jeudi 29 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2001792 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique 4 |
| Avocat requérant | SELAS FIDAL GRENOBLE |
Vu la procédure suivante :
Par des réclamations du 6 décembre 2018 et du 9 décembre 2019 transmises le 12 mars 2020 au tribunal en application de l'article R. 199-1 du livre des procédures fiscales, et un mémoire enregistré le 13 mai 2020, la SAS SGPA, représentée par Me Bourdarias, demande au tribunal :
1°) de prononcer la réduction des cotisations primitives de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2017 et 2018 pour les locaux dont elle est propriétaire à Echirolles (38) ;
2°) d'ordonner le versement d'intérêts moratoires en application de l'article L. 208 du livre des procédures fiscales ;
3°) de lui octroyer le remboursement de l'intégralité des frais exposés dans la présente procédure ainsi que la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les calculs de planchonnement et de lissage effectués au titre des années 2017 et 2018 sont erronés car le coefficient d'actualisation départemental retenu pour le calcul de la base imposée en 2016 est celui relatif aux locaux commerciaux et non celui relatif aux locaux professionnels :
- l'article 1496 I du code général des impôts rattache à la catégorie des locaux à usage professionnel, les locaux qui servent à l'exercice d'une activité non commerciale au sens de l'article 92, 1 du code général des impôts ;
- l'histoire du groupe Artelia et le tableau de détention de son capital démontrent que l'équipe de direction, les cadres et collaborateurs actionnaires participent de manière prépondérante à l'activité de prestations de services de nature purement intellectuelle exercée par les sociétés Artelia Eau et environnement, Artelia Ville et transport, Artelia Bâtiment et industrie et Artelia international ; de très nombreux salariés exerçant dans les quatre sociétés du groupe Artelia sont fortement impliqués et participent de manière prépondérante à l'activité exercée par la société qui les emploie ; le capital de la société Artelia holding est détenu à hauteur de 96,7 % par l'équipe de direction, les cadres et les salariés ;
- le fait qu'une activité de prestations purement intellectuelles soit exercée par une structure soumise en raison de sa forme à l'impôt sur les sociétés n'a aucune incidence sur la qualification des locaux affectés à une activité professionnelle non commerciale retenue pour la correcte actualisation de la valeur locative cadastrale des locaux ; c'est ce que précise le BOI-IF-TFB-20-10-10-30 n° 470 et l'article 1600 I 1° du code général des impôts qui confirme que l'expression " au sens du 1 de l'article 92 " concerne la nature de l'activité exercée et non le régime fiscal qui s'applique à l'entité exerçant l'activité ;
- l'administration fiscale a déjà fait droit à une demande de qualification en locaux à usage professionnel pour ses établissements situés à Toulouse.
Par son mémoire introductif d'instance enregistré le 12 mars 2020, le directeur départemental des finances publiques de l'Isère conclut au rejet de la réclamation.
Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Bailleul, premier conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- et les conclusions de M. A.
Considérant ce qui suit :
1. La société SGPA est propriétaire de locaux à Echirolles (Isère) donnés en location à quatre sociétés du groupe Artelia qui exercent une activité d'ingénieur-conseil. Au titre de l'année 2016, elle a été assujettie à la taxe foncière sur les propriétés bâties pour ces locaux, selon la méthode d'évaluation de l'article 1498 du code général des impôts. Par une réclamation du 26 décembre 2017, rejetée le 30 janvier 2019, elle a demandé la réduction de la cotisation primitive de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2016 en faisant valoir que les locaux donnés en location à Echirolles sont affectés à l'exercice d'une activité professionnelle non commerciale, ce qui justifie l'application d'un coefficient d'actualisation de 1,63 au lieu de 2. Par une réclamation du 6 décembre 2018, elle a sollicité la réduction à hauteur de la somme de 22 237 euros de la cotisation primitive de taxe foncière réclamée au titre de l'année 2017 en faisant valoir que les calculs de planchonnement et de lissage effectués au titre de cette année reposent sur une base imposée en 2016 qui est erronée. Par une réclamation du 9 décembre 2019, elle a demandé la réduction à hauteur de 21 223 euros de la cotisation primitive de taxe foncière réclamée au titre de l'année 2018 pour les mêmes motifs que ceux exposés l'année précédente. Le directeur départemental des finances publiques de l'Isère a transmis au tribunal ces deux dernières réclamations.
