jeudi 3 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2001760 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique 7 |
| Avocat requérant | POULET MERCIER LABBE |
Vu la procédure suivante :
I°) Par une requête enregistrée le 9 mars 2020 sous le n°2001760, M. B C, représenté par Me Poulet Mercier-L'Abbé demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de la contribution à l'audiovisuel public mise à sa charge au titre de l'année 2018 à raison d'un logement situé route du Crey - Le Puits à Salins-Fontaine (73600) pour un montant total de 139 euros ;
2°) de le décharger de l'obligation de payer l'imposition litigieuse.
Il soutient que :
- le rejet de sa réclamation a été signé par une autorité incompétente ;
- les revenus de M. D E au titre de l'année 2017 ne doivent pas être pris en compte pour le calcul de l'imposition litigieuse dès lors que ce dernier a commis une erreur dans ses déclarations d'impôts et ne réside en réalité pas chez lui, mais au 103 rue de Pré Bachat, à Collonges (01550).
Par un mémoire en défense enregistré le 14 septembre 2020, le directeur départemental des finances publiques de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable car tardive ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 5 octobre 2022, la clôture d'instruction a été fixée à cette même date.
II°) Par une requête enregistrée le 9 mars 2020 sous le n° 2001761, M. B C, représenté par Me Poulet Mercier-L'Abbé demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de la taxe d'habitation mise à sa charge au titre des années 2017 et 2018 à raison d'un logement situé route du Crey - Le Puits à Salins-Fontaine (73600) pour un montant total de 594 euros ;
2°) de le décharger de l'obligation de payer l'imposition due.
Il soutient que :
- le rejet de sa réclamation a été signé par une autorité incompétente ;
- les revenus de M. D E au titre de l'année 2017 ne doivent pas être pris en compte pour le calcul de l'imposition litigieuse dès lors que ce dernier a commis une erreur dans ses déclarations d'impôts et ne réside en réalité pas chez lui, mais au 103 rue de Pré Bachat, à Collonges (01550).
Par un mémoire en défense enregistré le 14 septembre 2020, le directeur départemental des finances publiques de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable car tardive ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 5 octobre 2022, la clôture d'instruction a été fixée à cette même date.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le livre des procédures fiscales ;
- le code général des impôts ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, domicilié route du Crey - Le Puits à Salins-Fontaine (73600) a été assujetti à la taxe d'habitation au titre des années 2017 et 2018 ainsi qu'à la contribution à l'audiovisuel public au titre de cette dernière année. Estimant qu'il aurait dû en être exonéré, l'intéressé a en demandé le dégrèvement le 26 novembre 2018. Un refus lui ayant été opposé par deux décisions en date du 8 janvier 2019, le requérant en demande, dans la présente instance, la décharge.
2. Les requêtes n° 2001760 et n°2001761 présentées par M. C concernent des situations liées et sont présentées par un même contribuable. Il y a dès lors lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.
3. En premier lieu, les vices qui entachent la décision par laquelle la réclamation d'un contribuable est rejetée sont sans incidence sur le bien-fondé de l'imposition contestée ou la régularité de la procédure de recouvrement. Il en résulte dès lors que le moyen invoqué à ce titre, relatif à l'incompétence de l'auteur de la décision, qui n'est au surplus pas établie, est inopérant.
