mardi 14 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2101811 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL AIDI VARLET ET ASSOCIES |
Vu les procédures suivantes :
I-Par une requête enregistrée le 19 mars 2021 sous le numéro 2101811, Mme D A, représentée par la SELARL Aidi Varlet et associés demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision du 22 janvier 2021 par laquelle le maire de Romans-sur-Isère l'a informée qu'il saisissait la CNRACL pour instruction d'un dossier de mise à la retraite pour invalidité ;
2°) de condamner la commune de Romans-sur-Isère à lui verser une indemnité de 10 000 euros en réparation de préjudices moral et financier subis en raison de la discrimination dont elle s'estime victime ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Romans-sur-Isère une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A soutient que :
- elle est apte à exercer un emploi et l'avis de la commission de réforme est injustifié ;
-elle a subi un préjudice en raison de la discrimination dont elle a été l'objet, dont elle demande réparation à hauteur de 10 000 euros.
Par un mémoire enregistré le 26 juillet 2022, la commune de Romans-sur-Isère conclut au rejet de la requête et demande qu'une somme de 264 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune de Romans-sur-Isère fait valoir que :
- les conclusions à fin d'annulation de la requête sont irrecevables, la décision attaquée ne faisant pas grief ;
- les conclusions à fin d'annulation de la requête sont irrecevables, faute d'énoncer des moyens ;
- subsidiairement, les moyens et griefs de la requête ne sont pas fondés.
II-Par une requête enregistrée le 31 août 2021 sous le numéro 2105827, Mme D A, représentée par la SELARL Aidi Varlet et associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 29 juillet 2021 par lequel le maire de Romans-sur-Isère l'a admise à la retraite pour invalidité à compter du 1er août 2021 ;
2°) de condamner la commune de Romans-sur-Isère à lui verser une indemnité de 10 000 euros en réparation de préjudices moral et financier subis en raison de la discrimination dont elle s'estime victime ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Romans-sur-Isère une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A soutient que :
- elle est apte à exercer un emploi et l'arrêté attaqué est dès lors entaché d'erreur d'appréciation ;
-elle a subi un préjudice en raison de la discrimination dont elle a été l'objet, dont elle demande réparation à hauteur de 10 000 euros.
Par un mémoire enregistré le 11 octobre 2022, la commune de Romans-sur-Isère conclut au rejet de la requête et demande qu'une somme de 132 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune de Romans-sur-Isère fait valoir que :
- les conclusions à fin d'annulation de la requête sont irrecevables, faute d'énoncer des moyens ;
- subsidiairement, les conclusions à fin d'annulation de la requête sont partiellement irrecevables, l'avis de la commission de réforme ne lui faisant pas grief ;
- les conclusions indemnitaires de la requête sont irrecevables en vertu du principe non bis in idem ;
- subsidiairement, les moyens et griefs de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- le décret n°2003-1306 du 26 décembre 2003 relatif au régime de retraite des fonctionnaires affiliés à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales ;
- le code de justice administrative ;
- l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 28 février 2023 :
- le rapport de Mme C,
- et les conclusions de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A est adjointe technique territoriale, employée par la commune de Romans-sur-Isère depuis 2004. Par un arrêté du 5 avril 2018, elle est placée en congé de longue maladie à compter du 27 juin 2017. Dans l'instance n° 2101811, elle demande au Tribunal d'annuler un courrier du 22 janvier 2021 par lequel le maire de Romans-sur-Isère l'informait de la transmission de son dossier à la caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales (CNRACL) pour étude d'une mise à la retraite pour invalidité. Dans l'instance n° 2105827, elle demande au Tribunal d'annuler l'arrêté du 29 juillet 2021 portant mise à la retraite pour invalidité, à la suite de l'avis favorable de la CNRACL et radiation des cadres pour invalidité à compter du 1er avril 2021. Dans les deux instances, elle formule également des conclusions indemnitaires à hauteur de 10 000 euros destinées à réparer une discrimination dont elle s'estime victime.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense relative aux conclusions à fin d'annulation dans l'instance 2101811:
2. Il ressort des pièces du dossier que, préalablement à la mise à la retraite d'office pour invalidité de Mme A, la commune de Romans-sur-Isère s'est bornée, par le courrier du 22 janvier 2021, à l'informer de la transmission de son dossier à la CNRACL pour instruction d'un dossier de mise à la retraite pour invalidité, à la suite d'un avis de la commission départementale de réforme du 14 janvier 2021 la reconnaissant absolument et définitivement inapte à l'exercice de toutes fonctions. Ainsi, le courrier du 22 janvier 2021, purement informatif, ne fait pas grief à l'intéressée. Mme A n'a dès lors pas d'intérêt à agir contre lui et les conclusions à fin d'annulation afférentes doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation dans l'instance n° 2105827 :
3. Mme A qui, entre son placement initial en congé de maladie en 2017 et l'arrêté attaqué de mise à la retraite n'a jamais contesté son inaptitude physique, n'apporte dans la présente instance aucun commencement de démonstration de son aptitude à exercer un emploi, au besoin après reclassement. Les conclusions à fin d'annulation présentées par la requérante doivent dès lors être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires de la requête dans les deux instances:
4. En se bornant à affirmer qu'elle était titulaire d'un droit à devenir ATSEM à la suite de son admission au concours interne d'agent territorial spécialisé des écoles maternelles, Mme A n'établit pas la discrimination dont elle s'estime victime et les conclusions indemnitaires destinées à réparer un préjudice qui résulterait, selon elle, de cette discrimination, doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dans les deux instances :
5. Les conclusions présentées par Mme A, la partie perdante, doivent être rejetées. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune de Romans-sur-Isère.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de Mme A sont rejetées dans les deux instances.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Romans-sur-Isère sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées dans les deux instances.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A et à la commune de Romans-sur-Isère.
Délibéré après l'audience du 28 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Vial-Pailler, président,
Mme Frapolli, premier conseiller,
Mme Fourcade, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mars 2023.
Le rapporteur,
I. C
Le président,
C. VIAL-PAILLER
Le greffier,
G. MORAND
La République mande et ordonne au préfet de la Drôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N° 2101811-2105827
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026