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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2101468

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2101468

mercredi 21 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2101468
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationJuge unique 8
Avocat requérantPUNZANO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 mars 2021 et le 5 juillet 2022, Mme D E, représentée par Me Punzano demande au tribunal

1°) d'annuler la décision du 22 janvier 2020 par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Isère lui a notifié un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 15 293,56 euros et un indu de prime exceptionnelle de fin d'année de 457,35 euros ;

2°) d'annuler la décision du 3 mars 2020 par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Isère lui a notifié une pénalité de 1 500 euros ;

3°) d'annuler l'avis des sommes à payer du 10 août 2020 en vue du recouvrement d'un indu de revenu de solidarité active de 15 293,56 euros ;

4°) d'annuler la décision du 24 novembre 2020 de la caisse d'allocations familiales de l'Isère rejetant comme tardive sa réclamation du 16 octobre 2020 et la décision du 11 janvier 2021 rejetant au fond cette réclamation ;

5°) d'annuler la décision du 27 novembre 2020 du département de l'Isère du 27 novembre 2020 rejetant son recours contre l'indu de revenu de solidarité active ;

6°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de l'Isère de la rétablir rétroactivement dans ses droits au revenu de solidarité active et à la prime exceptionnelle de fin d'année ;

7°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer le solde des sommes réclamées au titre de l'indu de revenu de solidarité active et prime exceptionnelle de fin d'année ;

A titre subsidiaire :

8°) d'accorder une remise de dette totale de l'indu de revenu de solidarité active et de prime exceptionnelle de fin d'année ;

A titre très subsidiaire :

9°) d'accorder un échéancier de paiement ;

En toute hypothèse :

10°) de condamner la caisse d'allocations familiales de l'Isère et le département de l'Isère à lui verser la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 9 juillet 1991 relative à l'aide juridique avec distraction au profit de son Conseil ;

Elle soutient que :

- la décision du 22 janvier 2020 n'est pas suffisamment motivée ;

- elle n'a jamais été avertie de l'exercice par l'administration de son droit de communication ;

- elle n'a jamais quitté la France plus de trois mois consécutifs ; elle n'est pas allée en Allemagne, en Suède ou en Tchéquie, seulement en Russie ;

- elle n'a eu aucune intention frauduleuse ;

- elle est dans une situation de précarité justifiant qu'il lui soit fait remise gracieuse des indus

Par un mémoire en défense enregistré le 14 juin 2021, le département de l'Isère conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens de la requête de Mme E n'est fondé.

Par un mémoire en défense enregistré le 22 novembre 2021, la caisse d'allocations familiales de l'Isère conclut au rejet de la requête de Mme E.

Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code des relations entre l'administration et le public ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A ;

- les observations de Me Punzano, avocat de Mme E ;

- les observations de M. B, juriste, représentant le département de l'Isère.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C E est allocataire du revenu de solidarité active. Suite à l'exercice de son droit de communication auprès des organismes bancaires, la caisse d'allocation familiales de l'Isère a estimé que Mme E ne justifiait pas d'une durée de présence suffisante en France pour la période d'octobre 2016 à mai 2019. La régularisation de son dossier a généré un indu de 15 293,56 euros pour la période du 1er octobre 2016 et un indu de prime exceptionnelle de 1 500 euros pour 2016, 2017 et 2018 qui lui ont été notifiés le 22 janvier 2020. Une pénalité de 1 500 euros lui a été notifiée le 3 mars 2020. Le 5 mars 2020, Mme E a formulé une demande de remise gracieuse de sa dette puis, le 16 octobre 2020, elle a contesté le bien-fondé de l'indu. Le 27 novembre 2020, le département de l'Isère a rejeté son recours. Par décision du 11 janvier 2021, la caisse d'allocations familiales de l'Isère a indiqué à la requérante que, faute d'avoir pu être étudié dans le délai de deux mois par la commission de recours amiable, son dossier avait fait l'objet d'une décision implicite de rejet. Le 7 mai 2021, la caisse a notifié à Mme E le rejet explicite de son recours préalable.

Sur les conclusions relatives au bien-fondé des indus :

2. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active ou d'aide exceptionnelle de fin d'année, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige. Dans le cas où le tribunal annule une décision de récupération d'indu pour un vice propre, il est loisible à l'administration, si elle s'y croit fondée et si, en particulier, aucune règle de prescription n'y fait obstacle, de reprendre régulièrement, sous le contrôle du juge, une nouvelle décision. Dans cette hypothèse, si une nouvelle décision de récupération d'indu est enfin intervenue entre l'introduction du recours et le jugement, il appartient au juge, compte-tenu de son office, d'examiner tant la régularité que le bien-fondé de celle-ci.

