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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2102019

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2102019

mardi 13 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2102019
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantGAULMIN

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté la requête de M. et Mme C qui demandaient la suppression d’un coussin berlinois installé par Grenoble Alpes Métropole devant leur maison et l’indemnisation de leurs préjudices. Le tribunal a jugé que le décret du 27 mai 1994, invoqué par les requérants, ne s’applique qu’aux ralentisseurs de type dos d’âne ou trapézoïdal et non aux coussins berlinois, lesquels ne sont pas soumis à une réglementation spécifique de même valeur. Les requérants n’ont pas démontré l’existence de nuisances sonores anormales ni de lien de causalité entre l’ouvrage et les fissures de leur habitation. En conséquence, la responsabilité sans faute de la métropole n’a pas été retenue.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 29 mars 2021 et le 2 février 2022, M. A C et Mme B C, représentés par Me Gaulmin, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 29 janvier 2021 par laquelle la métropole Grenoble Alpes Métropole a rejeté leur demande du 18 décembre 2020 tendant à la suppression du ralentisseur installé rue du Pont au droit de leur maison d'habitation sur le territoire de la commune Saint-Pierre-de-Mésage ;

2°) de condamner Grenoble Alpes Métropole au paiement d'une somme de 16 000 euros en réparation du préjudice résultant de la présence et du fonctionnement du ce ralentisseur ainsi qu'une somme de 1 000 euros par mois à compter du 1er avril 2021, jusqu'à l'enlèvement de cet ouvrage public ;

3°) de condamner Grenoble Alpes Métropole au paiement de la somme de 350 euros correspondant au coût du procès-verbal du constat d'huissier dressé le 1er mars 2021 ;

4°) de mettre à la charge de Grenoble Alpes Métropole la somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- les coussins berlinois sont soumis à la réglementation issue du décret du 27 mai 1994 qui les autorise seulement sur décision spécifique du ministre chargé des transports selon son article 7 ;

- le ralentisseur ne se situe pas sur une voie limitée à 30 km/h ou dans une zone 30 en méconnaissance de l'article 6 de l'annexe du décret du 27 mai 1994 ;

- la présence du ralentisseur n'est pas signalée en méconnaissance de l'article 6 de ce décret ;

- ce ralentisseur est mal placé au centre d'un rétrécissement de la chaussée ;

- le ralentisseur étant illégal, Grenoble Alpes Métropole doit être condamnée à le supprimer ;

- cet ouvrage entraîne une augmentation anormale des émergences sonores, outre une augmentation de la consommation des véhicules le franchissant et par conséquent une augmentation de la pollution ;

- la responsabilité sans faute de Grenoble Alpes Métropole est donc engagée ;

- le montant du préjudice, anormal et spécial, sera fixée à 1 000 euros par mois à compter du mois de décembre 2019 jusqu'à la suppression de cet ouvrage ;

- les photos tirées du site Google Map, dont la date n'est pas certifiée, ne démontrent pas que la fissure affectant leur habitation existe depuis 2009.

Par des mémoires en défense enregistrés le 30 novembre 2021 et le 13 juillet 2022, Grenoble Alpes Métropole, représentée par Me Fessler, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge des requérants de la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le décret du 27 mai 1994 est inopposable aux coussins berlinois en ce qu'il s'applique seulement aux ralentisseurs de type dos d'âne et trapézoïdal comme le précise son titre et son article 1 ;

- la norme NF P 98-300 du 16 mai 1994, à laquelle renvoie l'annexe ce décret, exclut expressément les coussins berlinois de son champ d'application ;

- si les coussins berlinois font l'objet d'un guide de recommandations du centre d'études sur les réseaux de transports, l'urbanisme et les constructions publiques (CERTU), il est dépourvu de valeur réglementaire

- si le décret du 27 mai1994 porte sur les ralentisseurs de type dos d'âne ou trapézoïdaux, il n'interdit pas, pour autant, les autres dispositifs ;

- en tout état de cause, la zone d'implantation du coussin berlinois est une zone dans laquelle la vitesse de circulation est limitée à 30 km/h ;

- le trafic n'est pas supérieur à 3000 véhicules en moyenne journalière annuelle et le ralentisseur est signalé ;

- le supplément d'intensité des nuisances sonores dont se plaignent les requérants n'est pas établi ;

- les requérants n'établissent pas le lien direct de causalité entre la fissure affectant la façade de leur habitation, antérieure à la réalisation de l'ouvrage, et l'implantation du ralentisseur devant leur habitation ;

- les conclusions d'injonction seront rejetées en l'absence de comportement fautif de Grenoble Alpes Métropole.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de la route ;

- le décret n°84-74 du 26 janvier 1984 ;

- le décret n°94-447 du 27 mai 1994 ;

- le décret n° 2009-697 du 16 juin 2009 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Ban,

- les conclusions de M. Villard, rapporteur public ;

- les observations de Me Touvier représentant Grenoble Alpes Métropole.

