jeudi 29 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2101149 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | DURAFFOURD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 17 février 2021 et le 27 octobre 2022, la société Audit Gestion Etudes et Partenariat, représentée par Me Duraffourd, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2016 et 2017 ainsi que des pénalités correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle s'est engagée à céder pour un euro les titres de la société civile immobilière (SCI) Allamanda 501 qu'elle avait souscrits et était ainsi bien fondée à constater une provision de 83 111 euros correspondant au prix de souscription de ces titres ; il est peu important que cette promesse n'ait pas été datée et que le bénéficiaire n'ait pas apposé sa signature sur le document qu'elle détient ;
- en déduisant un montant de 83 111 euros pour le calcul de son résultat imposable, elle ne l'a pas minoré quand bien même elle aurait dû constater une perte au lieu d'une provision ;
- elle ne saurait commettre un acte anormal de gestion en respectant les obligations imposées par l'article 217 undecies du code général des impôts.
Par des mémoires en défense enregistrés les 31 mai 2021 et 14 février 2023, l'administrateur général des finances publiques de la direction spécialisée de contrôle fiscal Centre-Est conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Mme Bailleul a été désignée rapporteur public en application de l'article R. 222-24 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Coutarel, première conseillère,
- et les conclusions de Mme Bailleul, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société à responsabilité limitée (SARL) Audit Gestion Etudes et Partenariat, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité au terme de laquelle elle a été assujettie à des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés au titre des exercices clos en 2016 et 2017 à raison, notamment, de la remise en cause d'une provision pour dépréciation de titres. A la suite de sa réclamation du 18 février 2020, l'administration fiscale a maintenu le rehaussement lié à la remise en cause de cette provision par une décision du 18 décembre 2020. La société Audit Gestion Etudes et Partenariat demande, dans la présente instance, la décharge des impositions supplémentaires restant à sa charge et des pénalités correspondantes.
2. Aux termes de l'article 39 du code général des impôts, applicable en matière d'impôt sur les sociétés en vertu de l'article 209 du même code : " 1. Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant () notamment : / () 5° Les provisions constituées en vue de faire face à des pertes ou charges nettement précisées et que des événements en cours rendent probables, à condition qu'elles aient été effectivement constatées dans les écritures de l'exercice. () ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'une entreprise peut valablement porter en provision et déduire des bénéfices imposables d'un exercice des sommes correspondant à des pertes ou charges qui ne seront supportées qu'ultérieurement par elle, à la condition que ces pertes ou charges soient nettement précisées quant à leur nature et susceptibles d'être évaluées avec une approximation suffisante, qu'elles apparaissent comme probables eu égard aux circonstances constatées à la date de clôture de l'exercice et qu'elles se rattachent par un lien direct aux opérations de toute nature déjà effectuées à cette date par l'entreprise. Il appartient au contribuable, indépendamment des règles qui régissent la charge de la preuve pour des raisons de procédure, d'établir le bien-fondé et de justifier du montant d'une telle provision au regard des caractéristiques de l'exploitation au cours de la période en litige.
4. Le 14 février 2015, la société Audit Gestion Etudes et Partenariat a souscrit au capital de la SCI Allamanda à hauteur de 83 111 euros. Le 31 décembre suivant, elle a inscrit en comptabilité une provision pour dépréciation de ces titres pour le montant total de l'investissement. L'administration a réintégré cette provision au titre de l'exercice clos en 2016 en application du principe de l'intangibilité du bilan d'ouverture du premier exercice non prescrit.
5. La requérante soutient que lors de la souscription à l'opération elle s'est engagée à céder pour un euro les titres de la SCI Allamanda 501 et qu'elle était ainsi fondée à constater une provision correspondant au prix de souscription de ses titres. A l'appui de sa requête elle produit uniquement, et pour la première fois, un document intitulé " promesse unilatérale de vente des parts de la SCI Allamanda 501 ", qui n'est ni daté ni contresigné des contractants, et qui concerne la SCI Allamanda, en qualité de promettant, et des sociétés tierces, en qualité de bénéficiaires. La société requérante n'est ainsi jamais mentionnée dans le document produit. Par suite, la société Audit Gestion Etudes et Partenariat ne démontre pas le caractère probable de la perte alléguée. Dès lors, c'est à bon droit que l'administration a estimé que la provision litigieuse n'était pas déductible du résultat clos en 2016 de la société requérante et l'a réintégrée dans le résultat de cet exercice.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge présentées par la société Audit Gestion Etudes et Partenariat doivent être rejetées ainsi que celles présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er :La requête de la société Audit Gestion Etudes et Partenariat est rejetée. Article 2 :Le présent jugement sera notifié à la société Audit Gestion Etudes et Partenariat et l'administrateur général des finances publiques de la direction spécialisée de contrôle fiscal Centre-Est.
Délibéré après l'audience du 1er juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Pfauwadel, président,
Mme A et Mme Coutarel, assesseurs.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juin 2023
La rapporteure,
A. Coutarel
Le président,
T. Pfauwadel
La greffière,
L. Rouyer
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N° 2101058
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026