jeudi 11 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2005729 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | JURISOPHIA SAVOIE - AIX LES BAINS ET ANNECY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 30 septembre 2020 et le 9 mars 2023, Mme et M. C A, représentés par Me Crosnier-Martel, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des suppléments d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquels ils ont été assujettis au titre des années 2014, 2015 et 2016 ainsi que la décharge des pénalités correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
3°) de prononcer la jonction de la présente affaire avec celle enregistrée sous le numéro 2000696.
Ils soutiennent que :
- l'article 82 du code général des impôts précise que les avantages en nature sont évalués selon les règles établies en matière de cotisations de sécurité sociale ; selon le BOI-RSA-BASE-20-20 n° 220 à 240 opposable sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, l'avantage en nature est égal à 40 % du coût global annuel pour un véhicule loué ;
- la motivation de la proposition de rectification de la société EPS est insuffisante en ce qui concerne la réintégration des avantages en nature au résultat de la société puisque l'administration qui supporte la charge de la preuve n'établit pas que l'avantage en nature ne correspondrait pas à un travail effectif ou qu'il constituerait un avantage excessif par rapport au service rendu ;
- les rappels d'impôt sur les sociétés notifiés au titre des années 2014, 2015 et 2016 sont mal fondés, ce qui devra conduire à la décharge des suppléments d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux notifiés au titre de ces mêmes années ;
- l'application des pénalités de 40 % est mal fondée : le principe de personnalité des peines s'oppose à ce que la majoration de 40 % soit appliquée à la société EPS (et par voie de conséquence à M. C A) à raison des agissements de la société Rea Immo ; il est faux de dire que les manquements ont un caractère répété dans la mesure où l'administration n'a jamais reproché de tels agissements à la société EPS, la vérification de comptabilité portant sur les années 2011, 2012 et 2013 s'étant conclue sans rectification.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 avril 2021, la direction de contrôle fiscal Centre-Est conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bailleul, premier conseiller,
- et les conclusions de M. Journé, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. A l'issue d'une vérification de comptabilité de la SARL E.P.S dont M. A est le gérant et l'associé majoritaire, M. et Mme A ont été assujettis au titre des années 2014, 2015 et 2016, à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales procédant de l'inclusion dans leur revenu imposable des avantages en nature non déclarés par la société EPS, regardés par l'administration comme des revenus distribués taxables dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers sur le fondement du c de l'article 111 du code général des impôts. Leur réclamation présentée le 29 octobre 2019 ayant été rejetée par une décision du 5 août 2020, ils demandent, dans la présente instance, la décharge des impositions supplémentaires et des pénalités mises en recouvrement au titre de ces trois années.
2. M. et Mme A ont été assujettis à des suppléments d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux à l'issue d'une procédure contradictoire distincte de celle de la société EPS. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la proposition de rectification adressée à la société E.P.S est sans incidence sur la régularité de la procédure les concernant.
3. Aux termes de l'article 54 bis du code général des impôts : " Les contribuables visés à l'article 53 A () doivent obligatoirement inscrire en comptabilité, sous une forme explicite, la nature et la valeur des avantages en nature accordés à leur personnel. " Selon l'article 111 du même code : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : () c. Les rémunérations et avantages occultes () ". Il résulte de ces dispositions que des avantages qui, en violation de ces obligations, ne sont ni identifiés explicitement en comptabilité, ni inscrits sur le relevé de frais généraux constituent des avantages occultes au sens du c de l'article 111 du code général des impôts et sont, par suite, imposables entre les mains de leurs bénéficiaires dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers.
4. Il résulte de l'instruction, et notamment des faits décrits dans la proposition de rectification du 17 novembre 2017, que la société E.P.S a déduit de ses résultats l'intégralité des frais de location de véhicules mis à la disposition de son gérant, y compris les frais d'entretien, de carburant et d'assurance, sans faire apparaître en comptabilité le bénéficiaire de ces véhicules, ni la part de ces charges correspondant à l'usage personnel de ces véhicules par le gérant. Ainsi, en l'absence de comptabilisation explicite des avantages alloués à son gérant, les charges correspondant à l'usage personnel des véhicules mis à la disposition du gérant ne peuvent être regardées comme des rémunérations régulièrement allouées à ce dernier et ont pu valablement être imposées sur le fondement du c de l'article 111 du code général des impôts.
5. M. A ayant admis lors du contrôle avoir utilisé les véhicules de la société pour son usage personnel à hauteur de 50 %, l'administration a regardé comme distribuées entre ses mains la moitié des charges afférentes à ces véhicules, déduites par la société E.P.S au cours de la période soumise au contrôle.
6. Les requérants qui contestent le pourcentage d'utilisation retenu par l'administration sont seuls en mesure d'établir qu'il serait erroné.
7. En outre, ils ne peuvent se prévaloir sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, des paragraphes 220 et 240 du BOI-RSA-BASE-20-20, autorisant une évaluation forfaitaire de l'avantage en nature " sur option de l'employeur " alors que la société E.P.S qui rémunère M. A, n'a déclaré aucun avantage en nature.
8. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré () ".
9. Il résulte de ce qui précède qu'aucun avantage en nature n'a été déclaré au cours des trois années en litige, tant par la société E.P.S dont M. A est le gérant et l'associé majoritaire que par ce dernier à l'impôt sur le revenu, pour la mise à sa disposition de véhicules pris en charge par la société E.P.S. En outre, M. et Mme A ont été destinataires le 22 décembre 2010 de rectifications de même nature résultant de l'inclusion dans leur revenu imposable des avantages en nature non déclarés par la société REA Immo dont M. A était également le gérant et l'associé majoritaire. Le caractère répété des omissions ainsi que le montant des avantages occultes sont ainsi de nature à établir le caractère délibéré des manquements, les requérants ne pouvant utilement se prévaloir du mal-fondé des pénalités auxquelles la société E.P.S a été assujettie pour contester les pénalités auxquelles ils ont été personnellement soumis.
10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge présentées par la SARL E.P.S doivent être rejetées ainsi que les conclusions présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, l'Etat n'étant pas partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er :La requête de M. et Mme A est rejetée.Article 2 :Le présent jugement sera notifié à Mme et M. C A et à l'administrateur général des finances publiques en charge de la direction de contrôle fiscal Centre-Est.
Délibéré après l'audience du 27 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Pfauwadel, président,
Mme B et Mme D, assesseurs.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 mai 2023.
Le rapporteur,
C. B
Le président,
T. Pfauwadel
La greffière,
L. Rouyer
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026