Considérant ce qui suit :

1. M. et Mme C sont propriétaires depuis 2013 d'une maison à usage d'habitation située le long de la rue du Pont à Saint-Pierre-de-Mésage, commune qui compte environ 800 habitants. Au cours de l'année 2019, Grenoble Alpes Métropole a décidé d'installer trois dispositifs de ralentissement sur l'assiette de cette voie publique, dont l'un, de type coussin berlinois, est placé en face de leur maison. Par décision du 29 janvier 2021, Grenoble Alpes Métropole a rejeté leur demande du 18 décembre 2020 tendant à la suppression du ralentisseur installé au droit de leur maison d'habitation. Par leur requête, M. et Mme C demandent au tribunal d'annuler cette décision du 18 décembre 2020 et de condamner Grenoble Alpes Métropole à leur verser une indemnité mensuelle de 1 000 euros en réparation du préjudice résultant de la présence et du fonctionnement de cet ouvrage public jusqu'à son enlèvement.

Sur le cadre juridique applicable aux ralentisseurs de vitesse :

2. Aux termes de l'article 1er du décret du 27 mai 1994 relatif aux caractéristiques et aux conditions de réalisation des ralentisseurs de type dos d'âne ou de type trapézoïdal : " Les ralentisseurs de type dos d'âne ou de type trapézoïdal sont conformes aux normes en vigueur. Les modalités techniques d'implantation et de signalisation des ralentisseurs de type dos d'âne ou de type trapézoïdal doivent être conformes aux règles édictées en annexe du présent décret ".

3. En prescrivant la conformité des ralentisseurs de vitesse aux normes en vigueur qu'il ne définit pas lui-même, le décret du 27 mai 1994, dont le contenu en annexe n'est relatif qu'aux conditions d'implantation et de signalisation de ces ouvrages, renvoie implicitement mais nécessairement à la norme AFNOR NF P98-300 du 16 mai 1994 relative aux ralentisseurs de type dos d'âne ou de type trapézoïdal, qui en détermine les caractéristiques géométriques et les conditions de réalisation.

4. Il ressort de l'économie des dispositions du décret du 27 mai 1994 et notamment des règles d'implantation définies dans son annexe que les auteurs de ce texte ont entendu réglementer uniquement les ralentisseurs de type dos d'âne ou de type trapézoïdal sans inclure dans cette dernière catégorie l'ensemble des ralentisseurs dont le profil présente une forme géométrique plus ou moins proche d'un trapèze, de type coussins ou plateaux, lesquels sont caractérisés comme tels dans la typologie technique propre à ces aménagements routiers. En l'absence de définition réglementaire de ces ouvrages, la notion de ralentisseur de type dos d'âne ou de type trapézoïdal au sens et pour l'application du décret doit être appréciée en prenant en compte la configuration générale de ces dispositifs telle qu'elle ressort notamment de la norme AFNOR NF P98-300 du 16 mai 1994 à laquelle se réfère implicitement mais nécessairement ce décret. Elle permet de distinguer ces deux types de ralentisseurs des autres ouvrages, non réglementés par le décret du 27 mai 1994, que sont les plateaux et les coussins berlinois ou lyonnais dont l'implantation n'est interdite par aucune disposition législative ou réglementaire, notamment pas par l'article 7 du décret de 1994, mais qui sont susceptibles d'engager la responsabilité de la collectivité publique dans les conditions de droit commun.

5. Par ailleurs, aux termes de l'article 12 du décret du 26 janvier 1984 fixant le statut de la normalisation, en vigueur à la date du décret du 27 mai 1994 : " Si des raisons d'ordre public, de sécurité publique, de protection de la santé et de la vie des personnes () ou des exigences impératives tenant à () la défense du consommateur rendent une telle mesure nécessaire, l'application d'une norme homologuée, ou d'une norme reconnue équivalente applicable en France en vertu d'accords internationaux peut être rendue obligatoire par arrêté du ministre chargé de l'industrie et, le cas échéant, des autres ministres intéressés ". Et aux termes de l'article 17 du décret du 16 juin 2009 relatif à la normalisation qui remplace l'article 12 précité : " Les normes sont d'application volontaire. Toutefois, les normes peuvent être rendues d'application obligatoire par arrêté signé du ministre chargé de l'industrie et du ou des ministres intéressés. Les normes rendues d'application obligatoire sont consultables gratuitement sur le site internet de l'Association française de normalisation () ".

