mardi 28 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2007719 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL ITINERAIRES AVOCATS- CADOZ- LACROIX- REY- VERNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 18 décembre 2020 et 16 mai 2022, M. A B, représenté par Me Cochereau, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Contamines-Montjoie à lui verser une indemnité de 50 319,50 euros en réparation des préjudices causés par le renouvellement abusif de ses contrats à durée déterminée et le non renouvellement de son engagement contractuel pour l'année 2020, majorée des intérêts au taux légal ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Contamines-Montjoie une somme de 3 180 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il a bénéficié de 39 contrats à durée déterminée de 5 à 7 mois, cumulant un total de 13 années, sur une période de près de 27 ans, de 1992 à 2019, ce qui caractérise un recours abusif ; en outre, la durée des contrats a régulièrement dépassé le maximum de 6 mois prévu par les textes et la commune a systématiquement eu recours de manière supplémentaire à ses services en novembre-décembre de chaque année, parfois sans contrat ;
- le non-renouvellement de son contrat en 2020 est entaché d'incompétence et d'un vice de procédure tiré de la non communication de son dossier ;
- cette décision n'est pas justifiée dans l'intérêt du service et est entachée de détournement de pouvoir ;
- il a subi en conséquence un préjudice financier de 17 319,50 euros, un préjudice moral de 13 000 euros, un préjudice de réputation de 10 000 euros et un préjudice de carrière de 10 000 euros.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 23 février 2022 et 28 juillet 2022, la commune de Contamines-Montjoie, représentée par Me Verne, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 000 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. d'Argenson, premier conseiller;
- les conclusions de M. Argentin, rapporteur public ;
- les observations de Me Cochereau, représentant M. B ;
- et les observations de Me Auger, représentant la commune.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B a été recruté par la commune de Contamines-Montjoie en qualité d'adjoint technique contractuel, sur la période du 1er mai 1993 au 10 novembre 2019, pour une durée d'environ 5 à 6 mois par an, pour exercer des missions d'entretien des sentiers de montagne et des espaces verts, de préparation des pistes de ski de fond ainsi que divers travaux. Certaines années, M. B a également été recruté par la commune pour faire face à un accroissement temporaire d'activité sur la période de novembre à décembre, portant ainsi certaines années la durée annuelle cumulée de ses CDD à un peu plus de 7 mois. En vue de la saison 2020, la commune a décidé de ne pas renouveler le recrutement de M. B. Par un courrier du 30 avril 2020, la commune a formalisé sa décision en précisant les raisons de ce refus. Par un recours indemnitaire préalable du 20 août 2020, M. B a demandé à la commune d'indemniser ses préjudices subis du fait du recours, qu'il estime abusif, à une succession de contrats à durée déterminée et au titre du non renouvellement de son engagement contractuel pour l'année 2020. En l'absence de réponse de la collectivité, une décision implicite de rejet est née le 24 octobre 2020. Dans la présente instance, M. B demande au tribunal de condamner la commune de Contamines-Montjoie à lui verser une indemnité de 50 319,50 euros en réparation des préjudices causés par le renouvellement abusif de ses contrats à durée déterminée et son éviction du service.
En ce qui concerne le recours aux contrats à déterminés :
2. Aux termes de l'article 3 de la loi du 26 janvier 1984, dans sa version applicable à l'espèce : " I. - Les collectivités et établissements mentionnés à l'article 2 peuvent recruter temporairement des agents contractuels sur des emplois non permanents pour faire face à un besoin lié à : () 2° Un accroissement saisonnier d'activité, pour une durée maximale de six mois, compte tenu, le cas échéant, du renouvellement du contrat, pendant une même période de douze mois consécutifs. "
3. Si en vertu des articles 3 et suivants de la loi du 26 janvier 1984 susvisée, les collectivités territoriales peuvent recruter des agents non-titulaires en vue d'assurer des remplacements momentanés ou d'effectuer des tâches à caractère temporaire ou saisonnier par contrat à durée déterminée, et disposent ainsi de la possibilité de recourir, le cas échéant, à une succession de contrats à durée déterminée, ces dispositions ne font pas obstacle à ce qu'en cas de renouvellement abusif de tels contrats, l'agent concerné puisse se voir reconnaître un droit à l'indemnisation du préjudice éventuellement subi lors de l'interruption de la relation d'emploi, quand bien même il ne remplirait pas les conditions pour se voir offrir un contrat à durée indéterminée. Pour apprécier si le recours à des contrats à durée déterminée successifs présente un caractère abusif, il incombe au juge de prendre en compte l'ensemble des circonstances de fait qui lui sont soumises, notamment la nature des fonctions exercées, le type d'organisme employeur ainsi que le nombre et la durée cumulée des contrats en cause. Le préjudice de l'agent peut alors notamment être évalué en fonction des avantages financiers auxquels il aurait pu prétendre en cas de licenciement s'il avait été employé dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée.
