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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2007022

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2007022

jeudi 27 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2007022
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantCABINET GL CONSEILS & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 novembre 2020, M. C B, représenté par Me Lagneaux, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des suppléments d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquels son foyer fiscal a été assujetti au titre de l'année 2017 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la procédure d'imposition est irrégulière dès lors que l'administration a maintenu sa position dans la réponse aux observations du contribuable en se fondant sur un nouveau motif sans lui avoir adressé une nouvelle proposition de rectification ;

- la société Access Diffusion remplissait les conditions légales de l'abattement renforcé de 85 % puisque l'apport a bénéficié du sursis d'imposition fiscalement neutre ce qui justifie que la condition d'âge soit appréciée à la date de la constitution de la société ;

- la qualification de holding animatrice ne peut à elle seule renverser les effets fiscaux du régime du sursis d'imposition et c'est donc uniquement au niveau de la société Access Group que les conditions requises pour l'abattement renforcé doivent être examinées ;

- le paragraphe n° 230 du BOI-RPPM-PVBMI-20-30-10 du 4 mars 2016 est illégal et inopposable.

Par un mémoire en défense enregistré le 22 avril 2021, le directeur départemental des finances publiques de l'Isère conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bailleul, premier conseiller,

- et les conclusions de M. Journé, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. / () Lorsque l'administration rejette les observations du contribuable sa réponse doit également être motivée ".

2. Il résulte de l'instruction que pour remettre en cause l'abattement prévu par le 1 quater de l'article 150-0 D du code général des impôts, appliqué par M. B pour la détermination de la plus-value déclarée au titre de l'année 2017 lors du rachat par la société Access Group d'une partie de ses parts sociales, l'administration s'est fondée tant dans la proposition de rectification adressée le 11 juin 2019 que dans la réponse aux observations du contribuable du 15 octobre 2019, sur le non-respect de la condition liée à l'âge des sociétés Access Diffusion et Alp'Com, filiales de la société Access Group, et n'a ainsi pas effectué de substitution de base légale justifiant l'envoi d'une nouvelle proposition de rectification. S'il est vrai que la réponse aux observations du contribuable comporte un second motif de droit qui ne figure pas dans la proposition de rectification, ce second motif qui complète le précédent et ne fonde pas les rectifications en litige puisque l'administration a renoncé à s'en prévaloir en cours de procédure, n'a eu aucune incidence sur la régularité de la procédure d'imposition et ne nécessitait pas l'envoi d'une nouvelle proposition de rectification.

3. L'article 150-0 D du code général des impôts soumet les plus-values de cession de valeurs mobilières et de droits sociaux réalisées à compter du 1er janvier 2013, auparavant imposées à un taux forfaitaire, à une imposition au barème de l'impôt sur le revenu, tout en prévoyant un dispositif d'abattement, de droit commun ou renforcé dans certaines situations, sur le montant des gains nets résultant de ces cessions, variable selon la durée de détention de ces valeurs. Le 1 quater de cet article institue un abattement renforcé de 85 % lorsque, notamment, la société émettrice des droits cédés est créée depuis moins de dix ans et n'est pas issue d'une concentration, d'une restructuration, d'une extension ou d'une reprise d'activités préexistantes. Le a) du 1° du B du 1 quater de l'article 150-0 D prévoit que le respect de cette condition est apprécié à la date de souscription ou d'acquisition des droits cédés. L'avant dernier alinéa de ce même 1° précise que lorsque la société émettrice des droits cédés est une société holding animatrice de groupe, le respect des conditions mentionnées par ce 1°, notamment celle tenant à ce que la société émettrice des droits cédés est créée depuis moins de dix ans, s'apprécie au niveau de la société émettrice et de chacune des sociétés dans lesquelles elle détient des participations.

4. Il résulte de ces dispositions que lorsque les droits cédés sont des parts d'une société holding animatrice de groupe, le respect de la condition tenant à ce que les sociétés dans lesquelles cette société holding détient des participations sont créées depuis moins de dix ans s'apprécie à la date d'acquisition par le contribuable des titres ou droits de la holding quand celle-ci détient, à cette date, des participations dans la société considérée ou à la date à laquelle la holding acquiert les titres de la société considérée quand cette acquisition intervient postérieurement à l'acquisition par le contribuable des titres ou droits de la holding. Il en va ainsi notamment lorsque les titres de la société holding ont été remis au contribuable en rémunération d'un apport de titres d'une autre société. Est à cet égard dépourvue d'incidence la circonstance que, dans cette hypothèse, l'opération d'échange n'ait, en vertu des dispositions de l'article 150-0 B du code général des impôts, donné lieu à aucune taxation immédiate, celle-ci n'intervenant, en application du 9 de l'article 150-0 D du même code, que lors de la vente ultérieure des titres de la société holding reçus en échange, le gain net étant alors calculé à partir du prix d'acquisition des titres remis à l'échange.

5. M. B a apporté le 31 mai 2012 lors de la création de la société Access Group, les 3167 parts qu'il détenait dans la société Access Diffusion, société créée le 1er septembre 1987. La plus-value placée en sursis d'imposition à la date de l'apport, a été partiellement imposée en 2017 lors du rachat par la société Access Group d'une partie des parts reçue par M. B en échange de son apport. Il résulte ainsi de l'instruction que la société Access Diffusion existait depuis plus de dix ans à la date d'acquisition des titres par la société Access Group. En outre, la société Access Group a acheté le 16 septembre 2013 la société Alp'Com créée le 1er juin 1992. Le requérant n'est ainsi pas fondé à soutenir que la société Access Group dont deux des filiales étaient créées depuis plus de dix ans à la date de l'investissement respectait la condition fixée par le 1 quater de l'article 150-0 D du code général des impôts.

6. L'administration ayant valablement fait application des dispositions de l'article 150-0 D du code général des impôts citées au point 3, M. B ne peut utilement se prévaloir de l'illégalité et de l'inopposabilité du paragraphe 230 du BOI-RPPM-PVBMI-20-30-10 du 4 mars 2016.

7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge présentées par M. B doivent être rejetées ainsi que celles présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, l'Etat n'étant pas partie perdante dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er :La requête de M. B est rejetée.

Article 2 :Le présent jugement sera notifié à M. C B et au directeur départemental des finances publiques de l'Isère.

Délibéré après l'audience du 30 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Pfauwadel, président,

Mme A et Mme D, assesseurs.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 avril 2023.

Le rapporteur,

C. A

Le président,

T. Pfauwadel

La greffière,

L. Rouyer

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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