jeudi 23 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2005156 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP LAVERGNE & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 7 septembre 2020 et le 26 février 2021, la société Salaisons du Mont Charvin, représentée par Me Vial-Hessmann, demande au tribunal :
1°) de lui accorder la décharge des suppléments de cotisation foncière des entreprises qui lui ont été réclamés au titre des années 2014, 2015, 2016 et 2017 à hauteur de la somme de 95 102 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'activité de la société ne répond pas à la définition d'un établissement industriel compte tenu de l'importance des moyens humains et du niveau d'investissement ;
- a minima doivent être classés dans le groupe des locaux commerciaux, les bureaux et autres locaux de stockage, maintenance, d'arrivée des matières premières, d'expédition notamment dès lors qu'ils ne présentent pas un caractère spécifiquement industriel ;
- en application de l'article 1500 B. 1 du code général des impôts, la société ne devait faire l'objet d'aucun redressement de sa cotisation foncière des entreprises dans années 2014 et 2017 dès lors que le seuil de 500 000 euros d'installations techniques n'a été franchi qu'à compter de 2015.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 décembre 2020, la direction de contrôle fiscal Centre-Est conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bailleul, premier conseiller,
- et les conclusions de Mme Coutarel, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article 1499 du code général des impôts : " La valeur locative des immobilisations industrielles passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties est déterminée en appliquant au prix de revient de leurs différents éléments, revalorisé à l'aide des coefficients qui avaient été prévus pour la révision des bilans, des taux d'intérêt fixés par décret en Conseil d'État () ". Revêtent un caractère industriel, au sens de ces dispositions, les établissements dont l'activité nécessite d'importants moyens techniques, non seulement lorsque cette activité consiste dans la fabrication ou la transformation de biens corporels mobiliers, mais aussi lorsque le rôle des installations techniques, matériels et outillages mis en œuvre, fût-ce pour les besoins d'une autre activité, est prépondérant.
2. Il résulte de l'instruction que la société Salaisons du Mont Charvin exerce une activité de fabrication de produits de charcuterie et de salaisons à Doussard (Haute-Savoie). La surface de l'établissement, 1724 m² jusqu'en 2015, comporte notamment trois pièces d'étuves, sept pièces de séchoirs et d'autres pièces dédiées aux opérations de fabrication, de maturation, de fumage, de conservation des matières premières lors de leur arrivée et des produits finis avant expédition, alimentées par des installations techniques régulant la température, la circulation de l'air et l'hygrométrie de chaque pièce. La requérante utilise un cutter, un hachoir, un malaxeur et un poussoir pour son activité de fabrication de saucisses et saucissons, des barattes et une presse pour la fabrication de viande séchée. Si la société justifie de l'emploi d'une vingtaine de salariés et du caractère artisanal de son mode de production, les moyens techniques précédemment décrits sont importants et sont de nature à établir le caractère industriel de l'activité exercée au sein de l'établissement pour l'application des dispositions citées au point 1.
3. Aux termes de l'article 1495 du code général des impôts : " Chaque propriété ou fraction de propriété est appréciée d'après sa consistance, son affectation, sa situation et son état, à la date de l'évaluation ". Selon l'article 324 A de l'annexe III au code général des impôts : " Pour l'application de l'article 1494 du code général des impôts on entend : 1° Par propriété normalement destinée à une utilisation distincte : () b. En ce qui concerne les établissements industriels l'ensemble des sols terrains bâtiments et installations qui concourent à une même exploitation et font partie du même groupement topographique () ".
4. Il résulte de l'instruction que les bureaux ainsi que les locaux de stockage, de maintenance, d'arrivée des matières premières et d'expédition appartiennent à la même propriété et concourent à l'activité exercée sur le site. Par suite, la valeur locative de ces locaux doit également être déterminée selon les règles énoncées au point 1.
5. Enfin, le moyen tiré de la méconnaissance du 1. du B de l'article 1500 du code général des impôts est inopérant, le seuil prévu par ces dispositions entrées en vigueur au 1er janvier 2020 n'étant pas applicable à la période en litige.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge présentées par la société Salaisons du Mont Charvin doivent être rejetées ainsi que celles présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, l'Etat n'étant pas partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er :La requête de la société Salaisons du Mont Charvin est rejetée.
Article 2 :Le présent jugement sera notifié à la société Salaisons du Mont Charvin et à l'administratrice générale des finances publiques en charge de la direction de contrôle fiscal Centre-Est.
Délibéré après l'audience du 9 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Pfauwadel, président,
Mme A et Mme B, assesseurs.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 février 2023.
Le rapporteur,
C. A
Le président,
T. Pfauwadel
La greffière,
C. Billon
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026