jeudi 10 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-1906359 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C+ |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET AKILYS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 25 septembre 2019 et le 1er avril 2020, la SELAS Eurofins Labazur Rhône-Alpes, représentée par la société Akilys Avocats, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée d'un montant de 6 926 euros qui lui ont été réclamés au titre de la période du 1er juillet 2017 au 30 septembre 2018 et des intérêts de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la règle de l'arrondi du coefficient de taxation à deux décimales par excès, énoncée à l'article 206 de l'annexe II au code général des impôts, implique un arrondi à l'unité supérieure.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 février 2020, le directeur départemental des finances publiques de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il soutient que le moyen soulevé par la SELAS Eurofins Labazur Rhône-Alpes n'est pas fondé.
Par une ordonnance du 10 novembre 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 10 janvier 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive 2006/112/CE du conseil du 28 novembre 2006 ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Heintz, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Brenner Adanlété, rapporteure publique,
- et les observations de Me Carrara, représentant la SELAS Eurofins Labazur Rhône-Alpes.
Considérant ce qui suit :
1. La SELAS Eurofins Labazur Rhône-Alpes exerce une activité de laboratoire de biologie médicale et, à titre accessoire, une activité de services auxiliaires des transports terrestres. Par une proposition de rectification en date du 21 décembre 2018, l'administration fiscale a rejeté sa demande du 17 juillet 2017 de remboursement de crédit de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période du 1er octobre 2014 au 30 juin 2017 pour un montant de 11 250 euros et a procédé à un rappel de taxe sur la valeur ajoutée d'un montant de 6 926 euros au titre de la période allant du 1er juillet 2017 au 30 septembre 2018. Les rappels et les pénalités correspondantes ont été mis en recouvrement le 15 février 2019. Par un courrier en date du 6 mai 2019, la SELAS Eurofins Labazur Rhône-Alpes a contesté les impositions mises à sa charge. Sa réclamation a été rejetée par un courrier du 25 juillet 2019. Par sa requête, la SELAS Eurofins Labazur Rhône-Alpes demande au tribunal de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés au titre de la période du 1er juillet 2017 au 30 septembre 2018 et des intérêts de retard.
Sur le bien-fondé des impositions :
2. Aux termes de l'article 173 de la directive 2006/112/CE du Conseil du 28 novembre 2006 relative au système commun de taxe sur la valeur ajoutée : " 1. En ce qui concerne les biens et les services utilisés par un assujetti pour effectuer à la fois des opérations ouvrant droit à déduction visées aux articles 168, 169 et 170 et des opérations n'ouvrant pas droit à déduction, la déduction n'est admise que pour la partie de la TVA qui est proportionnelle au montant afférent aux premières opérations. / Le prorata de déduction est déterminé, conformément aux articles 174 et 175, pour l'ensemble des opérations effectuées par l'assujetti. / 2. Les États membres peuvent prendre les mesures suivantes : / a) autoriser l'assujetti à déterminer un prorata pour chaque secteur de son activité, si des comptabilités distinctes sont tenues pour chacun de ces secteurs ; / b) obliger l'assujetti à déterminer un prorata pour chaque secteur de son activité et à tenir des comptabilités distinctes pour chacun de ces secteurs ; / c) autoriser ou obliger l'assujetti à opérer la déduction suivant l'affectation de tout ou partie des biens et services ; / d) autoriser ou obliger l'assujetti à opérer la déduction, conformément à la règle prévue au paragraphe 1, premier alinéa, pour tous les biens et services utilisés pour toutes les opérations y visées ; / e) prévoir, lorsque la TVA qui ne peut être déduite par l'assujetti est insignifiante, qu'il n'en sera pas tenu compte ". Aux termes de l'article 175 de la même directive : " 1. Le prorata de déduction est déterminé sur une base annuelle, fixé en pourcentage et arrondi à un chiffre qui ne dépasse pas l'unité supérieure. () "
3. Aux termes de l'article 205 de l'annexe II au code général des impôts : " La taxe sur la valeur ajoutée grevant un bien ou un service qu'un assujetti à cette taxe acquiert, importe ou se livre à lui-même est déductible à proportion de son coefficient de déduction ". Aux termes du I de l'article 206 de la même annexe : " I. - Le coefficient de déduction mentionné à l'article 205 est égal au produit des coefficients d'assujettissement, de taxation et d'admission. " Aux termes du 3 du III de cet article 206 : " Lorsque le bien ou le service est utilisé concurremment pour la réalisation d'opérations imposables ouvrant droit à déduction et d'opérations imposables n'ouvrant pas droit à déduction, le coefficient de taxation est calculé selon les modalités suivantes : / 1° Ce coefficient est égal au rapport entre : / a. Au numérateur, le montant total annuel du chiffre d'affaires afférent aux opérations ouvrant droit à déduction, y compris les subventions directement liées au prix de ces opérations ; / b. Et, au dénominateur, le montant total annuel du chiffre d'affaires afférent aux opérations imposables, y compris les subventions directement liées au prix de ces opérations. / Les sommes mentionnées aux deux termes de ce rapport s'entendent tous frais et taxes compris, à l'exclusion de la taxe sur la valeur ajoutée () ". Enfin, aux termes du 2 du V de l'article 206 : " Les quatre coefficients mentionnés au I sont arrondis par excès à la deuxième décimale. () ".
4. Il résulte de la formule d'arrondie par excès des coefficients, énoncée aux dispositions précitées du 2 du V de l'article 206 de l'annexe II au code général des impôts, que la deuxième décimale doit être arrondie à l'unité supérieure, sans qu'une troncature ne soit appliquée à la troisième décimale lorsqu'elle est égale à zéro. Par suite, et dès lors que le coefficient de taxation de la société requérante pour les années 2015, 2016, 2017 et 2018 était respectivement de 0,0008627527, de 0,0002431788, de 0,0002308580, enfin de 0,0000433776, l'administration fiscale a commis une erreur d'appréciation en considérant que le coefficient de taxation de la société Eurofins Labazur Rhône-Alpes était nul pour les quatre années. Aussi, et par application de la règle d'arrondi précitée, la société requérante est fondée à soutenir que son coefficient de taxation au titre des exercices en litige devait être arrondi à 0,01.
5. Il résulte de ce qui précède que la SELAS Eurofins Labazur Rhône-Alpes doit être déchargée des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de la période du 1er juillet 2017 au 30 septembre 2018 ainsi que des intérêts de retard.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la SELAS Eurofins Labazur Rhône-Alpes et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La SELAS Eurofins Labazur Rhône-Alpes est déchargée des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de la période du 1er juillet 2017 au 30 septembre 2018 ainsi que des intérêts de retard correspondants.
Article 2 : L'Etat versera à la SELAS Eurofins Labazur Rhône-Alpes une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SELAS Eurofins Labazur Rhône-Alpes et au directeur départemental des finances publiques de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 21 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. L'Hôte, président,
M. Heintz, premier conseiller,
Mme Bardad, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 novembre 2022.
Le rapporteur,
M. HEINTZ
Le président,
V. L'HÔTE La greffière,
L. ROUYER
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
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01/06/2026