Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2005650

jeudi 26 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2005650
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantMARCEL

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble a été saisi par le préfet de l’Isère pour liquider l’astreinte prononcée le 18 novembre 2020, qui enjoignait à l’État de loger Mme B. avant le 31 décembre 2020 sous peine de 300 euros par mois de retard. Constatant que l’intéressée s’est vu attribuer un logement le 7 juillet 2022, le tribunal a liquidé définitivement l’astreinte à 5 700 euros, correspondant à la période d’inexécution. Cette somme est due par l’État au fonds national d’accompagnement vers et dans le logement, sur le fondement des articles L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation et R. 778-8 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n° 2005650 du 18 novembre 2020, statuant sur la requête de Mme C... B..., le tribunal a enjoint au préfet de l’Isère d’assurer son logement avant le 31 décembre 2020, sous astreinte de 300 euros par mois de retard destinée au fonds national d’accompagnement vers et dans le logement.

Par un mémoire enregistré le 13 décembre 2022, le préfet de l’Isère demande au tribunal de procéder à la liquidation de l’astreinte décidée par cette ordonnance.

Il soutient que Mme B... s’est vu attribuer le 7 juillet 2022 un logement situé à Saint Martin d’Hères.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la construction et de l’habitation,
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. En vertu des dispositions du premier alinéa du I de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation, un demandeur qui a été reconnu par une commission de médiation comme prioritaire et comme devant être logé en urgence et qui n’a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement. Le sixième alinéa du I du même article prévoit que la juridiction administrative peut assortir son injonction d’une astreinte. Aux termes de l’article R. 778-8 du code de justice administrative : « Lorsque le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cet effet constate, d'office ou sur la saisine du requérant, que l'injonction prononcée n'a pas été exécutée, il procède à la liquidation de l’astreinte en faveur du fonds prévu à l'article L. 300-2 du code de la construction et de l'habitation / Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cet effet peut statuer par ordonnance, dans les conditions prévues par le chapitre II du titre IV du livre VII du présent code, après avoir invité les parties à présenter leurs observations sur les modalités de l’exécution de l’injonction prononcée. / Il liquide l'astreinte en tenant compte de la période pendant laquelle, postérieurement à l'expiration du délai imparti par le jugement, l'injonction est demeurée inexécutée par le fait de l'administration. Il peut, eu égard aux circonstances de l'espèce, modérer le montant dû par l'Etat voire, à titre exceptionnel, déclarer qu'il n'y a pas lieu de liquider l'astreinte. ».

2. Par une ordonnance n° 2005650 du 18 novembre 2020, statuant sur la requête de Mme B..., le tribunal a enjoint au préfet de l’Isère d’assurer son hébergement avant le 31 décembre 2020, sous astreinte de 300 euros par mois de retard destinée au fonds national d’accompagnement vers et dans le logement.

3. Il résulte de l’instruction que Mme B... s’est vu attribuer un logement situé à Saint Martin d’Hères le 7 juillet 2022. L’Etat est donc délié de son obligation de procurer un logement à Mme A... à compter de cette date. Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de fixer définitivement à 5 700 euros l’astreinte due par l’Etat. Il appartient à la préfète de l’Isère de verser la somme ainsi due au fonds national d’accompagnement vers et dans le logement, sous réserve des sommes déjà versées.

ORDONNE :

Article 1er : Sous réserve des paiements déjà effectués, l’Etat est condamné à verser au fonds national d’accompagnement vers et dans le logement la somme de 5 700 euros au titre de la liquidation définitive de l’astreinte prononcée par l’ordonnance n° 2005650 du 18 novembre 2020.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre de la ville et du logement et à Mme C... B....

Copie en sera adressée à la préfète de l’Isère et au ministère public près la Cour des comptes.


Fait à Grenoble, le 26 février 2026.

Le président du tribunal,



J.P. WYSS


La République mande et ordonne au ministre de la ville et du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.