mardi 8 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2003828 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | DECOSTER - CORRET - DELOZIERE - LECLERCQ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 9 juillet 2020 et 31 mars 2021, la société Pilliot Assurances, représentée par Me Delozière, du cabinet Decoster-Corret-Delozière-Leclercq, demande au tribunal :
1°) d'annuler les douze titres exécutoires du 15 mai 2020 émis à son encontre par l'établissement social de travail et d'hébergement isérois (ESTHI) et de la décharger de l'obligation de payer les sommes y afférentes, pour un montant total de 64 485,81 euros ;
2°) et de mettre à la charge de l'ESTHI la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- son recours est recevable ;
- l'émission de ces titres exécutoires n'a pas été précédée de la saisine du médiateur prévue par l'article 23 du contrat d'assurance des risques statutaires du personnel ;
- elle n'est que courtier et gestionnaire de l'assurance risques statutaires pour le compte de CLB Insurance Europe DAC, de sorte qu'elle ne peut être tenue pour débitrice de l'indemnité d'assurance à l'égard de l'assuré ;
- alors même qu'elle disposerait sur ses comptes des fonds pour le compte de CBL Insurance Europe DAC, il lui est formellement interdit de procéder à tout règlement au nom de cette société, notamment du fait d'une décision de la banque centrale d'Irlande du 9 décembre 2019 à effet immédiat.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 16 mars 2021 et 27 avril 2021, l'établissement social de travail et d'hébergement isérois conclut :
1°) au rejet de la requête ;
2°) et à ce qu'il soit mis à la charge de la société Pilliot Assurances une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 23 du contrat d'assurance des risques statutaires du personnel, qui n'a pas été soulevé dans le délai de recours contentieux, est irrecevable ; il n'est pas fondé dès lors qu'elle n'a pas elle-même saisi la juridiction ; l'absence de saisine préalable du médiateur n'a pas privé la société Piliot Assurances d'une garantie ;
- la société Piliot Assurances a toujours été son seul interlocuteur ; c'est auprès de lui qu'elle réglait ses cotisations d'assurances et déclarait les sinistres subis par ses agents, et c'est ce dernier qui lui remboursait les prestations qu'elle leur versait ;
- les titres exécutoires en litige portent sur des sommes qui lui sont dues au titre de sinistres subis par ses agents et déclarés en 2017 et 2018, de sorte que l'interdiction de procéder à tout règlement au nom de CBL Insurance Europe DAC, qui n'est effective que depuis le 9 décembre 2019, ne lui est pas opposable ; la société Piliot Assurances s'était engagée à lui rembourser ces sommes par un courriel du 23 avril 2018 ; elle a demandé le règlement de ces sommes par un courrier du 2 avril 2019.
Des pièces complémentaires ont été produites et communiquées pour l'ESTHI les 25 mars 2021 et 1er avril 2021
Des pièces complémentaires ont été produites pour la société Pilliot Assurances le 19 avril 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des assurances ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de Mme C,
- et les observations de Me de la Porte des Vaux, représentant l'établissement social de travail et d'hébergement isérois.
Considérant ce qui suit :
1.Par un acte d'engagement du 16 novembre 2016, l'établissement social de travail et d'hébergement isérois (ESTHI) a conclu avec la société Assurances Pilliot, agissant en tant que courtier de la compagnie d'assurance CBL Insurance Europe, un contrat d'assurance des risques statutaires de son personnel prenant effet à compter du 1er janvier 2017. Par douze titres exécutoires émis le 15 mai 2020, l'ESTHI a réclamé auprès de la société Assurances Pilliot le paiement d'une somme d'un montant total de 64 485,81 euros correspondant aux primes d'assurance qu'elle aurait dû percevoir du fait des indemnités journalières versées à douze agents de son personnel non médical en 2017 et 2018. Par deux courriers notifiés le 9 juin 2020 à la trésorerie de Saint Martin d'Hères et à l'ESTHI, la société Assurances Pilliot a contesté ces titres exécutoires au motif qu'elle n'est pas la débitrice des créances en cause. N'ayant reçu aucune réponse, elle demande au tribunal d'annuler les douze titres exécutoires du 15 mai 2020 émis à son encontre par l'établissement social de travail et d'hébergement isérois (ESTHI) ainsi que la décharger de l'obligation de payer les sommes y afférentes.
Sur les conclusions à fin d'annulation des titres exécutoires en litige et de décharge de l'obligation de payer les sommes y afférentes :
2.Il résulte de l'instruction que si le marché de services d'assurance en cause a été conclu le 16 novembre 2016 par l'ESTHI avec la société Assurances Pilliot, cette dernière y est expressément désignée comme courtier et gestionnaire du contrat et la société CBL Insurance Europe DAC comme assureur. Il en est de même dans le document intitulé " conditions particulières du contrat d'assurance des risques statutaires ". Dès lors, la société Assurances Pilliot, qui agit en tant que courtier et gestionnaire du contrat, n'a pas la qualité d'assureur susceptible de devoir régler la créance relative au contrat d'assurance en cause et n'est pas redevable des obligations contractuelles de l'assureur à son égard. Est sans incidence à cet égard les circonstances tirées de ce que l'article 5 de l'acte d'engagement du 16 novembre 2016 prévoyait que les cotisations d'assurance devaient être versées par l'ESTHI à la société Assurances Pilliot, et que celle-ci était le seul interlocuteur de l'ESTHI pendant la durée d'exécution du contrat, y compris pour les déclarations de sinistre et le versement des indemnités prises en charges au titre de l'assurance. Enfin, le courriel du 23 avril 2018 adressé à l'ESTHI par la société Assurances Pilliot, qui indique que " la compagnie procédera au règlement des sinistres jusqu'à la fin du contrat ", ne constitue pas un engagement de la part de cette dernière d'acquitter au nom et pour le compte de la société CBL Insurance Europe DAC les primes d'assurances dues pour les sinistres intervenus en 2017 et 2018.
3.Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés, que la société Assurance Pilliot est fondée à demander l'annulation des titres exécutoires en litige ainsi que la décharge de l'obligation de payer les sommes y afférentes, dès lors qu'elle n'est pas la débitrice des créances ainsi mises en recouvrement.
Sur les frais liés au litige :
4.Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la société Assurance Pilliot qui n'a pas, dans la présente instance, la qualité de partie perdante, verse à l'ESTHI la somme qu'il demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'ESTHI une somme de 1 500 euros à ce même titre.
D E C I D E :
Article 1er : Les titres exécutoires du 15 mai 2020 sont annulés. La société Assurance Pilliot est déchargée de l'obligation de payer les sommes y figurant.
Article 2 : L'ESTHI versera à la société Assurance Pilliot une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Assurance Pilliot et à l'établissement social de travail et d'hébergement isérois. Copie en sera délivrée à la trésorerie de Saint Martin d'Hères.
Délibéré après l'audience du 13 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Triolet, présidente,
M. A et M. B, premiers conseillers.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 novembre 2022.
Le rapporteur,
N. B
La présidente,
A. TRIOLET La greffière,
J. BONINO
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026