vendredi 13 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2101861 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | DE GAULLE FLEURANCE & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 22 mars 2021 et le 24 mai 2023, la société SOPRA-GMT SA, représentée par la SAS De Gaulle Fleurance et Associés, demande au tribunal de :
1°) prononcer la décharge de la cotisation supplémentaire de taxe sur les salaires et des intérêts de retard correspondants auxquels elle a été assujettie au titre de l'année 2016 ;
2°) condamner l'Etat à lui verser une somme de 3 000 euros au titre des frais non compris dans les dépens.
Elle soutient que :
- les salaires versés à M. B ne pouvaient être inclus dans la base d'imposition à la taxe sur les salaires ;
- elle bénéficie d'une prise de position formelle excluant la prise en compte des salaires de M. B dans la base d'imposition à la taxe sur les salaires.
Par des mémoires en défense enregistrés le 27 mars 2023 et le 7 juin 2023, le directeur départemental des finances publiques de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lefebvre, rapporteur,
- les conclusions de Mme Bourion, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La SA SOPRA-GMT a fait l'objet d'un contrôle sur pièces dont le résultat a été porté à sa connaissance par l'envoi d'une proposition de rectification le 26 novembre 2019 en matière de taxe sur les salaires au titre de l'année 2016. A la suite des observations de la société, la rectification envisagée a été partiellement maintenue dans le courrier de réponse du 6 février 2020 puis dans un second courrier du 18 septembre 2020. Cette cotisation supplémentaire de taxe sur les salaires et les intérêts de retard correspondants ont été mises en recouvrement le 15 octobre 2020 pour un montant de 43 619 euros. La réclamation formée par la société le 12 novembre 2020 ayant été rejetée par décision du 27 janvier 2021, elle demande, dans la présente instance, la décharge du supplément de taxe sur les salaires et des intérêts de retard auxquels elle a été assujettie au titre de l'année 2016 pour un montant de 43 619 euros.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 231 du code général des impôts, dans sa rédaction applicable à l'imposition en litige : " 1. Les sommes payées à titre de rémunérations aux salariés, à l'exception de celles correspondant aux prestations de sécurité sociale versées par l'entremise de l'employeur, sont soumises à une taxe égale à 4,25 % de leur montant évalué selon les règles prévues à l'article L. 136-2 du code de la sécurité sociale, sans qu'il soit toutefois fait application du deuxième alinéa du I et du 6° du II du même article. Cette taxe est à la charge des entreprises et organismes qui emploient ces salariés () qui paient ces rémunérations lorsqu'ils ne sont pas assujettis à la taxe sur la valeur ajoutée ou ne l'ont pas été sur 90 % au moins de leur chiffre d'affaires au titre de l'année civile précédant celle du paiement desdites rémunérations. L'assiette de la taxe due par ces personnes ou organismes est constituée par une partie des rémunérations versées, déterminée en appliquant à l'ensemble de ces rémunérations le rapport existant, au titre de cette même année, entre le chiffre d'affaires qui n'a pas été passible de la taxe sur la valeur ajoutée et le chiffre d'affaires total. Le chiffre d'affaires qui n'a pas été assujetti à la taxe sur la valeur ajoutée en totalité ou sur 90 p. 100 au moins de son montant, ainsi que le chiffre d'affaires total mentionné au dénominateur du rapport s'entendent du total des recettes et autres produits, y compris ceux correspondant à des opérations qui n'entrent pas dans le champ d'application de la taxe sur la valeur ajoutée. Le chiffre d'affaires qui n'a pas été passible de la taxe sur la valeur ajoutée mentionné au numérateur du rapport s'entend du total des recettes et autres produits qui n'ont pas ouvert droit à déduction de la taxe sur la valeur ajoutée () ".
3. Il résulte des dispositions de l'article 231 du code général des impôts que, lorsqu'une entreprise exerce son activité dans des domaines différents, dont certains n'entrent pas dans le champ de la taxe sur la valeur ajoutée, les rémunérations des salariés ne sont passibles de la taxe sur les salaires qu'à la condition qu'ils exercent leur activité, en tout ou partie, dans le domaine n'entrant pas dans le champ de la taxe sur la valeur ajoutée.
4. En l'espèce, l'administration a assigné à la SOPRA-GMT SA des rappels de taxe sur les salaires au titre de l'année 2016 en incluant dans son assiette imposable les rémunérations de M. B et en leur appliquant le coefficient d'assujettissement à la taxe sur les salaires, déterminé au niveau de la société, que la société requérante ne conteste pas.
5. En premier lieu, il ne résulte pas de l'instruction que M. B, directeur délégué de SOPRA-GMT SA, pourrait être présumé, eu égard à sa seule qualité, comme exerçant des fonctions de nature transversale impliquant nécessairement une intervention dans le secteur situé hors du champ de la taxe sur la valeur ajoutée.
