lundi 26 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2000735 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL PHILIPPE PETIT & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 février 2020, Mme A B, représentée par Me Heinrich, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le maire d'Entremont a rejeté sa demande indemnitaire qu'elle a présentée le 24 septembre 2019
2°) de condamner la commune d'Entremont à lui payer une somme de 11 400 euros toutes taxes comprises ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Entremont une somme de 4 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la commune a commis une faute en procédant à l'abattage des arbres de sa propriété sans mise en demeure préalable ;
- elle demande une somme de 11 400 euros correspondant au devis pour des travaux d'enlèvement des 12 arbres abattus et de replantation.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 septembre 2022, la commune de Glières-Val-De-Borne, représentée par Me Petit, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de Mme B la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'elle n'a commis aucune faute, que la somme demandée est excessive et que l'indemnité éventuellement allouée ne doit pas inclure la TVA.
Par une ordonnance du 20 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au même jour, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Ban, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Beytout, rapporteure publique,
- les conclusions de Me Rochat, représentant Mme B,
- et les conclusions de Me Bastard-Rosset, représentant la commune de Glières-Val-De-Borne.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B est propriétaire indivis de la parcelle cadastrée section OA numéro 195 au lieudit " Pré aux Dones " sur le territoire de la commune d'Entremont (74). Cette commune a fait procéder à ses frais à l'abattage de certains arbres situés sur cette parcelle. Par lettre du 24 septembre 2019, Mme B a présenté à la commune une demande indemnitaire préalable afin d'obtenir réparation du préjudice résultant de ces travaux. Par sa requête, elle demande la condamnation de la commune nouvelle de Glières-Val-De-Borne, créée le 1er janvier 2019 par fusion des communes d'Entremont et de Petit-Bornand-Les-Glières, à lui payer une indemnité de 11 400 euros sur le fondement de la responsabilité pour faute.
Sur la responsabilité de la commune :
2. Aux termes de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publique. Elle comprend notamment : / 1° Tout ce qui intéresse la sûreté et la commodité du passage dans les rues, quais, places et voies publiques () ; / 5° Le soin de prévenir par des précautions convenables, et de faire cesser, par la distribution des secours nécessaires, les accidents et les fléaux calamiteux (). ". Aux termes de l'article L. 2212-4 du même code : " En cas de danger grave ou imminent, tels que les accidents naturels prévus au 5° de l'article L. 2212-2, le maire prescrit l'exécution des mesures de sûreté exigées par les circonstances. / Il informe d'urgence le représentant de l'Etat dans le département et lui fait connaître les mesures qu'il a prescrites. ".
3. Lorsque des désordres affectant une propriété privée et trouvant leur origine dans la méconnaissance par le propriétaire de ses obligations, notamment d'entretien, menacent la sécurité publique, le maire peut légalement, sur le fondement des dispositions de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales, mettre le propriétaire en demeure de rétablir la sécurité par toute mesure appropriée, sous peine de s'exposer aux sanctions pénales prévues en cas d'inobservation des mesures de police prescrites par l'autorité municipale. Toutefois, si la mise en demeure n'est pas suivie d'effet, les dispositions de l'article L. 2212-2 ne confèrent pas au maire le pouvoir de faire exécuter d'office les travaux sur la propriété privée. En revanche, les dispositions de l'article L. 2212-4 du code général des collectivités territoriales permettent au maire d'ordonner, en cas de danger grave ou imminent, et sans mise en demeure préalable du propriétaire, la réalisation par la commune de travaux sur une propriété privée. Le coût des travaux incombe alors à la commune, sans préjudice de la possibilité pour elle d'exercer devant le juge civil une action récursoire à l'encontre du propriétaire si elle estime que l'origine des désordres réside dans un manquement de celui-ci à ses obligations.
4. Pour faire exécuter à ses frais des travaux d'élagage et de coupe d'arbres implantés sur la parcelle appartenant à Mme B, la commune de Glieres-Val-De-Borne a entendu faire application des dispositions de l'article L. 2212-4 du code général des collectivités territoriales.
5. Il résulte de l'instruction que la parcelle n°195, située à proximité d'habitations, est constituée d'une bande de terrain arborée le long du torrent Borne, qu'elle est identifiée en zone 13N d'aléa fort à modéré de débordement torrentiel et d'instabilité de berge du torrent. Il n'est pas contesté par Mme B que, compte tenu de leur mauvais d'entretien et de leur hauteur, les arbres abattus sur sa propriété risquaient à tout moment de chuter soit dans le lit du Borne, ce qui aurait eu pour effet d'obstruer l'écoulement de la rivière dans une zone à fort risque de débordement torrentiel, soit sur un chemin utilisé fréquemment par des randonneurs et par les propriétaires voisins. De tels risques doivent être regardés comme ayant présenté un danger grave et imminent pour la sécurité des personnes et des biens justifiant que le maire mette en œuvre les pouvoirs qu'il tenait de l'article L. 2212-4 du code général des collectivités territoriales. Dès lors, Mme B n'est pas fondée à soutenir, eu égard à la situation d'urgence ainsi créée par sa négligence, que la commune a commis une faute en exécutant d'office ces travaux sur sa propriété sans qu'elle ait reçu une mise en demeure préalable. Par suite, elle n'établit pas que la responsabilité de la commune de Glières-Val-De-Borne soit engagée à son égard au titre de ses pouvoirs de police.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires de Mme B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Glières-Val-De-Borne, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de Mme B une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Glières-Val-De-Borne.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Mme B versera à la commune de Glières-Val-De-Borne une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la commune de Glières-Val-De-Borne.
Délibéré après l'audience du 8 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. L'Hôte, président,
M. Ban, premier conseiller,
Mme Letellier, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 décembre 2022.
Le rapporteur,
J-L. Ban
Le président,
V. L'Hôte
La greffière,
A. Zanon
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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