mardi 27 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2004197 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C+ |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | KUMMER |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête enregistrée le 29 juillet 2020, Mme A D épouse C, représentée par Me Kummer, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 mars 2020 par laquelle la directrice de l'Etablissement hébergeant des personnes âgées dépendantes (EHPAD) de Mens a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de sa rechute du 5 septembre 2016 au 4 septembre 2017, ensemble le rejet de son recours gracieux du 10 juin 2020 ;
2°) d'annuler les arrêtés successifs la plaçant en congé de maladie non imputable au service et en disponibilité d'office pour raison de santé ;
3°) d'enjoindre à l'EHPAD de reconnaître la rechute du 5 septembre 2016 de sa maladie déclarée le 7 avril 2014 comme imputable au service et de reconstituer sa carrière en conséquence ;
4°) d'ordonner une nouvelle expertise médicale ;
5°) de mettre à la charge de l'EHPAD de Mens une somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- La procédure prévue par l'article 16 de l'arrêté du 4 août 2004 n'a pas été respectée, l'intéressée n'ayant pas été convoquée devant la commission de réforme du 7 novembre 2017, n'ayant pas été informée de sa date de réunion, de ses droits concernant la communication du dossier et du rapport médical et de la possibilité de se faire entendre, de faire entendre le médecin de son choix, et de communiquer toutes pièces pouvant être utiles à l'étude de sa demande ;
- Le médecin de prévention n'a pas été informé de la date de la commission de réforme ; il n'est pas établi qu'il aurait remis un rapport écrit relatif à l'imputabilité au service de l'accident ;
- La commission de réforme était irrégulièrement constituée en l'absence d'un spécialiste en psychiatrie ;
- Les éléments médicaux qu'elle produit et le contexte dégradé de son environnement de travail démontrent que la rechute du 5 septembre 2019 est imputable au service ; l'article 21 bis de la loi 83-634 du 13 juillet 1983 a ainsi été méconnu.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 octobre 2020, l'EHPAD de Mens, représenté par Me Leleu, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
L'EHPAD fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
II. Par une requête enregistrée le 8 octobre 2020, Mme A D, épouse C, représentée par Me Kummer, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre exécutoire n° 732 du 26 août 2020 d'un montant de 5 895,05 euros émis par l'Etablissement hébergeant des personnes âgées dépendantes (EHPAD) de Mens, correspondant à l'indemnité journalière qui lui a été versée du 5 septembre 2019 au 29 février 2020 ;
2°) d'enjoindre à l'EHPAD de lui verser un demi-traitement jusqu'à la liquidation de ses droits à retraite pour invalidité ;
3°) de mettre à la charge de l'EHPAD de Mens une somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- Le titre exécutoire ne comporte pas les éléments textuels, les bases de liquidation et les éléments de calcul sur lesquels il se fonde ;
- Le paiement du demi-traitement doit lui être maintenu jusqu'à la date d'admission à la retraite ; la créance est donc mal fondée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 janvier, l'EHPAD de Mens, représenté par Me Leleu, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
L'EHPAD fait valoir que :
- La requête est irrecevable, le tribunal administratif n'étant pas compétent ;
- En tout état de cause, les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de l'organisation judiciaire ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret du 11 janvier 1960 relatif au régime de sécurité sociale des agents permanents des départements, des communes et de leurs établissements publics n'ayant pas le caractère industriel ou commercial ;
- le décret n°88-386 du 19 avril 1988 ;
- l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. d'Argenson, premier conseiller,
- et les conclusions de M. Argentin, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A D, épouse C, exerce les fonctions d'infirmière au sein de l'hôpital intercommunal de Mens, devenu l'EHPAD de Mens, depuis le 30 juin 1998. Du 6 février 2012 au 5 août 2012, puis du 7 avril 2014 au 30 novembre 2014, elle a été placée en congé de maladie ordinaire. La décision du 6 juin 2016 par laquelle l'administration avait refusé de reconnaître imputable au service sa pathologie a été annulée par le tribunal de céans dans un jugement n°1604420 du 7 mai 2019. L'administration a exécuté le jugement en plaçant l'intéressée en congé de maladie imputable au service entre le 7 avril 2014 et le 30 novembre 2014. En décembre 2014, l'agent a repris ses fonctions. Mme C soutient avoir souffert d'un épisode de rechute imputable au service à partir du 5 septembre 2016. La décision du 13 novembre 2017 par laquelle l'EHPAD de Mens a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de ce nouvel épisode et l'a maintenue en congé de maladie ordinaire du 5 septembre 2016 au 4 septembre 2017 a été annulée par le tribunal de céans par un jugement n°1800116 du 18 février 2020 pour un motif tiré de l'insuffisance de motivation et enjoint au réexamen de la situation de la requérante. Dans la présente instance, Mme C demande l'annulation de la décision du 16 mars 2020 par laquelle l'EHPAD de Mens a, à l'issue de ce réexamen, de nouveau refusé de prendre en charge au titre du service le nouvel épisode de sa pathologie et l'a maintenue en congé de maladie ordinaire du 5 septembre 2016 au 4 septembre 2017. La requérante demande également l'annulation du titre exécutoire du 26 août 2020 correspondant à l'indemnité journalière qui lui a été versée du 5 septembre 2019 au 29 février 2020.
