vendredi 1 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2005027 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL LE CHATELIER - SZEMRO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 août 2020, M. A B, représenté par Me Szemro, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre des années 2013 et 2014 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que le service n'apporte pas la preuve d'un avantage occulte dès lors que :
- la revente à son profit du bien, inachevé et comportant des malfaçons, acquis par la société CS Promouvoir était destinée à lui permettre de rembourser l'emprunt échu ;
- en estimant que les fournitures acquises entre février et mai 2014 par la société CS Promouvoir pour un montant de 70 122 euros auraient dû lui être facturées, tout en considérant que ces achats n'ont pas été engagés dans l'intérêt de l'entreprise, l'administration fiscale se contredit ;
- ces fournitures ont été posées au moins pour partie par l'entreprise LAD, puis par ses proches avant que les travaux soient, en raison de malfaçons, repris par l'entreprise MBF moyennant le paiement d'une somme de 215 063 euros qu'il a financée à l'aide d'un prêt bancaire, de sorte que son épouse et lui n'ont pas été avantagés ;
- l'opération immobilière s'est révélée être une mauvaise affaire pour eux ainsi que pour la société CS Promouvoir ;
- seuls les travaux exempts de malfaçons ont été pris en compte dans la détermination du prix de vente et mentionnés sur l'acte notarié.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 janvier 2021, le directeur départemental des finances publiques de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- seules les rectifications opérées en matière de revenus de capitaux mobiliers sont en litige ;
- en l'absence de toute refacturation et de tout élément probant démontrant que les fournitures litigieuses ont été utilisées dans la rénovation du bien par la société CS Promouvoir avant sa revente aux époux B et sont donc incluses dans son prix de vente, c'est à bon droit qu'elles ont été regardées comme constitutives de revenus distribués.
Par une ordonnance du 2 mai 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 17 mai 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Hunault, première conseillère,
- et les conclusions de M. Sportelli, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS CS Invest, créée le 5 avril 2012 et devenue en 2014 la SAS CS Promouvoir, exerce une activité de marchand de biens. Par un acte notarié du 12 juin 2012, elle a fait l'acquisition pour une somme de 260 000 euros d'une propriété bâtie située sur la commune de Douvaine, alors décrite " hors d'eau " et dépourvue des éléments de second œuvre. Le 23 décembre 2014, la SAS CS Promouvoir a revendu ce bien, " en cours de travaux de rénovation ", à son président, M. A B, ainsi qu'à son épouse, au prix de 309 000 euros, outre les frais d'agence. Cette société a fait l'objet d'une vérification de comptabilité qui a porté sur la période du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2015. A l'issue des opérations de contrôle, l'administration fiscale a estimé que des charges résultant d'achats de matériaux, de meubles et de diverses prestations n'avaient pas été supportées dans l'intérêt de l'entreprise et constituaient de ce fait un acte anormal de gestion. En conséquence, elle lui a, par une proposition de rectification datée du 15 décembre 2016, notifié notamment des rehaussements de son résultat imposable à l'impôt sur les sociétés de 9 559 euros au titre de l'exercice clos en 2013 et de 74 505 euros au titre de celui clos en 2014, qui ont finalement été ramenés respectivement à 6 330 euros et à 63 792 euros. Par une seconde proposition de rectification, également en date du 15 décembre 2016, l'administration a regardé ces sommes comme étant constitutives d'un avantage occulte taxable entre les mains des époux B sur le fondement des dispositions du c de l'article 111 du code général des impôts. Des suppléments d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre des années 2013 et 2014 ont été mis en recouvrement le 30 juin 2017. Après un dégrèvement partiel ramenant les impositions supplémentaires à 1 799 euros pour 2013 et 29 932 euros pour 2014, M. B demande au tribunal d'en prononcer la décharge.
Sur les conclusions à fin de décharge :
2. Aux termes de l'article 111 du code général des impôts : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : / () / c. Les rémunérations et avantages occultes () ".
3. Pour établir qu'à la suite de l'acquisition en décembre 2014 de la maison à usage d'habitation mentionnée au point 1, seul bien immobilier détenu par la SAS CS Promouvoir durant la période vérifiée, son associé et président a bénéficié d'une libéralité consentie par la venderesse et a ainsi disposé d'un avantage occulte d'un montant total de 70 122 euros correspondant au prix d'achat par cette société de divers matériaux tels que du parquet, carrelage, un mitigeur thermostatique de bain, divers éléments de décoration ou encore de cuisine notamment, le service fait valoir qu'en l'absence de factures de main d'œuvre, ces fournitures ont été incorporées au bien immobilier cédé sans refacturation aux acquéreurs. A cet égard, il résulte de l'instruction que l'administration fiscale a admis en déduction l'ensemble des factures en rapport avec les travaux d'électricité, de toiture, de chaudière et de terrassement dès lors qu'ils ont été déclarés et figurent sur l'acte notarié du 23 décembre 2014. Si M. B soutient que seuls les travaux exempts de malfaçons ont été mentionnés dans l'acte notarié et pris en compte dans la détermination du prix de vente, en se bornant à se prévaloir d'une seule attestation d'abandon du chantier, établie par la SARL LAD en des termes stéréotypés et nullement circonstanciés, le 3 avril 2014 soit, du reste, antérieurement à nombre d'achats de matériaux financés par la société CS Promouvoir, il ne démontre ni la réalité ni l'étendue des malfaçons alléguées en matière d'" électricité, plomberie, menuiserie " et de " maçonnerie ". A supposer même que les malfaçons alléguées puissent être regardées comme justifiées, il n'est, en tout état de cause, pas démontré qu'elles ont eu pour effet de rendre les matériaux acquis par la SAS, présidée par le requérant, inutilisables ou impropres à leur destination. Contrairement à ce que soutient M. B, qui ne démontre pas davantage avoir réalisé la " mauvaise affaire " qu'il allègue, l'administration fiscale n'a estimé les dépenses d'acquisition de matériaux comme " non engagées dans l'intérêt de l'entreprise " que parce qu'elles n'ont pas été refacturées à son acquéreur, de sorte qu'aucune contradiction ne peut être reprochée au service. Enfin, il ne résulte d'aucun des éléments de l'instruction que la SAS CS Promouvoir avait sérieusement recherché un financement bancaire pour le remboursement de l'emprunt consenti par le vendeur du bien acquis en 2012. En tout état de cause, cette circonstance n'est pas de nature à justifier l'octroi à son président associé, qui d'ailleurs avait dès 2012 entrepris l'acquisition à titre personnel du bien en cause, d'une libéralité représentant plus de 22 % de la valeur du bien immobilier. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'administration fiscale n'apporte pas la preuve de l'avantage occulte qui lui a été ainsi consenti par la SAS CS Promouvoir.
4. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre des années 2013 et 2014, ni des intérêts de retard et des pénalités à l'encontre desquels il n'invoque aucun moyen propre.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande la société requérante au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur départemental des finances publiques de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 17 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. L'Hôte, président,
Mme Bourion, première conseillère,
Mme Hunault, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er décembre 2023.
La rapporteure,
K. HUNAULT
Le président,
V. L'HÔTELa greffière,
L. ROUYER
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026