LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2001443

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2001443

mardi 5 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2001443
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantBRUNEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un jugement avant dire droit du 8 février 2022, le tribunal administratif de Grenoble a, dans l'instance n°2001443 qui oppose la société Playtime Agence d'Architecture à la commune d'Aime-La-Plagne :

1°) rejeté les conclusions à fin d'annulation de la requête ;

2°) ordonné un supplément d'instruction sur les conclusions indemnitaires de la société Playtime Agence d'Architecture tendant à la condamnation de la commune d'Aime-La-Plagne à l'indemniser de la perte de sa marge nette résultant de son éviction irrégulière de la procédure de passation du contrat de maîtrise d'œuvre pour la construction d'une salle polyvalente et d'un parking à la Plagne-Montalbert ;

3°) rejeté le surplus des conclusions indemnitaires ;

4°) sursis à statuer sur les autres conclusions des parties.

Par un mémoire enregistré le 29 avril 2022, la société Playtime Agence d'Architecture demande au tribunal :

1°) d'annuler tous les actes et décisions qui se rapportent à la procédure de passation du contrat de maîtrise d'œuvre pour la construction d'une salle polyvalente et d'un parking à la Plagne-Montalbert, ainsi que le marché signé entre la société Remind et la commune d'Aime-La-Plagne ;

2°) de condamner la commune d'Aime-La-Plagne à lui verser une indemnité totale de 72 703 euros, outre intérêts au taux légal avec anatocisme, en réparation du préjudice que lui a causé son éviction irrégulière du contrat cité au 1°), détaillée comme suit : 12 703 euros à titre de complément sur le montant de prime insuffisante, 50 000 euros au titre du manque à gagner et 10 000 euros au titre d'une " perte de références " ;

3°) de mettre à la charge de la commune d'Aime-La-Plagne la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La société Playtime Agence d'Architecture soutient que :

- la requête est recevable, une décision de l'administration étant intervenue en cours d'instance ;

- le calendrier de la procédure a été choisi pour restreindre au maximum le nombre de candidats, en méconnaissance des règles de publicité et de mise en concurrence ;

- le montant de la prime fixée dans le règlement de la consultation méconnaît l'article R. 2172-4 du code de la commande publique et le guide 2019 à l'attention des maîtres d'ouvrage pour la négociation des rémunérations de maîtrise d'œuvre de la mission interministérielle pour la qualité des constructions publiques ; le montant prévu pour la prime aurait dû s'élever à 20 703 euros HT ; le décalage avec le montant proposé dans les documents de la consultation est de 12 703 euros et a nécessairement dissuadé des candidatures ;

- la société Remind aurait dû être exclue de la procédure, en application de l'article L. 3 du code de la commande publique, de l'article R. 2111-2 du code de la commande publique et du 2° de l'article L. 2141-8 du code de la commande publique ; elle a notamment réalisé préalablement au marché en litige des études d'esquisse, dont l'une sur le site retenu pour le concours ;

- à défaut d'exclusion de la procédure, pour garantir l'équité entre concurrents, il aurait fallu remettre l'ensemble des éléments de l'étude préalable, à savoir notamment un compte rendu de synthèse des différentes rencontres et un plan d'ensemble de repérage ;

- en outre, autoriser la participation de la société Remind, lauréate, méconnaît l'article L. 2 141-10 du code de la commande publique, la maire en exercice de la Commune étant par ailleurs la fondatrice de cette société, dont elle n'a cédé les parts que le 29 novembre 2017 ; cette situation de conflit d'intérêts manifeste est de nature à faire naître un doute sur l'impartialité de la procédure et à mettre en lumière une rupture volontaire du principe d'égalité entre candidats ;

- les illégalités précitées l'ayant privée d'une chance sérieuse de remporter le marché, elle a droit à l'indemnisation de son manque à gagner ;

- elle a ainsi droit à une indemnité de 90 956 euros correspondant à la marge nette espérée sur cette opération, somme calculée par un expert-comptable et confirmée par la liasse fiscale produite ;

- privée d'une référence de renom dans le cadre de ses prochaines candidatures, elle a droit à une indemnisation de ce chef à hauteur de 10 000 euros ;

- la prime de concours se révèle insuffisante à compenser les frais nécessaires à la remise de l'offre incluant des études d'esquisse. Elle demande de ce chef une rémunération complémentaire à hauteur de 12 703 euros.

Par un mémoire enregistré le 2 juin 2022, la commune d'Aime-la-Plagne conclut à titre principal au sursis à statuer dans l'attente de l'arrêt qui sera rendu par la cour administrative d'appel de Lyon sur l'appel interjeté contre le jugement avant dire droit du 8 février 2022, subsidiairement au rejet de la requête, et demande qu'une somme de 5 000 euros soit mise à la charge de la société Playtime Agence d'Architecture au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office. En effet, par le jugement du 8 février 2022, le tribunal administratif de Grenoble a statué au fond, et ainsi épuisé sa compétence, sur les conclusions à fin d'annulation de la requête, ainsi que les conclusions indemnitaires tendant à réparer un préjudice résultant, d'une part, de l'insuffisance alléguée de la prime de concours (à hauteur de 12 703 euros) et, d'autre part d'une perte de références (à hauteur de 10 000 euros). Ainsi, ces conclusions, maintenues dans le mémoire du 29 avril 2022 produit en réponse au jugement avant-dire droit sont irrecevables.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la commande publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 21 juin 2022:

- le rapport de Mme C,

- les conclusions de M. B,

- et les observations de Me Brunel, pour la commune d'Aime la Plagne.

Considérant ce qui suit :

Sur la demande de sursis à statuer présentée par la commune d'Aime-La-Plagne :

1. Aux termes de l'article L. 4 du code de justice administrative : " Sauf dispositions législatives spéciales, les requêtes n'ont pas d'effet suspensif s'il n'en est autrement ordonné par la juridiction ". Aux termes de l'article R. 811-14 de ce même code : " Sauf dispositions particulières, le recours en appel n'a pas d'effet suspensif s'il n'en est pas autrement ordonné par le juge d'appel dans les conditions prévues par le présent titre ". Il résulte de ces dispositions que le fait que la commune d'Aime-La-Plagne ait formé, le 29 avril 2022, un appel devant la cour administrative d'appel de Lyon contre le jugement avant dire droit rendu le 8 février 2022 sous le numéro 2001443, ne prive pas le tribunal de céans de la faculté de se prononcer définitivement sur le litige en l'absence de toute décision de la cour administrative d'appel ordonnant qu'il soit sursis à l'exécution de ce premier jugement. Il apparaît au contraire opportun, dans un souci de bonne administration de la justice, que la cour puisse statuer à la fois sur le principe de la responsabilité et, le cas échéant, sur la réparation du préjudice né de la perte de marge nette de la société Playtime Agence d'Architecture. Par suite, il n'y a pas lieu de surseoir à statuer dans l'attente de l'arrêt de la cour administrative d'appel de Lyon.

Sur les conclusions à fin d'annulation et indemnitaires, autres que celles ayant trait à la perte de marge nette, objet de l'article 2 du jugement avant-dire droit du 8 février 2022 :

2. Par jugement avant dire droit du 8 février 2022, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté les conclusions à fin d'annulation de la requête, ainsi que les conclusions indemnitaires visant, à hauteur de 12 703 euros, à réparer le préjudice allégué de l'insuffisance de la prime de concours et celles, à hauteur de 10 000 euros, destinées à réparer une " perte de références ". Ce faisant, il a statué au fond sur ces points et ainsi épuisé sa compétence. Par suite lesdites conclusions, dans lesquelles la société Playtime Agence d'Architecture a persisté dans son mémoire susvisé du 29 avril 2022, doivent être rejetées.

Sur l'évaluation du préjudice né de la perte de marge nette, lié aux conclusions indemnitaires formulées à hauteur de 50 000 euros:

3. Le manque à gagner est déterminé en prenant en compte le bénéfice net qu'aurait procuré le marché que la requérante aurait eu des chances sérieuses d'obtenir en l'absence de l'irrégularité constatée dans le jugement avant dire droit du 8 février 2022. Or la société Playtime Agence d'Architecture a produit, en réponse au supplément d'instruction ordonné, une attestation succincte de son expert-comptable faisant apparaître une marge prévisionnelle nette relative au marché de 51% (soit 90 956 euros). Contrairement à ce que soutient le défendeur, le chiffre d'affaires de 178 171,51 figurant dans cette attestation est déterminable puisqu'il s'agit du montant de l'offre de prix HT formulé par la société Playtime Agence d'Architecture dans le cadre de la procédure de mise en concurrence du marché en litige. Toutefois, il est vrai que les charges fixes et variables retranchées du montant de l'offre à hauteur de seulement 50%, s'éloignent significativement du rapport existant entre le chiffre d'affaires net de la société au titre des exercices 2019 et 2020 et ses charges d'exploitation, alors supérieures au chiffre d'affaires. Eu égard à l'ensemble de ces circonstances, ainsi qu'au taux de marge brute moyen de 21% constaté par l'INSEE pour le secteur de la construction en 2019, il sera fait une juste appréciation du manque à gagner subi par la société Playtime Agence d'Architecture en l'évaluant à 26 000 euros (soit environ 15% du montant du marché).

Sur les intérêts et leur capitalisation :

4. La société Playtime Agence d'Architecture a droit aux intérêts au taux légal sur l'indemnité de 26 000 euros à compter du 6 mars 2020, date de réception de sa demande préalable d'indemnisation. La capitalisation de ces intérêts a été demandée devant le tribunal administratif de Grenoble à la date d'enregistrement de la requête, dès le 4 mars 2020. A cette date, il n'était pas dû au moins une année d'intérêts. En conséquence, la capitalisation des intérêts ne peut être accordée qu'à compter du 6 mars 2021, date à laquelle les intérêts étaient dus pour une année entière.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune d'Aime-La-Plagne une somme de 2 000 euros à verser à la société Playtime Agence d'Architecture. Les conclusions présentées par la commune d'Aime-La-Plagne, partie perdante, doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La commune d'Aime-La-Plagne est condamnée à verser à la société Playtime Agence d'Architecture une indemnité de 26 000 euros. Cette somme portera intérêts à compter du 6 mars 2020. Les intérêts échus le 6 mars 2021 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 2 : La commune d'Aime-La-Plagne versera à la société Playtime Agence d'Architecture la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Playtime, à la commune d'Aime-La-Plagne, à la société Remind ainsi qu'à Mme A.

Délibéré après l'audience du 21 juin 2022, à laquelle siégeaient :

M. Vial-Pailler, président,

Mme Frapolli, premier conseiller,

Mme Fourcade, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2022.

Le rapporteur,

I. C

Le président,

C. VIAL-PAILLER

Le greffier,

G. MORAND

La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions