mardi 2 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2002635 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | LE GULLUDEC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés le 6 mai 2020 et le 8 août 2021, M. A B demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 janvier 2020 par lequel le maire de la commune de Saint-Laurent en Beaumont lui a délivré un certificat d'urbanisme opérationnel négatif à son projet de construction d'une maison d'habitation d'environ 100 m² avec garage ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Saint-Laurent en Beaumont de lui délivrer ledit certificat d'urbanisme sous astreinte de 2 000 euros par mois de retard.
M. B soutient que :
- la décision attaquée lui fait grief ; il a intérêt à agir ;
- elle est entachée d'une inexactitude matérielle du fait de la non prise en compte d'un projet de construction sur la parcelle D n° 273, et d'une erreur de droit quant à l'application du principe d'urbanisation en continuité qui résulte de l'application des articles L. 122-5 et suivants du code de l'urbanisme ; le tènement se situe en continuité d'un groupe d'habitations existantes ;
- la doctrine administrative des services de l'Etat dans le département de l'Isère, qui lui oppose un métrage minimum, n'est pas publiée et n'est pas opposable ; l'arrêté est entaché d'une erreur de droit ;
- sa parcelle est entièrement accessible et desservie par tous les réseaux ;
- le motif invoqué à titre subsidiaire n'est pas plus fondé puisque des autorisations de construire ont été données à des projets de construction situés sur des parcelles soumises au même risque : le canal en bout de parcelle ne présente aucun risque pour une construction.
Par un mémoire enregistré le 16 juillet 2021, la commune de Saint-Laurent en Beaumont, représentée par Me Le Gulludec, conclut au rejet de la requête et demande à ce qu'il soit mis à la charge du requérant une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune de Saint-Laurent en Beaumont fait valoir que :
- les moyens de la requête ne sont pas fondés ;
- à titre subsidiaire, il est demandé une substitution de motif fondée sur l'article R.111-2 du code de l'urbanisme, l'application de l'article 8 " Dispositions concernant les fossés " du règlement du plan de prévention des risques naturels (PPRN) type s'oppose à tout projet de construction sur la parcelle litigieuse.
Par une lettre du 28 septembre 2021, les parties ont été informées qu'en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, l'instruction est susceptible d'être close le 21 octobre 2021, par l'émission d'une ordonnance de clôture ou d'un avis d'audience, sans information préalable.
La clôture immédiate de l'instruction a été prononcée par une ordonnance du 1er avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 7 juillet 2022 :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de M. Morel, rapporteur public,
- et les observations de Me Le Gulludec, représentant la commune de Saint-Laurent en Beaumont.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B est propriétaire d'une parcelle cadastrée à la section n° D 270 d'une superficie totale de 938 m², située au lieu-dit Le Payet, sur le territoire de la commune de Saint-Laurent en Beaumont. Le 18 novembre 2019, il a déposé une demande de certificat d'urbanisme opérationnel sous le n° 038 413 19 20033 pour la construction d'une maison à usage d'habitation d'environ 100 m² avec garage, sur cette parcelle. Par arrêté du 8 janvier 2020, le maire de Saint-Laurent en Beaumont a délivré un certificat d'urbanisme opérationnel négatif à la demande. Le 17 février 2020, M. B a présenté un recours gracieux, qui a fait l'objet d'une décision de rejet, le 12 mars 2020. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler le certificat d'urbanisme négatif du 8 janvier 2020 et, dans le dernier état de ses écritures, d'enjoindre au maire de lui délivrer un certificat d'urbanisme opérationnel positif sous astreinte.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction sous astreinte :
2. Aux termes de l'article L. 122-5 du code de l'urbanisme : " L'urbanisation est réalisée en continuité avec les bourgs, villages, hameaux, groupes de constructions traditionnelles ou d'habitations existants, sous réserve de l'adaptation, du changement de destination, de la réfection ou de l'extension limitée des constructions existantes et de la réalisation d'installations ou d'équipements publics incompatibles avec le voisinage des zones habitées ".
3. Il résulte de ces dispositions que l'urbanisation en zone de montagne, sans être autorisée en zone d'urbanisation diffuse, peut être réalisée non seulement en continuité avec les bourgs, villages et hameaux existants, mais également en continuité avec les groupes de constructions traditionnelles ou d'habitations existants et qu'est ainsi possible l'édification de constructions nouvelles en continuité d'un groupe de constructions traditionnelles ou d'un groupe d'habitations qui, ne s'inscrivant pas dans les traditions locales, ne pourrait être regardé comme un hameau. L'existence d'un tel groupe suppose plusieurs constructions qui, eu égard notamment à leurs caractéristiques, à leur implantation les unes par rapport aux autres et à l'existence de voies et de réseaux, peuvent être perçues comme appartenant à un même ensemble.
