mardi 19 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2006932 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | ZANA & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
I°/ Par une requête n°2006932 et un mémoire, enregistrés les 23 novembre 2020 et 16 avril 2021, Mme E, représentée par Me Zana, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions des 12 août et 10 octobre 2020 par lesquelles le président du conseil départemental de l'Isère a d'abord suspendu puis retiré son agrément d'assistante maternelle ;
2°) d'enjoindre au département de l'Isère de lui restituer son agrément dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du département de l'Isère une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la décision du 12 août 2020 :
-est insuffisamment motivée ;
-est entachée de vices de procédure car prise en méconnaissance du principe du contradictoire et faute pour le département d'avoir diligenté une enquête ;
-le département n'établit pas l'existence d'un risque pour les enfants accueillis susceptible de fonder la décision attaquée ;
-ses compétences éducatives n'ont jamais été remises en cause ;
- les mentions présentes sur le casier judiciaire de M. D ne concernent en rien des faits en relation avec des mineurs ;
- son agrément lui a été accordé alors même que le casier de son époux portait trois mentions datant de 2011.
La décision du 6 octobre 2020 :
- est entachée d'incompétence ;
- est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation pour les mêmes motifs que ceux exposés s'agissant de la décision suspendant son agrément.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 février 2021, le département de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Le département conteste les moyens invoqués.
Par lettre du 19 avril 2021, les parties ont été informées qu'en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative l'instruction est susceptible d'être close le 31 mai 2021, par l'émission d'une ordonnance de clôture ou d'un avis d'audience, sans information préalable.
La clôture immédiate de l'instruction a été prononcée par ordonnance du 7 juin 2021.
Un dossier de plaidoirie enregistré le 28 juin 2022 pour Mme E n'a pas été communiqué.
II°/ La requête n° 2006929 est un doublon de la requête enregistrée sous le n°2006932.
Vu :
- les décisions attaquées et les autres pièces du dossier ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le décret n° 2012-364 du 15 mars 2012 relatif au référentiel fixant les critères d'agrément des assistants maternels ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme FOURCADE,
- les conclusions de M. Argentin, rapporteur public,
- et les observations de Mme B, représentant le département de l'Isère.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes n°2006932 et 2006929 ont le même objet. Il y a lieu de les joindre et de statuer en un même jugement.
2. Mme E, titulaire d'un agrément d'assistante maternelle depuis 2017, a vu cet agrément suspendu puis retiré par les décisions contestées des 12 août et 6 octobre 2020 au motif que les mentions figurant au casier judiciaire de son conjoint n'étaient pas compatibles avec l'exercice du métier d'assistante maternelle à domicile.
3. La décision du 12 août 2020 mentionne les considérations de droit et de fait qui la fondent. Elle est par suite suffisamment motivée.
4. La décision du 6 octobre 2020 a été signée par M. C A qui disposait d'une délégation de signature consentie à cet effet par arrêté du 15 mai 2020, régulièrement publié. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte manque en fait.
5. Aux termes de l'article L. 421-3 du code de l'action sociale et des familles : " L'agrément nécessaire pour exercer la profession d'assistant maternel ou d'assistant familial est délivré par le président du conseil départemental du département où le demandeur réside. () L'agrément est accordé à ces deux professions si les conditions d'accueil garantissent la sécurité, la santé et l'épanouissement des mineurs et majeurs de moins de vingt et un ans accueillis, en tenant compte des aptitudes éducatives de la personne. () Un arrêté du ministre chargé de la famille fixe la composition du dossier de demande d'agrément ainsi que le contenu du formulaire de demande qui, seul, peut être exigé à ce titre. Il définit également les modalités de versement au dossier d'un extrait du bulletin n° 2 du casier judiciaire de chaque majeur vivant au domicile du demandeur, à l'exception des majeurs accueillis en application d'une mesure d'aide sociale à l'enfance. L'agrément n'est pas accordé si l'un des majeurs concernés a fait l'objet d'une condamnation pour une infraction visée aux articles 221-1 à 221-5,222-1 à 222-18,222-23 à 222-33,224-1 à 224-5, au second alinéa de l'article 225-12-1 et aux articles 225-12-2 à 225-12-4,227-1,227-2 et 227-15 à 227-28 du code pénal. Pour toute autre infraction inscrite au bulletin n° 2 du casier judiciaire, il revient au service départemental de protection maternelle et infantile de juger de l'opportunité de délivrer ou non l'agrément. () ". Aux termes de l'article L. 421-6 du même code : " Si les conditions de l'agrément cessent d'être remplies, le président du conseil départemental peut, après avis d'une commission consultative paritaire départementale, modifier le contenu de l'agrément ou procéder à son retrait. En cas d'urgence, le président du conseil départemental peut suspendre l'agrément. () ". Aux termes de son article R421-24 : " () La décision de suspension d'agrément fixe la durée pour laquelle elle est prise qui ne peut en aucun cas excéder une période de quatre mois. ".
6. En février 2020, il a été porté à connaissance des services du département que le mari de Mme D avait commis des faits de violence à l'encontre d'un ancien parent employeur. Ces faits se sont déroulés dans le contexte d'un litige d'ordre professionnel qui opposait Mme E à ce parent. Le département a procédé à une enquête administrative au cours de laquelle Mme D, le parent concerné par l'altercation, les parents des autres enfants accueillis, la directrice de l'école où sont scolarisés les enfants de la requérante et ceux du parent impliqué dans l'altercation, et l'animatrice du " Relais d'assistante maternelle " ont été entendus. Le service s'est également entretenu avec M et Mme D ensemble le 5 août 2020. Par suite, les moyens tirés de ce que le service n'a pas effectué les diligences nécessaires pour rechercher les éléments de toute nature établissant la réalité du risque présenté par le milieu de garde et de la méconnaissance du principe du contradictoire manquent en fait.
7. Il ne ressort pas des termes de l'article L.421-3 du code de l'action sociale et des familles que les infractions susceptibles de fonder un retrait d'agrément soient limitées à celles mettant en cause directement des mineurs.
8. La circonstance à la supposer avérée, que l'agrément de Mme D lui ait été accordé, alors même que trois mentions, dont on ignore la teneur, figuraient au casier de son conjoint en 2011 demeure sans incidence sur la légalité des décisions contestées.
9. Il est constant que M. D a été condamné pénalement en juin 2020 pour avoir agressé physiquement la mère de l'un des enfants dont son épouse avait la garde et avoir endommagé son véhicule. Alors même que des attestations favorables à la requérante sont versées au dossier et que les compétences éducatives de Mme D ne sont pas remises en cause par l'administration, le président du conseil départemental a pu considérer, sur la base des seuls faits de violence précités, sans commettre d'erreur d'appréciation, que les conditions d'accueil garantissant la sécurité, la santé et l'épanouissement des mineurs accueillis n'étaient pas réunies et que cette condamnation n'était pas compatible avec l'exercice par Mme D de la profession d'assistante maternelle.
10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation dirigées contre les décisions de suspension puis de retrait de l'agrément de Mme E doivent être rejetées. Les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées par voie de conséquence.
11. Les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par Mme E, la partie perdante, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de Mme E sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme G E et au département de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 5 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
M. Vial-Pailler, président,
M. d'Argenson, premier conseiller
Mme Fourcade, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juillet 2022.
La rapporteure,
F. FOURCADE
Le président,
C. VIAL-PAILLERLe greffier,
G. MORAND
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous huissiers à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2,2006929
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026