4. Il résulte de l'instruction que les contrats d'engagement de M. B qui ont été conclus, sur le fondement du deuxième alinéa de l'article 3 précité de la loi du 26 janvier 1984, pour des durées déterminées et sur des périodes discontinues, correspondaient à l'accroissement des besoins de la commune en matière de préparation des pistes de ski et d'entretien des sentiers, durant les saisons d'hiver et d'été, et présentaient ainsi un caractère par nature saisonnier. La circonstance que certains de ces contrats aient excédé de quelques jours, ou exceptionnellement quelques semaines, la durée maximale de six mois fixée par les dispositions précitées de la loi du 26 janvier 1984, ne permet pas à elle seule d'établir que l'emploi sur lequel l'intéressé a été recruté constituait en réalité un emploi permanent de la commune. Par suite, M. B n'est ni fondé à soutenir qu'il devrait être regardé comme ayant occupé un emploi permanent de la commune, ni que la commune aurait recouru de manière abusive à des contrats à durée déterminée.
En ce qui concerne le refus de recrutement :
5. Les engagements successifs de M. B ont certes été conclus de manière habituelle depuis de nombreuses années mais pour des périodes discontinues, son dernier contrat s'étant achevé le 10 novembre 2019. Par suite, le courrier du 30 avril 2020 par lequel la commune a formalisé son refus de le recruter pour la saison 2020 doit être regardé non comme un refus de renouvellement de contrat à durée déterminée mais comme un refus de recrutement. Par suite, le requérant ne saurait utilement invoquer la méconnaissance du principe selon lequel l'administration ne peut refuser de renouveler un contrat à durée déterminée que pour des motifs tirés de l'intérêt du service.
6. Eu égard à la teneur de ses conclusions, M. B a donné à l'ensemble de sa requête le caractère de recours de plein contentieux. Au regard de l'objet d'une telle demande, qui conduit le juge à se prononcer sur le droit de l'intéressé à percevoir la somme qu'il réclame, les vices propres dont serait, le cas échéant, entachée la décision de refus de recrutement qu'il estime fautive sont sans incidence sur la solution du litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la décision de rejet et du défaut de consultation du dossier sont inopérants.
7. Le requérant soutient enfin que ce refus de le recruter à compter de la saison 2020 est entaché d'un détournement de procédure, eu égard à la présence de son épouse en troisième position sur une liste électorale concurrente à l'occasion des élections municipales de 2020. Toutefois, cette allégation n'est assortie d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé, alors qu'il ressort des pièces du dossier que le motif du refus de recourir aux services de M. B résulte dans les difficultés rencontrées avec ce dernier dans l'exécution de ses précédentes missions, qui sont documentées par un rapport établi dès l'année 2016 et par la circonstance que le maire de la commune a proposé à M. B, par un courrier du 26 mai 2020, un nouvel emploi saisonnier, dans un domaine autre que celui des sentiers. Dans ces conditions, le détournement de pouvoir n'est pas établi.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions indemnitaires de M. B doivent être rejetées.
9. Les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par M. B, la partie perdante, doivent être rejetées. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de de ce dernier la somme demandée par la commune au même titre.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentée par la commune de Contamines-Montjoie sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Contamines-Montjoie.
Délibéré après l'audience du 14 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Vial-Pailler, président rapporteur,
M. d'Argenson, premier conseiller,
Mme Fourcade, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2023.
Le rapporteur,
P.-H. D'ARGENSON
Le président,
C. VIAL-PAILLER
Le greffier,
G. MORAND
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2007719
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026