jeudi 23 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2100531 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique 8 |
| Avocat requérant | BENDJOUYA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 janvier 2021, M. B C, représenté par Me Bendjouya, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 janvier 2020 par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Isère lui a notifié un indu comprenant 14 020,84 euros de revenu de solidarité active, 2 930,45 euros d'aide personnalisée au logement et 457,37 euros de prime exceptionnelle de fin d'année 2016, 2017 et 2018, ensemble les décisions du 29 avril 2020 et du 5 janvier 2021 par lesquelles le département de l'Isère et la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales de l'Isère ont rejeté ses recours préalables ;
2°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de l'Isère et du département de l'Isère une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions sont insuffisamment motivées ;
- les créances sont prescrites.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 août 2021, le département de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 octobre 2021, la caisse d'allocations familiales de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le décret n°2016-1945 du 28 décembre 2016 portant attribution d'une prime exceptionnelle de fin d'année ;
- le décret n°2016-1785 du 27 décembre 2017 portant attribution d'une prime exceptionnelle de fin d'année ;
- le décret n°2016-1150 du 14 décembre 2018 portant attribution d'une prime exceptionnelle de fin d'année ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience :
- le rapport de M. A,
- les observations de Me Bendjouya, avocat de M. C,
- et les observations de M. D, représentant le département de l'Isère ;
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d'un contrôle domiciliaire, la caisse d'allocations familiales a estimé que M. C n'avait pas régulièrement déclaré l'ensemble de ses revenus et ne l'avait pas informé de sa nouvelle situation professionnelle. La régularisation de son dossier a alors généré un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 14 020,84 euros au titre de la période de juillet 2016 à décembre 2018, un indu d'allocation personnalisée au logement s'élevant à 2 930,45 euros pour la période de janvier 2018 à décembre 2018 ainsi qu'un indu de prime exceptionnelle de fin d'année 2016, 2017 et 2018. M. C a alors formé un recours administratif auprès du département de l'Isère le 18 mars 2020 et auprès de la commission de recours amiable de la caisse d'allocation familiales de l'Isère le 18 mars 2020. Par une décision du 29 avril 2020, le président du conseil départemental de l'Isère a confirmé l'indu de revenu de solidarité active et par deux décisions du 5 janvier 2021, la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales de l'Isère a confirmé l'indu d'aide personnalisée au logement et de prime exceptionnelle de fin d'année.
2. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu qu'il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
Sur la régularité des décisions contestées :
3. M. C soutient que la décision de notification des indus n'est pas motivée. Toutefois, la décision du 29 avril 2020 par laquelle le département de l'Isère a rejeté son recours administratif concernant l'indu de revenu de solidarité active et la décision du 11 janvier 2021 par laquelle la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales de l'Isère a également rejeté son recours s'agissant de l'aide personnalisée au logement et de la prime exceptionnelle de fin d'année ayant remplacé la décision de notification de l'indu, le moyen tiré du défaut de motivation doit être regardé comme seulement dirigé contre les décisions du 29 avril 2020 et du 11 janvier 2021. Ces dernières décisions indiquent le montant des indus, leur période ou leur motif et citent les textes sur lesquels elles se fondent. Par suite, le moyen doit être écarté.
Sur le bien-fondé des indus :
4. Aux termes de l'article L. 262-45 du code de l'action sociale et des familles : " L'action en vue du paiement du revenu de solidarité active se prescrit par deux ans. Cette prescription est également applicable, sauf en cas de fraude ou de fausse déclaration, à l'action intentée par l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active ou le département en recouvrement des sommes indûment payées. ". Aux termes des dispositions de l'article L. 553-1 du code de la sécurité sociale : " L'action de l'allocataire pour le paiement des prestations se prescrit par deux ans. / Cette prescription est également applicable à l'action intentée par un organisme payeur en recouvrement des prestations indûment payées, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausse déclaration, l'action de l'organisme se prescrivant alors par cinq ans. ".
5. Aux termes de l'article 6 des décrets n°2016-1945 du 28 décembre 2016, n°2017-1785 du 27 décembre 2017, n°2018-1150 du 14 décembre 2018 portant attribution de primes exceptionnelles de fin d'années 2016, 2017 et 2018 : " Tout paiement indu d'une aide exceptionnelle attribuée en application du présent décret est récupéré pour le compte de l'Etat par l'organisme chargé du service de celle-ci. La dette correspondante peut être remise ou réduite par cet organisme dans les conditions applicables au recouvrement des indus de l'allocation au titre de laquelle l'aide exceptionnelle a été perçue. ".
6. Il résulte de l'instruction que les indus mis à la charge de M. C trouvent leur origine dans l'absence de déclaration par le requérant de ses revenus et de sa réelle situation professionnelle. En l'espèce, M. C est bénéficiaire du revenu de solidarité active, de l'aide personnalisée au logement et de la prime exceptionnelle de fin d'année depuis 2016 et est connu des services de la caisse comme étant sans activité après la fermeture de son entreprise en janvier 2016. Il résulte notamment du rapport d'enquête, et il n'est pas contesté, que M. C a repris son activité d'architecte à compter de 2017 et qu'il a ouvert une agence à Saint-Maxilly-sur-Léman en Haute-Savoie (74500) sous l'enseigne ADetBois. En outre, il n'est pas non-plus contesté que M. C perçoit des revenus tirés de ses biens immobiliers qu'il met en location depuis 2016. Enfin, il résulte de l'instruction que M. C a, lors de ses déclarations trimestrielles, déclaré ne toucher aucun revenu alors qu'il résulte du rapport d'enquête qu'il a perçu entre janvier 2016 et décembre 2017 des revenus mensuels s'élevant de 850 euros à 1 850 euros.
7. Il résulte de ce qui a été dit au paragraphe précédent que le président du conseil départemental de l'Isère et la caisse d'allocations familiales de l'Isère ont pu à bon droit considérer que M. C s'était rendu coupable de fausses déclarations en s'abstenant de déclarer ses revenus et sa situation professionnelle. L'intéressé ne peut donc se prévaloir de la limite de deux ans posée par les dispositions précitées de l'article L. 262-45 du code de l'action sociale et des familles et du L. 553-1 du code de la sécurité sociale, lesquelles précisent qu'une telle durée de prescription n'est pas applicable en cas de fraude ou de fausse déclaration. Dans une telle situation, l'action est prescrite sous cinq ans.
8. Par suite, l'action en recouvrement des créances ayant été initiée par le caisse d'allocations familiales de l'Isère le 22 janvier 2020 soit avant l'expiration du délai de prescription, M. C n'est pas fondé à soutenir que les actions de la caisse et du département sont prescrites.
9. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée dans toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à la caisse d'allocations familiales de l'Isère, au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées et au département de l'Isère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 février 2023.
Le président,
J-P. ALa greffière,
L. BOURECHAK
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées, chacun en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026