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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-1907775

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-1907775

vendredi 30 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-1907775
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantAARPI ASSIER & SALAUN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 29 novembre 2019 et 2 novembre 2021, M. B A, représenté par Me Assier, demande au tribunal :

1°) de condamner le centre hospitalier de Saint-Jean-de-Maurienne à lui verser une indemnité d'un montant total de 19 981,52 euros en réparation du préjudice subi du fait de l'illégalité de son licenciement ;

2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Saint-Jean-de-Maurienne une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que son licenciement ayant été annulé par le tribunal administratif en raison de son illégalité, il a droit à une indemnité pour licenciement sans cause réelle et sérieuse de 10 486,14 euros, une indemnité compensatrice de préavis selon l'article 11 du contrat de travail de 3 495,38 euros, une indemnité au titre de l'article L. 1234-1 du code du travail de 1 000 euros, et une indemnité au titre du préjudice moral et financier de 5 000 euros.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 3 février 2020 et 18 novembre 2021, le centre hospitalier de Saint-Jean-de-Maurienne conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Le centre hospitalier fait valoir que :

- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors qu'elle est exclusivement dirigée contre la décision de licenciement du 29 mars 2017 dont l'annulation est devenue définitive, et non contre la décision implicite de rejet de sa réclamation indemnitaire préalable du 8 août 2019 ;

- en tout état de cause, les prétentions indemnitaires de l'intéressé ne sont pas fondées.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n°86-33 du 9 janvier 1986 ;

- le décret n°91-155 du 6 février 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. d'Argenson, premier conseiller,

- et les conclusions de M. Argentin, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, qui a obtenu son diplôme d'ergothérapeute en Belgique, a effectué au centre hospitalier de Saint-Jean-de-Maurienne un stage rémunéré en qualité d'éducateur technique spécialisé du 27 au 31 octobre 2016. Par un contrat à durée déterminée du 14 novembre 2016, dont le terme était fixé au 31 décembre 2016, le centre hospitalier de Saint-Jean de Maurienne l'a engagé en qualité d'éducateur technique spécialisé. Le 6 décembre 2016, M. A a été autorisé à exercer la profession d'ergothérapeute en France. A compter de cette date, le centre hospitalier de Saint-Jean-de-Maurienne l'a engagé comme ergothérapeute selon un contrat qu'il n'a pas signé, dont le terme était fixé au 5 décembre 2017, et qui comportait une période d'essai d'une durée de 4 mois. Par décision du 29 mars 2017, prise à l'issue d'un entretien du même jour entre M. A et la responsable des ressources humaines du centre hospitalier de Saint-Jean-de-Maurienne, la directrice de cet établissement a mis fin au contrat d'ergothérapeute de M. A pendant la période d'essai, en raison de l'évolution des effectifs. Par un jugement n° 1703050 du 28 mars 2019, le tribunal administratif de Grenoble a annulé cette décision au motif qu'elle devait être regardée comme un licenciement intervenu postérieurement à la fin de la période d'essai et qu'elle était donc entachée d'erreur de droit. Par un courrier du 7 août 2019, M. A a demandé au centre hospitalier à être indemnisé des divers chefs de préjudice résultant de l'illégalité de ce licenciement. Le centre hospitalier ayant implicitement rejeté cette réclamation, M. A demande au tribunal, dans la présente instance, de condamner le centre hospitalier à l'indemniser.

Sur la fin de non-recevoir :

2. La requête de M. A n'est pas, contrairement à ce que soutient le centre hospitalier, dirigée contre la décision de licenciement du 29 mars 2017, mais présente le caractère d'une requête indemnitaire faisant suite au refus du centre hospitalier de faire droit à sa réclamation préalable. Elle est, par suite, recevable.

Sur les conclusions indemnitaires :

3. Il est constant qu'en mettant fin au stage de M. A dans les conditions applicables à sa période d'essai alors qu'ayant terminé sa période d'essai, il aurait dû bénéficier d'un licenciement, le centre hospitalier a commis une faute de nature à engager sa responsabilité.

4. M. A soutient qu'il a droit à une indemnité de licenciement sans cause réelle et sérieuse d'un montant de 10 486,14 euros. Il invoque à l'appui de sa prétention l'article L. 1224-3-1 du code du travail, l'article 50 du décret n° 2015-1912 du 29 décembre 2015, et le décret le décret n°88-145 du 15 février 1988. Toutefois, aucun de ces textes n'est applicable à la situation de M. A, dont la cessation de fonctions, en qualité d'agent contractuel de la fonction publique hospitalière, est entièrement régie par la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 et le décret n° 91-155 du 6 février 1991. Ce chef de préjudice doit donc être écarté.

5. M. A soutient qu'il a doit à une " indemnité compensatrice de préavis " aux termes de l'article 11 de son contrat à durée déterminée du 6 décembre 2016. Toutefois, cet article se borne à rappeler les conditions de préavis de fin de contrat et ne prévoit aucune indemnité. A supposer que M. A ait entendu demander la réparation du préjudice subi du fait du non-respect du délai de préavis, il ne donne aucune indication sur la nature de ce préjudice. Ce chef de préjudice doit donc être écarté.

6. Si M. A soutient qu'il a droit à une indemnité compensatrice de préavis de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 1234-1 du code du travail. Toutefois, ces dispositions ne lui sont pas applicables, ainsi qu'il a été dit au point 4. Ce chef de préjudice doit donc être écarté.

7. Si M. A soutient qu'il a droit à être indemnisé de son préjudice financier et moral pour un montant de 5 000 euros, il ne donne aucune précision sur sa nature exacte. Ce chef de préjudice doit donc, comme les précédents, être écarté.

8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions indemnitaires de la requête de M. A doivent être rejetées.

Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative

9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre hospitalier de Saint-Jean-de-Maurienne, qui n'est pas la partie perdante, la somme que M. A demande au titre des frais irrépétibles. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A la somme demandée par le centre hospitalier de Saint-Jean-de-Maurienne au même titre.

DECIDE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier de Saint-Jean-de-Maurienne sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au centre hospitalier de Saint-Jean-de-Maurienne.

Délibéré après l'audience du 13 décembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Vial-Pailler, président,

M. d'Argenson, premier conseiller,

Mme Frapolli, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 décembre 2022.

Le rapporteur,

P.-H. D'ARGENSON

Le président,

C. VIAL-PAILLERLe greffier,

G. MORAND

La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°1907775

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