2. Aux termes du I de l'article 1496 du code général des impôts dans sa version en vigueur en 2016 : " I. La valeur locative des locaux affectés à l'habitation ou servant à l'exercice soit d'une activité salariée à domicile, soit d'une activité professionnelle non commerciale au sens du 1 de l'article 92 est déterminée par comparaison avec celle de locaux de référence choisis, dans la commune, pour chaque nature et catégorie de locaux. () ". Selon le 1 de l'article 92 du même code : " Sont considérés comme provenant de l'exercice d'une profession non commerciale ou comme revenus assimilés aux bénéfices non commerciaux, les bénéfices des professions libérales, des charges et offices dont les titulaires n'ont pas la qualité de commerçants et de toutes occupations, exploitations lucratives et sources de profits ne se rattachant pas à une autre catégorie de bénéfices ou de revenus ".
3. Il résulte de l'instruction que les sociétés Artelia Eau et environnement, Artelia ville et transport, Artelia bâtiment et industrie et Artelia international, qui louent les locaux appartenant à la société SGPA, sont des sociétés commerciales qui exercent à titre principal des travaux d'étude et d'ingénierie. Selon les explications de la requérante, la société Artelia Eau et environnement employait 422 salariés en 2016 dont 85 étaient associés, la société Artelia Ville et transport employait 729 salariés dont 125 étaient associés, la société Artelia Bâtiment et industrie employait 985 salariés dont 171 étaient associés et la société Artelia International employait 43 salariés dont 15 étaient associés. Ces données démontrent que les sociétés du groupe Artelia mettent en œuvre des moyens humains importants et que seule une minorité de salariés détient des parts dans la société qui l'emploie. Cette circonstance est de nature à conférer un caractère commercial à l'activité exercée par les sociétés du groupe Artelia. En outre, il ne résulte pas de l'instruction que les salariés associés de chacune de ces quatre sociétés détiendraient une participation majoritaire et exerceraient une influence prépondérante au sein de leur structure. Par suite, c'est à bon droit que l'administration a regardé l'activité des sociétés occupant les locaux comme commerciale.
4. Le refus de l'administration n'étant pas fondé sur le fait que l'activité des sociétés du groupe Artelia est exercée par une structure soumise en raison de sa forme à l'impôt sur les sociétés, le moyen tiré de ce que l'exercice de l'activité de prestation intellectuelle par une société imposable à l'impôt sur les sociétés n'a aucune incidence sur la qualification des locaux affectés à une activité professionnelle non commerciale retenue pour la correcte actualisation de la valeur locative cadastrale des locaux, est inopérant.
5. La circonstance que le capital de la société Artelia holding est détenu à hauteur de 96,7 % par l'équipe de direction, les cadres et les salariés, est sans incidence en l'espèce, la société Artelia holding n'occupant pas les locaux concernés par le présent litige.
6. De la même manière, l'article 1600 du code général des impôts qui concerne la taxe pour frais de chambres de commerce et d'industrie ne peut être invoqué à l'appui de la demande de réduction de la taxe foncière sur les propriétés bâties.
7. En outre, la circonstance que l'administration fiscale aurait fait droit à une demande de qualification en locaux à usage professionnel pour les établissements d'une autre société du groupe Artelia situés à Toulouse est sans incidence sur la demande de réduction en litige.
8. Il résulte de ce qui précède que la demande de réduction de la société SGPA doit être rejetée ainsi que la demande de versement des intérêts moratoires.
9. L'Etat n'étant pas partie perdante dans le présent litige, la demande de la société SGPA présentée en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doit également être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : Les réclamations de la société SGPA du 6 décembre 2018 et du 9 décembre 2019 sont rejetées.
Article 2 : Les conclusions accessoires présentées par la société SGPA sont rejetées.
Article 3: Le présent jugement sera notifié à la SAS SGPA et au directeur départemental des finances publiques de l'Isère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 décembre 2022.
Le magistrat désigné,
C. BLa greffière,
C. Billon
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026