jeudi 13 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2004442 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | LELONG & POLLARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 juillet 2020, la société Le grand Bazar, représentée par Me Pollard, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des suppléments d'impôt sur les sociétés auxquels elle a été assujettie au titre des exercices clos en 2012, 2013 et 2014 à hauteur de 60 887 euros ;
2°) de lui accorder la décharge de l'amende fiscale infligée sur le fondement de l'article 1759 du code général des impôts du code général des impôts d'un montant de 185 688 euros ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les associés ont réglé les frais et charges de début d'activité de la société entre le 1er mars et le 1er mai 2012 ; l'existence même de la dette de la société d'un montant de 51 803 euros n'est pas remise en cause par l'administration, en conséquence, l'actif net n'a pas été minoré ;
- en l'absence d'enrichissement de la société, le transfert de créance intervenu entre la société et ses associés à hauteur de 133 885 euros en 2014, ne pouvait être requalifié en abandon de créance et la dette doit être maintenue au passif ;
- les pénalités pour manquement délibéré ne sont pas justifiées dès lors que les erreurs sont le fait du suivi comptable et que les rectifications sont injustifiées ;
- l'amende pour défaut de désignation des bénéficiaires : est dépourvue de cause dès lors que les rectifications constitutives de revenus distribués ne sont pas fondées ; les sommes réputées distribuées sont demeurées investies dans la société et les associés ne les ont jamais appréhendées ; l'imposition à l'impôt sur les sociétés et entre les mains des associés des sommes portées au crédit des comptes courant d'associés en paiement de dépenses professionnelles non contestées, constitue une double sanction injustifiée ; la procédure de l'article 117 est irrégulière dès lors que l'administration connaissait parfaitement l'identité des associés .
Par un mémoire en défense enregistré le 9 décembre 2020, le directeur départemental des finances publiques de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bailleul, premier conseiller,
- et les conclusions de M. Journé, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. A l'issue d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 20 février 2012 au 31 décembre 2014, l'administration a mis à la charge de la société Le Grand Bazar, des suppléments d'impôt sur les sociétés assortis de majorations de 40 % ainsi qu'une amende fiscale infligée sur le fondement de l'article 1759 du code général des impôts. A la suite du rejet de sa réclamation du 25 mai 2020, la société requérante demande la décharge des impositions supplémentaires et de l'amende mises en recouvrement.
Sur le bien-fondé de l'imposition :
2. Aux termes du 2 de l'article 38 du code général des impôts : " Le bénéfice net est constitué par la différence entre les valeurs de l'actif net à la clôture et à l'ouverture de la période dont les résultats doivent servir de base à l'impôt diminuée des suppléments d'apport et augmentée des prélèvements effectués au cours de cette période par l'exploitant ou par les associés. L'actif net s'entend de l'excédent des valeurs d'actif sur le total formé au passif par les créances des tiers, les amortissements et les provisions justifiés "
3. Il résulte de l'instruction qu'au cours de l'exercice clos le 31 décembre 2013, la société Le Grand Bazar a inscrit au crédit de l'unique compte courant des trois associés, le règlement de divers frais et charges incombant à la société. Elle n'a cependant pas été en mesure de justifier du règlement par les associés de la totalité des sommes inscrites en comptabilité et partant, de l'existence d'une dette à l'égard de ses associés. Ainsi, la société qui se borne à faire valoir que les associés ont réglé divers frais et charges au début de l'activité de la société et que l'actif net n'a pas été minoré, n'établit pas, par ces seules allégations, l'existence de la dette d'un montant de 51 803 euros qu'elle a inscrite en comptabilité.
4. Au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2014, la société a inscrit au crédit du compte courant des associés, des apports d'un montant de 133 885 euros ayant pour contrepartie l'extinction de dettes de tiers de même montant. Si la société soutient qu'elle ne s'est pas enrichie puisque les créances des fournisseurs ont été transférées à ses associés, elle ne justifie par aucun élément l'existence d'une cession de créance. Elle n'est, par suite, pas fondée à soutenir que c'est à tort que l'administration a regardé l'extinction des dettes de tiers comme un abandon de créance et rectifié son résultat du même montant.
Sur les pénalités :
5. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : a. 40 % en cas de manquement délibéré () ".
6. Les rehaussements en litige concernent des dettes non justifiées par les associés portant sur des sommes importantes alors que la comptabilité de la société présentait par ailleurs de graves lacunes. Ainsi, en se fondant notamment sur les irrégularités comptables et sur la nature et l'importance des sommes rectifiées, l'administration démontre l'existence de manquements délibérés.
7. Aux termes de l'article 1759 du code général des impôts : " Les sociétés et les autres personnes morales passibles de l'impôt sur les sociétés qui versent ou distribuent, directement ou par l'intermédiaire de tiers, des revenus à des personnes dont, contrairement aux dispositions des articles 117 et 240, elles ne révèlent pas l'identité, sont soumises à une amende égale à 100 % des sommes versées ou distribuées () ". Selon l'article 117 du même code : " Au cas où la masse des revenus distribués excède le montant total des distributions tel qu'il résulte des déclarations de la personne morale visées à l'article 116, celle-ci est invitée à fournir à l'administration, dans un délai de trente jours, toutes indications complémentaires sur les bénéficiaires de l'excédent de distribution. / En cas de refus ou à défaut de réponse dans ce délai, les sommes correspondantes donnent lieu à l'application de la pénalité prévue à l'article 1759 ".
8. Après avoir procédé à la réintégration dans les résultats imposables de la société du passif non justifié comptabilisé à l'égard de ses associés, l'administration a, sur le fondement de l'article 117 du code général des impôts, demandé à la SARL Le Grand Bazar par la proposition de rectification du 29 janvier 2016 de désigner les bénéficiaires des sommes inscrites au crédit du compte courant, réputées distribuées au sens de l'article 109-1 1° du code général des impôts. A défaut de réponse dans le délai de trente jours, la société a été soumise à l'amende prévue par l'article 1759 du code général des impôts, au titre des exercices clos en 2013 et 2014.
9. Il résulte de ce qui a été dit aux points 3 et 4 que les sommes ont été à bon droit réintégrées dans les résultats imposables de la société. Par suite, la société n'est pas fondée à soutenir que l'amende est dépourvue de cause.
10. Les dettes consenties par la société à ses associés n'étant pas justifiées alors que les dettes à l'égard des fournisseurs ont été soldées, la société n'est pas fondée à soutenir que les sommes en cause sont demeurées investies dans la société. En outre, la requérante ne peut utilement faire valoir que ces mêmes sommes n'ont pas été effectivement appréhendées par les associés. Au demeurant, il est constant que les sommes distribuées étaient inscrites au crédit de l'unique compte courant d'associé de la société.
11. Enfin, si la société fait valoir que l'imposition de ces sommes à l'impôt sur les sociétés, d'une part, et entre les mains des associés, d'autre part, constitue une double sanction injustifiée puisqu'elles ont été apportées en paiement de dépenses professionnelles non contestées, il résulte de ce qui précède que les dépenses à caractère professionnelles ont été soldées et que les apports des associés n'ont pas été établis. Par suite, le moyen n'est pas fondé.
12. La circonstance que l'administration connaissait l'identité des associés bénéficiaires des sommes réputées distribuées n'est pas de nature à lui interdire de recourir à la procédure prévue par l'article 117 du code général des impôts et, à défaut de réponse de la société distributrice, à la mise en recouvrement de l'amende, alors qu'elle ignorait en l'espèce la répartition des revenus entre les trois associés titulaires de l'unique compte courant.
13. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge présentées par la société Le Grand Bazar doivent être rejetées ainsi que celles présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er :La requête de la société Le Grand Bazar est rejetée.
Article 2 :Le présent jugement sera notifié à la société Le grand Bazar et au directeur départemental des finances publiques de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 29 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Pfauwadel, président,
Mme A et Mme B, assesseurs.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 202Le rapporteur,
C. A
Le président,
T. Pfauwadel
La greffière,
C. Billon
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026