6. Il résulte des termes mêmes de ces dispositions que la décision de rendre une norme technique d'application obligatoire relève de la seule appréciation des ministres compétents et que cette décision ne peut produire cet effet que si, dans le respect de l'objectif à valeur constitutionnelle d'accessibilité de la règle de droit, cette norme est gratuitement accessible sur le site internet de l'AFNOR. Si, conformément au premier alinéa de l'article 17 du décret du 16 juin 2009 relatif à la normalisation, une telle norme, bien que son application n'ait pas été rendue obligatoire en l'absence d'arrêté ministériel, peut être volontairement appliquée par une personne publique pour la réalisation d'un ralentisseur, le respect de cette norme volontairement appliquée ne lui est opposable que si celle-ci a fait l'objet de mesures de publicité suffisante, au nombre desquelles figure la consultation gratuite sur le site internet de l'AFNOR.

7. Or, il résulte de l'instruction que la norme AFNOR NF P 98-300, au respect de laquelle renvoie implicitement mais nécessairement l'article 1 décret du 27 mai 1994 cité au point 3, n'a pas été rendue d'application obligatoire par un arrêté du ministre chargé de l'industrie ou tout autre ministre intéressé et n'est pas davantage consultable gratuitement sur le site Internet de l'AFNOR. Elle n'est donc pas opposable alors même que la collectivité publique en ferait une application volontaire.

8. Enfin, les recommandations du Centre d'études sur les réseaux, les transports, l'urbanisme et les constructions publiques (CERTU), mises à jour par le Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (CEREMA), de telles recommandations, qui sont dépourvues de tout caractère règlementaire et ne sauraient être regardées comme étant par elles-mêmes dotées d'une force obligatoire, n'ont pas davantage été publiées.

Sur les conclusions tendant à la démolition de l'ouvrage public :

9. Lorsqu'il est saisi d'une demande tendant à ce que soit ordonnée la démolition d'un ouvrage public dont il est allégué qu'il est irrégulièrement implanté par un requérant qui estime subir un préjudice du fait de l'implantation de cet ouvrage et qui en a demandé sans succès la démolition à l'administration, il appartient au juge administratif, juge de plein contentieux, de déterminer, en fonction de la situation de droit et de fait existant à la date à laquelle il statue, si l'ouvrage est irrégulièrement implanté, puis, si tel est le cas, de rechercher, d'abord, si eu égard notamment à la nature de l'irrégularité, une régularisation appropriée est possible, puis, dans la négative, de prendre en considération, d'une part les inconvénients que la présence de l'ouvrage entraîne pour les divers intérêts publics ou privés en présence, notamment, le cas échéant, pour le propriétaire du terrain d'assiette de l'ouvrage, d'autre part, les conséquences de la démolition pour l'intérêt général, et d'apprécier, en rapprochant ces éléments, si la démolition n'entraîne pas une atteinte excessive à l'intérêt général.

10. Il résulte de ce qui a été dit aux points 2 à 8 que les requérants ne peuvent utilement soutenir que l'ouvrage implanté devant leur maison, de type coussin berlinois, méconnaît les règles d'implantation définies dans l'annexe du décret du 27 mai 1994 et la norme AFNOR NF P 98-300 du 16 mai 1994 qui ne sont pas opposables à Grenoble Alpes Métropole.

11. En tout état de cause, s'agissant de l'annexe de ce décret auquel renvoie l'alinéa 2 de l'article 1 de ce décret, le dispositif de ralentissement installé sur l'assiette de la rue du Pont au droit de l'habitation de M. et Mme C, de type coussin berlinois, se situe dans une agglomération au sens de l'article R. 110-2 du code de la route et sur une section de voie localement limitée à 30 km/h en vertu de l'arrêté du maire du 30 décembre 2015. Il ne résulte pas du constat d'huissier produit par les requérants et il n'est pas établi que ce ralentisseur soit implanté sur une voie où le trafic est supérieur à 3 000 véhicules en moyenne journalière annuelle. Ainsi, les dispositions de l'article 2 de l'annexe du décret du 27 mai 1994, si elles s'appliquaient, ne seraient pas méconnues.

12. Il résulte de l'instruction que ce ralentisseur est signalé conformément à l'article 6 de ce décret du 27 mai 1994.

13. Les requérants ne démontrent pas que ce ralentisseur serait irrégulier en raison de son implantation sur une portion de la chaussée rétrécie par la présence sur les accotements de deux bacs fleuris entourées de plots de signalisation formant ainsi un obstacle visuel destiné à faire ralentir les automobilistes à l'approche de l'ouvrage.

14. Il résulte de ce qui précède que le ralentisseur de type coussins berlinois situé au droit de la propriété de M. et Mme C n'a pas été implanté irrégulièrement par Grenoble Alpes Métropole. Dès lors, les conclusions tendant à démolir ou à régulariser cet ouvrage public doivent être rejetées.

Sur la responsabilité sans faute de Grenoble Alpes Métropole :

15. Le maître d'ouvrage est responsable, même en l'absence de faute, des dommages que les ouvrages publics dont il a la garde peuvent causer aux tiers, tant en raison de leur existence que de leur fonctionnement. Il ne peut dégager sa responsabilité que s'il établit que ces dommages, qui doivent revêtir un caractère grave et spécial pour ouvrir droit à réparation, résultent de la faute de la victime ou d'un cas de force majeure. Il appartient toutefois aux tiers d'apporter la preuve de la réalité des préjudices allégués et du lien de causalité entre la présence ou le fonctionnement de l'ouvrage et lesdits préjudices. Toutefois, ne sont pas susceptibles d'ouvrir droit à indemnité les préjudices qui n'excèdent pas les sujétions susceptibles d'être normalement imposées, dans l'intérêt général, aux riverains des ouvrages publics et, en particulier, à ceux des voies publiques.

16. Les requérants se plaignent de nuisances sonores et des vibrations dans leur habitation causées par l'installation en 2019 d'un ralentisseur de type " coussin berlinois " qui constitue un ouvrage public par rapport auquel ils ont la qualité de tiers.

17. Dans son procès-verbal dressé le 1er mars 2021, l'huissier a constaté que cet ouvrage est placé à proximité immédiate de la fenêtre de la cuisine de la maison de rue des époux C et que, sur un laps de temps d'une demie heure un jour de forte affluence, une vingtaine de véhicules ont emprunté cette voie dont plusieurs équipés d'une remorque afin de se rendre à la déchetterie située à proximité. L'huissier ainsi que plusieurs témoignages produits ont constaté la résonance que provoque dans la maison des époux C chaque passage de véhicule circulant sur le ralentisseur.

18. Toutefois, ces seules pièces ne suffisant pas à établir que ce ralentisseur, eu égard à ses caractéristiques et au nombre de véhicules qui le franchissent, serait à l'origine d'une aggravation suffisamment grave des nuisances sonores et des vibrations qu'ils subissaient déjà, avant l'implantation de cet ouvrage, en raison de la proximité immédiate de leur maison d'habitation avec la voie publique. Les requérants n'établissent pas davantage, par leurs allégations très générales, que cet ouvrage serait à l'origine d'une augmentation locale de la pollution des émissions de CO2 et à l'émission d'un nombre considérable de particules fines en raison des freinages accentués d'une intensité telle qu'elle justifierait qu'il soit procédé à sa démolition. Dès lors, les sujétions qu'ils subissent en lien de causalité avec le seul fonctionnement de cet ouvrage ne peuvent être regardées comme excédant celles qui peuvent être imposées, dans l'intérêt général, aux riverains des voies publiques. '

19. Il résulte des prises de vue datées extraites par Grenoble Alpes Métropole d'un site internet que la maison d'habitation de M. et Mme C était déjà affectée d'une fissure sur la façade donnant sur la rue avant la mise en service du ralentisseur. En tout état de cause, les requérants n'apportent pas des éléments précis de nature à établir que l'implantation du ralentisseur aurait provoqué une fissure sur cette façade ou même l'aurait aggravé de manière significative.

20. Aussi, la responsabilité sans faute de Grenoble Alpes Métropole n'est pas engagée et les conclusions indemnitaires présentées par M. et Mme C doivent être rejetées.

21. Il s'ensuit qu'en l'absence de toute condamnation de Grenoble Alpes Métropole en raison de l'existence ou du fonctionnement de cet ouvrage public et de toute faute qu'il aurait pu commettre en s'abstenant de prendre les mesures de nature à y mettre fin ou à en pallier les effets, les conclusions tendant à l'enjoindre à prendre de telles mesures doivent être également rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Grenoble Alpes Métropole, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par M. et Mme C au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, en l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. et Mme C la somme demandée par Grenoble Alpes Métropole au même titre.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. et Mme C est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de Grenoble Alpes Métropole tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et Mme B C et à Grenoble Alpes Métropole.

Délibéré après l'audience du 4 juillet 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Triolet, présidente,

M. Ban, premier conseiller.

M. Doulat, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 août 2024.

Le rapporteur,

J-L. Ban

La présidente,

A. Triolet

La greffière,

J. Bonino

La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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