mardi 21 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2003529 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique 4 |
| Avocat requérant | SCP CHAPUIS CHANTELOVE GUILLET-LHOMAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 26 juin 2020, le 21 juillet 2022, le 27 septembre 2022, le 4 octobre 2022 et le 13 février 2023, M. B C, représenté par la SCP Chapuis-Chantelove-Guillet-Lhomat, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la saisie administrative à tiers détenteur effectuée auprès du Crédit lyonnais le 16 mars 2020 pour le recouvrement de la somme de 5 292,50 euros au titre de cotisations de taxe foncière des années 2010 à 2017 et de majorations ;
2°) d'annuler la saisie administrative à tiers détenteur effectuée le 16 mars 2020 auprès du Crédit lyonnais pour le recouvrement de la somme de 606 euros au titre du solde de cotisations de taxe foncière des années 2018 et 2019 et de majorations ;
3°) de prononcer la décharge des cotisations de taxe foncière auxquelles il a été assujetti au titre des années 2010 à 2020 ;
4°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 1018,80 euros en indemnisation des frais d'avis à tiers détenteur ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- aucun acte interruptif de la prescription n'est intervenu pour la taxe des années 2010 à 2013 ;
- les avis à tiers détenteur ne mentionnent pas leur fondement légal et ne sont pas signés ;
- il ne détient que la moitié, en usufruit, de sa résidence principale ;
- il a déjà fait l'objet d'une saisie administrative le 5 juillet 2017 pour les taxes foncières de 2010 à 2016 dont il a été ordonné la mainlevée ;
- il doit être exonéré de la taxe foncière dès lors qu'il est bénéficiaire de l'allocation solidarité aux personnes âgées ;
- l'Etat doit être condamné à lui verser la somme de 1018,80 euros en indemnisation des frais liés aux avis à tiers détenteur.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 18 mars 2021 et le 11 août 2022, le directeur départemental des finances publiques de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- le moyen tiré de la régularité de la procédure de recouvrement ne relève pas de la compétence du tribunal administratif ;
- les autres moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 octobre 2020.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions indemnitaires en l'absence de demande préalable.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Pfauwadel, vice-président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique, présenté son rapport et entendu :
- les conclusions de M. A,
- les observations de Me Guillet-Lhomat, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C, assujetti à la taxe foncière pour sa résidence d'Anneyron (Drôme), conteste deux saisies administratives à tiers détenteur effectuée le 16 mars 2020, l'une pour le recouvrement de la somme de 5 292,50 euros au titre de cotisations de taxe foncière des années 2010 à 2017 et de majorations, l'autre pour le recouvrement de la somme de 606 euros au titre du solde de cotisations de taxe foncière des années 2018 et 2019 et de majorations.
Sur l'étendue du litige :
2. Le 2 février 2021, postérieurement à l'introduction de la requête, l'administration a prononcé le dégrèvement de la taxe foncière 2015 à hauteur de 360 euros, de la taxe foncière de 2016 à hauteur de 361 euros, de la taxe foncière de 2017 à hauteur de 365 euros, de la taxe foncière de 2018 à hauteur de 371 euros et de la taxe foncière de 2019 à hauteur de 102 euros. Il n'y a pas lieu à statuer, à concurrence des montants dégrevés, sur les conclusions tendant à la décharge de l'obligation de paiement des sommes faisant l'objet des saisies administratives à tiers détenteur.
Sur le surplus des conclusions :
En ce qui concerne la prescription :
3. Aux termes de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales : " Sauf dispositions contraires et sous réserve de causes suspensives ou interruptives de prescription, l'action en recouvrement des créances de toute nature dont la perception incombe aux comptables publics se prescrit par quatre ans à compter du jour de la mise en recouvrement du rôle ou de l'envoi du titre exécutoire tel que défini à l'article L. 252 A. () ".
4. M. C soutient que l'action en recouvrement est prescrite pour les cotisations de taxe foncière mises à sa charge au titre des années 2010, 2011, 2012 et 2013 faute d'acte interruptif de la prescription. L'administration justifie avoir interrompu la prescription par des actes de poursuite des 6 avril 2012, 6 juin 2016, 20 mars 2017 et 8 octobre 2019 pour la taxe foncière de 2011, des 6 mai 2015, 20 mars 2017 et du 8 octobre 2019 pour la taxe foncière de 2012, des 11 avril 2016, 20 mars 2017 et 8 octobre 2019 pour la taxe foncière de 2013. M. C n'est dès lors pas fondé à invoquer la prescription pour ces cotisations de taxe foncière.
