mardi 12 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2004128 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | LE GULLUDEC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 juillet 2020, M. et Mme A B, représentés par Me Le Gulludec, demandent au tribunal d'annuler la délibération n° 19-170 du 19 décembre 2019 par laquelle le conseil communautaire de la communauté de communes Cœur de Chartreuse a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal tenant lieu de programme local de l'habitat et valant schéma de cohérence territoriale, ensemble la décision portant rejet de leur recours gracieux.
M. et Mme B soutiennent que :
- la délibération attaquée est entachée de l'illégalité de la délibération du 29 juin 2015 prescrivant l'élaboration du PLUi en ce qu'elle ne comportait d'objectifs suffisamment précis sur lesquels la concertation doit porter ;
- la délibération du 29 juin 2015 est illégale en ce qu'elle n'a pas été affichée de manière irrégulière, ce qui la rend non exécutoire ;
- le rapport de présentation est insuffisant ;
- le PLUi comporte des déséquilibres, notamment quant aux projections en matière de consommation d'espace naturel et agricole et la biodiversité ;
- les observations du public ont été insuffisamment prises en compte lors de l'enquête publique ;
- le classement du hameau de la Marine situé à Saint-Christophe-sur-Guiers en zone UH est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation, notamment les parcelles D n° 176, D n° 178 et D n° 179, affectées d'un risque de glissement de terrain ;
- le classement du hameau Le Combet situé à Saint-Christophe-sur-Guiers en zone UH est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation alors qu'il ne forme pas un secteur homogène et continu ;
- le classement des parcelles A n° 641, A n° 642 et A n° 643 sur le territoire de la commune Les Echelles en zone UB 1 est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- le classement de la ZAE de la commune Entre-deux-Guiers est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation alors qu'elle se situe en zone humide et inondable ;
- la création d'une OAP dans le hameau La Diat sur la commune de Saint-Pierre-de-Chartreuse est irrégulière au regard des caractéristiques naturelles de la zone et des risques qui l'affectent ;
- la création d'une Unité touristique nouvelle à Saint-Christophe-La-Grotte est irrégulière ;
- le classement du hameau de La Sauge en zone UH est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 octobre 2021, la communauté de communes Cœur de Chartreuse, représentée par la société d'avocats Affaires Droit public Immobilier, conclut au rejet de la requête et demande qu'il soit mis à la charge de M. et Mme B la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La communauté de communes Cœur de Chartreuse fait valoir que les moyens invoqués dans la requête sont soit inopérants, soit infondés, soit insuffisamment précis pour qu'il soit statué sur leur bien-fondé.
Par une ordonnance du 10 mars 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 14 avril 2022 en application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.
Par lettre du 25 mai 2022, le tribunal a demandé au défendeur de produire le livret communal de Entre-deux-Guiers, en application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative.
Par lettres du 10 juin 2022, les parties ont été informées de la possibilité pour le tribunal de juger, en application de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme, que le moyen tiré de ce que le hameau "La Sauge" dont les caractéristiques (une maison de maître, un ancien restaurant, une ancienne briqueterie entourée de deux constructions en ruine), ne permettent pas de retenir qu'il constitue un groupe de constructions cohérent à maintenir, susceptible de faire l'objet d'un classement en zone UH.
Par mémoire du 14 juin 2022, la communauté de communes Cœur de Chartreuse a présenté des observations.
Vu :
- les décisions attaquées et les autres pièces du dossier ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 16 juin 2022 :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de Mme C,
- les observations de Me Le Gulludec, pour M. et Mme B,
- et les observations de Me Metzger, pour la communauté de communes Cœur de Chartreuse.
Postérieurement à l'audience, la communauté de communes Cœur de Chartreuse a transmis une note en délibéré.
Le 21 juin 2022, M. et Mme B ont transmis une note en délibéré.
Considérant ce qui suit :
1. La communauté de communes Cœur de Chartreuse regroupe 17 communes, dont Saint-Christophe-sur-Guiers. M. et Mme A B sont propriétaires de parcelles cadastrées section D n° 564 et D n° 563 sur le territoire de la commune de Saint-Christophe-sur-Guiers. Par délibération n° 19-170 du 19 décembre 2019, le conseil communautaire de la communauté de communes Cœur de Chartreuse a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal tenant lieu de programme local de l'habitat et valant schéma de cohérence territoriale (PLUi-H valant SCoT). Le 21 février 2020, les requérants ont présenté un recours gracieux, rejeté par une décision du 2 avril 2020. Dans la présente instance, M. et Mme B demandent l'annulation de la délibération du 19 décembre 2019, ensemble la décision portant rejet de leur recours gracieux.