2. Les requêtes susvisées concernent la situation d'une même requérante et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour qu'elles fassent l'objet d'un seul jugement.
Sur les dispositions applicables :
3. D'une part, aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984, dans sa rédaction applicable avant le 21 janvier 2017, date d'entrée en vigueur de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an ()./ Toutefois, si la maladie provient () d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite (). / Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de l'accident ou de la maladie est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales. () ".
4. D'autre part, aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 susvisée, issu de l'ordonnance du 19 janvier 2017 entrée en vigueur le 21 janvier 2017 : " () IV.-Est présumée imputable au service toute maladie désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale et contractée dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions dans les conditions mentionnées à ce tableau. /Si une ou plusieurs conditions tenant au délai de prise en charge, à la durée d'exposition ou à la liste limitative des travaux ne sont pas remplies, la maladie telle qu'elle est désignée par un tableau peut être reconnue imputable au service lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est directement causée par l'exercice des fonctions. /Peut également être reconnue imputable au service une maladie non désignée dans les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est essentiellement et directement causée par l'exercice des fonctions et qu'elle entraîne une incapacité permanente à un taux déterminé et évalué dans les conditions prévues par décret en Conseil d'Etat. () ".
5. L'application des dispositions citées au point 4 résultant de l'ordonnance du 19 janvier 2017 était manifestement impossible jusqu'à la publication des textes réglementaires fixant, notamment, les conditions de procédure applicables à l'octroi de ce nouveau congé pour invalidité temporaire imputable au service. Les dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ne sont donc entrées en vigueur, en tant qu'elles s'appliquent à la fonction publique territoriale, qu'à la date d'entrée en vigueur, le 12 avril 2019, du décret du 10 avril 2019 relatif au congé pour invalidité temporaire imputable au service dans la fonction publique territoriale. Plus précisément, ces nouvelles dispositions s'appliquent aux demandes initiales de congé pour invalidité temporaire imputable au service motivées par un accident ou une maladie dont la déclaration a été déposée après le 12 avril 2019.
6. En l'espèce, il est constant que Mme C a déclaré auprès de son employeur la maladie qu'elle souhaite voir reconnue imputable au service au plus tard dans le courant de l'année 2017, soit avant l'entrée en vigueur des dispositions de l'article 21 bis précité, ainsi qu'il a été dit au point 5. Il s'ensuit que la situation de l'intéressée est régie par les dispositions de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 citées au point 3.
Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :
7. Mme C soutient qu'elle n'a pas été convoquée à la commission de réforme du 7 novembre 2017, qu'elle n'a pas été informée de sa date de réunion, de ses droits concernant la communication du dossier et du rapport médical, de la possibilité de se faire entendre, de faire entendre le médecin de son choix, et de communiquer toutes pièces pouvant être utiles à l'étude de sa demande, et qu'ainsi la procédure prévue par l'article 16 de l'arrêté du 4 août 2004 n'a pas été respectée. Elle soutient également que le médecin de prévention n'a pas été informé de la date de la commission de réforme et qu'il n'est pas établi qu'il aurait remis un rapport écrit relatif à l'imputabilité au service de l'accident litigieux. Elle soutient enfin que la commission de réforme aurait dû s'adjoindre, lors de sa séance du 7 novembre 2017, la présence d'un spécialiste en psychiatrie.
8. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que, par sa précédente requête enregistrée le 10 janvier 2018 sous le numéro 1800116, Mme C a contesté la décision du 13 novembre 2017 par laquelle l'EHPAD de Mens a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de la maladie pour laquelle elle a été arrêtée pour la période du 5 septembre 2016 au 4 septembre 2017, prise après avis de la commission de réforme réunie le 7 novembre 2017. Par le jugement susmentionné n°1800116 du 18 février 2020, devenu définitif, le tribunal de céans a annulé cette décision pour un motif tiré de l'insuffisance de motivation et enjoint au réexamen de la situation de la requérante. Dès lors que ce jugement n'impliquait pas que la commission de réforme soit de nouveau réunie et que Mme C a eu la possibilité, qu'elle a d'ailleurs exercée, de contester, à l'occasion de la précédente instance, la procédure suivie par la commission de réforme du 7 novembre 2017, elle ne peut plus utilement soulever, par sa présente requête dirigée exclusivement contre la décision du 16 mars 2020 par laquelle l'administration a de nouveau statué sur sa situation, de moyens relatifs à l'irrégularité de la procédure suivie devant la commission de réforme du 7 novembre 2017. Ainsi les moyens précités, tirés de l'irrégularité de la procédure suivie par cette commission, sont irrecevables et doivent être écartés.
9. En application des dispositions citées au point 3, une maladie contractée par un fonctionnaire, ou son aggravation, doit être regardée comme imputable au service si elle présente un lien direct avec l'exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause, sauf à ce qu'un fait personnel de l'agent ou toute autre circonstance particulière conduisent à détacher la survenance ou l'aggravation de la maladie du service.
10. Mme C soutient que l'épisode anxio-dépressif déclaré le 5 septembre 2016 constitue une rechute de la même maladie pour laquelle elle a été arrêtée entre le 7 avril 2014 et le 30 novembre 2014, qui a été reconnue imputable au service. Elle invoque, d'une part, les conclusions du docteur B relatives à l'épisode de 2014, favorables à une reconnaissance d'imputabilité, ainsi que le certificat de maladie professionnelle établi le 5 septembre 2016 par le médecin traitant, un courrier du 20 mars 2020 du médecin du travail, et divers comptes-rendus de consultation et d'hospitalisation relatifs à son suivi psychologique. Toutefois, comme il a été dit précédemment, l'appréciation du docteur B porte sur un épisode antérieur à celui en litige dans la présente instance, tandis que les autres certificats produits se bornent à retranscrire le ressenti de Mme C et sont pour la plupart postérieurs à la période en litige, soit du 1er décembre 2014 au 5 septembre 2016, sans se prononcer sur la question de l'imputabilité. La commission de réforme réunie le 7 novembre 2017 a, en outre, émis un avis défavorable à la reconnaissance d'imputabilité. D'autre part, Mme C estime que sa pathologie présente un lien direct avec l'exercice de ses fonctions, marquées dès sa reprise en décembre 2014 par un contexte professionnel tendu et des fautes qui lui auraient été imputées à tort. Toutefois, les deux attestations produites par des représentants syndicaux à l'appui des allégations de Mme C, datées de février 2017, rédigées en termes généraux, ne permettent pas de déterminer en quoi les éventuelles difficultés rencontrées par l'intéressée seraient à l'origine de sa pathologie. Ainsi Mme C n'établit pas de lien direct entre sa maladie et l'exercice de ses fonctions, sans qu'il y ait lieu d'ordonner une nouvelle expertise médicale.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête n° 2004197 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.
Sur les conclusions relatives aux retenues opérées au titre des indemnités journalières :
12. Aux termes de l'article L.142-1 du code de la sécurité sociale : " Le contentieux de la sécurité sociale comprend les litiges relatifs : / 1° A l'application des législations et réglementations de sécurité sociale () ". Aux termes de l'article L. 211-16 du code de l'organisation judiciaire : " Des tribunaux judiciaires spécialement désignés connaissent : / 1° Des litiges relevant du contentieux de la sécurité sociale défini à l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale () ". Aux termes de l'article L. 321-1 5° du code de la sécurité sociale : " L'assurance maladie comporte : () 5° l'octroi d'indemnités journalières à l'assuré qui se trouve dans l'incapacité physique constatée par le médecin traitant () de continuer ou de reprendre le travail () ". Aux termes de l'article R. 323-11 du même code : " La caisse primaire de l'assurance maladie n'est pas fondée à suspendre le service de l'indemnité journalière lorsque l'employeur maintient à l'assuré, en cas de maladie, tout ou partie de son salaire ou des avantages en nature, soit en vertu d'un contrat individuel ou collectif de travail, soit en vertu des usages, soit de sa propre initiative. / Toutefois, lorsque le salaire est maintenu en totalité, l'employeur est subrogé de plein droit à l'assuré, quelles que soient les clauses du contrat, dans les droits de celui-ci aux indemnités journalières qui lui sont dues. / Lorsque, en vertu d'un contrat individuel ou collectif de travail, le salaire est maintenu en totalité ou en partie sous déduction des indemnités journalières, l'employeur qui paie tout ou partie du salaire pendant la période de maladie sans opérer cette déduction est subrogé de plein droit à l'assuré dans ses droits aux indemnités journalières pour la période considérée, à condition que le salaire maintenu au cours de cette période soit au moins égal au montant des indemnités dues pour la même période. / Dans les autres cas, l'employeur est seulement fondé à poursuivre auprès de l'assuré le recouvrement de la somme correspondant aux indemnités journalières, dans la limite du salaire maintenu pendant la même période. () ". Aux termes de l'article 1er du décret du 11 janvier 1960 relatif au régime de sécurité sociale des agents permanents des départements, des communes et de leurs établissements publics n'ayant pas le caractère industriel ou commercial : " Le présent décret fixe le régime de sécurité sociale applicable, en matière d'assurance maladie, maternité, décès et invalidité (allocations temporaires et soins), aux agents permanents des départements, des communes et de leurs établissements publics n'ayant pas le caractère industriel ou commercial, affiliés à la caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales ou à un régime spécial de retraites ". Aux termes de l'article 4 du même décret : " I. En cas de maladie, l'agent qui a épuisé ses droits à une rémunération statutaire, mais qui remplit les conditions fixées par le code de la sécurité sociale pour avoir droit à l'indemnité journalière visée à l'article L. 321-1 dudit code, a droit à une indemnité () ".
13. Il résulte des dispositions précitées que les indemnités prévues aux articles L. 321-5 du code de la sécurité sociale et 4 du décret du 11 janvier 1960 sont des prestations du régime spécial de sécurité sociale applicable à ceux-ci. Il s'ensuit qu'il n'appartient qu'aux juridictions du contentieux de la sécurité sociale de statuer sur les recours dirigés contre des décisions, émanant certes d'autorités administratives mais, se prononçant sur des différends en lien avec ces indemnités journalières dès lors qu'elles portent soit sur le refus de versement des indemnités journalières de sécurité sociale soit sur la récupération desdites prestations.
14. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que l'EHPAD a décidé du recouvrement auprès de Mme C d'une somme de 5 895,05 euros correspondant aux indemnités journalières régies par les dispositions précitées, que Mme C a perçues de la caisse primaire d'assurance maladie durant ses congés de maladie, pour la période allant du 5 septembre 2019 au 29 février 2020. Ainsi les conclusions tendant à l'annulation du titre exécutoire correspondant sont relatives à l'application de la législation sur la sécurité sociale. Par suite, les conclusions présentées par Mme C tendant à l'annulation de ce titre exécutoire doivent être rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Sur les frais de l'instance :
15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'EHPAD de Mens, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme que Mme C demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme C la somme demandée par l'EHPAD de Mens.
DECIDE :
Article 1 : Les conclusions de Mme C tendant à l'annulation du titre exécutoire du 26 août 2020 émis au titre de la récupération des indemnités journalières sont rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Les conclusions de l'EHPAD de Mens relatives aux frais irrépétibles sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et à l'Etablissement hébergeant des personnes âgées dépendantes de Mens.
Délibéré après l'audience du 13 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Vial-Pailler, président,
M. d'Argenson, premier conseiller,
Mme Frapolli, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2022.
Le rapporteur,
P.-H. D'ARGENSON
Le président,
C. VIAL-PAILLERLe greffier,
G. MORAND
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2004197 - 2005895
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026