jeudi 18 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-1905764 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL BALLALOUD-ALADEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 2 septembre 2019, le 18 décembre 2019 et le 11 avril 2020, l'association de défense de l'environnement et du patrimoine de Talloires (ADEPT), demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 6 mai 2019 par laquelle le maire de la commune de Talloires-Montmin a accordé un permis de construire à M. A ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Talloires-Montmin et de M. A une somme de 1 000 en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le permis méconnait les dispositions de l'article L. 111-23 en tant que le règlement du PLU de la commune de Talloires-Montmin ne permet pas la reconstruction ; que l'essentiel des murs porteurs du bâtiment existant sont détruits, que le bâtiment ne présente pas un caractère patrimonial et architectural et que le projet de restauration ne respecte pas les principales caractéristiques du bâtiment initial ;
- il méconnait les dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme en tant que le projet s'implante en discontinuité de l'urbanisation existante.
Par un mémoires enregistré le 11 décembre 2019, M. A, représenté par la SCP Ballaloud-Aladel, conclut au rejet de la requête et que soit mis à la charge de l'association requérante une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est tardive faute pour l'association de ne pas avoir habilité son président à déposer le recours gracieux ayant prorogé les délais de recours contentieux ;
- le moyen tiré de ce que le règlement de la zone A* du PLU fait obstacle à l'application des dispositions de l'article L. 111-23 est inopérant ;
- les autres moyens soulevés par l'ADEPT ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 avril 2020, la commune de Talloires-Montmin, représentée par Me Duraz, conclut au rejet de la requête et que soit mis à la charge de l'ADEPT une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est tardive faute pour l'association de ne pas avoir habilité son président à déposer le recours gracieux ayant prorogé les délais de recours contentieux ;
- le moyen tiré de ce que le règlement de la zone A* du PLU fait obstacle à l'application de l'article L. 111-23 est inopérant ;
- les autres moyens soulevés par l'association requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jourdan, présidente,
- les conclusions de Mme Akoun, rapporteure publique,
- et les observations de l'ADEPT, et de Me Planchet, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 6 mai 2019, le maire de la commune de Talloires-Montmin a accordé un permis de construire à M. A pour la restauration d'une ancienne maison de pays sur le fondement des dispositions de l'article L. 111-23 du code de l'urbanisme. Par un recours gracieux du 20 juin 2019, l'association de défense de l'environnement et du patrimoine de Talloires (ADEPT) a demandé à la commune de retirer cette décision. Suite au rejet implicite de ce recours, l'association demande au tribunal d'annuler cette décision ainsi que l'arrêté délivrant le permis de construire.
Sur la fin de non-recevoir soulevée
2. Aux termes de l'article 7 des statuts de l'ADEPT : " Le Président représente l'Association pour tous les actes de la vie civile ainsi que pour les actions en justice, comme demandeur ou défendeur. Toute action en justice nécessite d'avoir obtenu, au préalable, l'autorisation du Conseil d'Administration. ".
3. Pour soutenir que la requête de l'ADEPT est irrecevable pour tardiveté, les défendeurs se prévalent de l'absence de mandat accordé au président de l'association pour déposer le recours gracieux qui, de ce fait serait irrecevable. Toutefois, il n'est pas contesté que la requête de l'ADEPT a été introduite dans le délai de deux mois suivant le rejet, par la commune, du recours gracieux présenté par son président et tendant au retrait du permis de construire délivré le 6 mai 2019 à M. A. Ce recours gracieux a, contrairement à ce que soutiennent les défendeurs, eu pour effet de conserver les délais du recours contentieux, sans qu'il y ait lieu de rechercher si l'auteur du recours gracieux pouvait justifier d'un mandat pour former celui-ci, dès lors que le président d'une association a, du moins en apparence par ses fonctions statutaires, qualité pour représenter cette personne morale.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête présentée par l'ADEPT est recevable.
Sur les conclusions aux fins d'annulation
5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 111-23 du code de l'urbanisme : " La restauration d'un bâtiment dont il reste l'essentiel des murs porteurs peut être autorisée, sauf dispositions contraires des documents d'urbanisme et sous réserve des dispositions de l'article L. 111-11, lorsque son intérêt architectural ou patrimonial en justifie le maintien et sous réserve de respecter les principales caractéristiques de ce bâtiment. " Il résulte de ces dispositions que le législateur a entendu permettre la restauration de bâtiments anciens caractéristiques des traditions architecturales et cultures locales laissés à l'abandon mais dont demeure l'essentiel des murs porteurs dès lors que le projet respecte les principales caractéristiques du bâtiment en cause et à condition que les documents d'urbanisme applicables ne fassent pas obstacle aux travaux envisagés.
6. En l'espèce le projet consiste en la réhabilitation d'une ancienne maison de pays d'une superficie de 180 m² de surface de plancher en procédant à la " démolition partielle des murs en mauvais état " suivi d'une reconstruction. Toutefois, Il ressort des pièces du dossier et notamment des photographies et prises de vues que l'édifice en cause ne comporte plus de toiture, et que les vestiges de l'ancienne habitation consistent en la présence de murs de façade en grande partie détruits. Il s'ensuit que l'ADEPT est fondée à demander l'annulation du permis litigieux au motif qu'il méconnait les dispositions de l'article L. 111-23 du code de l'urbanisme.
7. En deuxième lieu, la requérante soutient que le projet litigieux méconnait les dispositions relatives au littoral issues de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme aux termes duquel : " L'extension de l'urbanisation se réalise en continuité avec les agglomérations et villages existants. "
8. Les dispositions de l'article L. 111-23 du code de l'urbanisme dérogent aux dispositions de droit commun en vue de permettre au pétitionnaire d'obtenir l'autorisation de restaurer un bâtiment dont il reste l'essentiel des murs porteurs lorsque son intérêt architectural ou patrimonial le justifie. Le législateur a ainsi entendu apporter une exception aux restrictions au droit de construire dans les communes littorales et les espaces proches du rivage posées par l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme. Il s'ensuit que ces dispositions ne peuvent être opposées à une demande fondée sur l'article L. 111-23. Par suite, le moyen est inopérant.
9. Pour l'application de L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun des autres moyens invoqués n'est susceptible, en l'état du dossier, de fonder cette annulation.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
10. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A et de la commune de Talloires la somme demandée à ce titre par l'ADEPT. Les dispositions du même article font par ailleurs obstacle à ce que soient mises à la charge de l'ADEPT, qui n'est pas la partie perdante, les sommes que M. A et la commune de Talloires-Montmin demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 6 mai 2019 par laquelle le maire de la commune de Talloires-Montmin a accordé un permis de construire à M. A est annulée.
Article 2 : Les conclusions des parties présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'association de défense de l'environnement et du patrimoine de Talloires, à la commune de Talloires-Montmin et à M. A.
Copie en sera adressée au procureur de la république près le tribunal judiciaire d'Annecy.
Délibéré après l'audience du 8 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Jourdan, présidente,
Mme Triolet, première conseillère,
Mme Beauverger, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 août 2022.
La présidente-rapporteure,
D. Jourdan
L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
A. Triolet
La greffière,
A. Zanon
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026