jeudi 13 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2101883 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE JURIDIQUE ET FISCALE MOYAERT, DUPOURQUE, BARALE & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
M. A B, représenté par Me Moyaert, a présenté au tribunal une requête et des mémoires enregistrés le 22 mars 2021, le 5 août 2021, le 17 juin 2022, le 2 mars 2023 et le 14 mars 2023.
Par un mémoire récapitulatif enregistré le 6 avril 2023 en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, M. A B, représenté par Me Moyaert, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge du supplément d'impôt sur le revenu, des contributions sociales et des pénalités correspondantes auxquels son foyer fiscal a été assujetti au titre de l'année 2016.
2°) de condamner le directeur des finances publiques au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à rembourser les frais irrépétibles qui ont été exposés et dont le montant sera indiqué à la fin de l'instruction.
Il soutient que :
- la somme de 106 908 euros payée en 2016 est entièrement déductible dans la mesure où elle correspond à hauteur de 65 802 euros aux travaux effectués dans la partie privative, admis en déduction, et à hauteur de 41 106 euros, aux travaux réalisés dans les parties communes spéciales du bâtiment C dont il est le seul propriétaire ;
- les travaux sur les parties communes générales n'ont fait l'objet d'aucune affectation en tenant compte des tantièmes de parties communes générales ; les travaux relatifs aux parties communes générales de l'ensemble immobilier correspondent à la somme individualisée et spécialisée des travaux sur les parties communes spéciales de chaque bâtiment ;
- les travaux portant sur le bâtiment C sont techniquement et fonctionnellement dissociables des travaux d'ensemble de la copropriété ;
- les travaux effectués sur les parties communes spéciales du bâtiment C ne peuvent s'apparenter à des travaux de construction et de reconstruction non déductibles.
Par des mémoires en défense enregistrés le 30 juin 2021, le 3 mars 2023 et le 15 mars 2023, le directeur départemental des finances publiques de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bailleul, premier conseiller,
- et les conclusions de M. Journé, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a acquis, le 26 juin 2015, deux lots, correspondant à un appartement en duplex et à une cave, au sein d'un ensemble immobilier à Versailles, dit D, classé monument historique par un arrêté du 16 septembre 1929. Il a constitué, avec les autres copropriétaires, une association syndicale libre pour la réalisation globale des travaux de restauration de cet ensemble immobilier à laquelle il a réglé au cours de l'année 2016, la somme de 106 908 euros qu'il a déduite de ses revenus fonciers bruts de l'année 2016, le déficit foncier en résultant ayant été imputé sur le revenu global de la même année. Par une proposition de rectification du 4 novembre 2019, l'administration fiscale a remis en cause la déduction de cette somme correspondant au montant des travaux réalisés en 2016 et a, en conséquence, rectifié le montant du déficit foncier imputé par M. B sur son revenu global. Ce dernier a contesté par une réclamation du 11 décembre 2020, le supplément d'impôt sur le revenu et les pénalités mis en recouvrement à la suite de ces rectifications. Par une décision du 26 janvier 2021, l'administration a admis en déduction la somme de 65 802 euros correspondant aux travaux portant sur la partie privative du logement de M. B afin de tenir compte du jugement numéro 1803396 rendu le 19 novembre 2020 par le tribunal administratif de Grenoble relatif à l'année 2015. Elle a ainsi prononcé un dégrèvement de 29 592 euros pénalités incluses et a rejeté le surplus de la demande. M. B demande, dans la présente instance, la décharge des droits et pénalités restant en litige.
2. Aux termes du I de l'article 31 du code général des impôts : " Les charges de la propriété déductibles pour la détermination du revenu net comprennent : 1° Pour les propriétés urbaines : a) Les dépenses de réparation et d'entretien effectivement supportées par le propriétaire ; () b) Les dépenses d'amélioration afférentes aux locaux d'habitation, à l'exclusion des frais correspondant à des travaux de construction, de reconstruction ou d'agrandissement () ". Au sens de ces dispositions, doivent être regardés comme des travaux de reconstruction ceux qui comportent la création de nouveaux locaux d'habitation, ou qui ont pour effet d'apporter une modification importante au gros œuvre, ainsi que les travaux d'aménagement interne qui, par leur importance, équivalent à des travaux de reconstruction, et, comme des travaux d'agrandissement, ceux qui ont pour effet d'accroître le volume ou la surface habitable des locaux existants.
3. Il appartient au contribuable qui entend déduire de son revenu brut, en application de ces dispositions, les dépenses constituant, selon lui, des charges de la propriété, de justifier de la réalité, de la consistance et, par suite, du caractère déductible de ces charges en produisant des pièces justificatives, qui sont constituées de factures, de plans, de photographies et de tous autres éléments permettant d'établir avec précision la nature, le montant et la réalité de la charge supportée.
4. L'état descriptif de division de l'ensemble immobilier définit des parties communes générales appartenant à l'ensemble des copropriétaires et des parties communes spéciales, appartenant à certains copropriétaires seulement et prévoit, en particulier, que les charges relatives à la conservation, l'entretien et l'administration des parties communes spéciales au bâtiment C seront exclusivement supportées par le propriétaire du lot n° 200. Le règlement de copropriété dispose, aux articles 38 et 39, que les charges spéciales des lots d'un même bâtiment sont réparties entre les copropriétaires au prorata de leurs tantièmes dans le bâtiment considéré et que les dépenses communes, qui ne sont pas considérées comme spéciales, incombent à chaque copropriétaire, selon sa quote-part.
5. M. B est propriétaire, au sein de cet ensemble immobilier comportant sept corps de bâtiments distincts, du lot n° 109, correspondant à une cave située dans le bâtiment B, et du lot n° 200, correspondant à l'unique appartement situé dans le bâtiment C. A cet égard, il détient 16/10 000èmes des parties communes spéciales du bâtiment B, 10 000/10 000èmes des parties communes spéciales du bâtiment C et 68/10 000èmes des parties communes générales.
6. M. B fait valoir que la somme de 41 106 euros, demeurant en litige, dont il demande qu'elle soit admise en déduction des bases de l'impôt sur le revenu auquel il a été assujetti au titre de l'année 2016, se rapporte à des travaux affectant exclusivement les parties communes spéciales du bâtiment C, dont il est l'unique copropriétaire, et que les travaux effectués sur ce bâtiment, dissociables des autres travaux entrepris simultanément, n'ont pas présenté le caractère de travaux de reconstruction ou d'agrandissement. Il joint à l'appui de ses allégations deux attestations établies le 27 décembre 2018 et à une date indéterminée par l'entreprise chargée de la restauration de l'ensemble immobilier précisant que les travaux ont été répartis en fonction des tantièmes des parties communes spéciales détenus par les copropriétaires possédant un ou plusieurs logements dans le bâtiment concerné et que les travaux sur les parties communes générales n'ont fait l'objet d'aucune affectation selon les tantièmes des parties communes générales. Selon le procès-verbal de l'assemblée générale de l'association syndicale libre du 24 décembre 2014, la quote-part de travaux communs et privatifs mise à la charge du propriétaire de l'appartement acquis par M. B le 26 juin 2015, s'élève à la somme de 235 583 euros sur un total de travaux de 28 654 818 euros pour l'ensemble de la copropriété. Selon la facture définitive non datée jointe au dossier, les travaux communs mis à la charge du propriétaire du lot D3 s'élèvent à la somme de 87 668,21 euros toutes taxes comprises (TTC) tandis que les travaux privatifs afférents à ce lot s'élèvent à la somme de 140 324,66 euros TTC, soit un total de 235 583 euros en ajoutant les honoraires techniques d'un montant de 7 590,13 euros TTC. Si ce document démontre que le coût des travaux a été réparti entre les différents propriétaires de logements adhérents à l'association syndicale libre, aucun document ne précise le calcul effectué pour la répartition de ces travaux alors que, selon l'article 25 des statuts de l'association syndicale libre, chaque sociétaire supporte " le coût des travaux réalisés en fonction des prestations souhaitées propres à son lot " ainsi que " le coût des travaux des parties communes au prorata de sa quote-part attachée dans la propriété du sol et des parties communes générales ".
7. Il résulte par ailleurs des mentions de la facture à laquelle le requérant se réfère que les charges communes affectées au bâtiment C comprennent une quote-part des travaux de maçonnerie, de VRD, de ravalement, de plâtrerie, d'électricité, de plomberie et d'échafaudage portant sur l'ensemble de la copropriété. Il n'est en outre pas établi que ces travaux qui portent sur un métrage résiduel des dallages et des travaux de terrassement et de réseaux de la copropriété, sur une partie des travaux de ravalement et de plâtrerie des bâtiments 1, 2 et 3, ainsi que sur une quote-part des travaux généraux d'électricité, de plomberie et de frais communs de préparation, d'échafaudage et d'évacuation de gravas, seraient techniquement et fonctionnellement distincts de ceux mis en œuvre sur les autres bâtiments et les parties commune de l'ensemble immobilier dont il n'est pas contesté qu'ils présentent le caractère de travaux de reconstruction. Dans ces conditions, M. B n'établit pas que la somme de 41 106 euros se rapporterait exclusivement aux travaux effectués sur les parties communes spéciales du bâtiment C et pourraient être isolés des travaux portant sur les parties communes de l'ensemble de la copropriété, de sorte qu'est sans incidence la circonstance que les dépenses afférentes aux travaux réalisés sur les parties communes spéciales de ce bâtiment pouvaient être comprises dans les charges déductibles de la propriété au sens de l'article 31 du code général des impôts.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge présentées par M. B doivent être rejetées ainsi que les conclusions présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, l'Etat n'étant pas partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er :La requête de M. B est rejetée.
Article 2 :Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur départemental des finances publiques de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 29 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Pfauwadel, président,
Mme Bailleul et Mme C, assesseurs.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2023.
Le rapporteur,
C. Bailleul
Le président,
T. Pfauwadel
La greffière,
L. Rouyer
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026