4. Aux termes de l'article 1407 du code général des impôts, dans sa rédaction alors applicable au litige : " I. La taxe d'habitation est due : / 1° Pour tous les locaux meublés affectés à l'habitation ; () ". Aux termes de l'article 1408 du même code : " I. - La taxe est établie au nom des personnes qui ont, à quelque titre que ce soit, la disposition ou la jouissance des locaux imposables. () ". Aux termes de l'article 1414 A du même code, dans sa rédaction applicable au litige : " I. - Les contribuables autres que ceux mentionnés à l'article 1414, dont le montant des revenus de l'année précédente n'excède pas la limite prévue au II de l'article 1417, sont dégrevés d'office de la taxe d'habitation afférente à leur habitation principale pour la fraction de leur cotisation qui excède 3,44 % de leur revenu au sens du IV de l'article 1417 diminué d'un abattement fixé à : a. 5 456 euros pour la première part de quotient familial, majoré de 1 578 euros pour les quatre premières demi-parts et de 2 790 euros pour chaque demi-part supplémentaire à compter de la cinquième, en France métropolitaine ; () II. -1. Pour l'application du I : a. Le revenu s'entend du revenu du foyer fiscal du contribuable au nom duquel la taxe est établie ; () c. Lorsque les personnes mentionnées aux a et b cohabitent avec des personnes qui ne font pas partie de leur foyer fiscal et pour lesquelles la résidence constitue leur habitation principale, le revenu s'entend de la somme des revenus de chacun des foyers fiscaux des personnes au nom desquelles l'imposition est établie ainsi que des revenus de chacun des foyers fiscaux des cohabitants dont les revenus, au sens du IV de l'article 1417, excèdent la limite prévue au I du même article ; d. L'abattement est déterminé en tenant compte de la somme des parts retenues pour l'établissement de l'impôt sur le revenu de chacun des foyers fiscaux dont le revenu est retenu pour le calcul du dégrèvement. () ". Enfin, aux termes de l'article 1415 du même code, également dans sa rédaction alors applicable : " La () taxe d'habitation sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition. ".
5. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve au contribuable, il appartient au juge de l'impôt, au vu de l'instruction et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si la situation du contribuable entre dans le champ de l'assujettissement à l'impôt ou, le cas échéant, s'il remplit les conditions légales d'une exonération.
6. Au surplus, aux termes de l'article 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. () ". Ainsi, il appartient au contribuable d'informer l'administration fiscale de ses changements d'adresse et il incombe à l'administration fiscale d'adresser la réponse aux observations du contribuable à la dernière adresse déclarée.
7. M. C soutient que les revenus de M. D E ne devraient pas être pris en compte dans le calcul de sa taxe d'habitation et de sa contribution à l'audiovisuel public dès lors que ce dernier aurait commis une erreur dans ses déclarations d'impôts et n'habitait pas chez lui au 1er janvier 2017 et 2018. Or, il ressort de l'instruction que, sur ses déclarations de revenus des années 2016 et 2017 transmises en 2017 et 2018, M. E n'a pas modifié l'adresse aux 1er janvier de ces années, indiquant la rue Le Puits, à Salins-Fontaine. Il apparaît au contraire que l'intéressé n'a indiqué avoir changé d'adresse au 523, route d'Eperdussin à Maclas (42520) que lors de la déclaration de souscription de revenus de l'année 2018, dans laquelle il a indiqué son nouveau lieu de résidence à compter du 1er janvier 2019. Par ailleurs, il résulte également de l'instruction que les avis d'imposition 2017 et 2018 de M. E, produits par le directeur départemental des finances publiques de l'Isère ont bien été adressés à l'adresse située à Salins-Fontaine tandis que l'adresse d'imposition était au 103, rue de Pré Bachat à Collonges (01550) en tant qu'il s'agissait d'une résidence secondaire. De surcroît, le requérant ne produit aucun courrier spécifique de M. E notifié à l'administration pour l'informer de son changement d'adresse. Dès lors, c'est à bon droit que M. C a été assujetti à la contribution audiovisuelle public au titre de l'année 2018 et à la taxe d'habitation au titre des années 2017 et 2018, l'administration ayant pris en compte les revenus de M. E en application des dispositions du c du 1 du II de l'article 1414 A du code général des impôts.
8. Il résulte donc de ce qui précède que les requêtes de M. C doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes susvisées de M. C sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au directeur départemental des finances publiques de l'Isère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 août 2023.
Le président
J. P. ALa greffière
L. ROUYER
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
2-2001761
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026