mardi 18 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2000845 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | BOURGIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 6 février 2020 et le 11 octobre 2021, Mme J F, M. H G, M. D G et M. E G, représentés par Me Bourgin, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures, de condamner le centre hospitalier régional de Grenoble à verser les sommes suivantes :
1°) 1 593 815,69 euros à Mme F, 45 000 euros à M. H G, 45 000 euros à M. E G et 60 000 euros à M. D G, avec intérêts au taux légal et capitalisation annuelle, en réparation des préjudices résultant de la prise en charge fautive de Mme F dans cet établissement en août 2016 ;
2°) 10 000 euros à Mme F au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la réalisation de l'intervention chirurgicale était fautive,
- son consentement éclairé n'a pas été recueilli.
Ils évaluent ainsi leurs préjudices :
' Mme F :
- manquement à l'obligation d'information : 25 000 euros,
-dépenses de santé actuelles : 1 487 euros,
- frais divers : 86 026,43 euros,
- pertes de gains professionnels actuels : 16 719 euros,
-perte de loyers : 9 440 euros,
- dépenses de santé futures : réservées,
- assistance par une tierce personne : 1 124 297,24 euros ou 201 254,66 euros à titre subsidiaire,
- incidence professionnelle : 150 000 euros,
-déficit fonctionnel temporaire : 6 466,02 euros,
-souffrances endurées : 50 000 euros,
-préjudice esthétique temporaire : 5 000 euros,
- déficit fonctionnel permanent : 64 380 euros,
- préjudice esthétique permanent : 10 000 euros,
-préjudice d'agrément : 30 000 euros,
- préjudice sexuel : 15 000 euros ;
' M. H G :
- préjudice d'affection : 30 000 euros,
- troubles dans les conditions d'existence : 15 000 euros,
' M. E G :
- préjudice d'affection : 30 000 euros,
- troubles dans les conditions d'existence : 15 000 euros,
' M. D G :
- préjudice d'affection : 30 000 euros,
- troubles dans les conditions d'existence : 15 000 euros,
- préjudice sexuel par ricochet : 15 000 euros.
Par un mémoire enregistré le 19 mai 2020, l'ONIAM, représenté par Me De La Grange, demande à être mis hors de cause.
Il fait valoir que le centre hospitalier a commis des fautes qui excluent toute indemnisation au titre de la solidarité nationale.
Par des mémoires en défense enregistrés le 19 janvier 2021, le 10 août 2022 et le 26 septembre 2022, le centre hospitalier régional de Grenoble, représenté par Me Ligas-Raymond, conclut :
1°) à titre principal, au rejet de la requête et des demandes de la caisse primaire d'assurance maladie du Rhône ;
2°) à titre subsidiaire, à la réduction des sommes demandées et à l'application d'un taux de perte de chance de 80%.
Il fait valoir que :
- les opérations d'expertise n'ont pas respecté le principe du contradictoire,
- aucune faute n'a été commise,
- l'expert a retenu un taux de perte de chance de 80%,
- les préjudices de Mme F ne sauraient excéder 71 679 euros avant application de la perte de chance,
- les demandes des autres requérants sont infondées.
Par un mémoire enregistré le 30 août 2022, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) du Rhône, agissant au nom de la CPAM de l'Isère, demande la condamnation du centre hospitalier régional de Grenoble à lui verser une somme de 191 200,85 euros ainsi que l'indemnité forfaitaire de gestion prévue à l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.
Elle décompose sa créance ainsi :
- dépenses de santé actuelles : 4 381,21 euros,
- indemnités journalières : 13 587,70 euros,
- dépenses de santé futures : 16 626,70 euros pour celles déjà engagées et 77 276,28 euros correspondant aux frais futurs viagers,
- pension d'invalidité : 35 629,79 euros pour les dépenses déjà engagées et 43 699,17 euros correspondant aux frais futurs viagers.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de Mme B,
- et les observations de Me Harmli, représentant les requérants et de Me Ligas-Raymond, représentant le centre hospitalier régional de Grenoble.
Considérant ce qui suit :
1. Mme F a consulté un oto-rhino-laryngologiste au printemps 2016 pour une tuméfaction du cou. Des examens ont mis en évidence deux lésions cancéreuses (lymphome malin et carcinome épidermoïde). Une intervention chirurgicale d'exérèse a été réalisée au centre hospitalier régional de Grenoble le 26 août 2016. Mme F, qui en garde des séquelles importantes, demande, avec sa famille, à être indemnisée par cet établissement estimant l'intervention inappropriée à son cas et n'avoir pas donné son consentement éclairé à cette intervention.
