jeudi 13 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2101435 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | DURAFFOURD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 5 mars 2021, le 8 mars et le 4 avril 2023, l'association Tourisme et loisirs adaptés (TELA), représentée par Me Duraffourd, demande au tribunal :
1°) de lui accorder la décharge des droits supplémentaires de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés au titre de la période du 1er janvier 2009 au 31 décembre 2011 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- un rappel a été compté à deux reprises à tort ;
- l'association qui est un organisme à but non lucratif dont la gestion est désintéressée a facturé la T.V.A par erreur au cours de la période ;
- son activité relevait du régime de la marge en application de l'article 308 de la directive T.V.A ;
- elle a régularisé les factures mentionnant à tort la T.V.A et il n'y a aucun risque de perte de recette fiscale dès lors qu'aucun des destinataires n'était assujetti à la taxe.
Par des mémoires en défense enregistrés le 4 août 2021 et le 21 mars 2023, le directeur départemental des finances publiques de l'Isère conclut au non-lieu à statuer à hauteur des sommes dégrevées et au rejet du surplus de la requête.
Il soutient que :
- un dégrèvement de 366 euros est prononcé pour le rappel comptabilisé deux fois ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bailleul, premier conseiller,
- et les conclusions de M. Journé, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. L'association Tourisme et loisirs adaptés (TELA) qui avait pour activité l'organisation de séjours touristiques pour personnes handicapées a été créée le 14 mars 2006 par M. Ouaked, président, Mme A, trésorière ou secrétaire et M. B, trésorier ou secrétaire jusqu'à sa démission en septembre 2010. A la suite de la communication à l'administration fiscale par le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Grenoble, sur le fondement de l'article L. 101 du livre des procédures fiscales, d'éléments de nature à faire présumer une fraude en matière fiscale recueillis dans le cadre d'une procédure pénale en cours, et de l'exercice par l'administration de son droit de communication auprès de ce tribunal, sur le fondement des articles L. 82 C et L. 101 de ce livre, l'association TELA a été assujettie à des suppléments de taxe sur la valeur ajoutée portant, en application du délai de reprise spécial de l'article L. 188 C du livre des procédures fiscales, sur la période du 1er janvier 2009 au 31 décembre 2011. L'association demande, dans la présente instance, la décharge des sommes réclamées.
2. L'administration a dégrevé en cours d'instance une somme de 366 euros pénalités incluses correspondant au rappel de taxe sur la valeur ajoutée compté par erreur à deux reprises concernant une facture du 3 février 2011. Il n'y a dès lors plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins de décharge présentées par l'association requérante à hauteur de la somme dégrevée.
3. Aux termes de l'article 256 du code général des impôts : " I. Sont soumises à la taxe sur la valeur ajoutée les livraisons de biens et les prestations de services effectuées à titre onéreux par un assujetti agissant en tant que tel ". Aux termes de l'article 261 du même code : " Sont exonérés de la taxe sur la valeur ajoutée : () 7. (organisme d'utilité générale) 1° a. les services de caractère social, éducatif, culturel ou sportif rendus à leurs membres par les organismes légalement constitués agissant sans but lucratif, et dont la gestion est désintéressée. () b. les opérations faites au bénéfice de toutes personnes par des oeuvres sans but lucratif qui présentent un caractère social ou philanthropique et dont la gestion est désintéressée (). d. le caractère désintéressé de la gestion résulte de la réunion des conditions ci-après : L'organisme doit, en principe, être géré et administré à titre bénévole par des personnes n'ayant elles-mêmes, ou par personne interposée, aucun intérêt direct ou indirect dans les résultats de l'exploitation. () ; l'organisme ne doit procéder à aucune distribution directe ou indirecte de bénéfice, sous quelque forme que ce soit ; les membres de l'organisme et leurs ayants droit ne doivent pas pouvoir être déclarés attributaires d'une part quelconque de l'actif, sous réserve du droit de reprise des apports. () ". Le troisième alinéa du d du 1° du 7 de l'article 261 prévoit également un régime dérogatoire pour les associations en vertu duquel, lorsqu'il est décidé que l'exercice des fonctions dévolues aux dirigeants justifie le versement d'une rémunération, le caractère désintéressé de la gestion n'est pas remis en cause si les statuts et les modalités de fonctionnement assurent notamment l'adéquation de la rémunération aux sujétions effectivement imposées aux dirigeants concernés.