4. Il ressort de la décision attaquée qu'un certificat d'urbanisme négatif a été délivré à M. B au motif que " le terrain est situé dans un secteur bâti de 2 constructions seulement entre le hameau des Meyers et le centre village ", que " les autres constructions situées à proximité sont implantées de l'autre côté de la voie départementale RD 212 d " et " dès lors que le terrain est situé en discontinuité de l'urbanisation existante et ne respecte donc pas les principes de la Loi Montagne ".
5. En premier lieu, il ressort de la décision attaquée et notamment de ses visas que le maire s'est fondé sur l'article L. 122-5 du code de l'urbanisme et le principe de continuité sur lequel il repose pour délivrer au requérant un certificat d'urbanisme négatif. Par suite, le moyen tiré de ce que le maire aurait commis une erreur de droit en appliquant la " doctrine administrative des services de l'Etat " doit être écarté comme non fondé.
6. En deuxième lieu, M. B soutient que sa parcelle doit être regardée comme située en continuité du bourg de Saint-Laurent en Beaumont dès lors qu'elle se trouve à une centaine de mètres de l'entrée du village, qu'une construction est en cours de réalisation sur la parcelle D n° 273, face à la mairie, et que la parcelle D n° 273 se situe à moins de cinquante mètres de la parcelle voisine déjà construite, la parcelle D n° 271. Toutefois, la parcelle D n° 273 n'est pas contiguë à la parcelle D n° 271 qui sont séparées par la parcelle D n° 272 qui n'est pas construite, d'une surface de 2122 m², et les parcelles n° 271 et n° 273 se situent à une distance de 67 m, en leur centre respectif, selon les mesures effectuées sur le site cadastre.gouv.fr, accessible au juge et aux parties. En outre, la circonstance que les parcelles D n° 326 et D n° 332 seraient distantes d'environ 80 m l'une de l'autre est sans incidence dès lors qu'il n'est pas contesté que lesdites parcelles se situent dans le bourg. Ainsi, et malgré le projet de construction en cours de réalisation sur la parcelle D n° 273, la parcelle de M. B ne peut être regardée comme étant en continuité du bourg de Saint-Laurent en Beaumont, au sens des dispositions précitées. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet, la parcelle D n° 270 d'une surface de 938 m² dépourvue de toute construction, est situé entre les deux parcelles D n° 269 et D n° 271, construites l'une et l'autre. Les parcelles n° 269, n° 270 et n° 271 sont en enfilade, le long de la route départementale n° 212 d, bordées au Nord par le canal de Beaumont et insérées dans un vaste ensemble naturel et agricole. Face à la parcelle de M. B, se situe une ferme constituée de deux constructions. Toutefois cette exploitation agricole se trouve de l'autre côté de la route départementale et en retrait de celle-ci, dont elle est séparée par une parcelle D n° 848, vierge de toute construction et par un chemin d'accès. Dans ces conditions, la parcelle n° 270 n'est pas en continuité avec un groupe de constructions traditionnelles ou d'habitations existants au sens des dispositions précitées. Par suite, et alors même que la parcelle de M. B est accessible par une voie publique, ainsi que l'a relevé le département de l'Isère dans son avis du 18 décembre 2019 portant exclusivement sur ce point, et qu'elle est desservie par les réseaux d'eaux et d'électricité, la configuration des lieux ne permet pas de retenir que l'urbanisation de la parcelle du requérant est en continuité avec un bourg, village, hameau, groupe de constructions traditionnelles ou d'habitations existants au sens de l'article L. 122-5 du code de l'urbanisme. Dans ces conditions, les moyens tirés de l'inexactitude matérielle et la méconnaissance de l'article L.122-5 du code de l'urbanisme doivent être écartés comme non fondés sans qu'il soit besoin d'examiner la demande de substitution de motif sollicitée par la commune de Saint-Laurent en Beaumont.
7. En troisième lieu, l'argument selon lequel la décision attaquée priverait la commune de Saint-Laurent en Beaumont de la construction d'une maison d'habitation qui pourrait contribuer à revitaliser les services communaux et notamment l'école communale est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation et, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction présentées par M. B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Dans les circonstances de l'espèce, M. B versera la somme de 1 500 euros à la commune de Saint-Laurent en Beaumont, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera la somme de 1 500 euros à la commune de Saint-Laurent en Beaumont, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la commune de Saint-Laurent en Beaumont est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Saint-Laurent en Beaumont.
Délibéré après l'audience du 7 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Paquet, présidente,
Mme Letellier, première conseillère,
M. Hamdouch, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 août 2022.
La rapporteure,
C. C
La présidente,
D. PaquetLa greffière
A. Zanon
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026