3. Aux termes de l'article L. 114-12 du code de la sécurité sociale : " Les organismes chargés de la gestion d'un régime obligatoire de sécurité sociale, du recouvrement des cotisations de sécurité sociale ou du service des allocations et prestations mentionnées au présent code, les caisses assurant le service des congés payés, Pôle emploi et les administrations de l'Etat se communiquent les renseignements qui : (); 3° Sont nécessaires au contrôle, à la justification dans la constitution des droits et à la justification de la liquidation et du versement des prestations dont sont chargés respectivement ces organismes ; (). ". Aux termes de l'article L. 114-19 du même code : " Le droit de communication permet d'obtenir, sans que s'y oppose le secret professionnel, les documents et informations nécessaires : ()/ 3° Aux agents de contrôle des organismes de sécurité sociale pour recouvrer les prestations versées indûment à des tiers ou des prestations recouvrables sur la succession ; () ". Enfin, aux termes de l'article L. 114-21 du même code : " L'organisme ayant usé du droit de communication en application de l'article L. 114-19 est tenu d'informer la personne physique ou morale à l'encontre de laquelle est prise la décision de supprimer le service d'une prestation ou de mettre des sommes en recouvrement, de la teneur et de l'origine des informations et documents obtenus auprès de tiers sur lesquels il s'est fondé pour prendre cette décision. Il communique, avant la mise en recouvrement ou la suppression du service de la prestation, une copie des documents susmentionnés à la personne qui en fait la demande "

4. Il incombe ainsi à l'organisme ayant usé du droit de communication, avant la suppression du service de la prestation ou la mise en recouvrement d'un indu, d'informer l'allocataire à l'encontre duquel est prise la décision de supprimer le droit au revenu de solidarité active ou de récupérer un indu tant de la teneur que de l'origine des renseignements qu'il a obtenus de tiers par l'exercice de son droit de communication et sur lesquels il s'est fondé pour prendre sa décision. Cette obligation a pour objet de permettre à l'allocataire, notamment, de discuter utilement leur provenance ou de demander que les documents qui, le cas échéant, contiennent ces renseignements soient mis à sa disposition avant la récupération de l'indu ou la suppression du service de la prestation, afin qu'il puisse vérifier l'authenticité de ces documents et en discuter la teneur ou la portée. L'article L. 114-21 du CSS institue ainsi une garantie au profit de l'intéressé. Toutefois, la méconnaissance de ces articles par l'organisme demeure sans conséquence sur le bien-fondé de la décision prise s'il est établi qu'eu égard à la teneur du renseignement, nécessairement connu de l'allocataire, celui-ci n'a pas été privé, du seul fait de l'absence d'information sur l'origine du renseignement, de cette garantie.

.

5. En l'espèce, si Mme E soutient qu'elle n'aurait pas été informée par la caisse de la mise en œuvre de son droit de communication auprès de sa banque, il résulte de l'instruction que pour retenir l'existence de l'absence de résidence suffisante en France de la requérante, l'administration s'est fondée sur les relevés bancaires de celle-ci, soit des éléments qui étaient nécessairement connus de Mme E, laquelle n'a, du seul fait d'une éventuelle absence d'information sur l'exercice de ce droit, ainsi pas été privée d'une garantie.

6. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental () ". L'institution par ces dispositions d'un recours administratif, préalable obligatoire à la saisine du juge, a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Il s'ensuit que la décision prise à la suite du recours administratif se substitue en principe à la décision initiale, et qu'elle est seule susceptible d'être déférée au juge.

7. Il résulte de l'instruction que, le 7 mai 2021, la caisse a notifié à Mme E le rejet explicite de son recours préalable, par une décision suffisamment motivée. Cette décision s'étant substituée à la décision du 22 janvier 2020, Mme E ne peut utilement faire valoir que cette dernière décision ne serait pas suffisamment motivée.

8. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre () ". Aux termes de l'article R. 262-5 du même code : " Pour l'application de l'article L. 262-2, est considérée comme résidant en France la personne qui y réside de façon permanente ou qui accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois. Les séjours hors de France qui résultent des contrats mentionnés aux articles L. 262-34 ou L. 262-35 ou du projet personnalisé d'accès à l'emploi mentionné à l'article L. 5411-6-1 du code du travail ne sont pas pris en compte dans le calcul de cette durée. / En cas de séjour hors de France de plus de trois mois, l'allocation n'est versée que pour les seuls mois civils complets de présence sur le territoire. ". Aux termes de l'article R. 262-37 de ce code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ".

9. Il résulte de l'instruction que les indus mis à la charge de Mme E trouvent leur origine dans les constatations des rapports d'enquête établis par l'agent de la caisse d'allocations familiales de l'Isère en 2019 et 2020, lesquelles font état d'opérations bancaires effectuées en France seulement en octobre et novembre 2016, avril et novembre 2017, janvier, mars, avril, septembre et novembre 2018, avril et août 2019, et uniquement à l'étranger pour les autres mois. Si Mme E soutient que certaines opérations figurant sur les relevés bancaires correspondent à des achats effectués à partir de la France par internet, elle n'en justifie pas la réalité. Elle ne justifie pas plus que, pendant les mois pendant lesquels aucune opération n'a été relevée en France, elle aurait obtenu des rendez-vous avec l'administration ou exercé une activité sur le territoire national, notamment au titre du contrat d'engagement réciproque qu'elle produit. Enfin, elle n'indique pas comment, pendant ces mois sans opérations, elle aurait financé sa vie de tous les jours en France. Dans ces conditions, faute pour elle de produire des justificatifs suffisants et probants de sa présence en France pendant les périodes litigieuses, la durée des séjours à l'étranger de Mme E ne permet pas de regarder cette dernière comme résidant en France de manière stable et effective au sens des dispositions précitées.

Sur la pénalité administrative :

10. Aux termes de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale : " I. - Peuvent faire l'objet d'un avertissement ou d'une pénalité prononcée par le directeur de l'organisme chargé de la gestion des prestations familiales ou des prestations d'assurance vieillesse, au titre de toute prestation servie par l'organisme concerné : 1° L'inexactitude ou le caractère incomplet des déclarations faites pour le service des prestations, sauf en cas de bonne foi de la personne concernée ; () / Le montant de la pénalité est fixé en fonction de la gravité des faits, dans la limite de deux fois le plafond mensuel de la sécurité sociale. Tout fait ayant donné lieu à une sanction devenue définitive en application du présent article peut constituer le premier terme de récidive d'un nouveau manquement sanctionné par le présent article. Cette limite est doublée en cas de récidive dans un délai fixé par voie réglementaire. Le directeur de l'organisme concerné notifie le montant envisagé de la pénalité et les faits reprochés à la personne en cause, afin qu'elle puisse présenter ses observations écrites ou orales dans un délai d'un mois. A l'issue de ce délai, le directeur de l'organisme prononce, le cas échéant, la pénalité et la notifie à l'intéressé en lui indiquant le délai dans lequel il doit s'en acquitter ou les modalités selon lesquelles elle sera récupérée sur les prestations à venir. / La personne concernée peut former, dans un délai fixé par voie réglementaire, un recours gracieux contre cette décision auprès du directeur. Ce dernier statue après avis d'une commission composée et constituée au sein du conseil d'administration de l'organisme. Cette commission apprécie la responsabilité de la personne concernée dans la réalisation des faits reprochés. Si elle l'estime établie, elle propose le prononcé d'une pénalité dont elle évalue le montant. L'avis de la commission est adressé simultanément au directeur de l'organisme et à l'intéressé. / La mesure prononcée est motivée et peut être contestée devant le tribunal judiciaire spécialement désigné en application de l'article L. 211-16 du code de l'organisation judiciaire () ".

11. Mme E demande l'annulation de la décision de la caisse d'allocations familiales de l'Isère lui infligeant une amende administrative de 1 500 euros et à la décharge du paiement de cette somme. Toutefois, comme le fait valoir à bon droit la caisse d'allocations familiales de l'Isère, la contestation d'une pénalité administrative prononcée en application de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale relève de la compétence du tribunal judiciaire spécialement désigné en application de l'article L. 211-16 du code de l'organisation judiciaire. Par suite, les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la pénalité administrative de 1 500 euros ainsi qu'à la décharge du paiement de cette somme ne sauraient être accueillies et doivent être rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaitre.

Sur la demande de remise gracieuse :

12. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active / () / La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration () ".

13. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a manqué à ses obligations déclaratives, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des éléments dépourvus d'incidence sur le droit de l'intéressé au revenu de solidarité active ou sur son montant, de tenir compte de la nature des éléments ainsi omis, de l'information reçue et notamment, le cas échéant, de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les éléments omis.

14. Il résulte de l'instruction que Mme E n'a jamais déclaré à la caisse ses absences du territoire répétées sur plusieurs années. Ces manœuvres frauduleuses font obstacle à ce qu'elle puisse bénéficier d'une remise de dette.

Sur la demande d'échelonnement de paiement :

15. Mme E demande au tribunal de lui accorder le bénéfice d'un échelonnement du paiement des sommes dues. Toutefois, il n'appartient pas au juge administratif d'accorder des délais de paiements. Par suite, les conclusions présentées à ce titre par Mme E sont irrecevables et doivent être rejetées. Il lui appartient, si elle s'y croit fondée, de présenter cette demande d'échelonnement de sa dette auprès de l'administration.

16. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme E doit être rejetée dans toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C E, à Me Punzano, au département de l'Isère et à la caisse d'allocations familiales de l'Isère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 septembre 2022.

Le président,

J. P. A La greffière,

L. BOURECHAK

La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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