mardi 27 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2002828 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP CHARREL ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 22 mai 2020, 13 décembre 2021 et 13 avril 2022, Mme A B, représentée par Me Duverneuil, demande au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier de Vienne à lui verser la somme de 10 000 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de la gestion fautive de sa carrière ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Vienne une somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- son CDD aurait dû être renouvelé ; son non renouvellement n'a pas été pris dans l'intérêt du service ;
- son employeur n'a pas respecté les restrictions médicales préconisées et a ainsi manqué à son obligation de prévention ;
- elle a subi des faits de harcèlement moral ;
- ces fautes sont de nature à engager à la responsabilité du centre hospitalier et à ce que ce dernier soit condamné à l'indemniser pour les préjudices financier et moral qu'elle a subis, de même que ses troubles dans les conditions d'existence.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 23 septembre 2021, 10 janvier 2022 et 11 juillet 2022, le centre hospitalier de Vienne, représenté par Me Gaspar, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que la demande indemnitaire de la requérant n'est pas fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. d'Argenson, premier conseiller,
- les conclusions de M. Argentin, rapporteur public,
- et les observations de Me Punzano, représentant le centre hospitalier de Vienne.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B a été recrutée par le centre hospitalier de Vienne en qualité d'adjoint entretien qualifié, affectée au service cuisine du centre hospitalier, géré par la société Sodexo, à compter du 6 juillet 2017, par contrat à durée déterminée renouvelé 8 fois jusqu'au 30 juin 2019. Dans la présente instance, elle demande la condamnation du centre hospitalier à réparer le préjudice qu'elle estime avoir subi du fait des fautes commises à son égard.
Sur le non-renouvellement de son CDD :
2. Un agent public qui a été recruté par un contrat à durée déterminée ne bénéficie pas d'un droit au renouvellement de son contrat. Toutefois, l'administration ne peut légalement décider, au terme de son contrat, de ne pas le renouveler que pour un motif tiré de l'intérêt du service. En l'espèce, Mme B soutient que l'absence de renouvellement de son contrat est lié à un motif étranger à l'intérêt du service dès lors qu'elle donnait toute satisfaction et qu'il n'est pas démontré que le motif de son recrutement, à savoir le remplacement de fonctionnaires hospitaliers indisponibles, n'aurait pas persisté à l'issue de son dernier contrat. Pour justifier le non-renouvellement du contrat de Mme B, le centre hospitalier invoque d'une part la circonstance qu'en raison de ses arrêts de travail, l'intéressée n'a travaillé que 146 jours en 2018 et 13 jours de janvier à juin 2019, imposant une réorganisation constante du service, d'autre part son absence de rigueur dans le suivi des consignes, notamment en matière d'hygiène, ainsi que son manque d'adaptation aux contraintes hospitalières. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, d'une part, que le décompte précis des absences de Mme B n'est pas établi et ne semble concerner qu'un seul évènement, déclenché par un échange verbal houleux au travail en septembre 2018. Le centre hospitalier ne donne en outre aucune précision sur la nature de la désorganisation générée par les absences de Mme B, dont le caractère médicalement justifié n'est pas contesté. D'autre part, le compte-rendu d'évaluation pour la période de juillet à septembre 2018, s'il évoque la nécessité d'une approche relationnelle plus constructive de la part de la requérante, présente une tonalité globale positive. Ainsi, Mme B est fondée à soutenir que le motif tiré de l'intérêt du service n'est pas fondé sur des faits matériellement exacts. Dans ces conditions, le refus de renouveler le CDD de Mme B à compter du mois de juillet 2019 est illégal et présente donc un caractère fautif, de nature à engager la responsabilité du centre hospitalier.
Sur les manquements allégués à l'obligation de prévention :
3. Mme B soutient que les restrictions médicales préconisées par la médecine du travail, suite à une chute, n'ont pas été respectées par le centre hospitalier qui l'aurait affectée plusieurs fois à l'allotissement et à la plonge, en méconnaissance de ces restrictions. Toutefois, Mme B ne conteste pas utilement les écritures en défense du centre hospitalier, selon lesquelles ces allégations ne sont fondées que sur une planification théorique des tâches qui ne s'est pas matérialisée en pratique. Le manquement invoqué relatif à la méconnaissance de l'obligation de prévention n'est donc pas établi. La responsabilité du centre hospitalier ne peut donc pas être engagée sur ce fondement.
Sur le harcèlement moral :
4. Il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral sur le fondement de l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983, de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
5. En l'espèce, Mme B soutient qu'elle a été victime d'une agression verbale de son supérieur hiérarchique, qui lui aurait en outre interdit des pauses, imposé des congés et l'aurait convoquée de manière intempestive, que les préconisations de la médecine du travail n'ont pas été respectées, et que des erreurs auraient été commises dans le versement de son salaire du mois de juin 2019. Toutefois, l'intéressée ne produit aucun document probant à l'appui de ses allégations, y compris en ce qui concerne la supposée agression verbale dont elle prétend avoir été victime. Ainsi, les faits invoqués ne sont pas susceptibles de faire présumer l'existence d'un harcèlement moral. La responsabilité du centre hospitalier ne peut donc pas être engagée sur ce fondement.
Sur la réparation du préjudice subi :
6. Dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation du préjudice matériel, du préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence subis par Mme B en raison de l'illégalité du non-renouvellement de son CDD en condamnant le centre hospitalier de Vienne à lui verser une indemnité de 1 000 euros.
Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier de Vienne une somme de 1 000 euros à verser à Mme B. Les conclusions présentées par le centre hospitalier de Vienne sont rejetées.
DECIDE :
Article 1er : Le centre hospitalier de Vienne versera à Mme B une indemnité de 1 000 euros.
Article 2 : Le centre hospitalier de Vienne versera à Mme B une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier de Vienne au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au centre hospitalier de Vienne.
Délibéré après l'audience du 13 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Vial-Pailler, président,
M. d'Argenson, premier conseiller,
Mme Frapolli, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2022.
Le rapporteur,
P.-H. D'ARGENSON
Le président,
C. VIAL-PAILLERLe greffier,
G. MORAND
La République mande et ordonne au préfet l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2004339
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026