Sur les conclusions en annulation :
En ce qui concerne l'enquête publique :
2. Aux termes de l'article L. 153-19 du code de l'urbanisme : " Le projet de plan local d'urbanisme arrêté est soumis à enquête publique réalisée conformément au chapitre III du titre II du livre Ier du code de l'environnement par le président de l'établissement public de coopération intercommunale ou le maire. ". Selon l'article L. 153-21 du même code : " A l'issue de l'enquête, le plan local d'urbanisme, éventuellement modifié pour tenir compte des avis qui ont été joints au dossier, des observations du public et du rapport du commissaire ou de la commission d'enquête, est approuvé () ".
3. M. et Mme B soutiennent que les observations émises par le public au cours de l'enquête publique n'ont pas été suffisamment prises en compte. Toutefois, il ressort du rapport d'enquête publique que les observations ont été recensées et qu'il y a été répondu. En outre, les dispositions précitées n'imposent pas à l'autorité qui élabore le plan local d'urbanisme d'y faire droit. Par suite, le moyen doit être écarté comme non fondé.
En ce qui concerne les insuffisances du rapport de présentation :
4. En premier lieu, en se bornant à soutenir que le rapport de présentation comporte des insuffisances très sérieuses, ce qui n'aurait pas permis au public de disposer d'une information correcte, voire l'aurait induit en erreur et aurait conduit à vicier les choix d'aménagement retenus par les auteurs du PLUi, les requérants n'assortissent pas leur moyen des précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme, dans sa version en vigueur : " Le rapport de présentation () analyse la consommation d'espaces naturels, agricoles et forestiers au cours des dix années précédant l'arrêt du projet de plan ou depuis la dernière révision du document d'urbanisme et la capacité de densification et de mutation de l'ensemble des espaces bâtis, en tenant compte des formes urbaines et architecturales. Il expose les dispositions qui favorisent la densification de ces espaces ainsi que la limitation de la consommation des espaces naturels, agricoles ou forestiers. Il justifie les objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain compris dans le projet d'aménagement et de développement durables au regard des objectifs de consommation de l'espace fixés, le cas échéant, par le schéma de cohérence territoriale et au regard des dynamiques économiques et démographiques. () ". Aux termes de l'article R. 104-13 du même code, dans sa version applicable : " Les plans locaux d'urbanisme intercommunaux comprenant les dispositions d'un schéma de cohérence territoriale dans les conditions prévues à l'article L. 144-2 font l'objet d'une évaluation environnementale à l'occasion : 1° De leur élaboration () ". L'article R. 151-3 du même code, dans sa version applicable : " Au titre de l'évaluation environnementale lorsqu'elle est requise, le rapport de présentation : () 6° Définit les critères, indicateurs et modalités retenus pour l'analyse des résultats de l'application du plan mentionné à l'article L. 153-27 et, le cas échéant, pour le bilan de l'application des dispositions relatives à l'habitat prévu à l'article L. 153-29. Ils doivent permettre notamment de suivre les effets du plan sur l'environnement afin d'identifier, le cas échéant, à un stade précoce, les impacts négatifs imprévus et d'envisager, si nécessaire, les mesures appropriées () ".
6. Les requérants soutiennent que le PLUi comporte un déséquilibre en matière de consommation d'espace naturel et agricole, sur plusieurs points.
7. Premièrement, le rapport de présentation a été soumis à l'autorité environnementale Auvergne-Rhône-Alpes qui a émis un avis favorable, assorti d'observations, le 25 mars 2019. Il ressort notamment de cet avis, versé aux débats, que le PLUi, tel qu'il a été soumis à cette instance, prévoyait une consommation de 134 hectares (ha) d'espaces naturels et agricoles, répartis comme suit : 76 ha pour l'habitat permanent, 24 ha pour des activités économiques et 34 ha pour des activités touristiques (dont les 2/3 pour deux seuls projets). Toutefois, et contrairement à ce que soutiennent les requérants, l'autorité environnementale dont l'un des objectifs est " la maîtrise de la consommation des espaces naturels et agricoles " n'a pas estimé que la consommation était excessive mais a précisé que " le projet de PLUi-H prévoit une prise en compte adaptée de l'objectif de modération de consommation de l'espace ". Cependant et malgré l'avis favorable sur ce point, le rapport de présentation a été modifié et a porté à 110 hectares la consommation d'espaces naturels et agricoles, ainsi que cela ressort de l'orientation n° 13 du projet d'aménagement et de développement durables (PADD) " Préserver la richesse naturelle et paysagère par une gestion économe des espaces ", dont la déclinaison dans le rapport de présentation permet de retenir un besoin foncier global de 110 ha, soit 50 % de moins que la consommation foncière constatée sur la décennie précédente.
8. Deuxièmement, s'il est vrai que l'autorité environnementale a relevé des insuffisances dans la méthode d'analyse retenue notamment de l'évolution de la tache urbaine mais aussi de forme comme le " format de présentation de nombreuses cartes et illustrations " et des " problèmes de chapitrage récurrents () rendant sa lecture (du rapport de présentation) complexe ", il ressort des pièces du dossier et notamment de la délibération attaquée que des modifications ont été apportées au projet, notamment pour " améliorer la lisibilité des documents graphiques () améliorer la clarté des explications concernant les choix opérés, notamment sur l'armature urbaine () améliorer la préservation des espaces agricoles et naturels () corriger les erreurs matérielles, dans la mesure où ces corrections ne remettent pas en question le bilan foncier, l'armature urbaine, les choix du PADD et les objectifs de préservation de l'environnement () ". Dans leurs écritures, les requérants ne précisent pas que les modifications apportées au rapport de présentation ont été insuffisantes.
9. Troisièmement, et contrairement à ce que soutiennent les requérants, un dispositif de suivi des objectifs est précisé dans le rapport de présentation, dans son tome 2, au point 6.2 " Suivi du PLUi valant Scot - Mise en place d'indicateurs " se traduisant par la création d'une commission qui sera chargée de suivre l'élaboration et la mise en application du PLUi-H valant Scot sur l'ensemble du territoire, porter la mise en œuvre des objectifs forts d'intérêt territorial, veiller au recueil des données nécessaires à l'utilisation des indicateurs, apporter des arbitrages en cas d'incompatibilité avérée entre une orientation du document d'urbanisme et un projet local. Le suivi est réalisé par la mise en œuvre d'indicateurs permettant de mesurer l'évolution du territoire sur les éléments suivants : " occupation du sol, agriculture, biodiversité et dynamiques écologiques, paysage, risques et ressources " et par la réalisation d'un bilan selon une périodicité variable. En outre, le tome 3 du rapport de présentation prévoit également, dans son point 2.6, la " Synthèse des choix de développements et indicateurs de traduction dans le PLUi H " selon les thématiques du PADD, à partir des choix opérés et en fonction d'indicateurs.
10. Quatrièmement, les requérants soutiennent que s'agissant de l'habitat permanent, la densité moyenne de 19,2 logements/ha est irréaliste et qu'il paraît très peu probable que la densité globale attendue soit atteinte. Toutefois ces allégations ne reposent sur aucun commencement de démonstration. En tout état de cause, le rapport de présentation comporte en son point 2.6, mentionné ci-dessus, dans la thématique " Habitat " une densité moyenne de 16.
11. Cinquièmement, les requérants font état de ce que certains projets étendraient de manière disproportionnée l'étalement urbain et que, au titre du développement économique, le PLUi rend constructibles 16 ha d'espace agricole et naturel alors que des potentiels de friche sont identifiés et pourraient être exploités. Toutefois, en se bornant à évoquer le hameau de Plan Martin à Entremont-le-Vieux et cinq hameaux qui seraient situés en discontinuité au titre de la loi Montagne, ils n'établissent pas l'existence d'un tel déséquilibre dans le PLUi, qui doit être apprécié dans son globalité.
12. En troisième lieu, les requérants soutiennent que le PLUi apparaît incompatible en termes de préservation de la biodiversité eu égard aux projets d'extension des zones activités situées à Entre-deux-Guiers et à Saint-Laurent-du-Pont.
13. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que des secteurs classés en zone Ue " dédiée aux activités économiques de type artisanales et industrielles " se situeraient dans le périmètre d'un corridor biologique souple à protéger au titre de l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme sur le territoire communal, les requérants ne faisant d'ailleurs état d'aucun secteur à l'appui de leurs écritures. Par suite, ils n'établissent pas que le PLUi serait incompatible avec la préservation de la biodiversité sur ce point.
14. Il résulte de tout ce qui précède que le moyen doit être écarté dans toutes ses branches.
En ce qui concerne l'exception d'illégalité de la délibération du 29 juin 2015 prescrivant l'élaboration du PLUi :
15. Aux termes de l'article L. 300-2 du code de l'urbanisme dans sa rédaction applicable à la date de la délibération prescrivant la révision du plan local d'urbanisme et repris désormais à l'article L. 103-2 du même code : " I. - Font l'objet d'une concertation associant, pendant toute la durée de l'élaboration du projet, les habitants, les associations locales et les autres personnes concernées : / 1° L'élaboration ou la révision () du plan local d'urbanisme () / II. - Les objectifs poursuivis et les modalités de la concertation sont précisés par : () / 2° L'organe délibérant de la collectivité ou de l'établissement public () / Les modalités de la concertation permettent, pendant une durée suffisante et selon des moyens adaptés au regard de l'importance et des caractéristiques du projet, au public d'accéder aux informations relatives au projet et aux avis requis par les dispositions législatives ou réglementaires applicables et de formuler des observations et propositions qui sont enregistrées et conservées par l'autorité compétente. () ". Le IV de l'article L. 300-2 du code de l'urbanisme, désormais codifié à l'article L. 600-11 du même code, dispose que : " Les documents d'urbanisme et les opérations mentionnées aux I, II et III bis ne sont pas illégaux du seul fait des vices susceptibles d'entacher la concertation, dès lors que les modalités définies au présent article et par la décision ou la délibération prévue au II ont été respectées. () ".
16. En vertu des dispositions combinées des articles R. 123-24 et R. 123-25 du code de l'urbanisme alors en vigueur, cette délibération produit ses effets dès l'exécution des formalités d'affichage qu'ils prévoient et la mention de cet affichage en caractères apparents dans un journal d'annonces légales publié dans le département.
17. Il résulte de ces dispositions que l'adoption ou la révision du plan local d'urbanisme doit être précédée d'une concertation associant les habitants, les associations locales et les autres personnes concernées. Le conseil municipal doit, avant que ne soit engagée la concertation, délibérer, d'une part, et au moins dans leurs grandes lignes, sur les objectifs poursuivis par la commune en projetant d'élaborer ou de réviser ce document d'urbanisme, et, d'autre part, sur les modalités de la concertation. Si cette délibération est susceptible de recours devant le juge de l'excès de pouvoir, son illégalité ne peut, en revanche, eu égard à son objet et à sa portée, être utilement invoquée contre la délibération approuvant le plan local d'urbanisme. Ainsi que le prévoient les dispositions précitées de l'article L. 300-2 du code de l'urbanisme, les irrégularités ayant affecté le déroulement de la concertation au regard des modalités définies par la délibération prescrivant la révision du document d'urbanisme demeurent par ailleurs invocables à l'occasion d'un recours contre le plan local d'urbanisme approuvé. En outre, eu égard à l'objet et à la portée de la délibération prescrivant l'élaboration ou la révision du plan local d'urbanisme et définissant les modalités de la concertation, l'accomplissement des formalités de publicité conditionnant son entrée en vigueur ne peut être utilement contesté à l'appui du recours pour excès de pouvoir formé contre la délibération approuvant le plan local d'urbanisme.
18. D'une part, au regard de ce qui vient d'être dit, les requérants ne peuvent utilement exciper de l'illégalité de la délibération du 29 juin 2015 prescrivant l'élaboration du PLUi tenant lieu de programme local de l'habitat en ce qu'elle comporterait des objectifs stéréotypés et interchangeables de sorte que la population n'aurait pas été mise à même de participer utilement à l'élaboration du projet.
19. D'autre part, le moyen tiré du défaut d'accomplissement des formalités de publicité conditionnant l'entrée en vigueur de la délibération prescrivant l'élaboration du PLUi ne peut être utilement contesté à l'appui du recours pour excès de pouvoir formé contre la délibération approuvant le plan local d'urbanisme. Par suite, le moyen doit être écarté comme inopérant dans ses deux branches.
En ce qui concerne le classement de certains hameaux ou secteurs :
S'agissant du territoire de la commune de Saint-Christophe-sur-Guiers :
20. En premier lieu, les requérants soutiennent que le classement des parcelles D n° 176, D n° 178 et D n° 179 en zone UH, situées dans le hameau La Marine, est entaché d'erreur manifeste d'appréciation, du fait des risques naturels affectant ces parcelles.
21. Toutefois, s'il est vrai que ces parcelles sont, chacune, respectivement classées en partie en zone RI' et Bf1, correspondant aux risques " Inondation en pied de versant " et " Effondrement de cavité souterraine, affaissement de terrain et suffosion " au titre des risques naturels, la partie de ces parcelles affectées par ces risques est classée, non en zone UH, mais en zone A, seule la partie déjà construite de ces parcelles étant classée en zone UH. Au surplus, la partie réglementaire du PLUi précise pour les zones UH qu'elles sont constructibles sous réserve des prescriptions décrites dans le chapitre risque du règlement. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation du classement de ces parcelles doit être écarté.
22. En second lieu, le livret communal de Saint-Christophe-sur-Guiers précise que " Les zones UH correspondent aux hameaux structurés répondant aux critères définis en lien avec la compatibilité avec la loi montagne, à savoir : ensemble de plus de 5 constructions formant un ensemble structuré sans rupture visuelle ou topographique majeure () ".
23. Il ressort des pièces du dossier que le hameau Le Combet est composé des parcelles n° 839, n° 795, n° 62, n° 82, n° 61 et n° 81 sur lesquelles sont édifiées des constructions qui forment un ensemble structuré d'au moins 5 constructions. Si ces parcelles sont desservies par une route, celle-ci ne constitue pas une rupture visuelle ou topographique majeure dans cet ensemble. Par suite, le classement du hameau Le Combet en zone UH n'est pas entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
S'agissant du territoire de la commune des Echelles :
24. Contrairement à ce qui est soutenu par les requérants, les parcelles cadastrées section A n° 641, A n° 642 et A n° 643 sur lesquelles se trouvent des bâtiments agricoles, situées à l'entrée du territoire communal en bordure de la route départementale 1006, ne sont pas classées en zone UB1. Il ressort des pièces du dossier et notamment du plan de zonage qu'elles sont classées en zone N. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation du classement de ces parcelles ne peut être qu'écarté.
S'agissant du territoire de la commune de Saint-Christophe-la-Grotte :
25. En premier lieu, en se bornant à soutenir que le projet d'Unité touristique nouvelle du Perché emportera nécessairement des incidences sur la biodiversité dès lors " qu'il prévoit des aménagements qui, au minimum, vont générer un accroissement significatif de la fréquentation touristique du site ", les requérants n'assortissent pas leur moyen des précisions suffisantes pour en examiner le bien-fondé.
26. En second lieu, le livret communal de Saint-Christophe-la-Grotte précise que " Les zones UH correspondent aux hameaux structurés répondant aux critères définis en lien avec la compatibilité avec la loi montagne, à savoir : ensemble de plus de 5 constructions formant un ensemble structuré sans rupture visuelle ou topographique majeure () ".
