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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2005484

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2005484

mercredi 21 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2005484
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationJuge unique 8
Avocat requérantDESFARGES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I - Par une requête enregistrée le 22 septembre 2020 sous le n°2005484, M. A D et Mme C D, représentés par Me Desfarges, demandent au tribunal :

1°) à titre principal, d'annuler la décision du 4 août 2020 par laquelle le président du conseil départemental de la Drôme a rejeté leur recours administratif préalable obligatoire formé contre la décision du 8 juin 2020 relative à un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 18 768,46 euros au titre de la période du 1er octobre 2018 au 30 avril 2020 ;

2°) de prononcer la décharge de l'indu en litige ;

3°) d'enjoindre au département de la Drôme de réexaminer leur situation, dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, assorti d'une astreinte de 50 € par jour de retard ;

4°) à titre subsidiaire, de leur accorder la remise totale de leur dette ;

5°) en tout état de cause, de mettre à la charge du département de la Drôme, une somme de 1 500 € au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. et Mme D soutiennent que :

- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que l'avis de la commission de recours amiable n'a pas été sollicité ;

- elle méconnaît les droits de la défense ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L.311-3-1 et R. 311-3-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que ni leurs revenus fonciers, ni l'aide financière de 250 euros mensuelle versée par leurs parents ne devaient être pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 21 novembre 2022, le département de la Drôme conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. et Mme D ne sont pas fondés.

II - Par une requête enregistrée le 22 septembre 2020 sous le n°2005486, Mme C D, représentée par Me Desfarges, doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 8 septembre 2020 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Drôme a rejeté sa demande de remise de dette concernant deux indus de prime exceptionnelle de fin d'année au titre de 2018 et 2019 ;

2°) de prononcer la décharge des indus en litige ;

3°) de mettre à la charge du département de la Drôme, une somme de 1 500 € au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme D soutient que :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un vice de procédure ;

- elle méconnaît les droits de la défense ;

- elle est entachée d'une erreur de fait, d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 septembre 2021, la caisse d'allocations familiales de la Drôme conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir :

- à titre principal, que la requête est irrecevable, dès lors qu'elle est dirigée contre une décision inexistante.

- à titre subsidiaire, que les moyens soulevés par Mme C D ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le décret n° 2018-1150 du 14 décembre 2018 portant attribution d'une aide exceptionnelle de fin d'année ;

- le décret n° 2019-1323 du 10 décembre 2019 portant attribution d'une aide exceptionnelle de fin d'année ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique, en l'absence des parties.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes n°2005484 et n°2005486, présentées par M. D et Mme D, tendent à traiter les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

2. Il résulte de l'instruction que par une décision du 8 juin 2020, la caisse d'allocations familiales de la Drôme a notifié à Mme C D un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 18 768,46 € au titre de la période du 1er octobre 2018 au 30 avril 2020. Par deux courriers du 13 juin 2020, la caisse d'allocations familiales a également notifié à la requérante, deux indus de prime exceptionnelle de fin d'année au titre des années 2018 et 2019 pour un montant respectif de 320,14 euros. Par un recours administratif préalable obligatoire formé le 6 juillet 2020, rejeté par le département de la Drôme le 4 août 2020, Mme D a contesté l'indu de revenu de solidarité active. Le 6 juillet 2020, la requérante a également formé un recours contre les décisions du 13 juin 2020 relatives aux indus de primes exceptionnelles versées en 2018 et 2019, lequel a été rejeté expressément par la caisse d'allocations familiales de la Drôme le 8 septembre 2020.

Sur les conclusions relatives à l'indu de revenu de solidarité active :

3. La décision attaquée a été signée par Mme E, chef de service Gestion RMI/RSA, qui disposait à cet effet d'une délégation de signature consentie par arrêté du 8 avril 2019, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs. Par suite, le moyen manque en fait.

4. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () imposent des sujétions () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

5. En l'espèce, la décision contestée du 4 août 2020 précise la nature de l'indu mis à la charge de l'intéressée, son montant, la période sur lequel il porte, ses motifs tirés de la prise en compte de sommes non déclarées au titre d'une pension alimentaire et de revenus fonciers et mentionne, en outre, les dispositions des articles L. 262-2 et R. 262-2 du code de l'action sociale et des familles. Par ailleurs, la circonstance que cette décision ne fasse pas apparaître la base ayant servi au calcul du montant de l'indu est sans incidence sur le respect de l'obligation de motivation. Par suite, cette décision satisfait aux exigences de motivation prévues par les dispositions susvisées.

6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 311-3-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Sous réserve de l'application du 2° de l'article L. 311-5, une décision individuelle prise sur le fondement d'un traitement algorithmique comporte une mention explicite en informant l'intéressé. Les règles définissant ce traitement ainsi que les principales caractéristiques de sa mise en œuvre sont communiquées par l'administration à l'intéressé s'il en fait la demande. / () ". Aux termes de l'article R. 311-3-1-2 de ce code : " L'administration communique à la personne faisant l'objet d'une décision individuelle prise sur le fondement d'un traitement algorithmique, à la demande de celle-ci, sous une forme intelligible et sous réserve de ne pas porter atteinte à des secrets protégés par la loi, les informations suivantes () ".

7. Si les requérants soutiennent qu'ils ont été privés d'une garantie par la méconnaissance des dispositions précitées des articles L. 311-3-1 et R. 311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration, il ne résulte pas de l'instruction que la décision attaquée aurait été prise sur le fondement d'un traitement algorithmique, mais seulement à la suite d'un contrôle réalisé par un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales de la Drôme. Par suite, le moyen doit être écarté.

8. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. Ce recours est, dans les conditions et limites prévues par la convention mentionnée à l'article L. 262-25, soumis pour avis à la commission de recours amiable qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale. Les modalités d'examen du recours sont définies par décret en Conseil d'Etat () ". Aux termes de l'article R. 262-89 de ce code : " Sauf lorsque la convention mentionnée à l'article L. 262-25 en dispose autrement, ce recours est adressé par le président du conseil départemental pour avis à la commission de recours amiable mentionnée à l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale. /Dans les cas prévus dans la convention mentionnée à l'article L. 262-25 dans lesquels la commission de recours amiable n'est pas saisie, le président du conseil départemental statue, dans un délai de deux mois, sur le recours administratif qui lui a été adressé. Cette décision est motivée. ".

9. L'article 3.4 et l'article 4 de la convention de gestion 2017-2020 relative au revenu de solidarité active signée le 30 octobre 2017 entre le département de la Drôme et la caisse d'allocations familiales de la Drôme stipule que l'examen du recours administratif préalable obligatoire n'est pas délégué à la caisse d'allocations familiales et celle-ci est tenue de transmettre les éléments nécessaires à l'étude dudit recours au département. Ainsi, le président du conseil départemental de la Drôme n'était pas tenu de saisir la commission de recours amiable avant de statuer sur le recours administratif préalable formé par M. et Mme D. Dans ces conditions, le moyen tiré du vice de procédure, faute d'avis de cette commission, est inopérant et doit être écarté.

10. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, dans sa rédaction applicable au litige : " () Toute réclamation dirigée contre une décision de récupération de l'indu, le dépôt d'une demande de remise ou de réduction de créance ainsi que les recours administratifs et contentieux, y compris en appel, contre les décisions prises sur ces réclamations et demandes ont un caractère suspensif. () ".

11. Si M. et Mme D soutiennent que des retenues ont été opérées en dépit du caractère suspensif prévu par les dispositions de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, ils n'apportent aucun élément de nature à établir la réalité et le montant de ces retenues, alors que le département soutient dans son mémoire en défense, sans être contredit, qu'aucune retenue n'a été opérée, dès lors que les intéressés ne peuvent plus prétendre au revenu de solidarité active depuis le 1er avril 2019. Par suite, le moyen des requérants ne peut qu'être écarté.

12. Il résulte des dispositions du code de l'action sociale et des familles, notamment des articles L. 262 46 et suivants, que le législateur a entendu, par ces dispositions, déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises les décisions relatives au revenu de solidarité active et que l'allocataire peut faire valoir ses observations en exerçant devant le président du conseil départemental le recours administratif préalable obligatoire mentionné à l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles, recours formé par les requérants le 6 juillet 2020. Par suite, le moyen tiré de la violation des droits de la défense ne peut qu'être écarté.

13. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. Le revenu de solidarité active est une allocation qui porte les ressources du foyer au niveau du montant forfaitaire. () ". Aux termes de l'article L. 132-1 de du même code : " Il est tenu compte, pour l'appréciation des ressources des postulants à l'aide sociale, des revenus professionnels et autres et de la valeur en capital des biens non productifs de revenu, qui est évaluée dans les conditions fixées par voie réglementaire () ". Aux termes de l'article R. 262-6 de ce code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux. / Les dispositions de l'article R. 132-1 sont applicables au revenu de solidarité active ". En outre, l'article R. 132-1 de ce code prévoit que : " Pour l'appréciation des ressources des postulants prévue à l'article L. 132-1, les biens non productifs de revenu, à l'exclusion de ceux constituant l'habitation principale du demandeur, sont considérés comme procurant un revenu annuel égal à 50 % de leur valeur locative s'il s'agit d'immeubles bâtis, à 80 % de cette valeur s'il s'agit de terrains non bâtis et à 3 % du montant des capitaux. ". Enfin, il résulte des dispositions des articles L. 262-2, L. 262-3, R. 262-6 et R. 262-37 du code de l'action sociale et des familles que les aides apportées par des amis ou des parents ne sauraient être assimilées à des " aides et secours financiers dont le montant et la périodicité n'ont pas de caractère régulier " ou à des " aides et secours affectés à des dépenses concourant à l'insertion des bénéficiaires () dans le domaine du logement ", au sens du 14° de l'article R. 262-11 du code de l'action sociale et des familles.

14. D'une part, M. et Mme D soutiennent qu'ils n'ont jamais cherché à dissimuler la somme mensuelle de 250 euros versée par leurs parents pour leur venir en aide et que ces sommes ne constituent pas une pension alimentaire. Toutefois, il résulte des dispositions législatives et réglementaires précitées que les aides apportées par des amis ou des parents ne sauraient être assimilées à des " aides et secours financiers dont le montant et la périodicité n'ont pas de caractère régulier ", et alors qu'il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'enquête établi le 16 mars 2020 par un agent assermenté, que les intéressés ont bénéficié d'un versement mensuel de 250 euros depuis 2017. Dès lors, ces aides doivent être prises en compte dans le calcul des ressources pour la détermination du montant de l'allocation au revenu de solidarité active. D'autre part, les requérants font valoir qu'ils ne contestent pas avoir perçu des dividendes de la SCI détenue à 50% par Mme D, puis à 25% par chacun de ses deux enfants, mais expliquent que ces revenus fonciers étaient exceptionnels et qu'en réalité ces revenus servaient au règlement des diverses charges de la SCI. Toutefois, par leurs allégations, M. et Mme D n'assortissent pas leur moyen de précisions suffisantes permettant d'apprécier que la prise en compte de leurs revenus fonciers par la caisse d'allocations familiales de la Drôme serait erronée. Par suite, c'est sans commettre d'erreur de droit ni d'erreur d'appréciation que le président du conseil départemental de la Drôme a confirmé l'indu litigieux de 18 768,46 euros mis à la charge des requérants par décision du 8 juin 2020 et rejeté par la décision attaquée leur recours préalable du 6 juillet 2020.

15. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 4 août 2020 doivent être rejetées.

Sur les conclusions à titre subsidiaire tendant à la remise gracieuse de dette :

16. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. / () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. () ".

17. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active ou d'aide personnalisée au logement, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Pour l'examen de ces deux conditions, le juge est ainsi conduit à substituer sa propre appréciation à celle de l'administration.

18. Il résulte de ce qui a été dit au point 14 que l'indu litigieux trouve son origine dans de fausses déclarations de ressources. Dès lors, les requérants ne justifient pas de leur bonne foi. En tout état de cause, les intéressés n'apportent aucun élément permettant d'établir qu'ils se trouveraient dans une situation de précarité qui ferait obstacle à ce qu'ils s'acquittent de l'indu litigieux. Par suite, ils ne sont pas fondés à demander une remise partielle ou totale de leur dette.

Sur les conclusions relatives à la prime exceptionnelle versées au titre de l'année 2018 et 2019 :

19. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active ou d'aide personnalisée au logement, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Pour l'examen de ces deux conditions, le juge est ainsi conduit à substituer sa propre appréciation à celle de l'administration.

20. Il résulte de l'instruction que par courrier du 6 juillet 2020, M. et Mme D n'ont pas contesté le principe des indus de prime exceptionnelle de fin d'année 2018 et 2019 d'un montant respectif de 320,14 euros, mais se sont bornés à solliciter une remise gracieuse, laquelle a été rejetée par la caisse d'allocations familiales de la Drôme le 8 septembre 2020. Par suite, les moyens tirés du défaut de motivation, du vice de procédure, de violation des droits de la défense sont inopérants et doivent être écartés.

21. Mme D, qui soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait, d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation dès lors que les conditions d'attribution de la prime exceptionnelle sont incontestablement réunies, ne soutient ni même n'allègue qu'elle serait dans une situation de précarité justifiant que lui soit accordée une remise gracieuse de sa dette. Par suite, la requérante n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision attaquée, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense.

22. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes n°2005484 et n°2005486 de M. et Mme D doivent être rejetées dans toutes leurs conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes n°2005484 et n°2005486 de M. et Mme D sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et Mme C D, au département de la Drôme et au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées.

Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de la Drôme.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 décembre 2022.

Le président,

J-P. B

La greffière,

L. BOURECHAK

La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées et à la préfète de la Drôme en ce qui les concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2-2005486

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