Sur la régularité des opérations d'expertise :
2. Le respect du caractère contradictoire de l'expertise implique que les parties soient mises à même de discuter devant l'expert un élément sur lequel il se fonde, compte tenu de l'influence qu'il peut avoir sur la réponse aux questions qui lui sont posées.
3. En l'espèce, le centre hospitalier régional de Grenoble fait valoir que l'expert n'a pas respecté le principe du contradictoire du fait que des pièces radiologiques et leurs comptes rendus ne lui avaient pas été communiqués lors des opérations d'expertise. Toutefois, l'expert ne s'est pas fondé sur ces documents pour rendre son rapport, estimant qu'ils n'avaient pas beaucoup d'utilité. Par ailleurs, l'affirmation de l'expert selon laquelle ces radiographies ne pouvaient pas justifier l'ampleur de l'exérèse pratiquée car la tumeur parapharyngée n'envahissait pas les muqueuses mais était seulement au contact de la muqueuse du plancher de la bouche est corroborée par d'autres éléments du dossier, le scanner cervical réalisé avant l'intervention révélant une tumeur au contact de la muqueuse de la base de la langue et du pharynx, mais pas d'envahissement de la muqueuse. Dès lors, l'établissement défendeur n'est pas fondé à soutenir que les opérations d'expertise sont entachées d'irrégularité.
Sur les fautes invoquées :
4. En premier lieu, l'intervention a été plus importante que ce qui avait été décidé en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) du 2 août 2016, car comportant une résection du plancher postérieur buccal, des vallécules et d'une partie de la base de la langue qui n'était pas prévue. A dires d'expert, si l'opération a été réalisée selon les règles de l'art, l'exérèse était excessive et injustifiée. L'indication chirurgicale est donc fautive et engage la responsabilité du centre hospitalier.
5. En second lieu, en dehors des cas d'urgence ou d'impossibilité de recueillir le consentement, la réalisation d'une intervention à laquelle le patient n'a pas consenti oblige l'établissement responsable à réparer tant le préjudice moral subi de ce fait par l'intéressé que, le cas échéant, toute conséquence dommageable de l'intervention.
6. Au dossier figure le formulaire de consentement éclairé signé la veille de l'intervention. L'expert a noté que l'information délivrée était insuffisante car le formulaire ne précisait pas l'importance de l'exérèse et les conséquences qui pouvaient en résulter. Par ailleurs, le centre hospitalier n'a pas produit la fiche de renseignements auquel ce formulaire faisait référence, ne permettant donc pas de justifier d'une information permettant à la victime de donner son consentement éclairé. A cet égard, il ne peut utilement faire valoir que le 3 août 2016 (soit le lendemain de la RCP), Mme F avait été vue en consultation par l'ORL qui lui avait annoncé l'intervention et lui en aurait expliqué les risques puisque la question est celle du consentement à une opération plus mutilante que celle qui était alors prévue et que rien ne tend à établir que Mme F aurait été avertie de cette possibilité et qu'elle y aurait consentie. Dans ces conditions, la responsabilité du centre hospitalier régional de Grenoble est également engagée en l'absence de consentement éclairé.
Sur les préjudices de Mme F :
7. Compte tenu de ce qui a été dit aux points 4 à 6, le centre hospitalier doit être condamné à réparer l'intégralité des préjudices de Mme F et non au prorata d'une perte de chance de 80% que l'expert évoque sans, au demeurant, la justifier.
- Déficit fonctionnel temporaire :
8. En ce qui concerne le déficit fonctionnel temporaire total, l'expert note que la durée d'hospitalisation n'a pas été allongée par rapport à celle qui aurait résulté de l'intervention initialement prévue.
9. S'agissant du déficit fonctionnel temporaire partiel imputable à la faute commise, il peut être estimé à 40% du 21 septembre 2016 jusqu'au 18 janvier 2018, date de consolidation, soit 484 jours. Il pourra être justement réparé par le versement d'une somme de 11 400 euros.
- Souffrances endurées :
10. Elles peuvent être estimées à 4 sur une échelle de 7 niveaux. Elles justifient le versement d'une indemnité de 10 000 euros.
- Préjudices esthétiques temporaire et permanent :
11. L'expert a conclu à l'absence de préjudice esthétique par rapport aux conséquences de l'intervention initialement prévue. Si Mme F fait valoir qu'elle doit systématiquement expectorer en public, adopter une posture spécifique lors des repas et éructer systématiquement, ces éléments ne permettent pas de conclure à une altération de son apparence physique justifiant une indemnisation au titre du préjudice esthétique temporaire et permanent.
- Déficit fonctionnel permanent :
12. L'étendue de ce poste de préjudice, évalué à 29% par l'expert, n'est pas contestée en défense. La victime étant âgée de 54 ans à la date de consolidation, une somme de 60 000 euros pourra lui être allouée.
