LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2002871

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2002871

mardi 19 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2002871
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantLEGEAY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

A une requête enregistrée le 26 mai 2020, H C, représentée A Me Legeay, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 23 mars 2020 A laquelle le président du conseil départemental de l'Isère a retiré son agrément d'assistante maternelle à compter du 14 avril 2020 ;

2°) de condamner le département de l'Isère à lui verser la somme de 50 000 euros en réparation du préjudice subi du fait de cette illégalité fautive ;

3°) de mettre à la charge du département de l'Isère une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- La présence d'un cinquième enfant à son domicile le 8 avril 2019 ne caractérise pas un dépassement de sa capacité d'accueil, dès lors que cet enfant était gardé A son mari qui avait décidé de dépanner les voisins en gardant leur fils jusqu'à 12h45 ;

- Le 16 janvier 2020, si les services de la PMI ont constaté la présence d'un 5e enfant, une demande de dérogation était en cours pour ce dernier et H C avait bénéficié de dérogations A le passé. Le 6e enfant présent ce jour, était sa petite fille, gardée A son mari ;

- Le grief tiré de ce qu'elle laisserait les enfants rentrer seuls de l'école est matériellement inexact ;

- Les mouvements de colère qui lui sont reprochés s'expliquent A les faits de harcèlement qu'elle a subis de la part d'autres assistantes maternelles et de la mairie ainsi que A les remarques désobligeantes tenues les puéricultrices de la PMI.

- Le département ne saurait lui reprocher un manque de remise en question alors que rien n'a été fait pour mettre un terme aux faits de harcèlement dont elle est victime de la part d'autres assistantes maternelles ;

- Le fait qu'elle n'ait pas suivi une formation, non obligatoire, ne saurait fonder un retrait d'agrément.

- Elle a subi, du fait de l'illégalité de la décision attaquée un préjudice matériel et moral qui doit être indemnisé à hauteur de 50 000 euros.

A un mémoire en défense, enregistré le 24 août 2020, le département de l'Isère conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 000 euros soit mise à la charge de H C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Le département conteste les moyens invoqués.

A lettre du 21 avril 2021, les parties ont été informées qu'en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative l'instruction est susceptible d'être close le 31 mai 2021, A l'émission d'une ordonnance de clôture ou d'un avis d'audience, sans information préalable.

La clôture immédiate de l'instruction a été prononcée A ordonnance du 7 juin 2021.

Un mémoire enregistré pour H C le 5 octobre 2021, postérieurement à la clôture d'instruction, n'a pas été communiqué.

Vu :

- la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le décret n° 2012-364 du 15 mars 2012 relatif au référentiel fixant les critères d'agrément des assistants maternels ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de H E,

- les conclusions de M. Argentin, rapporteur public,

- et les observations de H D, représentant le département de l'Isère.

Considérant ce qui suit :

1. H C, assistante maternelle depuis 2005, assure la garde d'enfants en périscolaire notamment durant la pause méridienne. Elle demande l'annulation de la décision du 23 mars 2020 retirant son agrément.

2. Aux termes de l'article L. 421-3 du code de l'action sociale et des familles dans sa version alors en vigueur : " L'agrément nécessaire pour exercer la profession d'assistant maternel ou d'assistant familial est délivré A le président du conseil général du département où le demandeur réside. () / L'agrément est accordé à ces deux professions si les conditions d'accueil garantissent la sécurité, la santé et l'épanouissement des mineurs et majeurs de moins de vingt et un ans accueillis, en tenant compte des aptitudes éducatives de la personne () ". Aux termes de l'article L. 421-6 du même code : " () Si les conditions de l'agrément cessent d'être remplies, le président du conseil général peut, après avis d'une commission consultative paritaire départementale, modifier le contenu de l'agrément ou procéder à son retrait. En cas d'urgence, le président du conseil général peut suspendre l'agrément. Tant que l'agrément reste suspendu, aucun enfant ne peut être confié () ". Aux termes de l'article R. 421-26 de ce code : " Un manquement grave ou des manquements répétés aux obligations de déclaration et de notification prévues aux articles R. 421-38, R. 421-39, R. 421-40 et R. 421-41 ainsi que des dépassements du nombre d'enfants mentionnés dans l'agrément et ne répondant pas aux conditions prévues A l'article R. 421-17 peuvent justifier, après avertissement, un retrait d'agrément ".

3. Il résulte des dispositions précitées qu'il incombe au président du conseil départemental de s'assurer que les conditions d'accueil garantissent la sécurité, la santé et l'épanouissement des enfants accueillis et de procéder au retrait de l'agrément si ces conditions ne sont plus remplies.

4. Le retrait de l'agrément de H C est fondé sur trois motifs : le non-respect de la capacité d'accueil prévue A son agrément, limitée à quatre enfants ; une posture professionnelle inadaptée et une collaboration avec le service de PMI insuffisante.

5. Le 8 avril 2019 a été constaté la présence en surnombre du frère d'une des enfants gardées A H C. Si la requérante, fait valoir que cet enfant était gardé exceptionnellement A son mari pour dépanner des voisins, aucune participation de son conjoint à la garde de cet enfant n'a été constatée A les infirmières de la PMI auxquelles H C a déclaré qu'" exceptionnellement, elle garde Adil, car il ne mange rien à la cantine ". Pour ce dépassement de sa capacité d'accueil H C a fait l'objet d'un avertissement le 21 mai 2019.

6. Il ressort des pièces du dossier que l'enfant B est gardée en surnombre le jeudi midi depuis septembre 2019. La demande de dérogation formée tardivement, le 15 novembre 2019 n'était pas de nature à régulariser ce dépassement. Au demeurant, celle-ci a été rejetée le 13 février 2020, avant l'expiration du délai de trois mois au terme duquel les assistantes maternelles sont regardées comme bénéficiant d'une autorisation implicite dans le silence de l'administration en application de l'article L.421-6 du code de l'action sociale et des familles. Si H C fait valoir qu'elle a bénéficié A le passé de dérogations permettant la garde de plus de quatre enfants, cette circonstance n'est pas de nature à régulariser le présent dépassement.

7. En outre, il ressort des constatations opérées A les professionnelles de la PMI et des vérifications opérées sur la base de données Pajemploi que H C garde sa petite fille F âgée de 18 mois, 12 jours A mois. La prétendue garde de cette enfant A le mari de la requérante sur le temps des repas où sont présents les autres enfants n'est pas corroborée A les constatations des infirmières de la PMI. En effet, celles-ci ont vu H C arriver de l'école avec les autres enfants et sa petite-fille dans une poussette. En outre, elle a assuré la prise en charge de F sur le temps méridien alors que son époux était présent au domicile.

8. Ainsi le 16 janvier 2020, deux enfants, B et F, étaient gardés en surnombre. Compte tenu du planning de garde de ces enfants il s'avère que ces dépassements revêtent un caractère récurrent. Ils sont de nature à justifier le retrait de l'agrément de H C.

9. Les professionnelles de la PMI ont rencontré H C, le 16 janvier 2020, de manière inopinée et avec les enfants et le 23 janvier 2020, au cours d'une visite programmée et sans les enfants. Il résulte du compte rendu versé au dossier que le 16 janvier 2020 H C a dans un premier temps refusé de coopérer avec les services de la PMI et s'est montrée véhémente en présence des enfants. Le 23 janvier 2020, H C est passée A des phases d'extrême colère, de cris, et A des moments de calme, voire de grande tristesse avec des pleurs. Le compte rendu fait état actes d'intimidation ayant conduit au départ des agents de la PMI. H C ne conteste pas avoir eu cette attitude mais la légitime A des désaccords qu'elle qualifie de harcèlement. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que les remarques qui lui ont été adressées dépassent le cadre du contrôle que le département est en droit d'exercer sur l'activité des assistantes maternelles.

10. Si le fait que H C n'ait pas suivi une formation, non obligatoire, qu'elle s'était engagée à suivre en 2019 ne constitue pas en soi une méconnaissance de ses obligations professionnelles, cette circonstance témoigne d'un manque de remise en question de l'intéressée et de collaboration avec les services des la PMI.

11. Enfin, si le département reproche à H C de laisser les enfants rentrer seuls de l'école, ce grief ne peut être regardé comme établi en l'état du dossier. En effet, H C explique qu'elle peut laisser les enfants remonter son chemin privé jusqu'à la porte d'entrée de la maison pendant qu'elle relève sa boîte aux lettres. Cette explication est cohérente avec les constatations des infirmières de la PMI qui attendaient sur le pas de la porte qui ont vu arriver les enfants et quelques minutes après H C. Toutefois, pour les seuls motifs exposés aux points précédents, le département a pu considérer sans commettre d'erreur d'appréciation que son comportement était incompatible avec l'exercice des fonctions d'assistante maternelle.

12. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de H C tendant à l'annulation de la décision attaquée doivent être rejetées. Il en va de même A voie de conséquence des conclusions indemnitaires fondées sur l'illégalité fautive de la décision du 23 mars 2020.

13. Les conclusions présentées au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative A H C, la partie perdante, doivent être rejetées. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions du département de l'Isère.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de H C est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées A le département de l'Isère au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à H G C et au département de l'Isère.

Délibéré après l'audience du 5 juillet 2022, à laquelle siégeaient :

M. Vial-Pailler, président,

M. d'Argenson, premier conseiller,

H Fourcade, première conseillère.

Rendu public A mise à disposition au greffe le 19 juillet 2022.

La rapporteure,

F. E

Le président,

C. VIAL-PAILLERLe greffier,

G. MORAND

La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous huissiers à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions