jeudi 16 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2101767 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP CDMF - AVOCATS AFFAIRES PUBLIQUES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 18 mars 2021 et 30 septembre 2022, Mme B A et la mutuelle d'assurance des instituteurs de France (MAIF), représentées par Me Fiat, demandent au tribunal :
1°) de condamner la commune de Saint-Marcel-les-Sauzet à verser à Mme A la somme totale de 102 380,94 euros assortie des intérêts au taux légal à compter du 30 novembre 2020 et de la capitalisation de ces intérêts en réparation du préjudice qu'elle a subi à la suite de sa chute survenue le 14 octobre 2018 sur le territoire de la commune de Saint-Marcel-les-Sauzet ;
2°) de condamner la commune de Saint-Marcel-les-Sauzet à verser à la MAIF la somme de 5 930,11 euros assortie des intérêts au taux légal à compter du 30 novembre 2020 et de la capitalisation de ces intérêts ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Marcel-les-Sauzet une somme de 3 000 euros à verser à Mme A et à la MAIF au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- la chute a pour origine le caractère défectueux du rondin de bois sur laquelle elle a pris appui ; la responsabilité de la commune est ainsi engagée pour défaut d'entretien normal ;
- le maire aurait dû faire disparaître ou signaler le danger lié à la fragilité de cette rambarde ; cette carence du maire dans l'exercice de ses pouvoirs de police engage la responsabilité pour faute de la commune ;
- aucune faute d'imprudence ne lui est imputable ;
- elle a subi des préjudices corporels et des pertes de gain professionnels actuels et futurs ;
- la MAIF a droit au remboursement des dépenses qu'elle a pris en charge pour le compte de son assurée pour un montant total de 5 930,11 euros.
Par un mémoire enregistré le 4 mai 2021, la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme, représentée par sa directrice, conclut à la condamnation de la commune de Saint-Marcel-les-Sauzet à lui verser la somme de 1 177,51 euros au titre de ses débours assortie des intérêts au taux légal à compter du jugement, outre 392,50 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue à l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale et de 150 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les prestations qu'elle a versées sont en rapport avec l'accident de Mme A.
Par des mémoires en défense enregistrés les 5 novembre 2021 et 17 octobre 2022, la commune de Saint-Marcel-les-Sauzet, représentée par Me Ligas-Raymond, conclut à titre principal, au rejet de l'ensemble des conclusions présentées à son encontre par Mme A, la MAIF et la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme A au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative. Elle conclut, à titre subsidiaire, à ce que les sommes demandées par Mme A et la MAIF soient réduites et écartées en ce qui concerne les pertes de gains professionnels.
Elle soutient que :
- eu égard à la faible hauteur de la barrière, Mme A était assise sur la barrière et non simplement adossée contre elle comme elle le soutient ; elle en a donc fait un usage impropre, si bien que le défaut d'entretien normal sera écarté ;
- rien ne permet d'établir un lien de causalité entre la chute de Mme A et la prétendue défectuosité de la barrière de bois ;
- aucune obligation de signalisation ne lui incombait dès lors que la barrière n'était pas destinée à ce que des gens s'assoient dessus.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de la sécurité sociale ;
- l'arrêté du 15 décembre 2022 relatif aux montants de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Ban,
- les conclusions de M. Villard, rapporteur public ;
- les observations de Me Puzano, représentant Mme A et la MAIF,
- les observations de Me Ligas-Raymond, représentant la commune de Saint-Marcel-les-Sauzet.
Considérant ce qui suit :
Sur la responsabilité de la commune de Saint-Marcel-les-Sauzet :
1. Il appartient à l'usager, victime d'un dommage survenu sur une voie publique, de rapporter la preuve du lien de causalité entre l'ouvrage public et le dommage dont il se plaint. La collectivité en charge de l'ouvrage public doit alors, pour que sa responsabilité ne soit pas retenue, établir que l'ouvrage public faisait l'objet d'un entretien normal ou que le dommage est imputable à la faute de la victime ou à un cas de force majeure.
2. Il résulte de l'instruction que sur le territoire de la commune de Saint-Marcel-les-Sauzet, le 14 octobre 2018 vers 16 heures 30, Mme A, née le 8 octobre 1978, se promenait avec son compagnon et son fils sur le chemin piétonnier situé le long de la route du " chemin des bœufs ". A cet endroit, le chemin piétonnier est séparé de la voie publique par un dispositif de rambarde constitué d'une traverse en rondin de bois fixée à ses extrémités sur deux poteaux en bois. Lors de cette promenade, il ressort des attestations rédigées par deux témoins présents sur les lieux qu'elle s'est adossée ou appuyée sur le rondin en bois qui s'est alors décroché d'un des deux poteaux le soutenant et a entrainé sa chute en arrière sur la chaussée. La comparaison entre la faible hauteur du rondin (73 cm) et la taille de Mme A, dont se prévaut la commune, exclut que la requérante ait été " adossée " au rondin au moment de sa chute. En revanche, elle ne permet pas à elle seule de retenir qu'elle y était nécessairement assise de tout son poids et non pas simplement appuyée comme tendent à l'indiquer les deux témoignages précités.
3. Un tel équipement accessoire à la voie public était nécessairement en mauvais état ou affecté d'un vice de conception au niveau du dispositif d'attache de la traverse en bois pour que, sous la seule pression d'une partie du poids de Mme A, le rondin se décroche d'un des poteaux et entraine sa chute. Cette fragilité n'apparaissait pas prévisible pour les usagers du sentier eu égard au diamètre des rondins en bois. Dans ces conditions, cette défectuosité, non signalée, est constitutive d'un défaut d'entretien normal de l'ouvrage.
4. Toutefois, il résulte des photographies produites que la rambarde à l'origine de l'accident constituait un dispositif aux caractéristiques sommaires exclusivement destiné à délimiter l'espace entre le sentier piétonnier et la route. Ne faisant pas office de garde-corps, il n'était ainsi pas conçu pour que les piétons s'appuient fortement dessus. Dans ces conditions, la chute de Mme A sur la chaussée, n'a pu avoir lieu sans qu'elle exerce une forte pression sur la traverse en bois dans une position dos à la route au point de tomber " directement " sur la tête selon les témoins. Ce faisant, elle a fait un usage anormal de cet ouvrage et a commis une imprudence de nature à exonérer la commune de la moitié de sa responsabilité.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il besoin de se prononcer sur l'autre fondement de responsabilité invoquée par la victime, que la moitié des conséquences dommageables de l'accident dont a été victime Mme A doit être laissée à la charge de la commune de Saint-Marcel-les-Sauzet.
Sur les préjudices :
En ce qui concerne les droits à indemnité de Mme A et de la MAIF :
6. Il ressort du rapport d'expertise d'assurance, communiqué à la commune au cours de l'instance, qu'à la suite de la chute de Mme A, le centre hospitalier de Montélimar a diagnostiqué une " contracture musculaire cervicale paravertébrale " et prescrit un arrêt de travail jusqu'au 15 octobre 2018. Il mentionne que le bilan radiologique initial portant sur l'ensemble du rachis a révélé l'absence de lésion osseuse d'origine traumatique et objectivé la présence de tiges métalliques longitudinales stabilisant une scoliose opérée vers l'âge de 12 ans. Mme A n'a pas été hospitalisée et a pu regagner son domicile. Il précise que " dans les suites immédiates de l'accident des contusions diffuses intéressant le rachis cervical notamment, celles intéressant les coudes, la fesse droite et la région intercostale ont évoluées favorablement. Ce tableau survient sur un rachis vulnérable opéré d'une scoliose thoracique compatible avec les activités professionnelles d'ATSEM ". La date de consolidation a été fixée au 15 mars 2020 " correspondant aux dernières séances de kinésithérapie ".
7. Par ailleurs, à la suite de sa chute, Mme A a été placée en arrêts de travail à compter du 14 octobre 2018 et elle a repris son activité d'agent territorial spécialisé des écoles maternelles à mi-temps pour raisons médicales à partir du 20 juillet 2019 jusqu'à 23 juillet 2020 avant de l'exercer à 80 % jusqu'au 7 février 2022, date à partir de laquelle elle a bénéficié d'un mi-temps thérapeutique jusqu'au 30 octobre 2022.
S'agissant des préjudices temporaires :
8. En premier lieu, il résulte du rapport de l'expert que Mme A a subi un déficit fonctionnel temporaire en lien avec sa chute de classe I (10%) sur la période allant du 14 octobre 2018 au 14 mars 2020. Il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en l'évaluant à la somme de 680 euros. Eu égard au partage de responsabilité retenue au point 4, il y a lieu de mettre à la charge de la commune la somme arrondie de 340 euros.
9. En deuxième lieu, l'expert retient dans son rapport que Mme A souffre 19 mois après sa chute de cervicalgies de caractère mécanique avec des céphalées soulagées par du paracétamol à la demande ". Il a évalué les souffrances qu'elle a endurées à 2 sur une échelle de 1 à 7, soit un préjudice léger selon le barème de l'ONIAM. Ce chef de préjudice doit être estimée à la somme de 1 850 euros. La commune doit être condamnée à lui verser la somme de 925 euros compte tenu de la fraction du préjudice indemnisable.
10. En troisième lieu, Mme A établit avoir eu recours à l'assistance d'une aide-ménagère pour un montant de 1 419,73 euros correspondant environ à 70 heures de prestations. Son état de santé avant consolidation a pu générer un tel besoin alors même que l'expert n'a pas explicitement retenu ce poste de préjudice. Eu égard à la fraction réparable du préjudice, la MAIF, entièrement subrogée dans les droits de Mme A, a droit au versement d'une somme arrondie de 710 euros.
11. En quatrième lieu, Mme A démontre, par les pièces qu'elle produit, notamment les tableaux établis par les services de la commune en sa qualité d'employeur, qu'elle a subi une perte de revenus d'un montant total de 4 614,77 euros entre les mois d'octobre 2018 et de mars 2020, mois pendant lequel son état de santé s'est consolidé. Il ressort du relevé de dépenses de la caisse régionale d'assurance maladie de Clermont-Ferrand qu'elle n'a pas perçu d'indemnités journalières au titre de cette période. Les deux quittances subrogatives produites font apparaitre que la MAIF a versé la somme de 4 510,38 euros à Mme A pour compenser ses pertes de revenus. Compte tenu du partage de responsabilité, le préjudice indemnisable s'élève à la moitié du préjudice total, soit la somme de 2 037,38 euros qui doit être attribuée par préférence à la victime. Mme A est donc fondée à demander la somme arrondie de 140,39 euros et la MAIF a droit au solde du préjudice indemnisable, soit 2 166,99 euros.
12. En revanche, il n'est pas établi que les pertes de revenus survenues après la date de consolidation jusqu'au mois de février 2021 alors que Mme A travaillait à 80% soient imputables à sa chute et non à un choix personnel.
S'agissant des préjudices permanents :
13. L'expert retient que " Les séquelles représentées par cette gêne douloureuse cervico céphalique post-traumatique, majorée par une cervicarthrose non imputable, sont constitutives d'un déficit fonctionnel de caractère permanent " dont il fixe le taux à 3%. Compte tenu de l'âge de Mme A à la date de la consolidation de son état de santé, il sera fait une juste évaluation de ce préjudice en se basant sur le barème de l'ONIAM en le fixant à 3500 euros. Dès lors, Mme A a droit au versement de la somme de 1 750 euros.
14. La requérante demande également l'indemnisation de sa perte future de gains professionnels qu'elle évalue à la somme de 91 557,03 euros sur la base de l'euro rente en faisant valoir qu'elle ne pourra pas reprendre son activité à la fois pédagogique et d'apprentissage de la motricité auprès de jeunes enfants de grande section de maternelle. Malgré les termes ambigus de la dernière phrase figurant en page 6 du rapport de l'expert, il ne résulte pas des éléments médicaux que comporte ce rapport, notamment au stade de l'examen clinique de Mme A et de la description de ses séquelles, que celle-ci, dont le déficit fonctionnel permanent a été fixé à 3%, était dans l'incapacité de retrouver son activité professionnelle à temps plein après la consolidation de son état de santé " au besoin avec usage d'un équipement ergonomique de type tabouret à roulettes, tel qu'évoqué par l'intéressée, pour faciliter ses déplacements en classe ". A cet égard, aucun élément médical ne permet de regarder la circonstance qu'elle a bénéficié d'un mi-temps thérapeutique à compter du 7 février 2022 comme la conséquence directe et exclusive de sa chute survenue le 14 octobre 2018. Dans ces conditions les pertes de revenus invoquées par Mme A pour la période postérieure au 15 mars 2020 et calculées sur la base d'un travail à mi-temps ne peuvent être regardées comme présentant un caractère certain en lien avec à sa chute.
En ce qui concerne les droits à indemnité de la caisse :
15. La caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme justifie avoir exposé des frais médicaux, de pharmacie et d'appareillage pour un montant total de 1 177,51 euros. Compte tenu du partage de responsabilité qui lui est opposable, la commune doit être condamnée à lui verser la somme de 588,75 euros.
16. Il résulte de tout ce qui précède, que la commune de Saint-Marcel-les-Sauzet doit être condamnée à verser les sommes de 3 155,39 euros à Mme A, de 2 876,99 euros à la MAIF et de 588,75 euros à la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme.
Sur les intérêts et leur capitalisation :
17. Les sommes allouées à Mme A et à la MAIF seront assorties des intérêts au taux légal à compter du 30 novembre 2020, date de réception par la commune de leur réclamation préalable. Les intérêts échus à la date du 30 novembre 2021, puis à chaque échéance annuelle ultérieure à compter de cette date, seront capitalisés à chacune de ces dates afin de produire eux-mêmes intérêts.
18. Par ailleurs, même en l'absence de demande tendant à l'allocation d'intérêts, tout jugement prononçant une condamnation à une indemnité fait courir les intérêts du jour de son prononcé jusqu'à son exécution, en vertu de l'article 1231-7 du code civil. Les conclusions de la CPAM du Puy-de-Dôme tendant à ce que les sommes qui lui ont été allouées portent intérêt à compter du présent jugement sont ainsi dépourvues d'objet.
Sur les frais liés au litige :
19. En premier lieu, il résulte des dispositions du neuvième alinéa de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale que le montant de l'indemnité forfaitaire qu'elles instituent est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un plafond dont le montant est révisé chaque année par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget.
20. Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 15 décembre 2022 : " Les montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale sont fixés respectivement à 115 € et 1 162 € au titre des remboursements effectués au cours de l'année 2022 ".
21. En application de ces dispositions et eu égard au montant de la somme allouée à la CPAM du Puy-de-Dôme, il y a lieu de mettre à la charge de la commune le versement d'une somme arrondie de 196 euros à raison des frais engagés pour obtenir le remboursement des prestations servies à Mme A.
22. En second lieu, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Saint-Marcel-les-Sauzet une somme globale de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme A et la MAIF et non compris dans les dépens. Enfin, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'accorder une somme à la CPAM du Puy-de-Dôme au titre des mêmes frais.
D E C I D E :
Article 1er : La commune de Saint-Marcel-les-Sauzet est condamnée à verser à Mme A la somme de 3 155,39 euros assortie des intérêts au taux légal à compter du 30 novembre 2020. Les intérêts échus à la date du 30 novembre 2021, puis à chaque échéance annuelle ultérieure à compter de cette date, seront capitalisés à chacune des dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 2 : La commune de Saint-Marcel-les-Sauzet est condamnée à verser à la MAIF la somme de 2 876,99 euros assortie des intérêts au taux légal à compter du 30 novembre 2020. Les intérêts échus à la date du 30 novembre 2021, puis à chaque échéance annuelle ultérieure à compter de cette date, seront capitalisés à chacune des dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 3 : La commune de Saint-Marcel-les-Sauzet est condamnée à verser à la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme à la somme de 588,75 euros.
Article 4 : La commune de Saint-Marcel-les-Sauzet versera à la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme la somme de 196 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.
Article 5 : La commune de Saint-Marcel-les-Sauzet versera à Mme A et à la MAIF une somme globale de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à la MAIF, la commune de Saint-Marcel-les-Sauzet et la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme.
Délibéré après l'audience du 3 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Triolet, présidente,
M. Ban, premier conseiller.
M. Callot, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 novembre 2023.
Le rapporteur,
J-L. Ban
La présidente,
A. Triolet
Le greffier,
G. Morand
La République mande et ordonne au préfet de la Drôme en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026