- Préjudice d'agrément :
13. Ce poste de préjudice répare l'impossibilité pour la victime de pratiquer régulièrement une activité spécifique sportive ou de loisirs et non plus la perte de qualité de vie subie du fait du handicap, laquelle est prise en compte au titre du déficit fonctionnel permanent. En l'absence de justification d'une activité spécifique pratiquée avant l'intervention, aucune indemnité n'est due à ce titre.
- Préjudice sexuel :
14. Il ne peut être tenu pour établi que l'intervention fautive a eu un retentissement négatif sur la libido de Mme F ou sur ses capacités à pratiquer l'acte sexuel. Aucune indemnité n'est due au titre du préjudice sexuel.
- Préjudice moral :
15. En l'espèce, il n'est pas contestable que Mme F a connu un préjudice moral en subissant une intervention à laquelle elle n'avait pas consenti. Une somme de 5 000 euros doit lui être allouée en réparation de ce préjudice.
- Dépenses de santé actuelles :
16. Si l'expert conclut que l'extraction de deux dents est liée avec la faute médicale et si Mme F affirme que ce sont neuf dents qui ont été extraites en conséquence de l'intervention fautive, l'existence d'un lien de causalité direct et certain avec cette faute ne peut être reconnue dans la mesure où le compte-rendu opératoire du 26 août 2016 mentionne que cinq dents ont été retirées à titre préventif avant une radiothérapie et qu'il n'est pas établi que la situation aurait été différente si l'intervention s'était limitée à celle qui était initialement prévue. Dès lors, Mme F n'est pas fondée à demander l'indemnisation des frais médicaux restés à sa charge.
- Frais divers :
17. Mme F justifie avoir versé une somme de 800 euros pour l'assistance d'un médecin-conseil aux opérations d'expertise. Elle doit lui être remboursée, sans que le centre hospitalier régional de Grenoble puisse utilement soutenir qu'il s'agissait d'un choix personnel de la requérante.
- Assistance par une tierce personne avant et après consolidation :
18. S'agissant des frais d'assistance par tierce personne, lorsque le juge administratif indemnise dans le chef de la victime d'un dommage corporel la nécessité de recourir à l'aide d'une tierce personne, il détermine le montant de l'indemnité réparant ce préjudice en fonction des besoins de la victime et des dépenses nécessaires pour y pourvoir. Il doit à cette fin se fonder sur un taux horaire déterminé, au vu des pièces du dossier, par référence, soit au montant des salaires des personnes à employer augmentés des cotisations sociales dues par l'employeur, soit aux tarifs des organismes offrant de telles prestations, en permettant le recours à l'aide professionnelle d'une tierce personne d'un niveau de qualification adéquat et sans être lié par les débours effectifs dont la victime peut justifier.
19. Avant consolidation, alors que Mme F était affectée d'un déficit fonctionnel temporaire de 40%, son besoin d'assistance par une tierce personne peut justement être évalué à une heure par jour, et non à 7 heures 30, comme elle demande. Sur la base d'un taux horaire de 17 euros tenant compte des majorations pour les dimanches et les jours fériés et pour la période mentionnée au point 9, une somme de 8 300 euros pourra lui être allouée.
20. Après consolidation, il ne peut être tenu pour établi que les troubles vocaux et de la déglutition de Mme F, s'ils sont constitutifs d'un déficit fonctionnel permanent important, justifient l'assistance d'une tierce personne lors des repas. Aucune indemnité n'est due à ce titre.
- Pertes de loyers :
21. Mme F fait valoir qu'elle n'a pu mettre en location son appartement de septembre 2016 à janvier 2018 en réalisant les travaux de réhabilitation nécessaires, du fait de son état de santé. Toutefois, ce préjudice financier, qui ne peut être regardé comme étant en lien direct avec la faute commise, n'a pas vocation à être indemnisé.
- Pertes de gains professionnels actuels :
22. En produisant ses avis d'imposition des années précédant l'intervention et celles des années suivantes, Mme F justifie de pertes de revenus pour un montant de 16 719 euros qui doivent être indemnisées. A cet égard, contrairement à ce que soutient le centre hospitalier régional de Grenoble, elle n'a pas à justifier davantage du montant des indemnités journalières qu'elle a perçues qui sont prises en compte sur ces avis.
- Incidence professionnelle :
23. Ce poste de préjudice inclut à la fois une part patrimoniale, sur laquelle doivent éventuellement s'imputer les prestations versées par les organismes sociaux ou l'employeur et une part personnelle qui doit faire l'objet d'une indemnisation distincte.
24. Au titre de l'incidence professionnelle, Mme F ne demande à être indemnisée que de son préjudice personnel. Les souffrances morales spécifiques liées à l'impossibilité d'exercer son métier ou tout autre emploi peuvent être indemnisées à ce titre à hauteur de 15 000 euros.
25. Il résulte de ce qui précède que le centre hospitalier régional de Grenoble doit être condamné à verser à Mme F une somme de 127 219 euros.
Sur les préjudices de MM. Baptiste et Pierre G, enfants de A F :
26. Le préjudice d'affection et les troubles dans les conditions d'existence résultant pour chacun des deux enfants de A F sera justement réparé par le versement d'une somme de 10 000 euros.
Sur les préjudices de M. D G, époux de Mme F :
27. Le préjudice d'affection et les troubles dans les conditions d'existence résultant pour l'époux de Mme F sera justement réparé par le versement d'une somme de 15 000 euros.
28. Aucune somme n'est due au titre d'un préjudice sexuel " par ricochet ", l'époux de Mme F ne faisant état lui-même d'aucune des difficultés d'ordre sexuel justifiant que lui soit versée une indemnité spécifique et les désagréments généraux dans la vie conjugale étant déjà pris en compte au titre des troubles dans ses conditions d'existence.
Sur les intérêts et leur capitalisation :
29. En application de l'article 1231-6 du code civil, les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent consistent dans l'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure.
30. En l'espèce et en application de ces dispositions, les requérants ont droit aux intérêts des sommes mentionnées ci-dessus à compter du 28 novembre 2018, date de réception de la demande préalable par le centre hospitalier régional de Grenoble, et non à compter de la date de consolidation ou de celle de l'introduction de la requête en référé-expertise qui ne comportait aucune demande de paiement. Ils ont également droit à la capitalisation annuelle des intérêts à compter du 28 novembre 2019.
Sur les demandes de la CPAM du Rhône :
31. La CPAM justifie avoir engagé au 31 juillet 2022 21 007,91 euros en remboursements de soins, 13 587,70 euros d'indemnités journalières et 35 629,79 euros au titre de la pension d'invalidité, soit au total 70 225,40 euros.
32. Le centre hospitalier régional de Grenoble n'ayant pas donné son accord au versement des dépenses à venir de la CPAM, celles-ci ne peuvent être indemnisées sous cette forme. En conséquence, les frais futurs, et également ceux engagés après le 31 juillet 2022, devront lui être remboursés au fur et à mesure, sur justification des débours effectivement exposés.
33. Ainsi, compte tenu de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue à l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale d'un montant de 1 114 euros, le centre hospitalier régional de Grenoble doit être condamné à verser à la CPAM du Rhône la somme de 71 339,40 euros.
Sur les frais d'instance :
34. En application de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu de mettre à la charge définitive du centre hospitalier régional de Grenoble, partie perdante, les frais de l'expertise ordonnée en référé le 28 novembre 2018, taxés et liquidés à la somme de 3 265,92 euros par ordonnance du 16 mai 2019.
35. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier régional de Grenoble une somme de 1 800 euros à verser à Mme F au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er :Le centre hospitalier régional de Grenoble est condamné à verser à Mme J F une somme de 127 219 euros.
Article 2 :Le centre hospitalier régional de Grenoble est condamné à verser à M. H G une somme de 10 000 euros.
Article 3 :Le centre hospitalier régional de Grenoble est condamné à verser à M. E G une somme de 10 000 euros.
Article 4 :Le centre hospitalier régional de Grenoble est condamné à verser à M. D G une somme de 15 000 euros.
Article 5 :Les sommes mentionnées aux articles précédents porteront intérêts au taux légal à compter du 28 novembre 2018. Les intérêts échus le 28 novembre 2019 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette dernière date seront capitalisés pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 6 :Le centre hospitalier régional de Grenoble est condamné à verser à la caisse primaire d'assurance maladie du Rhône une somme de 71 339,40 euros et à lui rembourser sur justificatifs ses frais engagés après le 31 juillet 2022 et ses frais futurs.
Article 7 :Les frais d'expertise sont mis à la charge définitive du centre hospitalier régional de Grenoble.
Article 8 :Le centre hospitalier régional de Grenoble versera à Mme F une somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 9 :Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 10 :Le présent jugement sera notifié à Mme J F, au centre hospitalier régional de Grenoble, à la caisse primaire d'assurance maladie du Rhône, à Pro BTP et à l'ONIAM.
Copie en sera adressée au docteur I, expert.
Délibéré après l'audience du 4 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Sogno, président,
Mme Bedelet, première conseillère,
Mme Holzem, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2022.
Le président, rapporteur,
C. C
La première assesseure,
A. Bedelet
Le greffier,
P. Muller
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026