5. En ce qui concerne la taxe foncière de l'année 2010 mise en recouvrement le 31 août 2010, l'administration ne justifie pas d'acte de poursuite antérieur au 20 mars 2017. M. C est dès lors fondé à se prévaloir de la prescription pour la somme de 441 euros qui lui est réclamée au titre de la taxe foncière 2010.
En ce qui concerne la régularité en la forme des actes de saisies :
6. Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés :a) Pour les créances fiscales, devant le juge de l'impôt prévu à l'article L. 199 () ".
7. En vertu de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales, les contestations portant sur la régularité en la forme des poursuites exercées par le comptable public pour le paiement des impôts doivent être portées devant le juge judiciaire de l'exécution. Ainsi, le moyen tiré de ce que la saisie ne comporterait pas la signature du comptable public et ni leur fondement légal ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative et doit, par suite, être écarté.
En ce qui concerne l'obligation de paiement :
8. Il résulte des mentions portées sur les avis de saisies administratives à tiers détenteur que, contrairement à ce que soutient le requérant, les services fiscaux ont pris en compte les sommes déjà réglées et les dégrèvements intervenus.
9. Si M. C fait valoir qu'il a déjà fait l'objet d'une saisie administrative le 5 juillet 2017 pour les taxes foncières de 2010 à 2016 et qu'après contestation, il en avait été donné mainlevée, l'administration fiscale ne l'a pas pour autant déchargé de l'obligation de payer ces sommes.
10. Le requérant ne peut utilement soutenir, dans la présente instance relative au recouvrement des impositions, qu'il est exonéré de la taxe foncière en qualité de bénéficiaire de l'allocation solidarité aux personnes âgées.
11. M. C fait valoir qu'il ne détient que la moitié, en usufruit, de sa résidence principale et que c'est donc son ancienne épouse qui est redevable de la moitié de la taxe. L'administration ne conteste pas qu'à la suite de son divorce en 1996, M. C ne détient que la moitié de la maison où il réside. Le requérant est dès lors fondé à demander la décharge, à hauteur de 50 %, de l'obligation de payer les cotisations de taxe foncière et majorations des années pour lesquelles il n'a pas bénéficié d'un dégrèvement, soit 2011, 2012, 2013 et 2014.
En ce qui concerne les conclusions indemnitaires :
12. Les conclusions de M. C tendant à la condamnation de l'Etat au versement d'une somme de 1018,80 euros en indemnisation de ses frais sont irrecevables dès lors qu'elles n'ont pas été précédées d'une réclamation à l'administration tendant au versement d'une indemnité.
13. Il résulte de tout ce qui précède que M. C est seulement fondé à demander la décharge de l'obligation de payer la cotisation de taxe foncière au titre de l'année 2010 et de la moitié des cotisations de taxe foncière au titre des années 2011 à 2014 ainsi des majorations correspondantes.
Sur les frais liés au litige :
14. D'une part, M. C n'allègue pas avoir exposé de frais autres que ceux pris en charge par l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle totale qui lui a été allouée. D'autre part, l'avocat de M. C n'a pas demandé que lui soit versée par l'Etat la somme correspondant aux frais exposés qu'il aurait réclamée à son client si ce dernier n'avait bénéficié d'une aide juridictionnelle totale. Dans ces conditions, les conclusions de la requête tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu à statuer sur les conclusions tendant à la décharge de l'obligation de payer les sommes faisant l'objet des saisies administratives à tiers détenteur à concurrence des montants dégrevés en cours d'instance.
Article 2 : M. C est déchargé de l'obligation de payer la cotisation de taxe foncière au titre de l'année 2010 et de la moitié des cotisations de taxe foncière au titre des années 2011, 2012, 2013 et 2014 ainsi que des majorations correspondantes.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Me Guillet-Lhomat et à la direction départementale des finances publiques de l'Isère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mars 2023.
Le magistrat désigné,
T. PfauwadelLe greffier,
C. Billon
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026