui n'a pas le statut de centre hospitalier universitaire, est un établissement public de santé régi par les dispositions des articles L. 6111-1 et suivants du code de la santé publique. Contrairement à ce qu'il soutient, il n'est pas au nombre des établissements d'enseignement supérieur visés par le livre VII du code de l'éducation. En outre, son activité principale est une activité de soins. Elle ne constitue pas une activité d'enseignement du point de vue organique au sens du livre VII du code de l'éducation. Les circonstances, d'une part, que l'article L. 713-4 du code de l'éducation prévoit que les unités de formation et de recherche (UFR) des universités concluent avec les centres hospitaliers régionaux des conventions qui ont pour objet de déterminer la structure et les modalités de fonctionnement d'un centre hospitalier et universitaire et, d'autre part, que l'article L. 713-5 du même code reproduise les dispositions du code de la santé publique relatives aux missions d'enseignement et de recherche des centres hospitaliers universitaires, ne confèrent pas aux établissements de santé public la qualité d'établissements d'enseignement supérieur au sens du livre VII du code de l'éducation. De même, le fait que le centre hospitalier intercommunal Mont-Blanc soit agréé par l'agence régionale de santé (ARS) pour accueillir des étudiants en médecine et réaliser des missions d'enseignement supérieur ne lui confère pas davantage le statut dont il demande le bénéfice. Le centre hospitalier intercommunal Mont-Blanc n'est donc pas fondé à soutenir qu'il serait visé par le livre VII du code de l'éducation et qu'il appartiendrait aux établissements d'enseignement supérieur qui, par exception, sont exonérés de la taxe sur les salaires. Il ne peut ainsi prétendre à l'exonération de la taxe sur les salaires réservée à ces établissements, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur le fait qu'il organiserait une formation conduisant à la délivrance au nom de l'Etat d'un diplôme sanctionnant cinq années d'études après le baccalauréat, ainsi qu'il le prétend.
6. Par ailleurs, le centre hospitalier intercommunal Mont-Blanc ne peut utilement se prévaloir du BOI-PAT-ISF-40-40-10-20, n° 470, publié le 6 juillet 2016 relatif à une réduction d'impôt imputable sur l'impôt de solidarité sur la fortune en cas de dons effectués au profit des centres hospitaliers universitaires, qui porte sur une imposition différente de l'imposition en litige et concerne les seuls centres hospitaliers universitaires (CHU). Enfin, si l'administration fiscale a relevé qu'aucune structure nouvelle, susceptible d'être qualifiée d'établissement d'enseignement, n'avait été créée, il ne résulte pas de l'instruction qu'elle ait fait de la création d'une personne morale une des conditions requises pour bénéficier de l'exonération de taxe sur les salaires prévue par l'article 231 du code général des impôts. Le service s'est fondé, à bon droit, sur le motif tiré de ce que le centre hospitalier intercommunal Mont-Blanc ne pouvait être regardé comme un établissement d'enseignement supérieur visé au livre VII du code de l'éducation.
7. Il résulte de tout ce qui précède que le centre hospitalier intercommunal Mont-Blanc n'est pas fondé à demander la décharge partielle des cotisations de taxe sur les salaires qu'il a acquittées au titre des années 2015 à 2017.
Sur les frais de l'instance :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge de l'Etat qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : La requête du centre hospitalier intercommunal Mont-Blanc est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié au centre hospitalier intercommunal Mont-Blanc et au directeur départemental des finances publiques de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 10 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. L'Hôte, président,
Mme Bardad, première conseillère,
Mme d'Elbreil, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juillet 2022.
La rapporteure,
N. A
Le président,
V. L'HÔTELa greffière,
C. JASSERAND
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026