6. Il résulte en revanche de l'instruction que M. B, ancien directeur administratif et financier de la société Sopra avant sa fusion aboutissant à la création de la SA Sopra Steria, a été muté au 1er juillet 2011 à la holding SOPRA-GMT SA, qui ne dispose pas d'un directeur financier, afin d'assurer la supervision financière des filiales. Il a, à ce titre, procédé à la refonte des directions administratives et financières des filiales et, à la demande du président de la holding, il constitue un membre du pilotage interne des directions financières dont la participation a été jugée indispensable et siège, sans voix délibérative, au conseil d'administration de SOPRA-GMT SA. Il résulte également de l'instruction qu'alors même que les filiales de SOPRA-GMT SA disposent d'une direction financière, la validation de M. B était sollicitée directement par différents membres de cette direction. En l'absence de toute mention contraire dans le contrat de travail de M. B ou dans une éventuelle fiche de poste, les missions exercées par M. B, qui se rattachent à la gestion financière, doivent être regardées comme exercées au profit de l'ensemble du groupe et pas seulement de ses filiales.
7. Dans ces conditions, M. B doit être regardé comme ayant exercé ses fonctions dans le domaine d'activité de la société n'entrant pas dans le champ de la taxe sur la valeur ajoutée et ses rémunérations doivent être prises en compte dans le calcul de la taxe sur les salaires. A cet égard, la circonstance que l'administration n'a finalement pas pris en compte dans le calcul de la taxe sur les salaires les rémunérations versées à Mme A, seconde directrice déléguée de SOPRA-GMT SA, exerçant des fonctions de directrice corporate, n'est pas de nature à exclure la prise en compte de celles de M. B, dont les fonctions sont sensiblement différentes.
8. En second lieu, aux termes de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales : " Il ne sera procédé à aucun rehaussement d'impositions antérieures si la cause du rehaussement poursuivi par l'administration est un différend sur l'interprétation par le redevable de bonne foi du texte fiscal et s'il est démontré que l'interprétation sur laquelle est fondée la première décision a été, à l'époque, formellement admise par l'administration. / Il en est de même lorsque, dans le cadre d'un examen ou d'une vérification de comptabilité ou d'un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle, et dès lors qu'elle a pu se prononcer en toute connaissance de cause, l'administration a pris position sur les points du contrôle, y compris tacitement par une absence de rectification () ". Aux termes de l'article L. 80 B du même livre, dans sa rédaction applicable à l'imposition en litige : " La garantie prévue au premier alinéa de l'article L. 80 A est applicable : / () / 10° Lorsque, dans le cadre d'un examen ou d'une vérification de comptabilité et sur demande écrite du contribuable présentée conformément au 1° du présent article, avant envoi de toute proposition de rectification, l'administration a formellement pris position sur un point qu'elle a examiné au cours du contrôle ; / 11° En matière de contributions indirectes, lorsque, dans le cadre d'un contrôle ou d'une enquête effectués par l'administration et sur demande écrite du redevable présentée conformément au 1°, avant la notification de l'information ou de la proposition de taxation mentionnées à l'article L. 80 M, l'administration a formellement pris position sur un point qu'elle a examiné au cours du contrôle ou de l'enquête () ".
9. Si la société se prévaut de la vérification de comptabilité réalisée au cours de l'année 2014 et portant sur la période du 1er janvier 2011 au 31 décembre 2013, à l'issue de laquelle aucune rectification ne lui a été adressée, cette circonstance ne saurait être regardée comme constituant une prise de position formelle de l'administration sur la situation de fait de l'entreprise au regard d'un texte fiscal, que la société requérante pourrait lui opposer sur le fondement de l'article L. 80 B du livre des procédures fiscales à l'occasion de rectifications portant sur d'autres années d'imposition, dès lors que les dispositions précitées du livre des procédures fiscales n'étaient pas applicables à la date de cette précédente vérification de comptabilité. Cette circonstance a ainsi fait obstacle à ce que l'administration mentionne sur l'avis d'absence de rectification du 27 août 2014 les points qu'elle a estimé n'être pas susceptibles de comporter des erreurs dans les éléments servant de base au calcul des impôts. Elle ne peut par suite être regardée comme ayant pris position tacitement, contrairement à ce que soutient la société requérante.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la société requérante n'est pas fondée à solliciter la décharge de la cotisation de taxe sur les salaires et des intérêts de retard correspondants auxquels elle a été assujettie au titre de l'année 2016. Sa requête doit ainsi être rejetée, y compris ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société SOPRA-GMT SA est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société SOPRA-GMT SA et au directeur départemental des finances publiques de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 8 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. L'Hôte, président,
M. Lefebvre, premier conseiller,
M. Ruocco-Nardo, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 décembre 2024.
Le rapporteur,
G. LEFEBVRE
Le président,
V. L'HÔTE
La greffière,
E. BEROT-GAY
La République mande et ordonne au ministre chargé du budget et des comptes publics en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026