4. Il résulte de ces dispositions que les associations régies par la loi du 1er juillet 1901 ne sont exonérées de la taxe sur la valeur ajoutée que si, d'une part, leur gestion présente un caractère désintéressé, et, d'autre part, les services qu'elles rendent ne sont pas offerts en concurrence dans la même zone géographique d'attraction avec ceux proposés au même public par des entreprises commerciales exerçant une activité identique.
5. Il résulte de l'instruction que l'association TELA a octroyé un prêt de 20 000 euros à son président le 1er juin 2010 que ce dernier a utilisé pour le financement de la maison acquise en 2010 avec sa compagne, trésorière de l'association et signataire de la convention de prêt au nom de cette association. L'association lui a octroyé un second prêt d'un montant de 30 000 euros en février 2012 en vue de la souscription d'une assurance vie à son nom. Les sommes prêtées pour des motifs personnels n'ont pas été remboursées à l'association à l'échéance prévue au contrat, et M. Ouaked a été condamné pour abus de confiance pour l'encaissement du chèque de 30 000 euros en février 2012. Le président et sa compagne ont par ailleurs procédé à des retraits d'espèces non justifiés d'un montant 240 000 euros entre mai 2011 et octobre 2012, faits pour lesquels ils ont été reconnus coupables de détournements de fonds par décision de la Cour d'appel de Grenoble du 22 janvier 2019 confirmant le jugement du tribunal correctionnel du 14 novembre 2017. Selon l'association requérante, l'administration n'établirait pas le caractère intéressé de la gestion au cours de la période comprise entre 2006 et 2010 alors que M. B était membre actif de l'association au cours de cette période. Toutefois, la Cour d'appel précise dans sa décision du 22 janvier 2019 que M. Ouaked et Mme A ont toujours été seuls à décider de l'activité de l'association et de l'utilisation des fonds, ce qu'a confirmé M. Ouaked dans le cadre de son audition au cours de l'instruction de la procédure judiciaire puisque d'après ses déclarations retranscrites dans la proposition de rectification du 13 mars 2017, il a rapidement géré seul l'association avec Mme A après sa création. Ainsi, et alors que l'administration fait valoir dans ses écritures en défense l'entier contrôle du couple sur la gestion de l'association, la requérante ne justifie par aucun élément du caractère transparent de son fonctionnement au cours de l'année 2009. Il résulte de l'ensemble de ces éléments que les versements de fonds sans contrôle et sans contrepartie justifiée effectués par l'association TELA au profit de ses dirigeants démontrent le caractère intéressé de sa gestion au cours de la période imposable. C'est dès lors à bon droit que l'administration a mis à sa charge les rappels de taxe sur la valeur ajoutée en litige au cours de la période contrôlée.
6. Si l'association requérante soutient que son activité relevait du régime d'imposition sur la marge prévu par l'article 308 de la directive relative au système commun de taxe sur la valeur ajoutée, transposé à l'article 266 du code général des impôts, il ne résulte pas de l'instruction que son activité entrait dans le champ du régime particulier d'imposition applicable aux agences de voyage.
7. Enfin, il résulte de ce qui a été dit au point 5 que l'activité de l'association TELA ne bénéficiait pas de l'exonération prévue par le 7. de l'article 261 du code général des impôts et était assujettie de plein droit à la taxe sur la valeur ajoutée. Par suite, elle ne peut utilement se prévaloir des factures sans mention de la taxe qu'elle a éditées en vue de régulariser la taxe déclarée ni de la qualité de ses clients.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge présentées par l'association TELA doivent être rejetées ainsi que celles présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, l'Etat n'étant pas partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er :Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins de décharge présentées par l'association requérante à hauteur de la somme 366 euros, pénalités incluses, dégrevée en cours d'instance.
Article 2 :Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 :Le présent jugement sera notifié à l'association Tourisme et loisirs adaptés et au directeur départemental des finances publiques de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 6 juillet 2023, à laquelle siégeaient :
M. Pfauwadel, président,
Mme Bailleul et Mme C, assesseurs.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2023.
Le rapporteur,
C. Bailleul
Le président,
T. Pfauwadel
La greffière,
V. Barnier
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026