mardi 11 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2003515 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP FAYOL & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 2 juillet 2020 et le 12 novembre 2020, Mme G, représentée par Me Ivanovitch, demande au tribunal:
1°) de condamner le centre hospitalier de Die à lui verser une indemnité de 956,50 euros correspondant aux frais funéraires liés au décès de son compagnon et restés à sa charge, outre une indemnité de 10 000 euros au titre du préjudice moral subi tant en raison de la perte de son compagnon qu'aux démarches à effectuer pour faire valoir ses droits ;
2°) de condamner le centre hospitalier de Die à lui verser une indemnité totale de 82 206,81 euros correspondant à la rente viagère qui aurait dû lui être versée mensuellement à compter de mars 2013 ;
3°) de condamner le centre hospitalier de Die à lui verser, avec effet rétroactif à compter de juillet 2020, une rente viagère mensuelle de 943,43 euros ;
4°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Die la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme B soutient que :
- les frais funéraires de son compagnon auraient dû être intégralement pris en charge par la caisse primaire d'assurance maladie en application de l'article L. 435-1 du code de la sécurité sociale ; or en raison du refus de reconnaître l'imputabilité au service du décès de son mari, ces frais funéraires sont restés à sa charge à hauteur de 956,50 euros, dont elle demande à être indemnisée. Cette créance n'est pas prescrite en raison d'une correspondance datée du 21 juin 2018 entre le centre hospitalier et son assureur ; elle n'est pas non plus prescrite en raison de l'instance introduite le 11 avril 2014, qui a eu pour effet d'interrompre la prescription quadriennale jusqu'au 9 mai 2017, date de lecture du jugement, date à compter de laquelle a couru un nouveau délai de quatre ans ;
- le centre hospitalier de Die a commis une faute en ne transmettant pas le courrier du 21 juin 2018 à la CPAM de la Drôme, autorité compétente pour lui rembourser les frais funéraires engagés pour son mari, dont l'accident mortel a été reconnu imputable au service ;
- de même, le centre hospitalier de Die a commis une faute en s'abstenant de transmettre à la CPAM de la Drôme le courrier du 24 septembre 2019 par lequel Mme B sollicitait l'octroi d'une rente viagère, à laquelle elle pouvait prétendre en application des articles L. 434-7 et suivants du code de la sécurité sociale ; la prescription a même été interrompue dès le 21 juin 2018, date à laquelle le centre hospitalier a adressé à son assureur un recours dérogatoire tendant à ce que des sommes lui soient versées ;
- l'inaction du Centre hospitalier l'a privée de percevoir la rente viagère à laquelle elle avait droit à compter du 27 mars 2013, à hauteur d'un montant mensuel de 943,43 euros ;
-les démarches entreprises pour faire valoir ses droits à compter de mars 2013 lui causent un préjudice moral dont elle demande à être indemnisée à hauteur de 10 000 euros.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 7 septembre 2020 et le 12 janvier 2021, le centre hospitalier de Die conclut au rejet de la requête et demande qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le centre hospitalier de Die fait valoir que :
- la créance relative au remboursement des frais funéraires est prescrite au 1er janvier 2018, en application de l'article 1er de la loi n°68-1250 du 31 décembre 1968 ; en outre, le courrier du 21 juin 2018 ne vaut pas reconnaissance de dette ; de même, le recours contentieux du 11 avril 2014 se bornait à demander la reconnaissance de l'imputabilité au service de l'accident de M. C ;
- Mme B ne remplit les conditions pour bénéficier ni d'une rente viagère, ni d'une pension de réversion ; au demeurant, la seule demande tendant au versement d'une rente n'a été réceptionnée par le Centre hospitalier que le 24 septembre 2019 ; sa créance, à la supposer établie, est donc prescrite en application de l'article L. 431-2 du code de la sécurité sociale ; une demande d'un capital décès aurait été également prescrite en application de l'article L. 711-4 du code de la sécurité sociale ;
- Mme B ne détenant aucune créance sur le Centre hospitalier, elle ne saurait avoir souffert d'une préjudice moral lié à une perte de chance de faire valoir ses droits et aux démarches entreprises pour faire valoir ses droits.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des pensions civiles et militaires ;
- le code de la sécurité sociale;
- la loi n°86-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n°86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière ;
- le décret n°2003-1306 du 26 décembre 2003 relatif au régime de retraite des fonctionnaires affiliés à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales ;
- le décret n°2007-173 du 7 février 2007 relatif à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 27 septembre 2022:
- le rapport de Mme F,
- les conclusions de M. E,
- les observations de Me Ivanovitch, représentant Mme B,
- et les observations de Me Blanc, représentant le centre hospitalier de Die.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C est décédé le 26 mars 2013 des suites d'un arrêt cardiaque survenu dans l'exercice de ses fonctions d'agent de maîtrise titulaire, chargé notamment de la réception des marchandises de la cuisine du centre hospitalier de Die. Ses ayants droit ont introduit une première instance devant le tribunal de céans le 11 avril 2014 tendant à l'annulation de la décision 2014.032 CG/JC/CB du 12 février 2014 par laquelle le directeur du centre hospitalier de Die avait refusé de reconnaître l'imputabilité au service de cet accident. Par un jugement n°1402273 lu le 9 mai 2017, le tribunal, après avoir annulé ce refus, a enjoint au directeur du Centre hospitalier de reconnaître l'imputabilité au service de cet accident sous un mois. Saisi d'une demande d'exécution le 21 février 2018 tendant à ce que l'une des filles de M. C bénéficie du capital décès de son père, le même tribunal a décidé, le 9 juillet 2019, que son jugement du 9 mai 2017 avait été entièrement exécuté avec la décision du 7 juin 2017 portant reconnaissance de l'imputabilité au service de l'accident du 26 mars 2013. Mme B, qui a vécu en concubinage avec M. C à compter de 1981, demande dans la présente instance au tribunal de condamner le centre hospitalier de Die à lui verser une rente viagère mensuelle à compter de juillet 2020 et une indemnité en réparation des préjudices résultant de l'absence de paiement des frais d'obsèques et de la rente viagère auxquels elle pouvait prétendre, selon elle, depuis mars 2013.
Sur les conclusions pécuniaires tendant au versement d'une rente viagère mensuelle à compter de juillet 2020:
2. Aux termes de l'article 2 du décret susvisé du 7 février 2007 : " Sont obligatoirement affiliés à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales les fonctionnaires soumis aux dispositions () de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 (). ". Aux termes de l'article 1 du décret du 26 décembre 2003 : " Les dispositions du présent décret s'appliquent aux fonctionnaires mentionnés à l'article 2 du décret n° 2007-173 du 7 février 2007 relatif à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales et à leurs ayants cause. ". Aux termes de l'article 2 de ce décret : " Les fonctionnaires mentionnés à l'article 1er peuvent prétendre à pension au titre du présent décret dans les conditions définies aux articles 25 et 26 après avoir été radiés des cadres soit d'office, soit sur leur demande. ()/ L'admission à la retraite est prononcée, après avis de la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales, par l'autorité qui a qualité pour procéder à la nomination. ". Aux termes de l'article 7 de ce décret : " Le droit à pension est acquis:/ () 2° Sans condition de durée de services aux fonctionnaires rayés des cadres pour invalidité résultant ou non de l'exercice des fonctions.() ". Aux termes de l'article 36 de ce décret : " Le fonctionnaire qui a été mis dans l'impossibilité permanente de continuer ses fonctions en raison d'infirmités résultant de blessures ou de maladies contractées ou aggravées, soit en service, soit en accomplissant un acte de dévouement dans un intérêt public, soit en exposant ses jours pour sauver la vie d'une ou plusieurs personnes, peut être mis à la retraite par anticipation soit sur sa demande, soit d'office, à l'expiration des délais prévus au troisième alinéa de l'article 30 et a droit à la pension rémunérant les services prévue au 2° de l'article 7 et au 2° du I de l'article L. 24 du code des pensions civiles et militaires de retraite. Par dérogation à l'article 19, cette pension est revalorisée dans les conditions fixées à l'article L. 341-6 du code de la sécurité sociale. ". Aux termes de l'article 37 de ce décret : " I.-Les fonctionnaires qui ont été mis à la retraite dans les conditions prévues à l'article 36 ci-dessus bénéficient d'une rente viagère d'invalidité cumulable, selon les modalités définies au troisième alinéa du I de l'article 34, avec la pension rémunérant les services prévus à l'article précédent. Le bénéfice de cette rente viagère d'invalidité est attribuable si la radiation des cadres ou le décès en activité interviennent avant que le fonctionnaire ait atteint la limite d'âge sous réserve de l'application des articles 1er-1 à 1er-3 de la loi du 13 septembre 1984 susvisée et sont imputables à des blessures ou des maladies survenues dans l'exercice des fonctions ou à l'occasion de l'exercice des fonctions, ou résultant de l'une des autres circonstances énumérées à l'article 36 ci-dessus./ () IV.- La rente d'invalidité est liquidée, concédée payée et revalorisée dans les mêmes conditions que la pension prévue à l'article 36. ". Aux termes de l'article 40 de ce décret : " I.-Les conjoints d'un fonctionnaire ont droit à une pension égale à 50 % de la pension obtenue par le fonctionnaire ou qu'il aurait pu obtenir au jour du décès./ II.-A la pension de réversion s'ajoute, le cas échéant, la moitié de la rente d'invalidité mentionnée à l'article 37 dont le fonctionnaire bénéficiait ou aurait pu bénéficier./ III.-A la pension de réversion s'ajoute éventuellement la moitié de la majoration prévue à l'article 24 qu'a obtenue ou aurait obtenue le fonctionnaire. Cet avantage n'est servi qu'aux conjoints qui ont élevé, dans les conditions mentionnées audit article 24, les enfants ouvrant droit à cette majoration. () ". Aux termes de l'article 41 de décret : " I. - Le droit à pension de réversion est subordonné à la condition :/ 2° Si le fonctionnaire a obtenu ou pouvait obtenir une pension accordée dans le cas prévu au 2° de l'article 7, que le mariage soit antérieur à l'événement qui a amené la mise à la retraite ou le décès du fonctionnaire. () ".
3. Au décès de M. C, la situation de Mme B ne relevait pas, contrairement à ce qu'elle soutient, du code de la sécurité sociale mais des dispositions précitées, qui réservent le droit à pension du conjoint survivant au seul conjoint qui était uni au fonctionnaire décédé par les liens du mariage, en raison notamment de la solidarité financière et de l'ensemble des obligations légales pesant sur les couples mariés. Dans ces conditions, dès lors que Mme B vivait en concubinage avec M. C, elle n'établit pas son droit à percevoir une pension au décès de celui-ci, à supposer même qu'elle ait adressé une demande en ce sens au centre hospitalier de Die. Les conclusions pécuniaires tendant au versement d'une pension de réversion assortie d'une rente viagère à compter de juillet 2020 doivent dès lors être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires de la requête :
4. D'une part, dès lors que la situation de Mme B ne relevait pas du code de la sécurité sociale, ainsi qu'il vient d'être dit, la CPAM de la Drôme n'était pas compétente pour examiner une demande de pension de réversion. Dès lors, Mme B n'est pas fondée à soutenir que le centre hospitalier de Die aurait commis une faute en s'abstenant de transmettre son dossier à la CPAM, la privant ainsi d'une chance de percevoir une pension à compter de mars 2013.
5. D'autre part, il est vrai qu'il résulte de l'instruction que le centre hospitalier de Die a, par courrier du 21 juin 2018, présenté auprès de son assureur une demande de dérogation exceptionnelle tendant à la prise en charge des frais d'obsèques de M. C. Toutefois, cette circonstance ne saurait créer à elle seule un droit à la prise en charge de ces frais, que Mme B fonde par ailleurs exclusivement sur l'article L. 435-1 du code de la sécurité sociale, inapplicable à sa situation, ainsi qu'il a été dit. Par suite, ses conclusions tendant au versement d'une indemnité destinée à rembourser les frais engagés lors des obsèques de M. C doivent être rejetées.
6. Mme B n'établissant pas l'existence d'une faute du centre hospitalier de Die qui l'aurait privée de la faculté de faire valoir ses droits, elle n'est pas fondée à demander de ce chef le paiement d'une indemnité destinée à compenser un préjudice moral.
7. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la déchéance quadriennale opposée en défense, que les conclusions pécuniaires et indemnitaires de la requête doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Les conclusions présentées par Mme B, la partie perdante, doivent être rejetées ; dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions du centre hospitalier de Die.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier de Die sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B et au centre hospitalier de Die.
Délibéré après l'audience du 27 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Vial-Pailler, président,
Mme Frapolli, premier conseiller,
Mme Fourcade, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2022.
Le rapporteur,
I. F
Le président,
C. VIAL-PAILLER
Le greffier,
G. MORAND
La République mande et ordonne au préfet de la Drôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026