LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2001479

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2001479

mardi 17 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2001479
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantVATIER & ASSOCIES ASSOCIATION D'AVOCATS À RESPONSABILITÉ PROFESSIONNELLE INDIVIDUELLE

Texte intégral

Vu :

- la demande préalable ;

- les autres pièces du dossier ;

- le code de la santé publique ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. B,

- les conclusions de Mme A,

- et les observations de Me Leurent pour Mme C et de Me Ligas-Raymond pour le centre hospitalier régional de Grenoble.

1. Le 8 février 2017, Mme C a fait une chute d'une hauteur de 6 mètres qui lui a occasionné plusieurs fractures. Elle a été prise en charge par le SAMU et transportée au centre hospitalier régional de Grenoble où elle a subi le lendemain une intervention chirurgicale avec pose d'un clou sur l'humérus, les autres fractures (côtes, vertèbres) ne nécessitant pas une opération. Elle demande à être indemnisée par cet établissement en raison de fautes médicales et de la survenue d'une infection nosocomiale.

2. En vertu du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique, les établissements de santé ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute, exception faite des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère.

Sur les fautes médicales invoquées :

En ce qui concerne le choix de la technique opératoire :

3. Aux dires des experts commis par la commission de conciliation et d'indemnisation (CCI), le choix de la technique opératoire consistant à réduire la fracture de l'humérus par enclouage était conforme aux bonnes pratiques médicales, même compte tenu du petit gabarit de Mme C. Dès lors, sur ce point, aucune faute engageant la responsabilité du centre hospitalier régional de Grenoble n'a été commise.

En ce qui concerne la réalisation de l'intervention :

4. L'intervention a duré près de trois heures, en raison des complications survenues. En effet, le chirurgien ayant rencontré des difficultés à poser un clou de fixation, a fait usage d'un alésoir qui s'est cassé et dont l'extraction a été difficile. Toutefois, à dires d'experts, cette complication relève d'un aléa médical. Par ailleurs, elle ne saurait en elle-même engager la responsabilité de l'établissement dès lors que l'existence d'une faute médicale doit être prouvée.

5. Selon les mêmes experts, la paralysie du nerf radial constatée dans les suites de l'opération est liée à la nécessité d'extraire l'alésoir cassé et présente la caractère d'un aléa médical non fautif. Il résulte de l'instruction, qu'elle ne peut être regardée comme étant imputable à une faute médicale.

6. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à rechercher la responsabilité du centre hospitalier régional de Grenoble à raison d'une faute médicale.

Sur l'existence d'une infection nosocomiale :

7. Doit être regardée comme présentant un caractère nosocomial au sens du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique une infection survenant au cours ou au décours de la prise en charge d'un patient et qui n'était ni présente ni en incubation au début de celle-ci, sauf s'il est établi qu'elle a une autre origine que la prise en charge. La présomption de responsabilité en cas d'infection nosocomiale vaut y compris en cas d'infection due à un germe présent dans l'organisme du patient avant l'intervention sauf à ce que soit rapportée la preuve d'une cause étrangère de cette infection.

8. En l'espèce, l'infection contractée par Mme C est apparue dans le mois ayant suivi l'intervention, celle-ci ayant consisté à réduire une fracture fermée. En admettant même, comme l'a estimé la CCI, que les germes en cause aient été présents sur la peau de la victime abrasée par sa chute, il ne s'agirait pas d'une cause étrangère permettant de dénier à cette infection son caractère nosocomial. Dès lors, Mme C est en droit d'être indemnisée par le centre hospitalier régional de Grenoble des préjudices en ayant résulté.

Sur les préjudices de Mme C :

9. En demandant la réparation des troubles dans les conditions d'existence résultant d'une perte d'autonomie et de la nécessité d'être aidée pour les gestes du quotidien, Mme C demande en fait à être indemnisée au titre de son déficit fonctionnel temporaire. Compte tenu des périodes et des taux retenus par les experts et en excluant les périodes liées à l'accident initial et l'accident médical non fautif, ce préjudice sera justement réparé par le versement d'une indemnité de 5 500 euros.

10. Les souffrances endurées par Mme C résultant de l'infection nosocomiale peuvent être évaluées à 4/7. Elles justifient le versement d'une somme de 10 000 euros.

11. En l'absence de toute précision dans la requête, il ne résulte pas de l'instruction que Mme C est affectée d'un déficit fonctionnel permanent imputable à l'infection. Aucune somme n'est due à ce titre.

12. Mme C demande à être indemnisée de son besoin d'assistance par une tierce personne pour la période du 8 février 2017 au 21 février 2018, soit 379 jours. Il convient toutefois de déduire les périodes d'hospitalisation ainsi que les quatre mois imputables à la paralysie radiale. Les experts ayant évalué ce besoin à une heure par jour, il y a lieu d'accorder à la requérante, sur la base d'un salaire horaire de 17 euros, une somme de 4 200 euros.

13. Mme C ne verse pas au dossier le moindre élément permettant de conclure à l'existence d'une perte de gains professionnels actuels. Dès lors, la demande concernant ce préjudice financier, qui ne peut être indemnisé de manière forfaitaire, doit être rejetée.

14. Il résulte de ce tout qui précède que le centre hospitalier régional de Grenoble doit être condamné à verser une somme de 19 700 euros à Mme C. Cette somme portera intérêts au taux légal à compter du 5 mars 2020, date d'enregistrement de la requête, comme le demande la requérante. En revanche, celle-ci n'a pas droit aux intérêts majorés au double du taux de l'intérêt légal en application de l'article L. 211-13 du code des assurances, lequel concerne l'offre d'indemnité de l'assureur qui garantit la responsabilité civile du fait d'un véhicule terrestre à moteur.

Sur la créance de la CPAM du Rhône :

15. La CPAM du Rhône a produit un décompte détaillé de ses débours ne prenant en compte que ceux consécutifs à l'infection nosocomiale. Ceux-ci s'élèvent à 41 971 euros. Le centre hospitalier régional de Grenoble doit être condamné à lui verser cette somme, augmentée de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue par l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale d'un montant de 1 162 euros, portant ainsi sa créance totale à 43 133 euros.

Sur les frais d'instance :

16. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par le centre hospitalier régional de Grenoble doivent dès lors être rejetées.

17. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier régional de Grenoble une somme de 1 200 euros à verser à Mme C au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er :Le centre hospitalier régional de Grenoble est condamné à verser une somme de 19 700 euros à Mme C. Cette somme portera intérêts au taux légal à compter du 5 mars 2020.

Article 2 :Le centre hospitalier régional de Grenoble est condamné à verser une somme de 43 133 euros à la caisse primaire d'assurance maladie du Rhône.

Article 3 :Le centre hospitalier régional de Grenoble versera à Mme C une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 :Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 5 :Le présent jugement sera notifié à Mme C, à la caisse primaire d'assurance maladie du Rhône, au centre hospitalier régional de Grenoble et à l'ONIAM.

Délibéré après l'audience du 3 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

M. Sogno, président,

Mme Bedelet, première conseillère,

Mme Beytout, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 janvier 2023.

Le président, rapporteur,

C. B

La première assesseure,

A. Bedelet

Le greffier,

P. Muller

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions