jeudi 15 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2004451 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | PALOMARES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 juillet 2020, M. et Mme C A, représentés par Me Palomares, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des suppléments d'impôt sur le revenu et des pénalités qui leur ont été réclamés au titre de l'année 2013 ainsi que la réduction des cotisations sociales;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'administration ne démontre pas l'intention libérale de la société au bénéfice de M. et Mme A alors que la moyenne des prix retenue ne reflète pas les variations importantes de prix de vente des maisons du programme immobilier, les lots les plus chers étant ceux situés au fond de la copropriété ; ils ont acquis le dernier lot plusieurs mois après la commercialisation des lots précédents au moment où la société avait besoin de trésorerie pour achever les travaux de construction ; ils se sont réservés l'aménagement intérieur de la maison contrairement aux autres acquéreurs ;
- le montant distribué ne pouvait inclure la taxe sur la valeur ajoutée puisque ce n'est pas la SCI Issa qui procède à la distribution mais la société Avenir promotion, associée à hauteur de 80 % ;
- les contributions sociales ne pouvaient être majorées de 25 % ;
- la profession de maçon exercée par M. A ne justifie pas l'application de la majoration appliquée aux droits réclamés.
Par un mémoire en défense enregistré le 4 décembre 2020, le directeur départemental des finances publiques de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- un dégrèvement de prélèvements sociaux est prononcé en cours d'instance ;
- aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bailleul, premier conseiller,
- et les conclusions de M. Journé, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
Sur l'existence de la distribution :
1. Aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital () ". En vertu de l'article 110 du même code, pour l'application de ce texte, les bénéfices s'entendent de ceux qui ont été retenus pour l'assiette de l'impôt sur les sociétés le cas échéant augmentés de l'écart entre le bénéfice fiscal et le bénéfice comptable avant impôt et diminués du montant de l'impôt. En outre, en vertu du c) de l'article 111 du code général des impôts, les " rémunérations et avantages occultes " constituent de toute manière des revenus distribués, même si leur réintégration dans les résultats imposables de la société qui les a consentis ne suffit pas à rendre bénéficiaires ces résultats.
2. En vertu des articles 8, 218 bis et 238 bis K du code général des impôts, les personnes morales passibles de l'impôt sur les sociétés sont imposables à raison des bénéfices, déterminés selon les règles prévues pour l'impôt sur les sociétés, réalisés par les sociétés de personnes dont elles sont associées, dans la mesure des parts qu'elles détiennent.
3. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que le versement d'une rémunération ou d'un avantage occulte par une société de personnes dont des personnes morales passibles de l'impôt sur les sociétés détiennent une part des droits sociaux correspond, dans la mesure de cette part, à une distribution de revenus imposables chez le bénéficiaire de cette rémunération dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, sans qu'il y ait lieu de distinguer selon que le rehaussement correspondant des résultats de la société de personne a ou non suffi à rendre bénéficiaires les résultats imposables à l'impôt sur les sociétés de ses associés.
4. La SCI ISSA, société de construction-vente imposable à l'impôt sur le revenu, a acquis le 11 juin 2012, un terrain à bâtir en vue d'y édifier six maisons à usage d'habitation qui ont été cédées en l'état futur d'achèvement entre le 9 juillet 2012 et le 19 février 2013. M. C A et son épouse ont acquis le lot n°4 le 19 février 2013 pour le prix de 115 000 euros toutes taxes comprises (TTC) alors que les autres lots ont été vendus entre le 9 juillet et le 7 décembre 2012 pour des prix compris entre 130 000 et 169 800 euros.
5. Pour établir, l'existence d'un écart significatif entre le prix de vente du bien cédé à M. et Mme A et sa valeur, l'administration a déterminé le prix moyen au m² des cinq ventes conclues en 2012 qui portent sur des biens identiques situés dans la même copropriété.
6. Les requérants soutiennent qu'ils ont acheté le dernier lot bien après la commercialisation des lots précédents et alors que la société avait besoin de trésorerie pour achever les travaux de construction. Cependant, leurs allégations ne sont étayées par aucun élément démontrant les difficultés de commercialisation de ce bien alors qu'il résulte des explications de l'administration en défense que la société Issa a donné un mandat à une société tierce pour la commercialisation des lots n° 5 et 6 et que la vente du lot n° 6 est intervenue le 7 décembre 2012, deux mois avant celle qui a donné lieu aux impositions en litige.
7. De la même manière, les requérants font valoir qu'ils se sont réservés l'aménagement intérieur de la maison contrairement aux autres acquéreurs mais leurs affirmations ne sont corroborées par aucune des pièces du dossier alors que l'acte de vente qui fait foi jusqu'à preuve du contraire ne comporte aucune précision relative à l'aménagement intérieur du bien.
8. Enfin, l'existence de variations importantes des prix de vente des cinq maisons identiques ne peut suffire à expliquer le prix minoré consenti à M. et Mme A alors que ces derniers justifient eux-mêmes ces écarts par la situation des biens par rapport à la route et que le lot qu'ils ont acheté est situé entre le lot n° 3 vendu au prix de 140 000 euros TTC et le lot n° 5 vendu au prix de 169 800 euros TTC.
9. Il résulte de ce qui précède que l'administration établit l'existence d'un écart significatif entre le prix de vente du bien d'un montant de 1513 euros TTC par m² et sa valeur établie à 1945 euros par m².
10. En outre, la SCI Issa est détenue à hauteur de 20 % par M. B A, gérant de la société, et à hauteur de 80 % par la SARL Avenir promotion, société imposable à l'impôt sur les sociétés elle-même détenue par M. B A. Ainsi, eu égard aux liens existants entre M. C A et son frère M. B A, gérant et associé de la SCI Issa et de la SARL Avenir promotion, l'administration établit l'existence d'une intention pour la société d'octroyer et pour le requérant, de recevoir, une libéralité.
Sur le montant de la distribution :
11. Il résulte de ce qui précède que l'administration était fondée à imposer entre les mains de M. et Mme A le montant de l'avantage occulte dont ils ont bénéficié du fait de l'achat du bien à un prix minoré.
12. Le montant de la distribution imposé entre les mains des requérants correspond à 80 % du montant TTC de l'insuffisance de valeur comptabilisée par la société Issa. Si les requérants font valoir que le montant distribué ne pouvait inclure la taxe sur la valeur ajoutée puisque ce n'est pas la SCI Issa qui procède à la distribution mais la société Avenir promotion, associée à hauteur de 80 %, il ne résulte pas de l'instruction que la taxe sur la valeur ajoutée serait demeurée investie dans la SARL, et le montant distribué aux requérants équivaut à la quote-part de la SARL Avenir promotion dans les droits de la SCI Issa.
Sur les pénalités :
13. Pour justifier la majoration de 40 % pour manquement délibéré des impositions supplémentaires, l'administration s'est fondée sur l'existence d'un écart important entre le prix de vente du bien et sa valeur, et sur les liens familiaux entre l'acheteur et le vendeur. Ces éléments démontrent la connaissance par les acquéreurs de l'achat du bien à un prix minoré. Ainsi, l'administration qui a également précisé dans la proposition de rectification que M. A qui exerçait la profession de maçon ne pouvait ignorer qu'il achetait le bien à un prix minoré ne s'est pas fondée sur ce seul élément pour appliquer la majoration de 40 % prévue au a de l'article 1729 du code général des impôts.
Sur le montant des cotisations sociales :
14. Les conclusions tendant à la réduction des cotisations sociales sont devenues sans objet, l'administration ayant dégrevé en cours d'instance les impositions supplémentaires contestées.
15. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er :Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins de réduction des cotisations sociales.
Article 2 :L'Etat versera à M. et Mme C A une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 :Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 :Le présent jugement sera notifié à M. et Mme C A et au directeur départemental des finances publiques de l'Isère
Délibéré après l'audience du 17 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Pfauwadel, président,
Mme D et Mme E, assesseurs.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 décembre 2022.
Le rapporteur,
C. D
Le président,
T. Pfauwadel
La greffière,
C. Billon
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026