27. Il ressort des pièces du dossier qu'au lieu-dit " La Sauge ", se trouvent une maison de maître et un ancien restaurant, d'une part, et une ancienne briquerie entourée de deux constructions en ruine, d'autre part. Ces constructions sont séparées par la route départementale 1006, qui constitue en l'espèce une rupture majeure, et ne forme pas un ensemble structuré au sens des dispositions précitées, alors même que la communauté de communes Cœur de Chartreuse a souhaité procéder à la reconversion de l'ancienne briquerie selon l'orientation n° 16 du PADD. Par suite, les requérants sont fondés à soutenir que le classement du lieu-dit " La Sauge " est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
S'agissant du territoire de la commune d'Entre-deux-Guiers :
28. Il ressort des pièces du dossier et notamment du plan de zonage que la commune Entre-deux-Guiers comporte notamment deux zones d'activité, Les Bauches et le Mas d'Aiguenoire, qui se situent en bordure de zone humide. Ces zones d'activité sont classées en zone Ue " dédiée aux activités économiques de types artisanales et industrielles " et il est vrai qu'une frange de la zone Ue, sur chacun de ces secteurs, est classée en zone humide, en tant que zone protégée au titre de l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme. Toutefois, il ressort du règlement écrit du PLUi, consultable par les parties sur le site de Cœur de Chartreuse, et notamment de l'article UE 4.2 " Prise en compte du cadre environnemental au titre de l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme " " Trame bleue Les zones humides : Les zones humides sont repérées sur les plans de zonage au titre de l'article L151-23 du Code de l'urbanisme, sur la base du recensement des zones humides de l'inventaire départemental 38 et 73 mis à jour en 2019. / Dans ces zones, les constructions nouvelles, affouillements et exhaussements du sol sont interdits. / Seuls sont autorisés les constructions, installations et équipements concourant à l'intérêt général ainsi que les extensions limitées et annexes des bâtiments d'exploitation agricole existants, dans la limite de 30 % d'extension de l'emprise au sol de l'existant. / Pour tout autre projet, une étude peut être réalisée par le pétitionnaire pour démontrer humide et en transmettre les conclusions à la Direction Départementale des Territoires, qui évaluera sa pertinence afin de lever le principe d'interdiction de construction affouillement et exhaussement. ". La requérante n'établit pas en quoi ce zonage et la réglementation qui la caractérise, serait incompatible avec la préservation de la biodiversité.
S'agissant du territoire de la commune de Saint-Pierre-de-Chartreuse :
30. Les requérants soutiennent que la création d'une orientation d'aménagement et de programmation (OAP) PC 3 au lieu-dit " La Diat " est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que cette zone se situe en bordure de deux rivières " sauvages ", le Guiers Mort et l'Herbetan qui en outre est affectée d'un certain nombre de risques, dont risques torrentiels, glissement de terrain, et ruissellement sur versant et que le secteur se trouverait en bordure d'une ZNIEF.
31. Toutefois, il ressort des pièces du dossier et notamment du document graphique que seule une petite partie des parcelles situées dans l'OAP, d'une surface totale de 14 hectares, est classée en zone UB1, correspondant essentiellement à des parcelles déjà construites, et ce afin notamment de permettre la requalification de deux anciens centres de vacances. L'essentiel du secteur est classé en zone NL et n'a vocation à accueillir que des équipements liés aux infrastructures de loisirs existantes. Le classement en zone NL interdit toutes nouvelles constructions et annexes en ZNIEFF type 1. Contrairement à ce que font valoir les requérants, le secteur n'est pas ouvert à l'urbanisation. En outre, ils n'établissent pas que la création de cette OAP comporte un impact environnemental. Par suite, le PLUi n'est entaché d'aucune erreur manifeste d'appréciation du fait du classement des parcelles situées dans cette OAP.
32. Il résulte de ce qui précède que M. et Mme B sont fondés à demander l'annulation de la délibération du 19 décembre 2019 uniquement en ce qu'elle classe en zone UH le lieu-dit " La Sauge " située sur le territoire de la commune de Saint-Christophe-la-Grotte, ainsi que la décision implicite de rejet de leur recours gracieux, dans la même mesure.
Sur les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
33. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. et Mme B, qui ne sont pas, dans la présente instance, les parties perdantes, la somme demandée par la communauté de communes Cœur de Chartreuse, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la communauté de communes Cœur de Charteuse une somme totale de 1 500 euros à verser à M. et Mme B à ce titre.
D E C I D E :
Article 1er : La délibération n° 19-170 du 19 décembre 2019 de la communauté de communes Cœur de Chartreuse est annulée uniquement en ce qu'elle classe en zone UH le lieu-dit " La Sauge " située sur le territoire de la commune de Saint-Christophe-la-Grotte, ainsi que la décision implicite de rejet du recours gracieux, dans la même mesure.
Article 2 : La communauté de communes Cœur de Chartreuse versera la somme de 1 500 euros à M. et Mme B, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A B et à la communauté de communes Cœur de Chartreuse.
Délibéré après l'audience du 16 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Paquet, présidente,
Mme Letellier, première conseillère,
M. Hamdouch, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 12 juillet 2022.
La rapporteure,
C. D
La présidente,
D. Paquet
La greffière,
V. Joly
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026