LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2101152

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2101152

jeudi 17 août 2023

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2101152
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJuge unique 7
Avocat requérantLANTHEAUME

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 22 février 2021 et 29 avril 2023, M. B C, représenté par Me Lantheaume, demande au tribunal :

1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 10 000 euros, avec intérêts au taux légal à compter de la réception de sa demande indemnitaire préalable par le ministre, en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis et capitalisation des intérêts ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- il a été victime de violences commises par les agents de l'administration pénitentiaire lors de son transfert du centre hospitalier du Vinatier au centre pénitentiaire d'Aiton ;

- ces faits sont constitutifs d'une faute ;

- il justifie d'un préjudice physique et moral ;

- le lien de causalité entre les fautes commises par l'administration et le préjudice subi est établi ;

- l'indemnisation de ses préjudices s'élève à 10 000 euros ;

- pour contester ses allégations le ministre se fonde sur les comptes rendus professionnels des agents à l'origine des violences ;

- la force probante de ces documents doit être relativisée ;

- aucune explication convaincante n'est apportée par l'administration ;

- l'usage de la force n'était ni nécessaire ni proportionné et ne poursuivait aucun but légitime ;

- les violences qu'il a subi constituent une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat ;

- ses antécédents judiciaires ne permettent pas de clarifier le déroulement de son transfert ;

- le ministre ne fournit aucun élément pour contester l'existence du préjudice et du lien de causalité.

Par un mémoire en défense enregistré le 18 avril 2023, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 25 avril 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 25 mai 2023.

Par une décision du 4 décembre 2020, M. C a été admis à l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de procédure pénale ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Bardad en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bardad, première conseillère,

- les conclusions de Mme d'Elbreil, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B C, écroué depuis le 18 août 2015, a été incarcéré au centre pénitentiaire d'Aiton du 7 février au 22 octobre 2018. Il soutient avoir subi des violences commises, par le personnel pénitentiaire, lors de son transfert de la maison d'arrêt de Lyon-Corbas, quartier unité hospitalière spécialement aménagée, vers le centre pénitentiaire d'Aiton, le 28 juin 2018. M. C a présenté une demande indemnitaire préalable, le 2 septembre 2020, afin d'obtenir l'indemnisation des préjudices qu'il estime avoir subis. Cette demande a fait l'objet d'une décision de rejet, le 20 novembre 2019. Le requérant demande la condamnation de l'Etat à lui verser la somme 10 000 euros en réparation du préjudice subi, assortie des intérêts au taux légal et de la capitalisation des intérêts.

2. M. C soutient que l'administration pénitentiaire a commis une faute en exerçant sur lui des violences lors de son transfert de la maison d'arrêt de Lyon-Corbas, quartier unité hospitalière spécialement aménagée, vers le centre pénitentiaire d'Aiton, le 28 juin 2018. Il précise que durant le trajet de 132 kilomètres, il a été menotté, les mains sous la banquette du véhicule, qu'un agent aurait mis ses genoux sur sa tête, qu'il aurait été plaqué au siège et se serait fait insulter pendant tout le trajet. Un certificat médical établi, le même jour, mentionne qu'il présente des stries au poignet, une plaie à l'arcade gauche de 5 mm de longueur, un œdème à la tempe gauche, un état de stress associé pour lesquels une incapacité temporaire totale de trois jours a été prescrite

3. Il résulte de l'instruction que selon les comptes rendus professionnels du 28 juin 2018, M. C a refusé son transfert et s'est débattu en injuriant les agents. Le requérant a notamment donné des coups de pieds, des coups de tête et craché au visage d'un surveillant. Les agents pénitentiaires ont dû maîtriser l'intéressé pendant le trajet et recourir à la force pour le contenir, réaliser le transfert et éviter un accident de la route. Aucun élément du dossier ne permet de remettre en cause les constatations issues des comptes rendus professionnels du 28 juin 2018 quand bien même ils auraient été rédigés par les agents ayant assuré le transfert de M. C. Il résulte également de l'instruction que M. C a notamment menacé les agents pénitentiaires, le 28 mai 2018. Il a été placé à l'isolement du 23 mars au 18 juin 2018, puis de nouveau, le 30 juin 2018 en raison de son comportement. Si le requérant se prévaut de blessures constatées par un certificat médical établi, le jour de son transfert, cet élément ne permet pas à lui seul de démontrer qu'il aurait fait l'objet de violences imputables aux agents pénitentiaires chargés d'assurer son transfert alors que ce transfert s'est lui-même déroulé dans des conditions ayant nécessité l'emploi de la force pour le maîtriser. Par ailleurs, le ministre n'était pas tenu de contester l'existence d'un préjudice et du lien de causalité dans la mesure où il fait valoir en défense, qu'aucune faute de l'administration pénitentiaire n'a été commise. Dans ces conditions, compte tenu d'une part, du contexte dans lequel s'est déroulé le transfert de M. C et d'autre part, des antécédents disciplinaires récents liés au comportement de l'intéressé, les faits invoqués par le requérant selon lesquels le personnel pénitentiaire aurait exercé sur lui des violences lors de son transfert de la maison d'arrêt de Lyon-Corbas, vers le centre pénitentiaire d'Aiton, le 28 juin 2018, ne peuvent être considérés comme établis. Par suite, l'intéressé ne peut se prévaloir de l'existence d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat.

4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée y compris ses conclusions présentées sur le fondement de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : La requête est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Me Lantheaume et au garde des sceaux, ministre de la justice.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 août 2023.

La magistrate désignée,

N. BARDAD

La greffière,

L. ROUYER

La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions