vendredi 8 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2101539 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | FORTABAT LABATUT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 9 mars 2021 et le 17 avril 2023, M. et Mme J et D F, représentés par Me Fortabat Labatut, demandent au tribunal de prononcer la réduction des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux mises à leur charge au titre des années 2015 et 2016.
Ils soutiennent que certaines sommes portées au crédit de leurs comptes bancaires ne constituent pas des revenus d'origine indéterminée mais correspondent soit à des avances faites par des amis ou des membres de leur famille, soit à des recettes de leurs sociétés qui n'ont fait que transiter sur leurs comptes, si bien que les crédits d'origine indéterminée doivent être ramenés à 31 098 euros pour 2015 et 47 346,32 euros pour 2016.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 16 septembre 2021 et le 28 avril 2023, le directeur départemental des finances publiques de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. F ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 24 avril 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 2 juin 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bourion, première conseillère,
- et les conclusions de M. Sportelli, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme F ont fait l'objet d'un examen contradictoire de leur situation fiscale personnelle portant sur les années 2015 et 2016. Dans le cadre de ce contrôle et en application de l'article L. 16 du livre des procédures fiscales, ils ont été invités à s'expliquer sur l'écart constaté entre les revenus déclarés et les crédits figurant sur leurs comptes bancaires. A la suite de ces demandes de justifications et en application de l'article L. 69 du même livre, ils ont été taxés d'office à raison des revenus regardés comme étant d'origine indéterminée à hauteur de 45 098 euros au titre de l'année 2015 et de 106 081 euros au titre de l'année 2016. M. et Mme F demandent que les crédits d'origine indéterminée soient ramenés respectivement à 31 098 euros et à 47 346 euros et que soit prononcée en conséquence la réduction de l'impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux mis à leur charge au titre des années 2015 et 2016.
2. Aux termes de l'article L. 16 du livre des procédures fiscales : " En vue de l'établissement de l'impôt sur le revenu, l'administration peut demander au contribuable des éclaircissements. () Elle peut également lui demander des justifications lorsqu'elle a réuni des éléments permettant d'établir que le contribuable peut avoir des revenus plus importants que ceux qu'il a déclarés, notamment lorsque le total des montants crédités sur ses relevés de compte représente au moins le double de ses revenus déclarés ou excède ces derniers d'au moins 150 000 €. () ". Aux termes du second alinéa de l'article L. 16 A du même livre : " Lorsque le contribuable a répondu de façon insuffisante aux demandes d'éclaircissements ou de justifications, l'administration lui adresse une mise en demeure d'avoir à compléter sa réponse dans un délai de trente jours en précisant les compléments de réponse qu'elle souhaite. ". Aux termes de l'article L. 69 du même livre : " () sont taxés d'office à l'impôt sur le revenu les contribuables qui se sont abstenus de répondre aux demandes d'éclaircissements ou de justifications prévues à l'article L. 16. ". Enfin, en vertu du dernier alinéa de l'article L. 192 de ce livre, la charge de la preuve incombe au contribuable " en cas de taxation d'office à l'issue d'un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle en application des dispositions des articles L. 16 et L. 69 ".
3. En vertu de ces dispositions, il appartient à M. et Mme F, qui ne contestent pas la régularité de la procédure de taxation d'office à l'impôt sur le revenu dont ils ont fait l'objet, d'apporter la preuve du caractère exagéré des impositions mises à leur charge sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 16 et L. 69 du livre des procédures fiscales.
4. En premier lieu, sur l'ensemble des crédits bancaires en cause regardés comme revenus d'origine indéterminée, les requérants se prévalent de ce que les sommes litigieuses de 4 000 euros versés par M. A, 25 000 euros versés par M. H et 10 000 euros versés par M. B, proviendraient de prêts personnels que leur auraient consentis leurs amis afin de faire face à des frais d'avocats et de procédures en cours et que, ce faisant, ils établiraient l'origine des crédits portés sur leurs comptes bancaires. Il résulte toutefois de l'instruction que les seules reconnaissances de prêt signées des prêteurs sont toutes datées de l'année 2016 et sont toutes rédigées de manière stéréotypée. Elles indiquent " que la somme prêtée sera remboursée à la fin des procédures judiciaires sans intérêts ni autres bénéfices ". Cet unique document ne suffit pas à établir que les sommes dont s'agit figurant au crédit des comptes bancaires de M. et Mme F auraient la nature de prêt, alors que les intéressés ne justifient ni de l'enregistrement de ces prêts, ni de leur déclaration à l'administration et pas davantage des modalités de leur remboursement. D'ailleurs, aucun document n'est apporté pour justifier de remboursements qui auraient été réalisés par les requérants à leurs prétendus prêteurs. Par suite, les requérants n'apportant pas la preuve de ce que ces sommes constituaient des prêts, c'est à bon droit que l'administration a taxé d'office ces sommes en tant que revenus d'origine indéterminée.
5. Par ailleurs, les requérants se prévalent de ce que la somme de 10 000 euros versée par M. C F, laquelle est également justifiée par une simple reconnaissance de prêt, correspondrait à un prêt familial. Toutefois, l'existence d'un lien de parenté avec l'intéressé ne ressort d'aucune pièce du dossier ni même de la reconnaissance de prêt, la simple homonymie ne suffisant pas à l'établir. Par suite, les requérants ne peuvent se prévaloir de la présomption de prêt familial. En conséquence, M. et Mme F ne justifiant par aucune pièce la nature de prêt de cette somme figurant au crédit de leurs comptes bancaires, c'est à bon droit que l'administration l'a taxée d'office en tant que revenu d'origine indéterminée.
6. Enfin, si M. et Mme F font valoir que la somme créditée sur leur compte le 30 octobre 2015 d'un montant de 10 350 euros correspondrait au remboursement partiel d'un prêt de 12 000 euros qu'ils auraient accordé à M. I en mai 2015, ils ne produisent qu'une attestation rédigée par M. F le 5 mai 2015 faisant état de ce qu'il aurait prêté à M. I cette somme qui devait lui être rendue avant la fin de l'année, sans cependant produire de contrat déclaré à l'administration ni assortir cette attestation de documents établissant le prêt effectivement accordé à M. I.
7. Dans ces conditions, les requérants ne peuvent être regardés comme apportant la preuve, qui leur incombe, que les sommes en litige portées au crédit de leurs comptes bancaires correspondaient à des prêts et n'auraient, par suite, pas le caractère de revenus imposables.
8. En deuxième lieu, M. et Mme F font valoir que certains crédits de leurs comptes bancaires correspondraient à des recettes de leurs sociétés JMJF Loisirs et Bastan qui n'auraient fait que transiter par leurs comptes personnels en tant qu'opération de trésorerie, de sorte qu'elles n'étaient pas imposables dans la catégorie des revenus d'origine indéterminée. Toutefois, si les sommes en cause proviennent bien des sociétés JMJF Loisirs et Bastan, les requérants n'établissent ni la nature de ces sommes, ni même la cause de leur versement, alors au demeurant qu'aucun élément ne permet d'attester de leur reversement auxdites sociétés, pour justifier que ces sommes n'étaient pas imposables au titre des revenus d'origine indéterminée. Dans ces conditions, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la demande de substitution de base légale présentée par l'administration, M. et Mme F ne sont pas fondés à soutenir que les sommes en litige ne devaient pas être imposées au titre des revenus d'origine indéterminée.
9. En troisième lieu, les requérants font valoir qu'une partie des revenus d'origine indéterminée devait être taxée dans la catégorie des revenus fonciers. Toutefois, ils ne justifient par aucun élément, tel un contrat de bail, que les crédits bancaires de 350 euros chacun, résultant de versements opérés par M. K G et Mme E G, constitueraient des loyers devant être taxés dans la catégorie des revenus fonciers. Ils n'établissent pas davantage la nature des virements de l'agence Foncia crédités sur leur compte ouvert au Crédit agricole en 2016 et libellés " Foncia Alpes Dauphiné Gérance ". Par suite, c'est à bon droit que l'administration a taxé les crédits dont il s'agit comme des revenus d'origine indéterminée, nonobstant la circonstance que l'identité des parties versantes ait été établie.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme F ne sont pas fondés à demander la réduction des impositions supplémentaires mises à leur charge au titre des années 2015 et 2016. Leur requête doit, par suite, être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme F est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme J et D F et au directeur départemental des finances publiques de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 17 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. L'Hôte, président,
Mme Bourion, première conseillère,
Mme Hunault, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 décembre 2023.
La rapporteure,
I. BOURION
Le président,
V. L'HÔTE La greffière,
L. ROUYER
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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01/06/2026